4 M *? C ^ "B rv a • CD a a LU ^^~j ~ nj - F- \ LES ANNÉLIDES CHÉTOPODES DU GOLFE DE NAPLES Ce travail est lire des Mémoires de la Société de Physique, lome XX. Genève. — Imprimerie Raniboz et Scbucliardt, rue de la Pélisserie , 18. LES AMÉLIDES CHÉTOPODES GOLFE DE NAPLES EDOUARD GLAPAREDE SUPPLÉMENT ACCOMPAGNÉ DE XIV PLANCHES GENÈVE et BALE H. GEORG, LIBRAIRE, 10, CORRATERIE 1870 LES ANNÉLIDES CHÉTOPODES DU GOLFE DE NAPLES FAR EDOUARD CLAPARÈDE SECONDE PARTIE ORDRE ir e ANNÉLIDES SÉDENTAIRES (Aud. et Edw.) Famille des CIRRATULIENS Vict. Carus. Genre CIRRATULUS Lam. (Qtrfg. rev.) M. de Qualrefages a subdivisé le genre Girratulus en plusieurs, et les deux espèces les mieux connues, le C. borealis Lam. et le C. La- marckii Aud. el Edw., ont été en particulier attribuées par lui, la pre- mière au genre Cirratulus, la seconde au genre Âudouinia. Ces deux genres sont caractérisés de la manière suivante. Chez les Cirratules les branchies latérales et dorsales se montrent à la fois ou presqrie en même temps et l'extrémité postérieure du corps en est dépourvue; en outre les pieds ne portent que des soies capillaires aux deux rames. Chez les Audouinies au contraire, les branchies latérales se montrent avant les branchies dorsales ' et persistent jusqu'à l'extrémité posté- 1 Nous verrous plus loin qu'il s';ij,nl là de deux catégories d'organes à tondions distinctes. Tome xx, l re Partie. 1 2 ANNÉLIDES CHÉTOPODES rieure ; de plus les pieds portent des soies capillaires à la rame su- périeure et des acicules à la rame inférieure au moins, et parfois aux deux rames. Ces deux genres peuvent être adoptés, mais les carac- tères tirés des branchies sont seuls bons, encore le presque est-il un peu choquant. Quant aux caractères tirés des soies, ils ne signifient rien. Lorsque M. Grube découvrit les crochets aciculiformes chez les Cirratuliens, c'était chez le C. Lamarckii, c'est-à-dire chez une Au- douinia dans le sens de M. de Quatrefages. Mais depuis lors ces crochets aciculiformes ont été revus et figurés chez bien d'autres espèces, en particulier par M. Keferstein chez le C. borealis Lam., et le C. bioculalus Kfrst. dont M. de Quatrefages ne fait pourtant point des Audouinies, puisqu'il prend le premier pour type du genre Cirratule restreint et le second pour type du genre Girrineris. ClRRATULUS CHRYSODERMA. PI. XXIII, fig. 4 Corpus lottgitudine 20—22 mm , latitudinv O,4—0,°" m 5, sec/mentis circa 150, filiforme, ocu- lis nullis, setis omnibus capïllaribus. Cutis lij/alina.gra/mdis auratis undique sparsis. Fila dorsualia tentacularia a segmenta quarto iiicipiaifia, lateralibus branchialibus strudwra haud similia. Ce Cirratule habite constamment de petites quantités de vase accumulées entre des balanides. Les quatre premiers segments sont toujours dépourvus de filets dits bran- chiaux. Ceux-ci apparaissent, pour la première fois, au nombre de deux à trois paires sur le dos du cinquième (4 me sétigère). Chacun des segments suivants en porte une paire seulement, dont l'implantation est aussi dorsale, mais recule graduellement en dehors, si bien que dès le 10 me segment elle est complètement latérale. Le nombre des segments branchies est très-inconstant. Les filets naissent d'une manière irrégu- lière, deviennent de plus en plus courts, et cessent en général complètement vers le milieu de la longueur du corps. 1 Ce caractère assignerait une place à ce Cirratulien dans le genre Timarete Kinberg. Mes études sur les Cirratuliens portent sur un trop petit nombre d'espèces pour que j'ose porter un jugement sur les nombreux genres nouveaux proposés par \1 Kinberg. (Annulata nova •creusiiil J.-O.-H. Kinberg.— Uefvers. af K. Vel. Akad. Furli. 1865, n» i, p. 253.) DU GOLFE DE NAPLES. 3 Cette espèce, vu sa petitesse, est plus commode que d'autres pour déterminer avec certitude la naissance de chaque filet branchial et le mode de distribution des deux catégories d'organes qui ont été confon- dues sous le nom de branchies. Certains filets ont en effet une circula- lion complexe, d'autres une circulation très-simple. Je réserve le nom de branchies aux premiers, je donne celui de filets lenlaculaires aux se- conds. Les véritables branchies (4 B) sont des cylindres un peu comprimés, revêtus à l'extérieur d'une cuticule mince, qui repose sur une épaisse couche de parenchyme. Celte couche renferme sans doute des fibres musculaires, comme chez les Audouinia, toutefois je n'ai pas réussi à y reconnaître de différenciation de tissu. L'axe de la branchie est occupé par une cavité (e) communiquant librement avec la chambre periviscé- rale. Les faces comprimées de la branchie sont ornées dans toute leur longueur d'une gouttière large et peu profonde. Ces deux gouttières sont couvertes de cils vibraliles très-courts (d) et reconnaissables seulement dans une position favorable. Ces cils entraînent les particules suspen- dues dans l'eau de l'extrémité de la branchie vers la base 1 . La cavité axiale de la branchie renferme deux vaisseaux longitudinaux (4 B,a et b) dont l'un est constamment plus large que l'autre. M.deQuatre- fages et Johnston n'ont su en voir qu'un seul. Ils auraient pu trouver cependant la duplicité du vaisseau branchial mentionnée par divers au- teurs, entre autres par M. Grube*, M. Williams 3 et M. Schmarda \ Ces vaisseaux sont réunis par deux séries d'anses très-fines. Celles-ci arrivent presque jusqu'au contact de la cuticule et doivent par suite facilement subir l'action de l'oxygène dissous dans l'eau. La projection de l'arc de 1 Le l'ait que ces cils fort courts et fort ténus sont logés dans deux gouttières, en rend la recherche difficile. Aussi ne puis-je m'étonner de voir certains auteurs, comme M. Williams, insister énergique- ment sur l'ahsence de cils aux hranchies des Cirratuliens. Cependant je dois les contredire d'une manière positive. * Zur Anat. u. Physiol. (1er Kiemenwurmer, p. 33. 5 Heporl on britisli Annelida, loc. cit. p. 200. * iVeue wirbetlose Thiere, 11, p. 56. 4 ANNÉLIDES CHÉTOPODES l'anse apparaît comme une lâche d'un rouge plus foncé (c) sur le bord de la branchie. C'est là ce que M. de Quatrefages a pris pour une ampoule contractile. En y regardant de plus près, il aurait trouvé sur chaque vaisseau deux séries de taches semblables produites par la projection des courbes des anses vasculaires à leur naissance des vaisseaux longi- tudinaux. Tous ces vaisseaux de la branchie ont des parois fort minces et sont dépourvus de contractilité, ou du moins de pulsations rhylh- miques. Sous l'influence d'une pression exercée sur l'animal, les bran- chies peuvent se gorger de sang et dans ce cas les anses latérales se distendent beaucoup. Mais dès ce moment elles restent distendues et ne se contractent point. A sa base, la branchie est fortement étranglée avant de s'insérer à la paroi du corps, et les vaisseaux longitudinaux prennent part dans une certaine mesure à cet étranglement. Les filets tentaculaires sont, pour l'œil nu ou armé de faibles grossis- sements, entièrement semblables aux branchies. Toutefois, une étude approfondie à l'aide de grossissements plus forts enseigne que chacun d'eux ne renferme qu'un seul vaisseau longitudinal (4 C, a) se termi- nant en cœcum à l'extrémité. Les anses latérales font complètement dé- faut. Une autre particularité qui frappe l'observateur, c'est que la paroi de ce vaisseau, au lieu d'être mince, incommensurable même comme celle des vaisseaux branchiaux, est fort épaisse (4 C, b), incolore et plissée en travers. Enfin cette paroi estéminemmenlcontractile et le vaisseau pré- sente des pulsations rhythmiquesqui font circuler le sang alternativement dans un sens et dans l'autre. En un mot, la circulation des filets tenta- culaires chez les Cirratuliens est entièrement semblable à celle des ten- tacules chez les Spiodiens, les Amphicténiens et les Phérusiens, ou à celle des antennes latérales des Staurocéphales. Les filets tentaculaires sont placés en avant des branchies. Cependant je ne suis pas certain qu'ils soient restreints au quatrième segment sé- tigère '. Il m'a semblé parfois que les trois ou quatre segments suivants 1 Déjà Audouin et Edwards ont songé à établir une distinction fonctionnelle entre les lilamenls latéraux DU GOLFE DE NAPLES. 5 avaient encore des tentacules et pas de branchies. Ceux qui répéteront ces observations, impossibles sans l'aide d'assez forts grossissements, excuseront celle incertitude. Il n'est, en effet, pas toujours facile dans l'enchevêtrement des fdets branchiaux et tentaculaires qui souvent ne sont favorables à l'étude que dans une partie de longueur, il n'est pas facile, dis-je, de déterminer exactement l'origine d'un tentacule donné. Chez quelques individus, certains filets tentaculaires prennent un dia- mètre supérieur à celui des branchies, mais ce n'est point le cas chez tous et il m'a été impossible d'attribuer à ce caractère, à cause de ses variations mêmes, une valeur spécifique. Parfois la prépondérance d'un ou deux tentacules (qui se creusent en même temps d'un sillon longi- tudinal très-profond) devient si frappante qu'on serait tenté de classer l'animal dans le genre Helerocirrus. Le vaisseau dorsal renferme les mêmes organes bruns que je décrirai plus loin chez l'Audouinia [digéra. Ces organes ne se prolongent pas en avant au delà du neuvième segment sétigère. D'ailleurs le vaisseau dor- sal s'arrête en ce point, ou du moins ne se prolonge-l-il en avant que sous la forme d'un petit rameau fort mince. La masse du sang se dé- verse en cet endroit dans deux vaisseaux latéraux qui se recourbent immédiatement en arrière. Après avoir cheminé d'arrière en avant jus- qu'au neuvième segment sétigère, le sang retourne donc d'avant en arrière dans les vaisseaux latéraux sans pénétrer dans la région antérieure du corps. J'ai remarqué cette disposition chez tous les Cirratuliens du golfe de Naples, et elle est sans doute générale dans la famille. M. Kefer- stein l'a constatée chez le Cirratulus fliformis des côtes de la Normandie, seulement les vaisseaux latéraux naissent chez celte espèce au troisième et non au neuvième segment. Chaque branchie latérale reçoit son artère du vaisseau latéral et sa dorsaux. Ils proposaient d'appeler les premiers des cirres et les seconds des branchies. Nous venons de voir que ce dernier nom conviendrait bien plutôt aux premiers. M. Kinberg a été mieux inspiré en appelant les lilaments dorsaux des « branchies tentaculaires. » 6 ANNËL1DES CHÊTOPODES veine ou artère épibranchiale va se jeler dans le vaisseau ventral. On comprend dès lors que, dans tous les segments situés en avant du neu- vième, la circulation doive s'opérer d'une autre manière. En effet le vaisseau latéral faisant défaut, ne peut plus fournir l'artère bran- chiale. Aussi la partie antérieure du ver n'a-t-elle plus de véritables blanchies, mais seulement des tentacules à vaisseau unique. Ce vais- seau aveugle paraît provenir du vaisseau ventral; je n'en suis pourtant pas certain. Le C. chrysoderma, comme tous les Cirratuliens, n'a qu'une seule paire d'organes segmentaires débouchant au second segment (1 er sé- tigère) par une ouverture ovale (lig. 4, e) située en dedans de la rame ventrale. L'organe est enroulé en spirale anguleuse. Sa partie externe est étroite, mais bientôt elle s'élargit brusquement en un tube cilié large de O ram ,lL L'ouverture interne m'a échappé. Les tissus de la paroi du corps de ce petit Cirralulien offrent une apparence très-particulière. L'épaisseur de cette paroi est de 13 micr . Je n'ai pas réussi à y découvrir les couches musculaires habituelles. Elle est formée essentiellement par une substance homogène traversée par des fibres (fig. 4 A, c) dirigées normalement à la surface. Au point où chaque libre arrive sous la cuticule, elle s'élargit en une sorte de massue renfermant un noyau de couleur jaune d'or (d). En réalité, chacune de ces fibres n'est qu'un prolongement d'une cellule étoilée de la couche chitinogène. La cuticule forme une petite saillie, au-dessus de chaque granule doré. Le sang du C. chrysoderma, comme celui de tous les Cirratuliens que j'ai examinés sous ce rapport, est chargé de globules fusiformes aplatis, qui ne pénètrent cependant pas dans les anses latérales des branchies. J'ai rencontré à Naples deux autres espèces de Cirratules filiformes et jaunes, que je n'ai pas étudiées assez bien pour autoriser une descrip- tion dans ce Mémoire. DIT GOLFE DE NAPLES. 7 Genre AUDOUINIA Qtrfg. AUDOUINIA FIUGERA. Lumbrinerus filigerus Délie Chiaje, Memorie, III, 178, t. XLV, I. Cirratulus filiijerus Délie Chiaje, Descrizione, III, 85; V,99; tav. 91, fig. 1-2; tav. 80, lig. 1. Cirratulus Lamarckii, var. Grube, Act. Echinod. und Wûrmer, p 70. PI. XXIII, lig. 3. Ce ver est très-proche parent de VAudouinia Lamarckii, dont il n'est peut-être qu'une variété. La seule différence entre les deux espèces est, en effet, la suivante : Chez VAudouinia filigera le faisceau do filaments dorsaux est porté par le cinquième segment sétigère 1 , chez VA. Lamarckii par te septième*. Quant aux paires de bran- chies latérales, elles naissent dès le premier, quelquefois seulement dès le second seg- ment sétigère. Je ne puis affirmer que cette espèce n'ait pas, comme le Cirratulus chrysoderma, de tentacules distincts des branchies. Cependant, je n'ai réussi à reconnaître dans aucun filament la structure des filets tentacu- laires. Tous ceux que j'ai examinés étaient de véritables branchies avec deux vaisseaux dans l'axe et deux rangées d'anses. Leur surface paraît aussi toujours creusée de deux sillons longitudinaux couverts de cils vi- braliles. Cependant, il n'est pas impossible que les tentacules m'aient échappé au milieu de la foret de branchies. Je suis d'autant plus dis- posé à l'admettre, que les grands traits delà circulation sont les mêmes chez les Audouinies que chez les Cirratules. Le vaisseau dorsal ne se continue pour ainsi dire en avant pas au delà du septième au hui- tième segment, lieu où le sang se divise dans les deux vaisseaux laté- ' M. Grube (Arcliiv fur Naturg., XXI, 1855, p. 100) a identifié le Cirratulus filigerus Délie Chiaje avec le Cirratulus Blainvillei Gr. de Trieste (.cette espèce doit rentrer dans le genre Cirrhineris Qtrfg., bien que M. de Qnatrefages, ignorant la description de M. Grube, ait décrit de son côté une Cirrhineris Hlanii'illei), qui n'a pas de filaments dorsaux. Les dessins imparfaits de Délie Chiaje semblent, il est vrai, donner raison à M. Grube. Toutefois, l'extrême abondance à Naples de l'espèce que je décris ici, met pour moi hors de doute qu'elle est bien le véritable Cirratulus filigerus de Délie Chiaje * M. Kiuberg les placerait donc toutes deux dans son genre Timarete. 8 ANNÉLIDES CHÉTOPODES raux 1 , et revient en arrière. En avant de ce point le vaisseau dorsal n'est plus qu'un mince filet. En arrière, c'est-à-dire dans sa partie large et con- tractile, il est accompagné de trois cordons d'une substance brune gra- nuleuse. Ils ont été déjà vus et figurés par Délie Ghiaje, et M. Keferstein les mentionne comme trois bandes de pigment brun chez le Cirratulus filiformis. Aucun autre auteur ne paraît s'en être occupé. Ces corps sin- guliers existent chez tous les Cirratuliens et leur liaison avec le vaisseau dorsal est intime. Ce dernier est enveloppé d'une tunique musculaire (3 B, b) de laquelle dépendent ses mouvements rhythmiques. Les fibres annulaires qui forment celte tunique ont une largeur de 5 micr ,5 et s'anastomosent quelquefois les unes avec les autres. Les cordons bruns sont placés en dedans de la tunique et prennent part aux mouvements ondulatoires du vaisseau. Sont-ils placés entre la tunique musculaire et la paroi propre du vaisseau ou dans lintérieur même de ce dernier? C'est une question que je n'ai pu résoudre. On réussit bien à isoler les cordons par la préparation, mais alors on déchire toujours le vaisseau. Dans la partie postérieure du corps, les gouttelettes brunes qui remplis- sent les cordons sont moins abondantes et moins foncées. Les cordons deviennent alors indistincts. La circulation des Audouinia et même des Cirratuliens en général est mal connue. M. de Quatrefages la résume dans son Histoire des Annelés en quelques traits entièrement erronés , empruntés à un travail de M. Grube. Mais M. Grube n'avait étudié que des Cirratuliens conservés dans l'alcool, et l'auteur de Y Histoire des Annelés aurait eu la main plus heureuse en profitant des travaux plus récents de M. Keferstein et même des anciennes recherches de Délie Chiaje, puisque ces deux savants ont examiné et disséqué des individus vivants. En somme, la description de M. Keferstein est exacte et s'accorde avec les quelques détails que j'ai donnés. Je complète ceux-ci par une coupe 1 Ce sont sans demie ces deux vaisseaux latéraux que M. Schmarda a en vue, lorsqu'il attribue aux Cirratuliens des mers d'Europe un double vaisseau dorsal (Neue wirbellose Tliiere, p. 56). Le véritable vaisseau dorsal lui aura échappé sous les coulons bruns que je vais décrire. DU GOLFE DE NAPLES. 9 du ver indiquant les troncs principaux (fig. 3). On y voit le vaisseau dorsal (a), le vaisseau ventral (b), les vaisseaux latéraux ( les six premiers segments (buccal compris) ont quatre faisceaux de soies subulées chacun. Au 7 mo segment les faisceaux externes n'ont que des soies subulées, mais le faisceau interne est formé dans sa moitié externe par des soies subulées, dans sa moitié interne par des crochets. Dès le 8 mc segment on ne trouve plus que des crochets. Chez les çf les six premiers segments n'ont que des soies subulées à tous les faisceaux. Au 7 me segment le faisceau externe est formé de huit à dix crochets, suivis en dedans d'une soie subulée et le faisceau interne compte à peu près autant de soies subulées (en dedans) que de cro- chets (en dehors). Le 8 mc et le 9 mo segment n'ont que des crochets aux faisceaux externes, les faisceaux internes sont modifiés pour former l'appareil copulateur; dès le 10 mc segment les quatre faisceaux sont formés exclusivement de crochets. Toutefois cette description n'est vraie que des adultes. Les embryons, dont je décrirai le développement dans une autre occasion, n'ont pas de soies au sortir de l'œuf, mais au bout de quelque temps les soies se forment dans une série de segments et cela au nombre d'une seule par DU GOLFE DE NAPLES. 13 faisceau. Je fus très-étonné de voir chez Ions ces jeunes individus les trois premiers segments seuls munis de soies subidées, et les crochets apparaître déjà au quatrième. Il ne pouvait y avoir de doute sur l'iden- tité spécifique des jeunes et des adultes, car les embryons étaient éclos, dans mon aquarium, d'œufs pondus sous mes yeux. Celte restriction des soies subulées aux trois premiers segments se maintient pendant une longue période de la croissance du ver, même à l'époque où les soies de chaque faisceau sont devenues nombreuses. Le ver a déjà acquis plus du tiers de sa taille définitive lorsque les soies en crochet du quatrième au sixième segment tombent successivement pour être rem- placées par des soies subulées, et l'on trouve à cette époque une foule de variations dans la distribution des soies des segments 5 à 7 '. Si j'insiste si longuement sur ces détails, c'est qu'ils prouvent ample- ment qu'on ne saurait, chez les Capilelles, établir de différences spécifiques basées comme chez les Serpulacés sur le numéro des segments où le changement de soies a lieu. Au moins la comparaison devra-t-elle être faite seulement entre des adultes. Ainsi la Capitella fUiformis Clprd. est bien une bonne espèce, car ses soies n'ont pas de ressemblance avec celles de la C. capitula, cependant un des caractères sur lesquels j'in- sistais le plus dans la description de cette espèce" 2 , l'existence des soies subulées au quatrième segment seul se trouve n'avoir plus qu'une valeur très-douteuse. M. van Beneden a été le premier à nous faire connaître l'appareil copulateur des mâles, et la figure donnée par lui des soies extrêmement vigoureuses qui le constituent ! est assez exacte. Il en est de même de celle de Johnston 4 . Toutefois ces savants paraissent n'avoir pas bien vu l'appareil dans sa totalité et n'en pas avoir saisi les homologies. L'appareil n'est point formé comme le pense M. van Beneden d'un 1 Les chiffres île M. Œrsted, cilés plus haut, comme aussi sa figure, la grandeur des yeux qu'il repré- sente, tout indique que le savant danois n'a eu sous les yeux que de jeunes individus. - Voyez Glanures zootomiques, p 49. 3 Loc. cit., fig. 3. 4 Catalogue, p. (38, fig. L ' 14 ANNÉLIDES CHËTOPODES demi-cercle de lames cornées, mais bien de quatre groupes distincts de larges soies recourbées (1 F) dont les' pointes convergent vers l'ouver- ture génitale par laquelle les plus longues d'entre elles font saillie. Cette ouverture est placée en effet sur la ligne médiane entre le 8 me et le9 me segment', et les quatre groupes en question ne sont que les fais- ceaux de soies internes et transformés de ces deux segments. Les rames pédieuses sont devenues ici un appareil accessoire de la génération \ Entre les deux groupes postérieurs de soies copulatrices on trouve la poche que M. van Beneden interprète comme testicule. J'avoue n'avoir jamais trouvé de zoospermes dans l'intérieur. Elle me semble d'ailleurs bien petite en regard de fonctions si importantes. Je crois plutôt qu'il s'agit d'une poche sécrétant un liquide propre a diluer la semence. « C'est par la partie postérieure du corps que les œufs se frayent « un passage à travers la peau et c'est par l'extrémité caudale que la « ponte s'effectue. » Ainsi s'exprime le savant belge à propos des Capi- lelles femelles. Sur ce point il est décidément dans l'erreur. Les pores sexuels des femelles sont en réalité au nombre de deux et il est facile de les trouver sous la forme de fentes transversales, sur le ventre, entre le 7 me et le 8 me segment, un peu en dedans de l'alignement des faisceaux de soies externes. A l'époque de la maturité sexuelle le pourtour de ces deux ouvertures se renfle et prend une apparence qui rappelle le cli- tellum des Oligochèles. Il en résulte, lorsqu'on observe l'animal à la lumière transmise, deux grandes taches opaques dans lesquelles les pores sexuels apparaissent comme des fentes claires Les pores sexuels des femelles sont donc situés d'un segment plus en avant que le pore sexuel des mcâles. J'en ai pu faire souvent l'élude, les Capitelles ayant pondu chaque jour pendant près de deux mois dans un de mes aquariums. Les ovaires ont été déjà très-bien vus par MM. Frey et Leuckart et 1 M. van Beneden dit, il est vrai, entre le 9 me et le 10 me , mais il figure bien l'ouverture entre le 8 me et le 9 mo , où elle est placée réellement. 4 Voilà une analogie indubitable avec certains Oligochètes, auxquels on a si souvent tenté de réunir les Capitelles. DU GOLFE DE NAPLES. 15 par M. van Beneden. Ce sont dans chaque segment, sauf les premiers, deux poches situées de chaque côté de la chaîne ganglionnaire. Leur paroi incolore (1 E, a) est très-épaisse, et presque tous les ovules qu'ils renferment paraissent mûrir simultanément. C'est en quelque sorte une exception lorsqu'on aperçoit un ovule en retard de croissance(l E) entre deux œufs arrivés à maturité. Les œufs mûrs sont mis en liberté, pro- bablement par déchirure de la poche ovarique, et flottent dans la cavité périviscérale. Le système nerveux (1 D) ne m'a pas présenté à la chaîne ganglion- naire la grosse fibre tubulaire que j'ai signalée chez d'autres Capitel- liens. Les commissures interganglionnaires sont intimement accolées et dans chaque ganglion les cellules se distribuent tout autour. Le cerveau est échancré en arrière (b) ; son bord antérieur décrit exactement un demi-cercle, les parties latérales donnant naissance à deux gros nerfs destinés au lobe céphalique. Le plus gros rameau de chacun de ces nerfs aboutit à l'un des yeux (a), bien plus petit que le diamètre du nerf lui-même. Les globules rouges de la cavité périviscérale atteignent un diamètre de 12 raier et renferment de nombreuses petites granulations. L'acide acétique fait naître un précipité dans chaque vésicule et fait ressortir un nucléus circulaire parfaitement distinct. J'insiste de nouveau sur ce fait qui a été contesté, mais à tort, par M. Beichert. Capitella costana. pi. xxvn, r.g. 2. Corpus longiùudine /.'/""". latitiuline 0,0 (spccimimi vit nuit /mi) teres, filiforme, fnsco- rubrwn, ocidis jjlwibus. Sitarum sjiirirs très; sci/mriito s mdrorsu/m teres, fusco-ruber,abdo- mine atbido, depresso, Hmea dormait rubra notato. Abdominis segmenta utrïnqiic macula nigra insignia. Tori mewigeri in branchiam ligidatam supernt jtrodndi. ' L'espèce pour laquelle M. de Quatrel'ages a établi son genre Arenia (A. cruenla Qtrfg.) est à n'en pas douter le Notomastus rubicundus (CapUella Kfrst.), nom qui a pour lui la priorité. s M. Kinberg (Oefvers. af'K. Vet. Akad. Fùrh. 1866, n°9, p. 343) sépare le Notomastus rubicundus(Ca- pitellu Kfrst.) des autres Notomastes à cause de ses tentacules rétractiles. Mais ce caractère est commun à tous les Notomastes et probablement à tous les Capitelliens. La position que M. Kinberg assigne à ce genre Sandanis, parmi les Amniocbariens, est injustifiable. Ce savant ne paraît, du reste, point avoir étu- dié lui-même ces vers. DU GOLFE DE NAPLES. 19 Le iV. linealus compte dix segments à la région thoracique. Le premier (buccal) est achète les suivants portent chacun quatre faisceaux de soies simples (4 G), bor- dées d'un limbe étroit. La paroi de cette région est charnue et pigmentée de ronge- brun. Chaque segment y est divisé par un sillon en doux anneaux secondaires. Toute cette région présente un carrelage hexagonal de la cuticule. Les trois derniers seg- ments thoraciques ont, dans le sillon transversal médian du segment et dans l'aligne- ment de la rangée dorsale de soies, une ouverture de chaque côté'. Au 1 l me segment commence la région abdominale, caractérisée par des crochets aviculaires (4 H) dont le bec principal est surmonté de deux denticules accessoires. L'extrémité du crochet est enfermée dans une espèce de large gaine, percée d'une ouverture ovale par laquelle sort le bec. La tige du crochet est renflée en son mi- lieu et coudée près de la base. La région abdominale a des parois musculaires d'une épaisseur extrême, sauf au dos. Il en résulte qu'elle présente en général la couleur blanchâtre des muscles (le pigment fait ici défaut), mais que la ligne médiane dorsale est rouge. En effet, le long de cette ligne la couleur rouge des globules de la cavité périviscérale apparaît à travers la paroi amincie. Les crochets sont implantés à chaque segment de la région abdominale sur un bourrelet (4 B, d), qui naît très-près de la ligne médiane ventrale et remonte" sur les côtés jusqu'au dos. Le nombre des crochets disposés en une seule rangée sur l'un de ces bourrelets s'élève parfois à 130 et au delà. Au point où le bourrelet cesse sur le dos, il donne naissance à une languette (4 B, a; 4 C, a), dans l'intérieur de laquelle pénètrent librement les corpuscules rou- ges de la cavité périviscérale. Ces languettes à paroi mince doivent sans doute être considérées comme des branchies lymphatiques. Leur surface est, il est vrai, dépourvue de cils vibraliles, mais l'organe lui-même est éminemment contractile et par ses mouvements irréguliers de systole et de diastole permet le renouvellement constant de la lymphe rouge qui le remplit 2 . Le faisceau dorsal est réduit, comme chez les autres espèces du genre, à 3 ou 4 petites soies implantées dans un ma- 1 Comparez la Capitella major (ci-dessus, page 17). 2 Bien des zoologistes actuels, amateurs de la multiplication des genres, me blâmeront d'avoir laisse cette espèce branchiée parmi les Notomastes. Je rappellerai toutefois que les branchies ne peuvent pas toujours fournir un bon caractère générique, témoin les Glycères. Dans le cas particulier, je considére- rais l'établissement d'un genre pour les Notomastes branchies comme entièrement fautif. Chez plu- sieurs espèces, en effet (iV. Sarsii Clprd.; N. Benedeni Clprd.), le bourrelet ventral se renfle en un ma- melon très-appréciable à son extrémité dorsale. La languette branchiale du N. lineatus n'est que l'exa- gération de ce mamelon et une limite serait impossible à tracer. 20 ANNÉLIDES CHÉTOPODES melon à peine appréciable (4 B, d). Entre la languette branchiale et le mamelon dorsal s'élève un bouton comprimé, large; de mm ,17, hérissé d'une forêt de soies très-délicates, mais roides (4 C, b). J'ai déjà fait connaître cet organe chez divers autres Notomastes. Le corps de ce Notomaste est très-attenué en avant, grâce à l'étroi- lesse du lobe céphalique. Les organes vibratiles exsertiles qui surgissent parfois sur les limites de ce lobe et du segment buccal, ont l'apparence de gros tubercules mamelonés (4 A) comme ceux du Nol. rubicundus Kfrst. de la Manche. Les taches noires signalées dans la diagnose comme caractérisant chaque segment abdominal, sont dues à la coloration sombre des organes segmentaires. Ces boyaux qui ont une position presque transverse, sont très-larges dans la partie tournée vers la paroi externe du segment, très- amincis au contraire à l'extrémité opposée (4 D, 6), où paraît être la communication avec la cavité périviscérale. Le canal excréteur naît du milieu de la partie renflée. Il est cylindrique et va s'ouvrir en droite ligne à l'extérieur sur une petite papille (a) de la surface dorsale du segment. Le système nerveux (4 F), comme celui d'autres Notomastes, se dis- tingue par l'existence d'une large fibre tubulaire reposant sur la ligne médiane de la chaîne ganglionnaire. Le cerveau est formé de deux lobes principaux , et de deux autres postérieurs plus petits. Les nerfs naissent non-seulement des ganglions, mais aussi des connectifs inter- ganglionnaires, comme je l'ai déjà signalé chez d'autres espèces du même genre. Les globules rouges (4 E) de la cavité périviscérale, larges de 20 micr , traités par l'acide acétique, permettent toujours de reconnaître, en outre de quelques granulations, un nucléus circulaire, large de 8 micr . DU C.OLFE DE NAPLES. 21 Genre DASYBRANCHUS Grube. DaSYBKANCHUS CADUCL1S. Dasybranchus caducus Grube, Arth. fur Nalurg., 1864, p. 166, tab. V, lit;. 3-4. Da.sybranchiis cailucus Clprd. Glanuies zoot.. p. 56 (516), pi. VIII, fig. 8. PI. XXVII, lit;. 5. J'ai rencontré rarement ce Dasybranche à Naples. Les plus grands individus (murs) comptaient 1 20 segments. Le segment buccal est constamment achète et suivi de treize segments à soies subulées. Le premier segment hamifère est donc en réalité le 15 m * et pas le 1 4 me , comme je l'avais indiqué dans mes Glanures. La figure 5 B repré- sente l'un des crochets qui ressemble beaucoup à ceux des Notomastes. Chez les mâles approchant delà maturité, le liquide de la cavité péri- viscérale m'a présenté des caractères fort remarquables. Il tient en sus- pension deux natures d'organites : d'une part des cellules rouges (5 A), larges de 26 micr , dans lesquelles l'acide acétique fait naître un préci- pité et permet de reconnaître le nucléus rond, large de 8 micr ; et, d'autre part, des disques formés par l'agrégation d'une très-grande quantité de nucléus larges de 8 micr , à peine séparés par une substance granuleuse peu abondante. Sur tout le pourtour de ce disque (5 E) est une auréole de grandes cellules pâles atteignant un diamètre de 26 micr . Les nucléus correspondent aux corps framboises des autres Annélides. Ils se trans- forment en régimes de zoospermes. Si l'on compare ces disques et leur couronne aux testicules que j'ai décrits chez les Néréides, l'analogie ne peut échapper, et il faut considérer ces organes comme de véritables testicules flottants. Les cellules de la couronne sont les homologues du tissu connectif sexuel des Lycoridiens. Ces testicules circulent avec la lymphe rouge dans la cavité périviscérale. Les branchies lymphatiques des Dasybranches sont parfaitement transparentes et on peut les obser- ver sous le microscope chez un ver non mutilé. On voit alors les testi- 22 ANNÉLIDES CHÉTOPODES cules pénétrer dans les branchies et en ressortir avec les corpuscules lymphatiques. La structure de ces branchies (fig. 5) est d'ailleurs fort remarquable. Malgré leur extrême contractilité, elles ne renferment aucune libre mus- culaire. Sous la cuticule (5 D, a) fort mince et dépourvue de cils vibra- tiles, on trouve un seul tissu dans toute l'épaisseur de la paroi. C'est une trame aréolaire (5 D), formée par des sphéroïdes d'une substance amorphe et incolore, serrés les uns contre les autres. Dans les intersti- ces sont semés de petits nucléus ronds (c) et çà et là des amas de gra- nules bruns (b). Cette trame parait contractile comme du sarcode. Chaque organe segmentaire (5 C) forme une anse qui court paral- lèlement à la rangée de crochets ventraux. L'une des branches s'ouvre à l'extérieur non loin de l'extrémité de la rangée, du côté dorsal, l'autre se prolonge vers la partie lergale de l'animal. Toutefois je n'ai pu re- connaître sa terminaison. L'organe est jaune avec des taches claires dis- posées très-régulièrement et résultant des nucléus des cellules qui le constituent. Famille des OPHELIENS Grube (Mlnigr. Qtrfg.) (Indus. POLYOPHTHALMIENS Qtrfg.) La réunion des Ophéliens aux Polyophthalmiens peut surprendre au premier abord. L'organe vibratile et le genre de vie errant des Po- lyophthalmiens semblent devoir les éloigner entièrement des Ophélies. Cependant on verra plus loin que les Ophélies sont munies d'organes ciliés, rétractiles, homologues des appareils ciliés des Polyophthalmes, organes dont la présence fait disparaître l'absurdité du nom iïOphelia bicomis donné par Savigny à une espèce de cette famille par suite d'une méprise. L'objection tirée du genre de vie n'a qu'une valeur très-secon- DU GOLFE DE NAPLES. 23 claire. A ce poinl de vue la différence entre les Ophélies et les Polyoph- thalmes est moins grande que celle qui sépare les Néréides des Hétéro- néréides 4 . Le rapprochement des Ophélies et des Polyophthalmes n'est du reste point nouveau. Il a déjà été fait, soit par F. de Filippi J , soit par M. Gruhe 3 . M. de Quatrefages ne le mentionne même pas, mais les mémoires dans lesquels ces auteurs ont exprimé leur opinion parais- sent lui être restés inconnus 4 . Les pages qui suivent, seront une ample justification de la fusion des deux familles \ Genre OPHELIA Sav. (D. Chiaje, Œrsted rev.) On sait que Savigny ' prit la tète des Ophélies pour la queue, et que sa diagnose en a été rendue méconnaissable. M. Œrsted 7 a du la refaire telle qu'elle est aujourd'hui généralement adoptée, et M. de Quatre- fages 8 revendique en faveur du savant danois l'honneur d'avoir délivré la science d'une grande erreur. Il n'est cependant que justice de rappeler que longtemps avant Œrsted, soit Délie Chiaje 9 , soit M. Sars' , soit M. Gahr. Costa" avaient très-explicitement réfuté l'erreur de Savigny. 1 M. de Quatrefages représente les Polyophthalmes comme nageant à l'aide de leur appareil cilié. Je ne les ai jamais vus en faire un semblable usage. Les Polyophthalmes nagent comme des anguilles par le mouvement ondulatoire de leur corps. 2 Archivio per la Zooloyia, l'Anatomia e la Fisiologia. Genova, 180), p. 315. " Ausflity nack Triesl und Quarnero, p. 49 et Archiv fur Nalury., XXIX, 1863, p. 51. 4 S'il en eût été autrement, M. de Quatrefages n'aurait point passé complètement sous silence le genre Arntandia Fil. dans son Histoire nat. des Annelés. 5 Les nombreux genres nouveaux établis par M. Kinherg dans la famille des Ophéliens ne sont connus jusqu'ici que par des diagnoses fort brèves. Il m'est impossible d'en apprécier la valeur. ,; Système des Annélides, p. 38. ' Grônland's Anmilata dorsibrancliiata, p. 51. 8 Histoire naturelle des Annelés, II, p. 270. " Meimrie, etc. Napoli, 1825, II, p. il i cl [ksaizione e Notomiti, etc. Napoli, 1841, III, p. 80. lu Sur quelques animaux invertébrés des côtes de Norwége. Comptes rendus de l'Acad. de Paris, t. V, 1837, p. 97, et Ann. des Sciences natur., t. VII, 1837, p. 246. " Annali dell' Accademia degli Aspiranli naturalisti, vol. II, fascic. 3, Napoli, 1843. 24 ANNÉLIDES CHÈTOPODES Ophelia RADIATA. Lumliricus radialus Délie Chiaje, Memorie, II, 329, lav. XXIX, fig. 1-4. Lumbricus radialus Délie Chiaje, Descrizione e notomia, lav. 93, fig. 1 -4. Opltilia bicurnis Délie Chiaje, Descrizione, vol 111, p. 86 et vol. V, p. 99 ; tav. 100, fig. 1-5. Neomeris urophylla Gah. Costa ', Annali d. Accad. d. aspir. naliir.,11, 81. Ophelia neapolilana Qlrfg. Hist. nat. des Annelés, II, p. 275. Lumbricus radialus Qlrfg. sp. incertae sedis fam. Ophel. lhid , p. 279*. PI. XXVI, fig. 1 et pi. XXIX, fig. 1. Corpus longitwdine 33°"", latitudine i"" 1 ' carnewm, iridescens; regio thoracica segmentis decem setigeris composita; regio abdominaUs supra convexa, subtus plana, sulco îongitudi- nali ornata, e segmentis circa 20 constatas, quorum anteriora quatuordeeim branehifera. PapUlarum atialinm paria octo, inferiori cœteris crassiori. Cette espèce, extrêmement commune à Naples, est jusqu'ici la seule Ophelia connue du golfe. La scinder en deux espèces comme le fait M. de Quatrefages d'après les deux noms employés par Délie Chiaje est impossible dès qu'on lit le texte du zoologiste napolitain. En effet, ce texte dit positivement que le nom (YOphilia bicornis doit remplacer ce- lui de Lumbricus radialus par suite de la priorité du nom de Savigny appliqué à la même espèce. Aujourd'hui qu'il semhle douteux que 1 es- pèce de Naples puisse "être identifiée avec l'espèce-lype de Savigny, il faut revenir au nom premier de Délie Chiaje \ 1 Je ne sais en vertu de quels principes de législation zoologique M. Gahriel Costa a créé ce nom de Neomeris urophylla. En effet, l'auteur n'ignore nullement qu'il s'agit d'un animal appartenant au genre Ophelia et spécifiquement identique avec le Lumbricus radiatus de Délie Chiaje, comme son Mémoire en fait foi. - Pour compléter cette synonymie, il faudrait peut-être ajouter ÏO. roarclata Edw. (Règne animal il- lustré. Annélides, pi. 17, fig. 2.) Le peu qu'en dit et figure M. Edwards est, en effet, applicable à ÏO. radiata. M. de Quatrefages (Annelés, II, p. 273), indique bien, dans une diagnose faite d'après les figures de M. Edwards, les papilles anales comme égales entre elles, tandis que les deux papilles inférieures sont beaucoup plus grosses que les autres dans l'espèce napolitaine. Toutefois la diagnose de M. de Qua- trefages est sur ce point en contradiction avec la figure de M. Edwards. L'O. coarctatu est des Antilles. " Pour ma part, je ne suis point convaincu que les deux espèces soient différentes. L'espèce type de Savigny est très-mal connue. Nous en devons une diagnose fort brève à M. de Quatrefages, d'après des individus de la collection du Muséum de Paris, qui proviennent de la Rochelle. Cette diagnose s'applique de tous points à l'espèce napolitaine, sauf que le nombre des papilles anales est de quinze au lieu de seize, ce qui impliquerait l'existence d'une papille impaire Mais est-ce là un caractère bien certain chez des Annélides conservées dans l'alcool, et bien important? Il est vrai que la taille est indiquée comme bien supérieure à celle de la moyenne des individus de Naples. DU GOLFE DE NAPLES. 25 Le lobe céphalique est fort petit, en forme de cône très-atténué et séparé du seg- ment buccal par un étranglement marqué. L'animal s'en sert pour fouiller le sable. Cet organe parait n'avoir été considéré par la plupart des auteurs que comme un appen- dice conique de la tête, mais c'est bien le lobe céphalique dans sa totalité. Il renferme, en effet, le cerveau (fig. 1, c et 1 B, d), et, à la surface de celui-ci, deux petits yeux noirs, faciles à méconnaître ' . Le segment buccal est conique, relativement fort long et divisé en un grand nombre d'anneaux par des crêtes de la cuticule (1 B). La bouche (1 B, a), au côté ventral, est largement béante et comprise pour ainsi dire entre quatre lèvres. La lèvre antérieure et la postérieure, doucement arrondies, sont, en effet, comme emprisonnées entre deux lèvres latérales à bord tranchant et dentelé par les crêtes de la cuticule. De chaque côté de la bouche se voient les deux premiers faisceaux de soies. Le segment buccal est donc sétigère. Immédiatement en avant de ces soies est de chaque côté une grande fosse (1 A, b, b'), dont la profondeur est sujette a variations. Cette fosse est, en effet, déterminée par la traction du point d'attache de muscles qui vont se fixer par l'autre extrémité à l'angle externe des lèvres. La partie antérieure du segment buccal paraît d'ordinaire entièrement dépourvue d'appendices, et je ne pensais pas qu'il put y avoir d'erreur à ce point de vue. Aussi grand fut mon étonnement le jour où je vis pour la première fois une Ophélie faire surgir de chaque côté une espèce de petit bouton cilié (t A, a, a'), tout à fait semblable à celui des Capitel- liens. Les cils engendrent des courants rapides dans l'eau. Ces courants cessent subitement dès que l'animal rétracte les organes qui en sont la cause. On reconnaît là sur une petite échelle les organes vibratiles si bien connus chez les Polyopblhalmes. La région antérieure comprend neuf segments en outre du segment buccal. Ils ne sont point délimités par des sillons, et leur existence n'est trahie que par une série de dix faisceaux géminés de soies simples, de chaque côté. Le double faisceau représente deux rames rudimentaires, 1 Délie Chiaje se félicitait d'avoir détruit l'erreur de Savigny, lequel avait attribué des yeux auxOphé- lies. Il serait étonné de voir la vue rendue à ces prétendus aveugles. Il ne faut d'ailleurs pas oublier que les yeux mentionnés par Savigny sont bien différents de ceux que je décris, puisqu'il les plaçait près de l'anus (pour lui, la bouche). M. Sars signale aussi des yeux cliez une Opbélie du N'ord. Tome xx, l re Partie. 4 26 AXNELIDES CHÉTOPODES mais la surface du corps ne se relève pas même en papilles à leur nais- sance. A l'extrémité postérieure de cette région, les parties latérales du corps font saillie sous forme de deux gros tubercules qui délimitent les deux régions. La forme de la région abdominale est très-remarquable. Elle ressemble de tous points à celle que j'ai fait connaître chez les Polyophtbalmes. Le corps comprimé est extrêmement convexe en dessus; en dessous il est déprimé en une sorte de plante ou de sole canaliculée sur la ligne médiane, et les bords de cette sole forment deux carènes latérales très- accentuées. Celte forme remarquable est due aux mêmes causes que chez les Polyophthalmes. La cavité périviscérale des Opbélies est en effet partagée, pour ainsi dire, en trois parties par deux planchers musculaires obliques don! les ais sont disjoints. Les bandes musculaires qui constituent les ais de chaque plancher s'attachent d'une part à la paroi latérale de la cavité du corps, en dessus de la carène latérale, d'autre part à la paroi ventrale, auprès de la chaîne ganglionnaire. Les planchers délimitent, par conséquent, sur les côtés du ver deux chambres longitudinales prismatiques à trois faces, la face interne étant formée par le plancher musculaire, les deux autres par les parois de la carène. A chaque segment correspondent cinq bandes musculaires pour chaque plancher'. Une jeune Ophélie assez transparente pour laisser voir ces muscles, présente sa face ventrale comme divisée en une série de bandes parallèles. Il suffit de comparer la lïg. 1 F avec celle que j'ai publiée d'un Polyophthalme dans mes Glanures (pi. 1, fig. 19), pour se con- vaincre que l'identité est complète. Cette similitude a même donné lieu dans les deux cas aux mêmes erreurs. Dujardin, chez le Polyophthalmus pictus, avait pris chaque bande musculaire pour un segment du ver; chez les Ophélies, Délie Chiaje fait naître les branchies de cinq en cinq segments : il a, par conséquent, considéré aussi chaque bande comme un 1 Ces muscles ont d'ailleurs été tort bien vus et ligures par li.ilhke chez les Ammotrypanes, qui appar- tiennent à la famille des Ophéliens. Voyez Beitray zur Fauna Niirwearns dans Nova Acla A nul. bup. Curiosorum naturœ, tome XX, pi. 1, 1843, p. 202. PU GOLFE DE VAPLES. 27 segment à pari. La contraction des planchers musculaires a pour effet d'augmenter la profondeur du sillon ventral. Les segments abdominaux portent de chaque côté deux faisceaux de soies capillaires, naissant très-près l'un de l'autre comme au thorax. Les quatorze premiers segments sont ornés en outre d'une branehie ligulée, naissant par une base un peu étranglée immédiatement au- dessus de ces faisceaux. La surface de la branehie est couverte de cils vibraliles extrêmement lins (1 G), visibles seulement avec des objectifs puissants. La structure de l'organe est d'ailleurs celle d'une branehie normale. Il renferme, en elfet, une anse vasculaire (a, a') dont les deux branches sont réunies par une double rangée de rameaux transversaux (b, b'), larges de 6 mici . Le sang des Ophélies, comme celui de quelques Térébelles, est fort riche en globules sanguins circulaires (d), dont le diamètre dépasse quelque peu celui des petits vaisseaux branchiaux. Aussi lorsqu'on examine la circulation dans une branehie intacte sous le microspe, on voit les globules passer à Ilot continu de l'artère branchiale dans la veine branchiale (soit artère épibranchiale), mais pas un seul ne s'engage dans les anses latérales à circulation purement plasmatique'. Le liquide de la cavité périviscérale offre des caractères fort remar- quables. Il tient en suspension des corpuscules de deux espèces. Les uns sont des disques circulaires (pi. XXIX, fig. 1 a, b, c), mesurant en dia- mètre lia 28 micr , dont tout le pourtour donne naissance à des prolon- gements liliformes, quelquefois bifurques ou trifurqués. Soit le disque, soit ses prolongements sont très-granuleux. Au premier abord on croit avoir sous les yeux des milliers d'Actinophrys, mais c'est en vain qu'on croirait surprendre le moindre mouvement dans les prolonge- ments pseudopodiques D'ailleurs la constance de ces éléments exclut 1 M. Williams [Report m l>nt. Annelides, p. 175) a donc été trop loin en allumant que chez aucune Au- nélide, sans exception, il n'existe de corpuscules sanguins. Sans doute, quelques auteurs, comme MM. de Quatrefages, Milne Edwards, Wharton Jones et d'autres, ont pris, dans certains cas, les corpuscules de la lymphe pour des corpuscules du sang. Mais il n'en est pas moins certain que chez plusieurs espèces il existe des corpuscules plasmatiques en suspension dans le sang proprement dit. 28 ANNÉLJDES CHÊTOPODES l'idée d'un parasitisme. Beaucoup de disques renferment une ou deux vésicules claires, peu distinctes, mais d'autres ne présentent rien de semblable, et aucun réactif n'a pu me révéler l'existence d'un nucléus dans ces singuliers organites '. Les corpuscules de la seconde espèce ont une certaine ressemblance avec ceux de la première, mais ils sont incomparablement plus gros, leurs processus plus larges, leur contenu est souvent rendu comme aréolaire par la présence d'un grand nombre de vésicules, mais ce qui les caractérise avant tout, c'est la présence d'un corps dur dans leur in- térieur (1 A, 1 B, 1 C). Ce corps, dont la couleur varie d'un brun clair à un noir intense , représente une sorte de baguette cylindrique rec- liligne ou arquée, quelquefois sinueuse, dont les deux extrémités se renflent en massue comprimée ou en palette. On en trouve de toutes les longueurs, depuis mm ,25 jusqu'à mm ,03. Les plus grandes font tou- jours saillie par les deux extrémités hors du corpuscule de protoplasma dans lequel ils se sont formés. Cependant ces extrémités ne sont jamais à nu ; une mince couche de protoplasma les revêt toujours. Il est évi- dent que ces corps s'accroissent par apposition à leurs extrémités. Les parties nouvellement formées sont toujours plus claires que les parties médianes de la baguette plus anciennes. La valeur physiologique de ces singuliers corps est très-problématique. Peut-être doit-on y voir des substances excrétionnelles. Leur apparence est celle de la chitine, mais leur insolubilité dans l'acide acétique et l'acide azotique étendus ou con- centrés est complète. Je ne veux point d'ailleurs m'attribuer la découverte de ces étranges organites qui ne peuvent guère échapper à quiconque étudie les Ophélies, car les plus gros se distinguent à l'œil nu. M. Gabr. Costa 2 a été le premier à les voir et à les décrire. Seulement, par une singulière méprise, il se figure les avoir vus dans les vaisseaux sanguins, et il les 1 Tel est, du moins, le résultat de mes observations sur les individus Irais. Sur d'autres conservés dans l'alcool, je crois distinguer très-clairement un nucléus circulaire. - Loc. cit., p. 84. DU GOLFE DE NAPLES. 29 représente cheminant dans le vaisseau dorsal, tantôt dans un sens, tan- tôt dans l'autre, entin il les fait s'accumuler dans le cœur (distinct pour M. Costa du vaisseau dorsal), où ils apparaissent sous la forme d'un caillot noir. A une époque plus récente M. Ivowalewsky ' en a fait aussi brièvement mention. La bouche conduit directement dans un tube digestif cylindrique qui s'étend en ligne droite jusqu'à l'anus. Sur ce point je suis d'accord avec Délie Chiaje, comme aussi avec les résultats publiés par M. OErsted au sujet des Ophélies du Nord (0. borealis Qlrfg., et O. mamillala OErsted) tandis que la ressemblance avec les Ammotrypane de M. Rathke est moindre '. Toutefois il est un point sur lequel je dois contredire M. OEr- sted de la manière la plus formelle. Il décrit et figure sur le dos de la partie antérieure du tube digestif un cœcum, s'ouvrant au fond de la cavité buccale, et considéré par lui comme une glande salivaire 3 . L'organe existe bien réellement. Il a été vu déjà par Délie Chiaje et par M. Gabr. Costa, mais tous ces anatomisles se sont mépris sur sa signification. Délie Chiaje y voit une double vésicule respiratoire animée de mouve- ments rhythmiques et pleine d'un liquide aqueux*; M. Gabr. Costa en fait un cœur charnu, comparable à celui des vertébrés et rempli de sang noir. M. Gabr. Costa est certainement celui qui a étudié cet organe problé- 1 Enlwkkelungsyeschichte. der Rippengiiallen, p. VI. — Mémoires île I Acnd. im/j. des Sciences du Saint- Pétersbourg, Mb 1 série, lonicX, p. 404, 1866. Os deux notices bibliographiques ont passé complètement inaperçues, au moins la première qui ren- fermait déjà pourtant les caractères essentiels de ces singulières productions. J'ai su, en outre, de M. Mecz- nikow que ces organites ne lui étaient point inconnus. ■ Il y a d'ailleurs une grande variation du tube digestif chez les Ammotiypanes. D'après Rathke, ce tube, chez l'.l. oestniides, est très-tortueux et muni de deux cœcum stomacaux semblables à ceux des Arénicoles; chez Y A . aulogaster, il est droit et muni de cœcum ; chez l'.l . limacina, enfin, il est droit et dépourvu de cœcum. s M. de Quatrefages, qui parait avoir examiné les figures d'Œrsted sans avoir pris connaissance du texte, prétend (pie le savant danois aurait décrit une trompe dépassant la bouche en avant et commu- niquant avec cette ouverture par un canal étroit évidemment dilatable au gré de l'animal. Libéralités pures à l'endroit de M. Œrsted, car le texte ne dit pas un mot de tout cela. Il ne parle que de Spylte- kjertel (glande salivaire) et l'explication des planches de Blindtarm (boyau aveugle). M. Sars en revanche signale bien une trompe. * Descrizione e Nolomia, etc. ; vol. III, p. 89. 30 ANNÊUDES CHÉTOPODES matique avec le plus de soin et qui L'a le mieux vu, malgré les singulières divagations physiologiques qui accompagnent sa description anatomique- El d'abord il a raison, de même que Délie Chiaje, contre M. UErsted en séparant entièrement cet organe du tube digestif, avec lequel il n'a que des connexions de voisinage. Sa nature est essentiellement musculaire. II est formé (pi. XXVI, 1 B, b) de deux sacs ou cœcum coniques, em- boités l'un dans l'autre et réunis par une série de dissépiments. L'ex- trémité atténuée du double cœcum est libre au-dessus de l'œsophage. L'autre extrémité s'élargit et va se lixer sur le pourtour de la paroi du corps. La partie antérieure du tube digestif se glisse sous cette base du double cùne en en soulevant la paroi pour atteindre la bouche. L'organe forme donc en réalité une double cloison musculaire ' qui sépare complè- tement la partie céphalique de la cavité périviscérale d'une part, de la partie principale de cette cavité d'autre part, seulement celte double cloi- son envoie un prolongement conique tubuleux en arrière. Le corps des Ophélies présente presque continuellement des ondes successives de contraction, courant pour l'ordinaire d'arrière en avant, quelquefois aussi en sens inverse. Ces ondes ont pour effet d'entretenir une circu- lation constante dans la lymphe périviscérale. Or, chez les jeunes indi- vidus, la transparence permet de suivre sous le microscope les mouve- ments des corpuscules de la lymphe, surtout de ceux qui renferment des baguettes noires. On voit alors que leur mouvement est complè- tement arrêté en avant par la double cloison musculaire. Souvent la lymphe est embarrassée par une multitude de corpuscules à baguettes en arrière de la cloison, sans qu'un seul se voie en avant d'elle. Par exception, cependant, on voit parfois quelques corpuscules passer subi- tement à travers la première cloison dans sa région périphérique et s'accumuler entre elle et la seconde; quelquefois aussi ils traversent celle-ci pour pénétrer dans la région céphalique de la cavité périvis- cérale. Il faut en conclure nécessairement que la double paroi est per- 1 M. Costa a déjà reconnu la duplicité de cette paroi, comme aussi sa nature musculaire (Loc. cit., p. 83). La paroi externe est, à ses yeux, le péricarde. 1)1 GOLFE DE NAPLES. 31 cée d'une ou plusieurs ouvertures contractiles, fermées pour l'ordi- naire, mais susceptible^ de se dilater dans certaines circonstances pour permettre le renouvellement du liquide lymphatique de la région anté- rieure. Voici maintenant quelle est la fonction de ce singulier appareil. 11 est, comme nous l'avons dit, de nature musculaire, et l'épaisseur des couches de fibres est surtout considérable dans le prolongement aveugle conique. Ce prolongement est animé de contractions déjà vues par Délie Chiaje qui les taxe de systole et de diastole, et par M. (Jabr. Costa qui les appelle rhythmiques. Elles sont en définitive assez irrégulières. Dans tous les cas la systole a pour effet de diminuer la cavité du cône, et le liquide ne pouvant s'échapper qu'en avant dans la chambre céphalique, dilate celle chambre et donne une grande rigidité à ses parois, en par- ticulier à celles du lobe céphalique. Or ce lobe est évidemment doué d'un sens tactile délicat. Le ver s'en sert continuellement pour fouiller à droite et à gauche et se frayer un chemin à travers le sable. Tout cela n'est possible que grâce à une certaine rigidité de la pointe du lobe céphalique et l'expérience enseigne que cette rigidité est bien autre- ment considérable qu'on ne pourrait le supposer chez un organe dé- pourvu de squelette dur. Cette rigidité provient de la grande tension intra-céphalique, tension déterminée par la contraction de cet organe singulier qu'on a interprété tour à tour comme un organe respiratoire, un cœur, une glande salivaire et une trompe. C'est en réalité un appa- reil injecleur du lobe cêphaliuue, appareil riaidi fiant si l'on veut '. Le système circulatoire des Ophélies est à proprement parler resté inconnu jusqu'ici. Délie Chiaje l'a brièvement décrit, mais les caractères les plus remarquables lui ont échappé. Quant à M. Gahr. Costa, il en traite fort longuement, mais tout ce qu'on peut conclure de sa descrip- 1 Cet appareil parait Faire défaut aux Ammotrypanes, à en juger par les dessins de Rathlce. Toutefois ce savant nous représente la cavité périviscérale de I \ Ammotrypqne aulogaster comme pourvue de deux cloisons très-rapprochées l'une de l'autre. Ces cloisons sont certainement l'homologue de l'appareil injecteur des Ophélies. 32 ANNÉLIDES CHETOPODES lion obscure, c'est qu'il n'a absolument rien vu du système circulatoire véritable \ Les deux principaux troncs vasculaires, le vaisseau dorsal (pi. XXVI, fig. 1, g) et le ventral (h) sont tous deux accolés à l'intestin, le premier dans la région abdominale tout au moins. Au neuvième segment deux grosses anses (i), contractiles comme le vaisseau dorsal, se détachent de celui-ci et se dirigent obliquement en arrière sous un angle très- aigu, en embrassant le tube digestif, pour aller se jeter dans le vaisseau ventral. La grande masse du sang poussée en avant par la systole du vaisseau dorsal s'engage dans ces deux anses et revient en arrière dans le vaisseau ventral. Une faible partie seulement du liquide sanguin s'en- gage plus en avant dans la partie antérieure du vaisseau dorsal qui de- vient subitement d'une grande ténuité de même que la partie corres- pondante du vaisseau ventral. Le vaisseau dorsal (1 B, g) continue sa marche en avant, traverse l'organe injecleur, passe dans la chambre cé- phalique et atteint le cerveau ; de là le sang revient en arrière par deux troncs latéraux qui convergent l'un vers l'autre pour se réunir en arrière de la bouche et former le vaisseau ventral. Sur tout ce parcours le vais- seau dorsal et le vaisseau ventral sont mis en communication par une série d'anses. Le caractère le plus remarquable de cet appareil, c'est que tous ces vaisseaux, surtout le dorsal et les anses, sont munis de centaines d'appendices aveugles, contractiles, dont le jeu alternatif de systole et de diastole est. fort curieux à observer. Ces appendices sont surtout nombreux dans l'intérieur de la chambre périviscérale céphalique. En arrière de l'organe injecteur ils sont relativement rares. Au dernier seg- ment thoracique est une paire de cœcum sanguins se distinguant de tous les autres par leur grand diamètre. Dans chaque segment de la région abdominale les vaisseaux ventral ' Nous avons déjà vu ce qu'il avnit pris pour le cœur. Dans le vaisseau dorsal, il l'ail circuler tantôt dans un sens, lantiM dans l'autre des grumeaux noirs formés par des agglomérations de corpuscules à baguettes. Evidemment il a eu vue les ondulations irrégulières de la lymphe dans la cavité périviscérale. Quant aux véritables vaisseaux à sang rouge, pas un mot. DU GOLFE DE NAPLES. 33 et dorsal sont réunis par une paire d'anses qui fournissent en même temps les vaisseaux branchiaux. Au moment d'entrer dans la branchie, chacun de ces vaisseaux porte un riche pinceau de cœcum contractiles (fig. 1, k, k', k"), nageant librement dans la cavité périviscérale, cœcum dont le jeu doit contribuer à activer la circulation branchiale. C'est la seule partie de tout ce singulier appareil contractile que Délie Ghiaje paraisse avoir vue. Il signale en effet l'anse respiratoire avec un fiocchetto vasculare. — Les corpuscules du sang ont été déjà mentionnés plus haut. Le système nerveux paraît avoir été aperçu par Délie Ghiaje, qui si- gnale son extrême ténuité ; par OErsted, qui l'a trouvé sur le côté consi- déré comme dorsal par Savigny ; peut-être aussi par M. G. Costa qui, à l'inverse de Délie Ghiaje et de la vérité, le taxe de svilupatissimo. Personne cependant n'a relevé ses caractères les plus remarquables. Le cerveau (pi. XXVI, fig. 1 E, a) est minime, légèrement bilobé ; il porte les deux petits yeux sur sa surface supérieure et fournit en avant deux nerfs au lobe céphalique. Les deux connectifs œsophagiens sont très-grêles et longs : ils vont se réunir en arrière de la bouche au premier ganglion de la chaîne ventrale. Ce ganglion est simple, de même que le suivant ; chacun d'eux donne naissance à trois paires de nerfs. Mais à partir de là, chaque ganglion (b) s'allonge beaucoup et se divise par deux étran- glements en trois parties, de sorte que chaque segment semble renfer- mer trois ganglions, donnant chacun naissance à une paire de nerfs. Les Ophélies mâles se distinguent facilement des femelles à leur cou- leur blanchâtre, comme Délie Ghiaje et M. Costa l'ont déjà su. Les ovules (pi. XXVI, fig. I II), de couleur verdàtre, sont longs de 77 microm., en forme d'ellipsoïde allongé et aplati. Les vésicules germinatives sont très- grandes et dans le vitellus granuleux on aperçoit toujours quelques ta- ches claires, multilobces, de forme très-caractéristique. Les organes segmenlaires (1 D) existent dans toute la région abdo- minale et rappellent ceux des Oligochètes '. L'ouverture externe se J 1 Haihke a déjà connu les organes segmentaires des Ammotrypanes, el les a considérés comme des glandes imiripares. Tome xx, l re Paktie. 5 34 ANNÉLIDES CHÉTOPODES montre tout auprès des soies de chaque segment sous la forme d'un pore triangulaire (b). Elle conduit dans un tube cilié, sinueux, dont la paroi est colorée en brunâtre. Le tube (d) est dilaté dans la partie la plus voisine du pore externe. L'ouverture interne de l'appareil a la forme d'un entonnoir cilié (e), fixé à la paroi du corps au niveau des soies du segment précédent. Tout à côté se voit le pinceau de vaisseaux contractiles (/) situé à la base de la branchie. Genre POLYOPHTHALMUS Qtrfg. Après avoir étudié de nouveau avec soin une espèce de Polyophthalme différente du P. pleins de Port-Vendres, je ne puis que confirmer les ré- sultats anatomiques publiés dans mes Gkmures et maintenir énergique- ment les points nombreux et importants sur lesquels je suis en désa- cord avec M. de Quatrefages. POLYOPHTHALMUS PALLIDUS. PI. XXXI, fig. 7. Corpus longitndiiie 16 mm , anteriora versus dûide brunneum, postice paUidius, segmentis setigeris 27. OctiU cerébro insidentes très. Macularum oculiformin/m laiercUium paria àe- cem a segmenta setigero sexto weipientia. Pedes obsoleti («I instar inamillœ vnter setarum fasckidos siti. Ce Polyophthalme se distingue immédiatement de l'espèce de Port-Vendres, par l'absence des taches qui ont fait donner à cette dernière par Dujardin le nom spécifique de pictus. D'ailleurs la structure anatomique est à peu près identique dans les deux espèces, et je m'en tiendrai ici aux quelques différences que j'ai constatées. D'abord, chez le P. piclus, les faisceaux de soies naissent en deux groupes très-rap- prochés, de chaque cùté de chaque segment, sans aucune trace de rames pédieuses. Chez le P. pallidus il existe, au contraire, entre les deux faisceaux un tubercule ar- rondi (fig. 7), surmonté d'une petite papille qu'on doit peut-être considérer comme un rudiment de pied, avec son cirre dorsal. Une seconde petite papille à peine appré- ciable représenterait le cirre ventral. M GOLFE DE NAPLES. 35 Les papilles anales sont, en général, un pou renflées immédiatement au-dessus de leur base, quelques-unes sont bifurquées à l'extrémité. Mais, en somme, elles sont très- inconstantes quant à la forme et au nombre, et ne sauraient être utilisées comme carca- tère spécifique. J'en ai compté jusqu'à dix-sept, mais souvent bien moins, et même une Ibis j'ai constaté leur absence totale. Quatre ou cinq petits mamelons à peine appré- ciables en étaient les seuls représentants. Les bandes musculaires des deux plancbers obliques n'offrent point l'extrême ré- gularité que j'ai signalée clvz le P.pictus. On en compte, en général, cinq par segments, toutes de largeur égale ou à peu prés. Sur ces cinq bandes, une ou deux se subdivi- sent parfois de manière à porter le nombre total en apparence à six ou à sept. Dans les cinq premiers segments sétigères, leur nombre est seulement de trois. Les paires de taches oculaires latérales commencent seulement au sixième segment. Il y en a dix paires, qui paraissent toujours dépourvues de cristallin'. Dans la région antérieure, les segments sont quadriannelés sur le dos; leur couleur est en même temps brunâtre par suite de l'existence de deux ou trois bandes trans- verses de pigment. La cuticule est fort épaisse, criblée de petits pores, mais dépourvue de cils vibratiles. Famille des TELETHUSIENS Savigny (Mgr. rev.) (DOHSALÉES Lam. pr. parte. ARENICOLIENS Qtrfg.) M. Malmgren a restreint, peut-être avec raison, la famille des Téléthu- siens en en éloignant les Extmenia QErst. ', et les Scalibregma Rthk., dont il forme la famille des Scalibregmidœ. Le premier de ces genres mériterait surtout une étude anatomique approfondie. M. Malmgren 1 II me semble me souvenir d'avoir eu entre les mains, dans les premiers temps de mon séjour à Naples, un Polyophthalme à cristallins latéraux. Peut-être appartenait-il a une autre espèce. 3 M. de Quatrefages a banni le genre Eunenin (Ersted de son Histoire des Annelés, ou du moins en a-t-il échangé le nom contre celui de Polyphysia Qtrfg. Cette substitution, comme le fait remarquer M Malmgren (Annulata polyclitctn, 77), repose sur une méprise. M. de Quatrefages croit, en effet, que Risso aurait déjà employé le nom d'Eumenia pour des Phyllodociens. Or, Risso s'est, en réalité, servi du nom bien différent à'Eunomia, terme qu'il faut substituer à celui d'Eumenia à la page 161 du tome se- cond de {'Histoire des Annelés. 36 ANNÊLIDES CHÉTOPODES trouve dans chaque pied des Euménies un certain nombre de soies courtes et profondément bifurquées qui avaient échappé à M. QErsled aussi bien qu'à M. Sais. Ce caractère serait entièrement nouveau dans ce groupe. Genre ARENICOLA Lamarck. 1. ARENICOLA CiKUBM. Arenicola sp. Grube, Zur Anat. u. Phys. der Kieraenwiirmer, p. 3. PI. XIX, fig. 2. Corpus longUucHne 6-7"" t ,laHtudine 3-4""", niyruni, »hs, • iirr riridisccns. scf/nirntis miti- cis branchiis destitutis decem, posteriorïbus branehkdis viginti, couda fere uullu. On pourrait songer au premier abord à identifier cette espèce avec l'A. branchialis (Aud. et Edw.) de la Manche, qui est d'ailleurs bien plus grande. Toutefois Audouin et Edwards indiquent la première paire de branchies au treizième ou quatorzième sétigère. Johnston, qui parait décrire la même espèce sous le nom de A. ecauda, l'in- dique même au quinzième ou seizième. Dans l'espèce napolitaine, la première paire de branchies est toujours au dizième sétigère. Je n'ai pas rencontré un seul individu qui présentât d'exception à cet égard. M. Grube a déjà recueilli cette espèce à Catane en 1838 et l'a reconnue comme distincte des autres. Ce n'est donc que justice de lui donner son nom. Ce savant lui accorde, il est vrai, jusqu'à vingt-sept paires de bran- chies, tandis que je n'en compte que vingt. Cependant les branchies se continuant jus- qu'à l'extrémité du corps, il est naturel que leur nombre soit sujet à varier avec l'âge. Les crochets (2 I; de cette espèce sont renflés en leur milieu, géniculés à la base, et bidentés à l'extrémité. Les travaux anatomiques sur les ïéléthusiens ont été si nombreux depuis Meckel, Home, Cuvier, Rud. Wagner, Johannes Mùller, jusqu'à M. Grube, M. Edwards et tous les auteurs récents, que je n'insisterai ici que sur certains points où mes observations s'écartent des opinions au- jourd'hui généralement accréditées. Relativement au système vasculaire, je n'ai pu me mettre d'accord ni DU GOLFE l>E IVAPLES. 37 avec Hume, ni aVec Guvier, ni avec Johannes Millier. En revanche je puis confirmer entièrement les recherches de M. Grube el de M. Ed- wards. Mais je renvoie pour ce sujet à l'espèce suivante, chez laquelle le système circulatoire peut s'étudier avec beaucoup plus de facilité. Tous les auteurs depuis Oken, Home et Guvier, décrivent sur la pa- roi latérale du corps une série de sacs qu'on a généralement rapportés à l'appareil générateur, tantôt sous le nom d'ovaires, tantôt sous celui de testicules'. Home en faisait le l'oie. L'auteur le plus récent* les men- tionne brièvement sous le nom d'organes génitaux. Déjà M. Grube s'était assuré qu'on ne peut y chercher des ovaires, car il avait vu les ovules se former sous la paroi de vaisseaux aveugles dans la cavité périviscé- rale 3 . Mais il paraissait incliner à y voir des testicules. Celte interpréta- tion dût être abandonnée par lui le jour où il reconnut que les Aréni- coles ont des sexes séparés. Ces organes problématiques sont en réalité des organes segmentaires de structure très-particulière. Ils ne sont en tous cas liés aux phénomènes de reproduction que comme organes efférenls. J'en compte toujours cinq paires, placées du quatrième au huitième segment sétigère. On peut distinguer dans chacun de ces organes trois parties: l'entonnoir, la glande el le réservoir vasculaire. L'entonnoir (lig. 2, 6) est trilobé et comprimé. L'un des lobes est beaucoup plus grand que les autres el leur est opposé. Sa structure n'a aucun rapport avec la leur. C'est une membrane mince, dont le bord libre, sémicirculaire, renferme un gros vaisseau (2 A, b). Ce vaisseau porte une rangée d'appendices aveugles (c), les uns simples, les autres 1 M. Schmarda revendique encore récemment en leur faveur le nom île testicules, oubliant que les \i rnimles ont très-décidément des sexes séparés. Voyez Neue wirbellosc Tliiere, p. 52. Histoire naturelle îles Annclès, tome II, p. 261. h On trouve, en effet, une partie de ces vaisseaux entourés d'une couche de cellules (■', A), dont les ovules pourraient l'on bien dériver. Je prose que M. de Quatrefages a aussi vu cette couche. Il parle du moins de petits cœcum très-rapprochés et présentant l'aspect de villosités aux branches vasculains de la partie inférieure du corps. Il ne peut, en effet, avoir en vue des cœcum vaseulaires, puisqu'il les com- pare au chloragogène des Lombrics. (Voyez Types inférieurs de l'embranchement (la Amielés, par A. de Quatrefages. Ann.dessc. nal., XIV, IN5U, p. 284.) 38 ANNÉLIDES CHÉTOPODES divisés en deux ou trois branches '. Le vaisseau marginal el ses appen- dices sont couverts par une membrane délicate, formant un grand nombre de replis et couverte de petits cils vibratils (e). -- Les deux pe- tits lobes (fig. 2, c ; 2 A, d) sont opposés au premier. Chacun d'eux est à peu près semi-circulaire, membraneux, à bord libre, formé par un bourrelet épais et pigmenté de brun, qui ne renferme pas de vaisseaux. Le reste de la membrane recèle en revanche un réseau capillaire assez riche. Dans l'épaisseur de la membrane est une couche de grandes cel- lules hyalines, qu'on prendrait au premier abord pour le tissu d'une corde dorsale de poisson. Cependant leur paroi n'est pas très-épaisse el les lobes ne perdent pas pour cela de leur flexibilité. Les plus grandes cellules atteignent un diamètre de 55 micr. L'intérieur de l'entonnoir est cilié partout. La glande a une forme virgulaire (lig. 2, d). Elle est colorée par un pigment brun, très-abondant. Sa partie la plus large aboutit au fond de l'entonnoir dont la cavité se continue sous la forme d'un tube cilié dans toute la longueur de la région glanduleuse. L'extrémité étroite s'ouvre dans le réservoir vasculaire (fig. 2, e). C'est une partie vésiculeuse de l'appareil, à paroi fort riche en vaisseaux sanguins et pigmentée çà et là de brun. Les dimensions de ce réservoir sont très-variables, selon qu'il est distendu par une quantité de liquide plus ou moins abondante. Il débouche directement à l'extérieur par une ouverture (g), près des soies ventrales. Il est probable que la grande abondance de vaisseaux dans ces or- ganes leur permet d'entrer dans une sorte de turgescence érectile à l'é- poque où ils saisissent les éléments sexuels pour les conduire au de- hors 2 . Ils sont d'ailleurs conformés de la même manière dans les deux ' Ce vaisseau a été, eu réalité, découvert par Délie Chiaje qui le ligure d'une manière assez exacte, bien que son dessin ait passé inaperçu. (Voyez, en particulier, Uesrritione, lab. 91, fig. 5.) M. Grube le décrit aussi assez exactement comme un peigne d'appendices du rameau envoyé par le vaisseau dorsal aux organes générateurs. - Soutenir, comme le fait M. Williams (Report on britisli Annelida, p. 171), que chez les Arénicoles les véritables ovules ne pénètrent jamais dans la cavité du corps est une erreur manifeste. ni' GOLFE DE NAPLES. 39 sexes. Je n'ai jamais vu d'ovules dans l'intérieur. Une seule fois j'ai surpris quelques zoospermes engagés dans l'entonnoir. Ces zoospermes sont remarquables par la forme de leur tête, qui ressemble à une urne (2 C) avec deux taches sur le bord antérieur. Le système nerveux de VA. Grubii est aussi digne d'intérêt. Ce système, chez les Arénicoles en général, a été étudié par bien des observateurs, mais avec des résultats divers. On a été jusqu'à contester l'existence du cerveau, que Rathke et MM. Frey et Leuckart ont cependant bien su voir. M. de Quatrefages a donné de ce cerveau un dessin que M. Mettenhei- mer ' trouve avec raison peu exact. Le cerveau (2 H, a) est en réalité fort petit, à peine plus large que les connectifs œsophagiens, mais formé de deux lobes bien distincts. La chaîne nerveuse ventrale est une bande- lette, partout de largeur égale. Elle n'offre, malgré la description con- traire de M. de Quatrefages, aucune trace de renflements ganglionnaires, circonstance déjà connue de M. Metlenheimer. Considérée en dessus, elle ne permet pas de voir de cellules nerveuses. Elle est formée de fi- brilles à peine, commensurables, légèrement ondulées, et de deux larges fibres tubulaires (2 E, a), dont le diamètre est de 15 micr. Ces deux grosses fibres 2 cheminent parallèlement l'une à l'autre et chacune d'elles pénètre dans l'intérieur d'un connectif œsophagien pour se perdre vers le cerveau. Si l'on considère le système nerveux de profil (2 F), il est facile de s'assurer que ces deux grosses fibres tubulaires sont dor- sales (a) et tout à fait superficielles, comme c'est aussi le cas pour les grosses fibres des Oligochètes d'après la découverte de M. Leydig. Elles paraissent remplies d'un liquide dont l'indice de réfraction ne doit pas s'éloigner beaucoup de celui de l'eau de mer. Dans cette position du système nerveux, on peut aussi s'assurer que la couche inférieure de la bandelette nerveuse est colorée en brun par un pigment. Celte couche colorée est formée par les cellules ganglionnaires. Quelquefois cepen- 1 Beobachtungen iiber niedere Seethiere. — Abhandt. d. Senkenberg'schen naturf Gesellschoft, Band III. 1859-1801. 2 M. Mettenheimer représente une seule de ces libres, et la considère à toit comme une étroite fissure divisant la chaîne nerveuse en deux parties symétriques. 40 ANNËUDES CHÊTOPODES tlant les cellules ganglionnaires débordent un peu les cordons nerveux sur le côté. M. Mettenheimer n'a vu que cette partie-là, et décrit les cellules nerveuses comme bordant le cordon nerveux dans toute sa lon- gueur et de chaque côté. Mais elles existent, je le répète, sur toute la surface inférieure du cordon. Sur le bord externe de la partie antérieure des connectifs œsophagiens se trouvent les organes auditifs. La plupart des descriptions qu'on en a données sont très-insuffisantes. Seul M. Mettenheimer les représente avec une grande exactitude, et mes observations ne sont qu'une confir- mation des siennes. Chacun de ces organes (2 D) est formé par une masse spliéroïdale, finement granuleuse (peut-être ganglionnaire ?), large de mm ,17. Sur cette masse repose un disque (0"" n ,088 de diamètre) formé de granules sphériques. Dans l'épaisseur du disque sont logés les ololithes. Pas plus que M. Mettenheimer je n'ai vu de cavité ni de cils vibraliles. Le nombre des ololithes est variable, comme aussi leur di- mension. Ils sont tous circulaires et en général de couleur jaune pâle. Un seul parmi eux, beaucoup plus grand que les autres (=0 m,u ,008 en diamètre) est de couleur brune foncée, avec une couche périphérique jaune. 2. Arenicola marina '. Lumbrigia marinus Linn., Miill., Kaihke, Fabr. Arenicola piscatorum Lmk Syst desAnim. s. vert. 1802, p. 324 Arenicola marina Mlgr. Annulala polychaeta, p. 78. PI. XIX, Qg. 3. Je crois inutile de citer ici toute la bibliographie relative à X Arenicola marina, d'autant plus que celte synonymie pourrait ne pas être à sa place. L'Arénicole de Naples que j'ai étudiée, correspond aux principaux caractères de l'espèce type. Elle possède en particulier six segmenls séti- 1 Le nom A' Arenicola piscatorum Lmrck esl adopté si généralement, que j'aurais à peine osé réta- blir le nom spécifique de Linné, si M. Mahngren ne m'en avait donné l'exemple. Il est incontestable pourtant que ce nom spécifique de Linné a la priorité, et je ne sais comment il à été peu à peu détrôné par celui de Lamarck. IX GOLFE DE WPI.ES. H gères abranches, suivis de treize segments branchies, el d'une région caudale achète, couverte de papilles jaunâtres. Mais cesonl de véritables pygmées relativement aux Arénicoles du Nord. La Longueur moyenne des adultes mûrs est de six à sept centimètres '. Le plus grand que j'aie rencontré, mesurai! douze centimètres, y compris un appendice caudal assez long. Ce dernier n'a pas de valeur spécifique, car il varie d'une manière extraordinaire", jusqu'à disparaître entièrement. Une étude com- parée plus approfondie ne révélera -l-elle pas des différences spécifiques entre les individus de la mer du Nord ou de l'Océan et ceux de la Médi- terranée? Les auteurs qui ont déjà étudié l'Arénicole des pécheurs méditerra- néenne, sont d'abord Délie Ghiaje qui l'a désignée tantôt sous le nom de Lumbricus marinus i , tantôt sous celui d'Ârenicola piscatorum, puis M. Grube, enfin M. Schmarda. M. Grube indique pour la longueur des Arénicoles des côtes de Sicile treize centimètres. Il ajoute en outre qu'il a eu entre les mains un individu long de vingt-trois centimètres. La taille de cette Annélide est donc sujette à des variations considérables. La coloration des individus de Naples est remarquable. Ils sont ro- saires et d'une transparence admirable qui permet avec facilité l'étude des vaisseaux. Quelques individus pourtant sont comme enfumés, sur- tout dans la partie antérieure. Les branchies offrent une apparence que je ne vois signalée nulle part chez (A. Marina. Poules les branchies sont disposées dans un même plan, comme les nervures d'une feuille, el ne forment pas de buisson touffu. Ce caractère a été relevé chez une Arénicole des Antilles par M. Lûlkeu qui a fondé pour elle, d'après ce caractère, un sous-genre Pleroscolex ". ' I. Arénicole du Nitrd mesin jusqu'à vingt-cinq centimètres 1 M. de Qualrefages croil pouvoir se baser sur une ancienne el mauvaise figure de Dette Chiaje, <»i une partie des branchies manquent, pour former un nouveau genre sous le nom de Chorizobrtmckui IMIi- Ghiaje a cependant cité cette ligure i Voyez Dest rizione, vol. V, p. nn.li parmi les synonymes de I I piscatorum, reconnaissant implicitement par là l'incorrection de son ancien dessin. "■ En ni/ vestindisk Sandorm, Arenioila [Pterotcolex) antilleruis, beskreven uj U r C/tr. LBtken. Videnskab. Meddetelter f. d. mit. Foretiing i Kjôbenhavn, 25 n&t IHOi. Espèce omise dans \'tlist nat du \nnetii J'attire surtout l'attention des naturalistes sur cette conformation des branchies. Les branchies de la Tome x\, l re Partie. U 42 ANNÉLIDES CHÉT0P0DES Chaque rameau branchial esl tubulaire el ne renferme qu'une artère el une veine passant l'une à l'autre à l'extrémité, sans aucune anse la- térale. Le réseau vasculaire mentionné par M. Grube est donc absent. Sous l'influence de l'eau douce, la couche sous-cnticulaire se rétracte et se sépare de la cuticule à l'extrémité de la branchie (3 B). Au point de vue de la circulation, je dois donner raison à M. Grube et à M. Edwards contre tous leurs devanciers el leurs successeurs. Ce n'est qu'à partir du septième segment branchifère qu'on voit les pieds recevoir des anses vasculaires normales, c'est-à-dire formées par une branche portant le sang du vaisseau ventral au pied el à la branchie el par une branche ramenant le sang de la branchie au vaisseau dorsal. Plus en avant, celte seconde branche, au lieu de se rendre au vaisseau dorsal, va se jeter dans le vaisseau médian inférieur de l'intestin '. Aussi lorsqu'on examine l'animal par dessous (fig.5), croit-on voir l'anse partir du vaisseau ventral el y revenir. Il y a donc deux modes bien dis- tincts de circulation branchiale. Dans les six premiers serments bran- chifères, l'artère naît du vaisseau ventral pour se rendre directement à la branchie, et le sang en revient par une \eine accolée pour ainsi dire à cette artère, veine qui va le déverser dans le vaisseau ventral de véritable Arenicula marina ne sont, en général, pas représenté*** avec cette structure pennée. I.a ligure la plus grande que je connaisse (The powers vftlie Creator displuyed >n /'»• Création, bu sir John Graham Ualyell. vol. II. London. 1853, pi. XIX. tig. 8) représente décidément une branchie en buisson. Il pu esl de même de la ligure de YArenicola Lovent, publiée avec grande élégance par M. kinbeig. Cependant je vois M. Williams déchirer inexacte la description faite par ions les auteurs de la forme des branchies el représenter ! Report un bntish Atméhda, p 195) les branchies de \'A renirola piscatorum des côtes d'Angleterre, comme se ramifiant dans un plan et ne formant pas de buisson. A moins que ce savant n'ait commis une erreur dans la détermiualion de I espère, il serait permis d en conclure que les Arénicoles se comportent toutes comme celles de \aples au point de vue de la conformation des branchies, et le sous- genre Pteroscolex devrait èire rejeté. — Du reste, M. Williams représente les branchies comme formées par les vaisseaux à nu, ce qui esl décidément erroné. ' Oken (Isis, 1817 I est en réalité le premier qui ail vu ce singulier mode de distribution des vaisseaux. Seulement il a l'ait erreur en l'étendant à tous les segments Home, doni les ligures sont d'ailleurs excel- lentes (Voyez Lectures on comparative Anatomy, vol. IV, pi XL), a commis, comme Joli. Millier, l'erreur inverse en faisant jeter toutes les anses dans le vaisseau dorsal : cependant son dessin accuse beaucoup moins la branche dorsale des premiers segments branchifères que celle des suivants, montrant par là que le parcours de cette branche n'a pas été aussi évident pour l'observateur dans les premiers que dans les seconds Ml GOLFE OF. WIM.IS. i3 l'intestin. Dans toute cette région, le vaisseau «iorsal ne reçoit que des ramuscules intestinaux. Mais à partir du septième segment, le sang mené par l'artère ventrale à la branchie revient par la veine (soit artère epihrant liiale) se jeter dans le vaisseau dorsal. Les anses vasculaires de la région antérieure (prébranchiale) suivent un parcours tout sem- blable. M. S) lunarda ' contredit implicitement MM. Edwards el Grube par son exposition récente de la circulation de l'Arénicole. Il la décrit exactement connue Oken, en étendant à tous les segments le mode de circulation spécial que nous avons vu cesser au septième segment hran- chifère. Il est certainement dans Terreur sur ce point'. De chaque anse vasculaire naît, dans toutes les régions, un connu contractile, dirigé en dedans et en arrière. Soit ce cœcum, soit les anses elles-mêmes sont recouvertes d'une épaisse couche celluleuse, jouant sans doute un rôle dans la formation des éléments sexuels'. Les vaisseaux cutanés sont aussi contractiles. Les organes segmeulaires ont une grande analogie avec ceux de l'Ârenicola Grubii. Le système nerveux el les organes de l'ouïe me sont restés inconnus. 1 Ntut wirbellou Thiste, II, p, .">;!. •' .le iif saurais trop insister ici sur l'importance cette famille, n'\ placèrent point le* Spiodiens qui leur étaient incon- nus. Les l'olydores el le* Spio furenl laissés provisoirement par eux aux genres incertee sedts. ' Annulaturum danicorum arnspectus. Hafhiae, 1843, p 35 La famille des Ariciens, telle qu'Œrsted la comprend, englobe celle îles Arénicoliens d'Audouin el Edwards. 3 Ihc Familien der Aimeliden, p.fii. ' Fiiiiim Httoralis Norweuiœ. \ed Sars. Koren og Dauielssen. Andet Haefle, Bergen, 1856. p. 7. s tiiitriiti lil Kundskaben om Norç/es Annelider (fjerde Afhandling). — Vidensk Forhandl. for INtil (Saerskilt Aftryck, p 10). 6 iW«f Turbellarien, Rolatorien und Aimeliden, p. 05. ' Compta rendus de l'Acad. des Sciences, 27 mars IN65, p. 7. s Rihlinth. Univ. — Archives des Sciences physiques et naturelles, IK65, tome XXII, p. 346. s Histoire naturelle des Annetes, tome I, p. 435 ; tome II, p. 281 et 291 . 1)1 GOLFE DK NAPt.KS. 15 Leucodoriens el des Nériniens, classées les deux premières parmi les Annélides sédentaires el la troisième parmi les Annélides errantes. Les Leucodorieus el les Nériuiens sont 1rs Spiodiens de M. Sars, à tel point qu'on voit parfois le même genre, peut-être la même espèce, reparaître dans les deux familles sous des noms différents, une fois comme forme errante, l'autre lois comme forme sédentaire. Même la famille des Ari- ( ieus n'a pas été clairement comprise par l'auteur qui y laisse des Spio- diens pur s.11114, avec leurs longs tentacules île Spio si caractéristiques, savoir les Magelona l-'r. Midi. Aux caractères indiqués par M. Sais comme distinctifs des deux fa- milles des Spiodiens cl des Anciens, il faut en ajouter encore un, celui de la structure des branchies. Chez les Anciens, ces organes ont la structure typique, c'est-à-dire qu'elles renferment une artère el une veine réunies par une double série d'anses vasculaires. Ces anses foui au contraire défaut aux branchies des Spiodiens. Genre ARICIA Sav. (Aud. et Edw. rev.) Le genre Aricia a élé établi par Saviguy 1 pour une espèce (Aricia èértulata) munie de quatre antennes rudimenlaires. Plus lard MM. Au- douin el Edwards' ont décrit sous le même nom générique des espèces, il esi vrai l'ori voisines, mais entièrement dépourvues d'antennes. D'après les principes qui guident la taxonomie actuelle, ces espèces doivent être réparties dans des genres différents. C'est bien là ce que M. de Quatre- fages a compris. Malheureusement, par une méprise étrange, il a créé un nom nouveau, celui d'Orbinia, pour l'espèce type de Savigny, el transport)'' l'ancien nom d'Aiïcie aux espèces récentes d'Audouin el Milne Edwards. Ce procédé esl inadmissible, et le nom d'Orbinia est mort-né pour la science. Si le genre doit être divisé, les Aricies de Système des Annélides, a. \'l el '■'•'<■ ' innaies des Sciences naturelles, \ti'.i\. tome XXIX, p. 391. tfi iNNÈLIDES CHETOPOnES MM. Audouin et Milne Edwards recevront un nouveau baptême et V An- na sertulata Sav. (Orbmia sertulata Qtrfg.) restera le type du genre Aricie. Dans ce cas, l'espèce ci-dessous décrite suivra le sort des Aricies d'Audouin et M. Edwards. Je laisse à d'autres le soin de fabriquer ce nom nouveau '. AkICIA FOET1DA. ? Artcia Cuvieri Grube, Act. Eehinodem. und Wùrmcr, p. 69. PI. .\.\, fig. "2. Aricia longittidine 8° tnt , latUmdine ■!""". segmentis 130-150, lobo cephalico conico, apice nttennato, oculis miuitins duobus. Pedtou mntntio set/wn/fo rirrsimo secundo, setis simpli- dbus ûnntdccùis. La fétidité de celle espèce est Tort remarquable. J'ai toujours deviné à l'odeur la présence d'une seule Aricie au milieu d'un peloton d'Anné- lides apporté par les pêcheurs. Le lobe céphalique (fig. 2) est beaucoup plus étroit que les segments qui le suivent et se présente sous la forme d'un cône très-atténué, entièrement dépourvu d'antennes. Les yeux sont réduits à deux petites taches pigmentaires, noires, à peines visibles à la loupe. Les vingt et un premiers segments sétigères ont des pieds qui rappellent beaucoup ceux de ['Aricia Cuvieri. Les deux rames sont peu séparées (fig. 2 B). La supérieure porte un faisceau de soies simples, subulées, très-distinctement annelées (2 K.), et un cirre dorsal subulé. conique (2 B,c), qui parait jouer le rôle de branchie, car une anse 1 Je vois que M. Malmgren a déjà fait exactement la même remarque et qu'il « voue à l'oubli » le nom d'Orhinm. Ce savant fait en nuire remarquer que VA. sertulata Sav., connue seulement par une descrip- tion fort brève, n'a pas été retrouvée. Peut-être même une erreur s' est-elle glissée ilans la description de Savigny, et ce savant a-t-il eu sous le> yenx l'.t Cuvieri Ami . et Bdw. qu'on trouve dans la localité noême à laquelle il attribue VA. sertulata (La Rochelle). M. Halmgren en conclut qu'il est convenable de conserver le nom d' Aricie dans le sens d'Audouin et M. Edwards, aussi longtemps que l'espèce type de Savigny u a pas été retrouvée. M Kinberg pense il est vrai, un peu différemment. Il conserve le nom d,' Aricia pour les \rieiens un pen bvpolliéliques auxquels M. de Ouatrefages donne le nou) d'Orbinia, el crée les genres /'//y/u, Lacides, Leodamas, Labolas pour les Anciens dépourvus d'antennes (Efvers. uf K. Vet. Akad. Forli., 1865, n° i, p 251). Toutefois l'espèce ci-dessous décrite, pas plus que Y Aricia Cuvieri Aud. et Edw., ne répond exactement à la diagnose d'aucun de ces genres Je préfère donc, plutôt que de eieei un genre nouveau, me ranger à l'avis de M. Malingren. I>1 GOLFE DE NAPLES. 47 vascuJaire pénètre dans l'intérieur et son boni externe est frangé de cils vibratiles. Aux trois premiers segments, ce cirre est radimentaire et à l'étal d'un simple mamelon : mais, dès le quatrième, il présente la forme branchiale. La rame inférieure forme une crête saillante, très-régulièrement découpée en pa- pilles liguliformes (a), subitement atténuées vers le milieu delà longueur. Ces papilles sont formées par une gerbe de follicules bacillipares (2 C), revêtue seulement de la cuticule. Chaque papille, dans sa totalité, a on diamètre de 0"' m ,l2, celui des follicules n'est que de rj'"" r ; les bâtonnets (2 C, b) sont longs de I l"'"' r . Par une longue fente, placée sur la face antérieure de la rame ventrale, sort un éventail de soies très-parti- culières (2 ti.b). L'éventail est triple ou quadruple : les soies, juxtaposées très-régu- lièrement, forment trois ou quatre couches superposées, donl chacune est un peu en retrait de la précédente, de manière à ce que les terminaisons des soies s'échelonnent les unes derrière les autres, (les soies sont simples (2 I). comprimées, coudées à une petite distance de l'extrémité. Cette extrémité, fort obtuse, est fendue dans un sens parallèle à la surface de la soie, et son bord est légèrement crénelé du coté correspon- dant à la convexité du coude. Les extrémités de toutes ces rangées de soies forment comme un pavé régulier qui ne s'avance pas même jusqu'à la base des papilles de la rame. Entre les soies de la rangée la plus avancée, surgissent à des intervalles réguliers îles soies d'une forme ires-ditlerente. Ce sontdes suies simples, coudées aussi, mais se terminant en une pointe très-acérée qui dépasse l'extrémité des papilles. Elles ressem- blent donc à celles de la rame supérieure. Du côté convexe ces soies sont très-distinc- tement annelées. Enfin, cet éventail complexe est accompagné d'une soie unique, brune, beaucoup plus grosse que les autres, en l'orme d'épieu (d). On pourrait, sans doute, la considérer comme un acicule, mais cet acicule fait saillie hors de la rame de près de la moitié de sa longueur. Il manque aux premiers segments. Au 22""' segment sétigère l'apparence des pieds change brusquement. Les deux rames ne portent plus qu'une seule forme de soies (en outre de l'acicule saillant du pied), savoir des soies capillaires rectilignes et fort ténues. A un fort grossissement, toutefois, elles se montrent annelées (2 H), comme formées par une série de cornets emboités obliquement lés uns dans les autres. Les pieds de cette région postérieure (2 L) sont d'ailleurs forts complexes. La rame supérieure se prolonge en une sorte de languette lancéolée (b). à la base de la- quelle sort le faisceau supérieur de soies. Cette languette renferme un plexus san- guin (ies de YAricia fœtida sont d'une observation trop facile pour avoir pu échapper à ces excellents mieroscopisles. Tome xx, l re Partie. 7 50 ANNÊLIDES CHÉTOPODES Genre THEODISCA Fr. Mùller (Clprd. rev.) ThEODISCA LIR10ST0MA. PI. XXIV. lig. 2. Corpus longitudine i5 c< "", laHtudine 2"' m .4 supra depresstvm subtus convexum, segmentis cvrca. 210. Proboscidis margo qmnque-lobatus. Setcepedum amteriorum spinif ormes. Aper- tu/ra analis in dorso segmentonim quatuor tdtimorum patens, rirris avuûibus r mi- ni mis. Cette Theodisca de couleur brunâtre est voisine dp la T. anserina, que j'ai décrite dans mes Gl;i mires'. Elle s'en distingue toutefois facilement non-seulement par sa grande taille, mais encore par les soies en baïon- nette an lien de soies <>n lancette aux rames inférieures. Le lobe céphalique (3 A) est plus large que long, arrondi en demi-cercle an bord frontal, étranglé en arrière. Il porte en son milieu deux petits points noirs oculifor- mes. reposant directement sur le cerveau. Il n'y a aucune trace d'antennes. Le segment buccal, apode, présente de chaque côté une fossette ovale (3 A, a) à bords proéminents, remplie de cils vibratiles. Elle rappelle celle qu'on voit à la même place chez certains Syllidiens et Euniciens. Les pieds (3 E) sont biramés'. La rame supérieure est un court cylindre qui donne passage au faisceau de soies, et qui se prolonge au-dessus de ce faisceau en une lan- guette cirriforme (b) contenant un vaisseau sanguin. Au-dessus de la base de cette rame dorsale naît la branchie (a), entièrement semblable à celle des Aricies. La rame ventrale est divisée en deux lèvres verticales, entre lesquelles sort un éventail de soies. En-dessous on voit un petit cirre ventral cylindrique (c). La languette de la rame supérieure n'est bien développée qu'à partir du quatrième segment. Aux deux précédents elle existe, mais à l'état nidimentaire. Ea première ' Les Anthosloma Schmarda, qui ont aussi la trompe digitée, se rapprochent beaucoup plus par la conformation des rames pédieuses du genre Aricie que du genre Theodisca. - Voyez Glanures, p. 44, pi. IV, fig. fi. 3 A la hase de chaque pied l'anse vasculaire du segment se renfle en un large sinus très-rouge. Cette disposition rappelle les glomérules vasculaires qu'on trouve à rette place chez les Spiodiens, d'ailleurs si proches voisins des Ariciens. 1)1 GOLFE DE NAPLES. 51 pain' de branchies est au septième segment. Les neuf ou dix derniers segments en sont dépourvus. Les suies de la rame supérieure sont très-ténues (3 C), légèrement coudées sur leur trajet et annelées à partir du coude. Celles de la rame inférieure (3B) sont semblables, mais relativement plus fortes, plus courtes, beaucoup plus coudées et ressemblent par suite à une baïonnette. Du reste, cette légère différence entre les soies des deux rames n'existe que dans les segments antérieurs. Plus en arriére, les suies de la raine inférieure deviennent de tous points semblables à celles de la rame supérieure. Partout la rame intérieure renferme, dans son éventail, eu outre des soies annelées, quelques soies courtes et obtuses (3 D), légèrement crochues à l'extrémité. En revanche, il n'y a pas d'aricules. Le dernier segment (3 K) se termine par deux paires inégales de cirres coniques. La plus longue est la supérieure. L'anus se présente comme une large fente bordée de lèvres renflées en bourrelet, lente qui parait occuper les quatre derniers segments. Il est. cependant, facile de se convaincre que ce n'est là qu'une apparence, et que le dernier segment chevauche sur les précédents dont la position est oblique'. La trompe exsertile (fig. 3) se termine par cinq digitations très-souples, qui la t'ont ressembler à une Heur à corolle très-divisée. Chaque digita- lion renferme deux vaisseaux principaux, mis en communication l'un avec l'autre par un réseau capillaire fort riche. L'œsophage rectiligne va s'ouvrir dans l'intestin étranglé en patenôtre au 2i"' e segment; toutefois il se continue sous la forme d'un raphé sur la paroi de l'intestin jus- qu'au 56 me segment. Comme en même temps l'intestin est vert dans celle région, tandis qu'il devient jaune dès le 36 me , on peut facilement prendre la partie verte pour deux cœcum, placés à droite et à gauche de l'œsophage et venant s'ouvrir dans l'intestin au 36 me segment. Mais ce serait une illusion' 2 . Les organes segmentaires forment un peloton à la base des pieds, avec un appendice cilié (ouverture interne). La paroi renferme une mul- titude de cellules (3 1), larges de 8 micr , et remplies de petits corps sphé- riques. 1 La Chùru riibrocincta, chez laquelle M. Sars indique un anus occupant les dix ou treize derniers segments, offre peut-être une disposition analogue. De même les Euchone Malmgren. J'ai décrit dans mes (jlanures \p. 13> deux cœcum offrant exactement cette position chez l'Aricia Œrsiedii .Ne s'agirait-il point là aussi d'une apparence devant s'interpréter comme ci-dessus? o2 ANNÈIJDES CHÉTOPODES Les ovaires forment îles grappes de chaque côté de chaque segment. Chacun d'eux amène cinquante à soixante œufs à développement si- multané. Ils sont enserrés dans un lacis de vaisseaux. Il est facile d'iso- ler un ovaire à l'aide de fines aiguilles, mais alors on en voit pendre en tous sens les vaisseaux qu'on a dû rompre. Les organes segmeulaires ci- dessus décrits sont tout à côté, d'un grisâtre opaque à la lumière trans- mise. Il est possible que ces organes servent à conduire les œufs au dehors. Mais ils doivent avoir encore une antre fonction. Gela me semble résulter du fait qu'ils existent aussi dans la région antérieure du corps où les ovules ne pénètrent jamais. Les zoospermes (3 H) ont une tête corniculée 1 , longue de 5 micr ,5. Leur juxtaposition très-régulière dans les régimes (3 (1) donne à ceux-ci nue apparence très-élégante. Le système nerveux ()» F) présente sur la ligne médiane dorsale une libre (d) tubulaire claire, large de 5 micr , qui le l'ail paraître comme chez les Aricies divisé en deux moitiés entièrement distinctes. Les renfle- ments ganglionnaires se touchent tons; chaque segment en compte trois (a, 6, c), correspondant chacun à la naissance d'une pairede nerfs. Comme • liez les Aricies, les cellules ganglionnaires (q) sont accumulées au côté interne des cordons nerveux longitudinaux. Famille des SP10D1ENS Sars. Gomme je l'ai déjà fait remarquer ailleurs, tous les Spiodiens, sans ' Malgré la longueur relative de celte tète, je n'ai pas pu me convaincre qu'elle présentât une con- tractibilité appréciable. Je ne voudrais point par là infirmer les observations, d'ailleurs chaudement con- testées, de .M. Grohe [Ueber \<^ Spio?). D'ailleurs elle n'était point étrangère à .lohnston, sinon chez les Polydores. du moins chez les Nérines, à en juger par une de ses figures relatives à la Nerine mlgaris. Le bourrelet est. en effet, très-répandu chez les Spiodiens. Peut-être existe-t-il chez tons. Les branchies diminuent de taille dans la partie postérieure du corps. La ventouse anale est semblable à celle des autres espèces (lu genre. .l'ai étudié avec soin, chez la P. Agassi zii, les singulières poches glan- duleuses des parties latérales des segments, poches que j'ai déjà signa- lées, il y a quelques années, chez une autre espère, el qui paraissent caractériser le genre dans son entier, (les poches (1 B) apparaissent dès le septième segment, c'est-à-dire en même temps que les branchies el les crochets ventraux. Elles sont piriformes el s'ouvrenl à l'extérieur à la rame pédieuse inférieure. On les trouve dans les segments 7, 8,9 el 10, où elles sont fort larges. Puis elles cessent, ou du moins ne les retrouve-t-on plus que rudimentaires dans quelques-uns des segments qui suivent immédiatement. Chaque pot lie recèle un faisceau de boyaux aveugles, incolores, en forme de larmes bataviques (1 B, a), qui sont sans doute des follicules glandulaires. La partie renllée de chaque folli- cule renferme une sphère homogène . Corpus longititdme 35"*, latitudine /""".7. segmentis circa l32.Mutatio setarum rentra- liwmmsegmento septimo.Cu/m P. Agassizii valde affmis, segmentis tamen idtimis 15 ha/mis dorswtlibm vcUidissimis mstructis, ah ea d/iffert. Cette Polydore a des mœurs bien différentes de la précédente. C'est une espèce perforante qui creuse ses galeries dans les tests de Balanides. Par toute la partie antérieure du corps on la distinguerait à peine de la P. Agassizii. Les tentacules renversés en arrière s'étendent jusqu'au 12™'' segment: les branchies commencent au 7 rae . ainsi que les poches folliculeuses et les crochets de la rame ven- trale. Toutefois les soies du groupe dorsal au 5""' segment sont beaucoup plus larges que dans l'espèce précédente. Ce sont des crochets obtus (2 D), bidentés, tous à peu près semblables. Les crochets des rames ventrales sont aussi peu différents de ceux de la P. Agassizii. Ils sont un peu plus arqués, et leurs rostres plus puissants (2 A), plus acérés. D'ailleurs, comme eux, ils sont comprimés;') l'extrémité et encapuchonnés d'une gaine bivalve (2 B). Mais le caractère le plus saillant de l'espèce, caractère lié sans doute à la locomotion de l'animal dans ses galeries à parois dures, c'est d'avoir dans les quinze derniers seg- ments du corps (fig. 2) une armure toute particulière dos rames dorsales. Celles-ci portent, en effet, une ou deux soies subulées normales, accompagnées d'une lame cornée (2 C, b) unique, striée, recourbée à l'extrémité pour former un grand croc DU GOLFE DE NAPLES. 59 extrêmement aigu. Les soies en crocs, dont le diamètre est de 19 micr dans la partie large, sont constamment dirigées en arrière. Les soies de la rame ventrale ne subissent pas de modification dans cette région. La ventouse terminale est très-petite, à paroi mince, et dépourvue de follicules bacillipares. Le système vasculaire offre aussi une particularité très-caractéristi- que. Dans toute la région occupée par les éléments sexuels, on voit dans chaque segment, du côté ventral, quatre espaces d'un circuit bizarre (2 E, c et d), enceints d'un vaisseau. La forme de ces circuits vasculai- res se laisse plus aisément figurer (voyez 2 E) que décrire. Il m'a paru que chacun d'eux est formé par un vaisseau naissant de l'anse vascu- laire du segment, et revenant s'y jeter toul auprès de son point de départ. J'ai lieu de croire que ces vaisseaux sont liés à la production des élé- ments sexuels, cependant mes observations sur ce point ne sont pas suffisantes. Les vaisseaux respiratoires forment à la base de la blanchie une espèce de peloton ou de glomérule (2 E, e). Toutefois ce n'est point une particularité de l'espèce. On trouve un glomérule ou un plexus vascu- laire à cette place chez toutes les espèces du genre. J'ai figuré les cellules (2 F) de l'épithélium cylindrique de l'intestin pour montrer que leur substance colorante (bile?) est accumulée surtout dans la partie périphérique de la membrane épithéliale. La couche in- terne, portant les cils vibratiles, est formée par un protoplasma homo- gène et incolore. L'organe segmentaire rappelle celui de la P. Agassizii. Seulement, au point où nous avons vu l'organe s'ouvrira l'extérieur chez cette dernière, je vois, chez la P. hoplura, son tube excréteur se replier et revenir pa- rallèlement à lui-même vers le bord externe du segment. L'ouverture externe m'a échappé. L'organe est pigmenté de brun dans sa plus grande étendue. La première paire d'organes segmentaires est au neuvième segment. 60 ANNÉL1DES CHÉTOPODES 3. POLYDORA ANTENNATA: PI. XXI, flg. 3. Corpus longitudine ?, lattiudme mm ,9, depresswm, lobo cephaMco cmtennis f/rmiinis qua- tuor prcedito. Setarum ventralium mutât io in segmento octavo, branchiis a septimo mci- pientibus. Setœ validions quinti scgmenti ventrales. J'ai trouvé cette espèce dans les galeries (l'un morceau de bois habité par des tarets. Cette Polydore n'a pas seulement de fausses antennes, comme les précédentes, c'est- à-dire de simples expansions plus ou moins cirriformes du lobe céphalique, mais de véritables antennes, séparées du lobe céphalique par une articulation, et formées d'un tissu distinct (flg. 3). La carène aplatie qui existe ici, comme chez les autres espèces, sur la ligne médiane du lobe céphalique et des premiers segments, se termine en avant par une. espèce d'épatement pentagonal. Le côté antérieur du pentagone porte les deux antennes frontales, cylindriques et indistinctement annelées. Les côtés adja- cents portent les antennes latérales, coniques, beaucoup plus larges que les précé- dentes et presque aussi longues qu'elles. Les branchies commencent au 7 rac segment et sont remplacées dans les précédents (5 rae excepté) par de petits cirres dorsaux cylindriques. Par ces caractères, comme aussi par les soies et la conformation des rames pédieuses, l'identité avec les espèces voisines est complète. L'armure du 5 UUi segment est, en revanche, caractéristique. Les soies (3 A) qui la composent sont toutes à peu près de même diamètre; elles se renflent à l'extrémité en un bulbe coupé obliquement par une troncature concave et oblique qui se termine par une pointe acérée. Ces Soies sont disposées en peigne, de manière à ce qu'une partie d'entre elles fassent saillie, tandis que les autres sont en retrait, et les premières alternent régulièrement avec les secondes. Celles qui font saillie se distinguent, d'ailleurs, par leur pointe très-obtuse (3 A, a), ce que je pense devoir rapporter à l'usure, aux ruptures, plus qu'à la conformation originelle. Le nombre de ces soies est, d'ailleurs, beaucoup plus considérable que dans les espèces précédentes, car il s'élève jusqu'à trente-quatre. Ce faisceau de soies modifiées est ventral. Les soies du faisceau dorsal ne diffèrent pas de celles des segments voisins. L'inverse a lieu chez la P. Agassizii, où le faisceau dorsal est modifié, tandis que le faisceau ventral est normal. Le changement des soies de la rame ventrale a lieu au 8""-' segment, c'est-à-dire DU GOLFE DE YAl'I.KS. 61 plus en arrière d'un segment que chez les autres espèces. Il existe, par conséquent, un segment, le sixième, portant à la fois des soies suhulées aux deux rames et des bran- chies, ce qui ne se voit ni chez la P. Agassizii, ni chez la P. hoplura. Le sixième et le septième segmenl ont les grandes poches folliculeuses caractéristiques du genre Polydore, mais chacun d'eux en possède deux paires, ce qui n'est connu d'aucune autre espèce. Les segments 8-12 en ont aussi chacun une paire, mais fort petite ou même rudimentaire.Dès le treizième segment on n'en trouve plus trace. Je représente une coupe de la blanchie (5 C), ligure qui est valable d'ailleurs pour la famille loul entière. Ou voit que la cavité (d) de l'or- gane esl limitée par une paroi très-épaisse d'un côté, très-mince de l'autre. Elle renferme une anse vasculaire dont l'une des branches (6) offre une surface de section bien moindre que l'autre (a). Enfin, les deux rangées de cils vibratiles (c), destinées au renouvellement de l'eau, sont implantées sur le côté à paroi mince, au travers duquel ont lieu les phé- nomènes de diosmose respiratoire. Genre SPIO Otto Fabr. (Œrsted rev.) {COLOBRANCHUS Schmarda ; MALACOCEROS Qtrfg. ; UNC1NIA Otrlg.) Les Spio ont eu une destinée bizarre. Ils ont été vus de tous et mé- connus de tous. Cependant les Spio typiques de Fabricius sont déter- minâmes, au moins génériquement, et M. Œrsted en a renouvelé la description d'une manière très-suffisante '. Nous lui devons une diag- nose générique parfaitement claire. Cela n'a [tas empêché même les auteurs les plus récents d'embrouiller singulièrement la synonymie. Ainsi M. Schmarda ' a fait pour de véritables Spio le genre Colobran- ' En revanche, le prétendu S/nu setieornis ligure par Blainville dans le Dictionnaire des Science» natu- relles est une Polydore. ' C'est ce que M. Meczuikow a 2 ANNÉLIDES CHËTOPODES ehe\ et M. de Qualrefages fait figurer successivement ce malheureux genre dans la famille des Nériniens sous les noms de Malacoceros*, d'Uncinia et de Colobranche, sans compter qu'il le laisse subsister sous son véritable nom de Spio dans la famille des Leucodoriens". A propre- ment parler, le genre Nerine John st. devrait encore être réuni aux Spio, comme je le montrerai plus loin ; mais ce mauvais genre étant généralement reconnu, nous le conserverons provisoirement'. Spio fuliginosus. PI. XXIII, fig. I. < 'orpus longibudme 3°™",latitudine 2 am ,cmteriora versus fidajinosam. sripurutis circa'JO. Branchies a segmento primo setigero ineipientes, lobo ad/nato basUari lanceolato. Lobus ce- phalirns m processus duos antenniformes productus. Pœpïttœ anales quatuor îtsque ad oefo. Ce Spio est très-commun dans la vase du port, où il vit en société de la Capilella capitata et de la Polydora Agassizii. Il prospère facilement pendant des mois en captivité, où j'en ai vu une foule pondre des œufs ou les féconder. Chez ce Spio la carène du lobe eéphalique ne se prolonge pas en arrière du seg- ment buccal et porte quatre yeux disposés en carré. En avant, elle se continue en une espèce de petite trompe charnue, dont les parties latérales donnent lieu à deux ex- pansions antenniformes très-développées. 1 -If s.iis bien i|uc ML Sclimarda (Neue wirbellose Thiere, II, |i. (>M) attribue aux Spio deux tentacules et aux Colobrancb.es quatre. Mais il emploie ici le tenue tentacule dans deux acceptions très-différentes. I.a prétendue seconde paire de tentacules des Colobranches se résout en une proéminence des angles latéraux du lobe eéphalique. - M de Qualrefages a établi son genre Malacoceros dès l'année I8i;i (Magasin de Zoologie de Guérm; année 1813, p. 8). M. Leuckarl montra plus tard (Archiv fur Naturg., 1855, XXI, p 77) que ce genre n'a qu'une valeur de synonyme M. de Qualrefages le maintient dans son Histoire des Annelés sans mentionner les objections parfaitement fondées de M Leuckarl. ■ Une même espèce parait figurer à plusieurs reprises sous ces noms génériques différents. * Lorsque Johnston (Catalogue, p. J 20"2) caractérise les Spio par des soies simples seulement;! la raine inférieure, et des soies simples accompagnées de soies à crochets à la rame supérieure , il est évidemment victime d'une méprise qui lui fait renverser les rapports vrais. Quant aux ellipticul bodies, qu'il figure avec les soies, ce sont les follicules bacillipares. M. Williams (Report, p. 208) commet la même erreur relativement à la position des soies à crochets chez les Polydores. DU GOI.FE DE NAPLES. 63 Les tentacules sont de longueur très-variable. Recourbés en arrière ils atteignent. Chez certains individus, le lll""' nu le I I""' segment. Chez, d'autres, adultes aussi, ils ne dépassent pas le quatrième. Ces tentacules ont, d'ailleurs, la même apparence que chez les autres membres de la famille. Ils renferment une cavité parcourue par un \ aisseau aveugle, contractile, à trajet régulièrement spiral (1 F. a). La paroi du vais- seau est incolore, semée de gros nucléusde distance en distance. La cavité elle-même est remplie d'une sorte de tissu mobile (c), formé par une multitude de gouttelettes homogènes, d'apparence sarcodique. Cette cavité est limitée par une paroi, mince du côté externe, extrêmement épaisse du côté interne qui correspond à la gouttière ciliée. Ce côté interne est hérissé d'un grand nombre de petites soies roides (/). Le côté op- posé n'en porte que très-peu. Dès le second segment commencent les branchies (I E, b) qui sont conformées comme celles des Polydores, si ce n'est qu'elles portent à leur base, du côté externe, un lobe membraneux de forme largement lancéolée (a). Un second lobe foliacé (c) re- couvre la rame inférieure. Dans la région antérieure du corps les deux rames ne por- tent que des soies simples, subulées (1 B). Mais, à partir du 32 ma segment, on voit apparaître, dans chaque faisceau ventral, un fort crochet (1 C), dont le rostre porte sur son vertex une petite dent. L'extrémité très-comprimée du crochet est enfermée entre deux valves. Plus en arrière le nombre de ces crochets s'élève à deux par rame, et il v associe encore une forte soie simple, cullriforme. à pointe acérée (I D). s Les organes segmentaires (1 A) se présentent sons la forme d'une anse tubulaire (a), placée transversalement à droite et à gauche de chaque segment. La branche antérieure de l'anse a son extrémité enga- gée dans le dissépimenl où se ironve l'ouverture interne de l'organe; la liranclie postérieure vienl s'ouvrir au dehors (b) entre deux pieds con- sécutifs. On aperçoit à ce point un mouchel de cils vibratiles. La paroi de l'organe est très-épaisse et pigmentée de brun vers la courbure de l'anse. On voit d'ailleurs facilement vibrer les cils dans l'intérieur. Les tissus du Spio fuliginosus sont très-riches en follicules bacillipa- res, dans certaines régions au moins. On en trouve déjà dans les bran- chies proprement dites, sous la forme de boyaux virgulaires (1 I, b) dont la pointe s'attache à la cuticule. Là se trouve un pore servant à l'émis- sion des bâtonnets. Mais ce sont surtoul les lobes foliacés des rames pé- 64 ANNÉLIDES CHÊTOPODES dieuses, el les antennes (1 K), qui snnl littéralement bourrés de ces folli- cules. On les trouve aussi, mais de forme beaucoup plus cylindrique (1 L) et rectilighe, dans les papilles anales 1 . La couleur enfumée de ce ver est due à un pigment granuleux dis- posé assez irrégulièrement, mais laissant toujours subsister certains espaces blancs de forme constante. C'est ainsi qu'on trouve sur le dos de chaque segment, jusqu'au onzième inclusivement, une ligure blanche en forme d'anse (voyez fig. 1). Les œufs mûrs sont ovoïdes, longs de mm ,12, et flottent dans la cavité périviscérale. Ils sont enveloppés d'un cborion mameloné, épais de i"' icI ',4. Pendant leur croissance ils sont emprisonnés dans un stroma aux côtés de la chaîne nerveuse ventrale. Les zoospermes ont une tête corniculée, longue de 4 micr. Malgré sa grande ressemblance avec les Polydores, celle espèce est privée des poches folliculeuses que nous avons décrites chez ces Anné- lides. Spio Mecznikowianos. PI. XXIII. fig. 2. Corpus longitudine lJ'" m , latitudine mm ,5, segmentis rinn :-U>, ilepressum, lobo ceplmlim antennis destitwto. Tentaada vittis anmdaribus flavo-fuscis insignia. Bramhùe lobo folin- ceo destitutœ, prvmi paris obsolètes. Je dédie celte espèce à M. Elias Mecznikow, qui fut le premier à la rencontrer et à découvrir chez elle de très-curieux spermatophores, que nous espérons décrire plus tard dans un travail commun sur l'embryo- génie des Annélides. Le lobe céphalique se prolonge en avant en forme de trompe cylindrique, très-lé- gèrement échancrée à l'extrémité, mais dépourvue de processus an ten ni formes. Ce lobe ne se continue pas en arrière sous ,1'orme de carène sur les premiers segments. L'occiput porte régulièrement quatre yeux, les deux antérieurs plus grands et plus es- pacés que les deux postérieurs. 1 On trouve d'ailleurs ces follicules bacillipares semés dans louie la peau, mais à des intervalles plus grands. 1)1 GOLFE UF NAPLES. 63 Sur le dos de chaque segment un pigment brunâtre est disposé en forme de o. Les branchies commencent an second segment sétigère. An précédent elles n'exis- tent du moins qu'à l'état rudimentaire, sous la forme d'une paire de mamelons. Ces branchies sont entièrement semblables à celles des Polydores, et sont, par conséquent, dépourvues du lobe membraneux caractéristique des autres Spio. Elles subsistent jusqu'à lavant-dernier segment. Les rames pédieuses (2 A) ne portent que des soies simples, bordées (2 C, c'). jusqu'au septième segment sétigère. Mais, à partir du 8""*, je vois s'associer à chaque faisceau ventral le crochet encapuchonné (2 D), qui existe chez toutes les espèces. Le segment anal se termine par une paire de papilles. Les tissus de cette espèce, surtout les branchies (2 A) et les rames pédieuses (2 B), sont bourrés de follicules bacillipares bien plus grands que ceux du S. fuliginosus. L'intestin hépatique, de couleur verte, commence au 8 me segment. Cette espèce présente à la rame ventrale des poches follieuleuses, très- semblables à celles des Polydores. Les éléments sexuels remplissent la cavité périviscérale dès le 13 ,ne segment. Genre NERINE Johnst. (Sars rev.) M. Sars fait remarquer, avec raison, que si Johnston avait eu connais- sance des Spio de Fabricius, il n'aurait jamais créé le genre Nérine; en effet, quelques efforts que l'on fasse pour modifier et compléter la carac- téristique première de Johnston, on n'arrive jamais qu'à faire une carac- téristique de Spio. M. Sars, après avoir étudié le sujet avec beaucoup de soin, parvient cependant à conserver les deux genres, tout en laissant sentir combien la distinction lui semble artificielle. En effet, le seul caractère différentiel est le suivant : chez les Nérines, chaque pied est muni d'une lamelle, soit lèvre foliacée, tandis que chez les Spio celte lèvre n'est plus représentée que par un petit lobe ou un mamelon. Mais où tracer la limite entre le petit lobe et la lèvre? M. Sars a raison : la Tome \x, l" Partie. 9 66 ANNÈLIDES CHÉTOPODES distinction est artificielle, et je crois bien qu'un jour il faudra réunir les Nérines aux Spio. Dans la pratique j'ai interprété la distinction telle que l'exprime M. Sars de la manière suivante : J'ai laissé dans le genre Spio les espèces où la lèvre membraneuse de la rame supérieure ne constitue qu'un lobe soudé à la base de la branchie ou même disparaît complètement (S. Mecznikowianus). En revanche, j'ai placé parmi les Nérines celles chez lesquelles cette lèvre membraneuse borde la bran- chie à peu près jusqu'à son extrémité, du moins dans les segments an- térieurs. Il y aurait peut-être eu un moyen de subdiviser d'une manière plus simple ce groupe homogène. Certaines espèces, en effet, ont le segment anal terminé par un cercle de papilles, d'autres par une petite ventouse rappelant celle des Polydores, on même par un simple mamelon. Éta- blir des coupes génériques nouvelles sur celte base m'eût obligé à bou- leverser toute l'économie du groupe. En effet, soit les Spio typiques de Fabricius, soit les Nérines typiques de Johnston ont des papilles termi- nales, et M. Sars classe parmi les Nérines des espèces à papilles et des espèces sans papilles J'ai donc préféré conserver les coupes établies, quelque imparfaites qu'elles soient. 1. Nerine Cirratulus. Lumbricus Cirratulus Délie Chiaje, Mem. su gli Anim. s. vert., IV, 196. Lumbricus Cirratulus Délie Chiaje, Descrizione, pi. 165, fig. 16 Cirratltulus Lumarckii Délie Chiaje, Descrizione, III, p. 84 et V, p 99. Nereis foliota Dalyell, The powers of the Creator, etc., vol. II, p. 155. Plate XX, fig. 11-18. PI. XXIV. fig. 1. Corpus UmgtiucUne 4-6""", latitudine 2™ m ,5,depreasiim, lobo cephcHico cmiiro. acmmnato. Hami rnmornm ventraliwm apice vqlde recurvo. Sanguin roseo-niber. Par une méprise singulière, Délie Chiaje considéra cette Annélide comme un Cirratule. Il suffit cependant de jeter un coup d'œil sur sa ligure pour voir qu'il s'agit bien d'une Nérine. Que ce soit exactement cette espèce qu'il ail eue entre les mains, c'est ce dont on ne peut douter 1)1 GOLFE I)E NAPLES. 67 en songeant que l;i .V. Cirratulus est une des Annélides les plus com- munes du golfe de Naples, où elle pullule dans le sable fin, en société des Ophélies. Le faciès est tout h lait celui de la .V. cuniucei>hala, à en juger par les figures de Johnston. Toutefois, tandis que celle-ci se termine par un cercle de papilles anales, la N. Cirratulus porte à son segment anal un appendice semi-circulaire, membraneux et bilobé, en dessus duquel Couvre l'anus. Cet appendice rappelle la ventouse anale des Polydores. Il a déjà été vu et figuré par Dalyell. Le lobe céphalique est très-acuminé, et le m un d'oxycephala, que M. Sars a déjà at- tribué à une espèce norwégienne, conviendrait parfaitement à la nôtre. Ce lobe cépha- lique se termine eu une espèce de carène ou de mamelon sur le dos du segment buccal '. Sur le bord occipital de la carène se voient quatre petits yeux presque rudimentaires, disposés en une ligne transversale. Les tentacules sont semblables à ceux des autres Spiodiens. Toutefois, ils sont rela- tivement peu contractiles, et l'animal les porte, en général, dirigés en arrière. Les branchies (1 A) apparaissent au second segment sétigère, et semblent être un prolongement de la rame dorsale. Leur bord postérieur est bordé d'une lèvre membra- neuse (c), qui s'étend de la base presque jusqu'au sommet. L'intérieur de la branchie renferme une seule anse vasculaire 2 , dans les parois de laquelle on distingue, même sans l'emploi de réactifs, des cellules fusiformes (1 D, c), obliques, à noyaux arrondis, qui sont vraisemblablement de nature musculaire. Les rangées de cils vibratiles (b) sont placées sur le côté de la branchie opposé à la lèvre membraneuse. Dans la légion antérieure on ne trouve que des soies simples, subulées, aux deux rames. Même le premier segment, qui est, à proprement parler, apode, a déjà ses deux faisceaux de soies. Ces faisceaux sortent en éventail par deux fentes placées l'une à la base de la branchie (1 A, d), l'autre à la base du feuillet membraneux se- mi-circulaire de la rame inférieure (1 A, e). A partir du 40" K ' segment environ, mi voit apparaître les crochets (1 B) au faisceau ventral. Ils sont légèrement courbés en S, et leur extrémité forme un bec extrêmement obtus, à surface pointillée. Cette ex- trémité comprimée est renfermée dans une gaine ouverte en avant (1 C), de manière à paraître bivalve, et à laisser passer la pointe du crochet. ' S\. Sars attribue à plusieurs de ses espèces une antenne impaire rudimentaire (tentacule Saisi. — A en juger par les figures de Johnston, cette antenne ne serait que ce mamelon, très-peu accusé dans l'es- pèce de Naples, mais dans lequel je ne puis voir autre chose qu'un homologue delà carène des Polydores. ' Johnston et M. Williams l'ont déjà vue et bien vue, malgré les données de M. de Quatrefages. Voyez surtout à ce sujet la description de M. Williams Jiepurl un the british Anndida , Iuï. cit., p. 199, lig. IN). 68 ANNÊLIDES CHÉTOPODES Le segment buccal et le lobe céphalique renferment des réseaux vas- cnlaires contractiles fort élégants (fig. 1). Au second segment sétigère, le vaisseau dorsal donne naissance à une paire de grosses branches (déjà connues de Délie Chiaje'), qui se rendent obliquement en dehors jusqu'à la base du cône céphalique terminal. Là elles se recourbent en- dessous, reviennent en arrière et vont se réunir l'une à l'autre en ar- rière de la bouche pour former le vaisseau ventral. Les deux branches de chacune de ces anses sont réunies entre elles par un grand nombre de vaisseaux à peu près parallèles. Tout ce réseau est animé de contrac- tions rhytbmiques. Un autre réseau assez complexe (1 A, /') se voit à la base de la branchie, sur le trajet du vaisseau qui revient de la blanchie au vaisseau ventral. C'est l'homologue du glomérule qui se voit à cette place chez les Spio et les Polydores. Délie Chiaje, qui connaissait déjà ces glomérules, les appelait des cœurs. L'œsophage a dans la partie antérieure du corps une forme de ruban ; toutefois, à partir du 24 me segment, il commence à s'étrangler en pate- nôtre. L'intestin biliaire commence au 38 me segment. La chaîne nerveuse ventrale parait au premier abord divisée sur toute sa longueur en deux moitiés distinctes. C'est ainsi, du reste, que M. de Quatrefages l'a représentée chez ses Nériniens. Mais cette apparence provient de l'existence sur la ligne médiane dorsale du système nerveux d'une large libre (1 M, a) tubulaire, semblable à celles qui sont déjà con- nues chez les Oligochètes, les Téléthusiens, et certains Capitelliens. Ce tube incolore parait rempli d'un liquide dont la réfringence ne s'éloigne guère de celle de l'eau. Son diamètre est de 48 micr., c'est-à-dire équi- vaut au moins à la moitié de la largeur des connectifs interganglion- naires. Cette grosse libre tubulaire est accompagnée de deux ou trois autres toutes semblables, mais ne mesurant que 8 micr. eu diamètre. Les fibrilles des connectifs sont, en revanche, pour ainsi dire incom- mensurables. Les renflements ganglionnaires sont à peine marqués. Je n'en ai pas étudié les cellules. 1 Istiluzioni (H analomia comparut*, 2 e édit., tome II, p. 74. DD GOLFE DE NAPLES. H9 Les ovules mûrs ( l F et 1 G) frappent immédiatement les regards par leur conformation exceptionnelle. Ils ont la forme de disques ovales et sont entourés d'un ehorion' incolore («), épais, revêtu de papilles. Le vitellus est granuleux et renferme une énorme vésicule germinative (c). Tout autour du disque, dans l'intérieur du vitellus, apparaît un cercle de vésicules sphériques et incolores (b). Chacun reconnaîtra une très-grande ressemblance entre ces œufs et ceux que j'ai décrits chez YAonides auricularis Glprd. de Port-Vendres'. Seulement, chez cette espèce, j'ai constaté que les vésicules sont eu communication avec l'extérieur par un petit tube qui traverse le eho- rion. M. Mecznikow, auquel je lis part de mes observations, étudia aussi avec grand soin les œufs des Nérines, et reconnut que vers la (in de la croissance les vésicules contractent une adhérence intime avec le eho- rion. Pour ma part, je n'ai pu acquérir de conviction complète à cet égard. Voici quel a été le résultat de mes observations personnelles sur ce sujet : Les ovaires se présentent sous la forme de grosses grappes, situées à la hase des pieds et accolées aux organes segmentaires dont elles ren- dent l'étude difficile. Le centre de la grappe (1 E, a) est occupé par les plus petits ovules; à partir de ce point, les ovules se succèdent en aug- mentant de diamètre jusqu'à la périphérie, où les œufs mûrs se déta- chent pour flotter dans la cavité périviscérale. Les jeunes ovules ont un vitellus clair et seulement peu granuleux. Toutefois, de très-bonne heure déjà, on voit apparaître à leur périphérie un cercle de taches, plus claires que le reste de la masse, et peu définies. A mesure que les ovules croissent, le vitellus se remplit de granulations, devient opaque, et les taches se laissent de mieux en mieux reconnaître comme des vésicules ' J'emploie partout, dans celle Famille, le terme de eborion pour désigner la membrane très-épaisse et couverte de papilles qui enferme l'oeuf. Toutefois, il esl certain que c'est en réalité la membrane vi- telline. Celle membrane joue d'ailleurs un rôle important dans l'évolution de plusieurs espèces, comme M. Mecznikow el moi-même nous nous en sommes assuré ; car elle devient la peau de l'embryon et se charge de cils vibratiles. * Glanures, p. 45, pi. III, lig. 3. 70 ANxNÉLlDES CHÈTOPODES incolores. Au moment où les œufs se détachent de l'ovaire, le cercle de vésicules occupe exactement la périphérie du vitellns discoïdal. A ce moment, le vitellus subit une contraction lente qui a pour résultat l'ac- cumulation d'une couche de liquide (1 H, c) entre sa surface et celle du chorion. Les vésicules font alors légèrement saillie au-dessus de la sur- face du vitellus qui devient concave dans les intervalles (1 D.Plus tard, la contraction augmentant encore, les vésicules sont comme rejelées au dehors du vitellus (1 K), et la surface de celui-ci apparaît convexe dans les intervalles. Les vésicules paraissent donc à ce moment libres dans la couche de sérosité qui sépare le vitellus du chorion. Si l'on écrase les ovules, le vitellus s'écoule, mais les vésicules restent toujours em- prisonnées dans la membrane de l'œuf. Cependant, je dois avouer que je n'ai point réussi à voir de connexion organique entre les ovules et la membrane. Les téguments de la V. Cirratulus sont remplis de follicules bacilli- pares, surtout les rames pédieuses et leurs appendices. ± Neiu.ne Saksiana '. PI. XXI, lig. i. Ncruie longitmlnic '? '. latitwdine '<"""'. lobo cephalico conico obtuao. Rumorum ventral m m ha/mi vix recurvi. Sanguis ndirrrinins. La N. Sarsiana, beaucoup plus rare que la N. Cirratulus, eu est au fond très-voisine, bien qu'elle s'en dislingue à première vue par sa plus grande largeur et surtout par la couleur de son sang. Le lobe céphalique est beaucoup moins aigu que celui de la N. Cirratulus, et pa- rait complètement dépourvu d'yeux. Toutefois, le microscope y fait découvrir de très-petits points oculaires, disposés entre les bases des tentacules à peu près dans l'ordre suivant : . . :. Le nombre ordinaire est six, quelquefois il n'y en a que quatre. Le dos des segments présente un relief assez particulier (4 A), dans la région an- ' Je me lais un plaisir de dédier celte espèce au savant uonvégien, qui a compris les affinités réci- proques des Spiodiens mieux que personne. Dl GOLFE DE NAPLES. 1 térieure au moins. D'abord un bourrelet transversal cilié (c) s'étend de la base d'une des branchies à la base de l'autre, comme chez les Polydores et les Spio. Puis, dans le sillon qui sépare deux segments l'un de l'autre, se voient deux mamelons ovales (b) peu élevés, autour desquels le sillon circule en se bifurquant, si bien que les mame- lons apparaissent comme deux îles dans les sillons intersegmentaires. Les branchies ligulées rappellent celles de l'espèce précédente, seulement la lèvre membraneuse en atteint le sommet (4 G). L'anse vasculaire branchiale est formée d'une branche très-large et d'une branche très-étroite. Toutes deux ont un cours spiral. Les quarante premiers segments ont à chaque rame un éventail de soies simples, brunâtres, ornées près de l'extrémité d'un double limbe incolore. Le corps de la soie est élégamment strié en long et en travers. Dans chaque éventail des soies minces (4 D) alternent régulièrement avec, des soies épaisses (4B. 4C). A partir du 41 me segment, l'armure de la rame inférieure change. On y voit alterner des soies (4 F) subulées (une large toujours accompagnée d'une mince) avec des crochets légère- ment courbés en S (4 E). Cependant, ces soies ne méritent le nom de crochets que par leur homologie avec les crochets des espèces voisines. En effet, la pointe obtuse ne porte ni bec ni dent. Elle n'en est pas moins encapuchonnée dans une gaîne à l'extré- mité. Les follicules bacillipares sont beaucoup plus abondants que chez l'espèce précé- dente. Le lobe céphalique, en particulier, en est chargé. Sens tous les autres rapports la ressemblance avec la .V. Cirratulus est parfaite. \&. [AS' v<à >fj 3. Nerine auriseta. PI. XXIV, lïg. 2. Corpus longitudine . v . latitudine 5-6""", depressum, lobo cephalico conico, valde obtuso, apice tumido. Lahium mcnibraitosKiH linuirlnrirum apicem superans. Ha/mi ventrales l>ifi- di.Sctanini flabetta awrata, nitentia. .le dois dire, dès l'abord, que je ne place qu'avec une certaine hésita- tion celle Annélide peu connue parmi les Nérines. En effet, les trois ou quatre individus que j'ai reçus des pêcheurs étaient dépourvus de ten- tacules. Toutefois, si l'on songe que ces organes sont éminemment caduques chez les Spiodiens, que plusieurs espèces ont déjà été décrites comme dépourvues de tentacules par les auteurs, quoique ce caractère 72 ANNÊLIDES CHÉTOPOUES fût le résultat d'une mutilation, on ne me blâmera pas trop de n'avoir point formé de genre à part pour la .V. auriseta. En effet, à tous les autres points de vue, celte espèce est une Nérine génuine, an point que le genre qu'on créerait pour elle, devrait avoir pour diagnose: « Nérines sans tentacules. » Cette espèce a le cône céphalique (fig. 2) encore pins obtus que la N. Sarsia?ia, et sur son sommet s'élève un petit bouton terminal. Les pieds et les branchies (2 A) sont aussi semblables à ceux de la N. Sarsiana, sauf que la lèvre adnée à la brancbie est beaucoup plus large, et se prolonge au delà du sommet de celle-ci. En revanche, les soies, dorées comme les palées des Pectinaires, sont différentes. Dans la partie antérieure du corps les éventails sont formés aux deux rames par des soies rectilignes très-pointues (2 C), bordées de deux limbes fort étroits. A partir du 20 me ou du 30 me segment on voit s'associer à l'éventail d< j la rame inférieure un long crochet (2 B) qui se coude en S à peu de distance de son extrémité, et se termine par deux dents à peu près égales. Cette extrémité est encapuchonnée d'une gaine. Plus en arrière le nombre des crochets va croissant, et finit par l'emporter sur celui des soies subniées. Le nombre des paires de branchies n'est guère que de quatre-vingts. Au delà elles deviennent entièrement rudimentaires. L'intestin biliaire commence vers le 40""" segment. Le système vasculaire et le ner- veux semblables à ceux des autres Nérines. Téguments remplis de follicules bacili- pares. La particularité la plus remarquable de l'espèce est relative aux œufs. Les ovules mûrs ont la forme de disques elliptiques (2 D, 2 E), dont le grand axe est long de mm ,14. Le vitellus, finement granuleux, con- tient une énorme vésicule germinative. Le chorion, épais de 7 microm., est couvert de petites papilles. Enfin le vitellus renferme les mêmes vésicules que chez les espèces voisines. Seulement, au lieu de former une simple couronne, elles constituent sur tout le pourtour de l'œuf une large zone, formée de trois rangées irrégulières (2 D). Ces vésicules, larges de tl microm., paraissent se comporter relativement au vitellus comme celles de la Nerine Cirratulus. L'action d'une faible solution de car mina le d'ammoniaque les modifie d'une manière remarquable. Elles I>r GOLFE DE \ A PIES. 73 se colorent assez rapidement en rouge intense, tandis que le vitellus ne se teint qu'en rouge pâle, et que le ehorion reste parfaitement incolore. Je ne puis m'empécher de supposer que ces vésicules (ou peut-être mieux ces sphères protoplasmiques) jouent un rôle important dans l;i formation du blastoderme. Genre PRIONOSPIO Mlmgr. (Char, em.) Spionidœ antennis tentacuUsque destitutœ, branchiis aliis pennatis ediis svmpMcibus in nul n a corporis parte tamtwmmodo sitis. Pedwm anteriorum remi distindi lobo membra- iinsn ma/ryinati, posteriorum ml instar iiisl«- transversee coaliti. Je conserve le genre Prionospio de M. Malmgren', mais j'en abrège beaucoup la diagnose : c'est dire que j'en étends les limites. En effet, dans la diagnose très-circonstanciée du savant finlandais, je vois beau- coup de caractères qui n'ont à mes yeux qu'une valeur spécifique, ainsi le nombre des yeux, celui des branchies, la présence d'un denticule au rostre des crochets, etc. ; d'autres appartiennent à la famille des Spio- diens tout entière, comme lexistence aux deux rames de la région antérieure de soies capillaires seulement et l'apparition de crochets à la rame inférieure dans la région moyenne et la postérieure. Prionospio Malmgreni. PI. XXII, lig. 3. Corpus lonaitudine U-iT"" rrl ultra, latitudine n""".:!. segmentis ultra 50, paVÀdwm, lobo cephalico latissimo, oculis quatuor. Bronchite alùe permutée, aliee simplices usque «d jiiiriu novem. Hamorwm rostrum superne bidentatwm. Je me fais un plaisir de dédier cette espèce à l'observateur scrupu- leux qui, le premier, nous a fait connaître le genre remarquable des Prionospio. Elle n'est point fréquente dans la baie de Naples, où j'en ai 1 Voyez Annulata polychœla Spetsbergiœ, Greenlandiœ, Islandiœ el Scamtinoviœ hactenus cognita, auc- tore h 1 A .1 Malmgren. Relsingfors, 1867, p. 93. Tome xx, l re Partie. 10 74 ANNÊLIDES CHÈTOPODES reçu des pêcheurs, cinq ou six fois seulement, des individus isolés et incomplets. Ce chiffre peut paraître suffisant pour permettre une élude approfondie de ce curieux type. Il n'en est rien cependant, grâce à la fra- gilité de l'animal et à l'extrême caducité de tous ses appendices. Le caractère sans contredit le plus remarquable de cette Annélide, ce sont les branchies pennées. Cependant je n'ai pu acquérir de certitude quant au nombre normal de ces organes. Ils paraissent alterner plus ou moins régulièrement avec des branchies simples, mais j'ai rencontré tous les chiffres entre zéro et quatre paires pour les branchies composées, et en maximum le nombre neuf pour l'ensemble des branchies simples et composées. Pendant qu'on étudie l'animal, les branchies se détachent avec la plus grande facilité, et je ne puis m'empêcher de croire que des accidents semblables doivent arriver fréquemment dans la mer. De là l'idée très-naturelle que les branchies simples, toujours plus courtes que les autres, pourraient bien n'être que des branchies composées en voie de régénération. Cette hypothèse acquiert une vraisemblance très- grande, si l'on réfléchit que les segments porteurs de branchies compo- sées ne paraissent pas présenter un numéro d'ordre constant. Dans le Prionospio Sleenstrupi Malmg., espèce-type rapportée d'Islande par M. To- rell, M. Malmgren indique des branchies pennées au premier et au qua- trième segment, et des branchies filiformes au deuxième et au troisième; mais a-t-il eu entre les mains un nombre d'individus assez considérable pour que la constance de ces chiffres soit hors de doute? Les branchies simples sont semblables à celles des Polydores. Les branchies composées (fi g. 3 et 3 H) sont formées d'un axe cirriforme portant plusieurs rangées de rayons cylindriques. Deux de ces rangées sont très-complètes et régulières' et donnent à la branchie une apparence pennée ; les autres, en général au nombre de deux, sont moins com- plètes. Toutes sont placées sur le côté interne ou dorsal de la branchie. Les deux rangées de cils vibratiles existent comme sur les branchies 1 Le Prionospio Sleenstrupi Mlmg. parait ne posséder que cesdeux-ià, du moins la ligure de M.Malm- gren représenle-t-elle les rayons branchiaux comme régulièrement disiiques. DU GOLFE DE NAPLES. 75 «les autres Spiodiens; elles sonl (railleurs restreintes à l'axe branchial el ne s'étendent point sur les rayons. L'extrémité de l'axe est nue, euliè- remenl dépourvue de rayons. L'absence de cils pourrait faire douter que les rayons participent aux fonctions respiratoires. Il m'a cependanl semblé voir pénétrer un vaisseau dans l'intérieur. Le lobe céphalique est très-large, à bord frontal arrondi. Son tissu présente une structure aréolaire très-particulière. Sur l'occiput existent quatre taches oculaires, les deux antérieures circulaires, tes postérieures oblicpjement allongées et un peu irré- gulières. Dans les segments de la région antérieure, branchifère, les deux rames pédieuses sont bien distinctes, même au premier segment, où elles sont pourtant plus petites qu'aux suivants. Chacune d'elles se prolonge en un lobe foliacé (3 H, a). Plus en ar- rière, elles semblent se fondre pour former une sorte de crête membraneuse (3 A), qui passe comme une ceinture autour du segment, car la crête de droite se soude sur le dos avec celle de gauche. Cette crête est bordée de cils vibratiles. Les faisceaux de soies restent néanmoins toujours séparés. Dans les neuf premiers segments^ les deux rames portent exclusivement des soies simples en forme de sabre (3 D), dont la moitié dorsale est rugueuse, tandis que le bord tranchant est lisse. A partir du 10 me segment se mêlent à chaque faisceau des soies (3 G), assez semblables aux autres, mais plus courtes et coudées à la base, de manière à ressembler à une baïonnette munie de sa douille. Au 1 5 mc segment et à tous les suivants, la rame ventrale porte, en-dessous des soies précédentes, quelques crochets encapuchonnés d'une gaine (3 E), à rostre armé en-dessus de deux petites dents. Enfin, dans la partie postérieure du corps, les soies simples deviennent pure- ment capillaires. La trompe est exsertile, courte, couverte de cils vibratiles. Un organe segmentaire brun, rappelant celui des Polydores, existe aux segments 3, 4 et 5. Le système vasculaire est remarquable par l'existence d'une foule d'appendices contractiles et aveugles. Sang rouge pâle. Chez les femelles, les ovules forment dans chaque segment à partir du quinzième une grappe orangée de chaque côté de l'intestin. Les téguments renferment beaucoup de follicules. On en voit eu par- ticulier deux rangées transversales au milieu de chaque segment (3 G) 76 ANNÉLIDES CHfiïOl'OhES du côté ventral. Chacun d'eux est large de 2 micr., el aboutit à un pore très-distinct de la cuticule. La crête membraneuse qui réunit les pieds d'un même segment, est remplie de longs follicules bacillipares, cylin- driques (5 B), qui se terminent en pointe sur le bord de la crête. Il existe même en général une petite proéminence à cel endroit, peut-être un corpuscule bacillaire en voie de sortir. L'extrémité postérieure du ver m'est inconnue. Famille des CHETOPTERIENS Aud. et Edw. Les auteurs qui ont le mieux compris les affinités naturelles des Chétoptériens, sont sans contredit M. Rud Leuckart et .M. Sars. Dès 1849, le premier' rapprochait ces Annélides des Anciens, el en 1856, le second' 2 leur assignait une place tout auprès des Spiodiens. Soit M. Schmarda 5 , soit M. de Quatrefages 4 ont depuis lors méconnu les affinités si bien reconnues par leurs devanciers et éloigné les Chétopté- riens, soit des Anciens, soit des Spiodiens. M. Schmarda les place dans son ordre des Annélides abranches qui esl inadmissible en face des pro- grès modernes de la science. M. de (Quatret'ages les érige en un sous- ordre à pari sous le nom A" Annélides aberrantes. Chose étrange, à propos de la formation de ce sous-ordre, cel auteur s'exprime de la manière suivante: « 11 me semble que les résultats dus au savant norwégien con- firment entièrement celte manière de voir. » M. Sars a dû être étonné de cette appréciation, car il s'était exprimé textuellement de la manière suivante : « Après la découverte des Spiochœtoplerus, la famille Chœlop- terea n'est plus isolée, et pour ainsi dire étrangère dans cette classe d'a- 1 Ueber Cnœtopterus pergamentaceus Cuv. Arcliiv f. Naturg., 1849. XV, p.:j40. ; Fauna littaralis Norwegiœ, "2 e livr., p. 7. "' A T ewc Turbellarien, etc., II, p. 16. 1 Histoire naturelle îles Annelés, 11, p. 207. I>l GOLFE DE N'AIMES. 77 nimaux, mais elle se trouve en liaison intime avec les formes, depuis longtemps connues, de la famille Spionea '. » En effet, les genres Spiochœtopterus, Phyllochœtopterus et Telepsavus ont entièrement le faciès des Spiodiens, et ne s'en distinguent que par la conformation des rames pédieuses et l'absence complète du système vasculaire, caractères qu'ils partagent avec les Chétoptères. L'affinité avec les Poli/clora Bosc et les Disoma OErst. est surtout très-frappante. Ces deux genres se distinguent de tous les autres Spio- diens par l'existence d'une armure de soies très-particulière à l'un des segments de la région antérieure. Ce caractère parait également com- mun à tous les Cliétoptériens. Le segment porteur de cette armure spéciale est le cinquième sétigère chez les Polydores, c'est le troisième chez les Disoma et le quatrième chez les Cliétoptériens. Les affinités de ces Annélides entre elles sont si grandes, qu'on pourrait désirer une nouvelle élude des Disoma, avant d'être parfaitement certain qu'il s'agit de Spiodiens et pas de Cliétoptériens. Le caractère le plus remarquable des Cliétoptériens, celui par lequel ils se distinguent de toutes les autres Annélides, c'est la duplicité de la rame ventrale, que M. Leuckart a comparée ingénieusement à la bifur- cation si fréquente des appendices ventraux chez les crustacés. Celte duplicité existe dans toute la région postérieure, et aussi, comme M. Sars * a été le premier à le montrer, dans une partie de la région moyenne. Ce caractère singulier, le seul sur lequel M. de Quatrefages eût pu pa- raître fondé à établir un sous-ordre pour les Cliétoptériens, a précisé- ment été laissé de côté par ce savant 3 . 11 était pourtant déjà connu d'Audouin et Edwards ' qui représentent la rame ventrale comme for- mée, à la région postérieure, de deux tubercules charnus bien distincts. Ces observateurs ne connaissaient, il est vrai, pas l'existence de crochets 1 Loc. cit., p. 7. '■ Uddrag «/' en med Afbildningei ledsaget Beskrivelse over Chœtopterus Sarsii, etc. — Vidensk, Forh. i Christiania, I8ti0 (Sârskill Aftryk, u. 3). J Lin moins ne le mentionne-t-il qu'en passant chez une espèce de la famille. * Annules des Science* naturelles, XXX, 1834, p. il(>. 78 ÀNNÊLIDES CHÊTOPODES pecliniforincs à la surface de ces tubercules. Il étail réservé à MM. Sais. Leuckart et Schmarda de les découvrir chez quelques espèces. Nous verrous qu'ils existent dans toute la famille. L'absence complète de vaisseaux chez les Chéloptériens n'avait été constatée jusqu'ici que par M. de Quatrefages chez le Chœtopterus Valencinii. Toutes les espèces que j'ai étudiées à Naples sont aussi complètement anangiennes. Cependant Renier a décrit fort en détail le système vasculaire du Chœlopterus variopedatus dans son Prodromo délia Classe dei Vermi, ouvrage qui n'a point vu le jour, mais dont M. Meneghini a extrait une longue citation relative à ce sujet. Je ne puis, il est vrai, accepter comme entièrement probante la description du savant vénitien. Du moins certaines particularités très-exceptionnelles, signalées par lui, mériteraient-elles confirmation ? C'est ainsi qu'il attri- bue aux Chéloptères un cœur placé du côté gauche, et formé d'une oreillette et d'un ventricule, cœur qui, séparé de l'animal, continue de présenter des pulsations rhythmiques. Une telle conformation s'éloigne- rait certes bien de tout ce que nous connaissons chez les autres Anné- lides. Genre CH^GTOPTERUS Cuvier. TRICŒLIA Renier '. Ch.etopterls variopedatus. Tricœlia variopedata Renier, Osservazioni postume di Zool. Adriatica, p. 35. » » Meneghini, ibid., p. 38. Chœtopterus pergamentaceus Will, Archiv fur Naturg., I8ii, t. X, 328. » » Leuckarl, Archiv fur Nalurg. (non Cuv ). t. XV, |j. 340. » Leuckartii Qtrfg., Histoire natur des Annelés, H, p. 216. y pergamentus Kowalewsky, Entwick. d. Rippenquallen, p. VI. ' Je ne voudrais certes point faire tort à Renier, cependant je n'ose nie ranger du côté de M. Mene- ghini, lorsque ce savant relègue au rang de synonyme le nom si généralement adopté de Cliœtoplerus et le remplace par celui de Tricœlia, pour obéir aux exigences de la loi de priorité, le nom de Renier datant de 1804. Or, à celte époque, comme M. Meneghini nous l'apprend, Renier préparait un travail T>V GOLFE DE NAPLES. 70 Je ne cite ici guère colle espèce que pour rétablir le nom spécifique de Renier et de M. Meneghini, ignoré de tous les auteurs récents. Je n'ai pas eu en effet le bonheur d'examiner vivante celte magnifique Annélide, et si j'ai pu en étudier quelques individus conservés dans l'alcool, soit à Naples, soit à Genève, c'est grâce à la libéralité de mon ami M. Panceri. Cependant l'examen de ces individus me prouve sur- abondamment que l'espèce de Naples est bien la même que celle de Venise et de Trieste, localités où elle parait avoir été étudiée, non-seule- menl par Renier et M. Meneghini, niais encore par MM. Nardo et Koch. Les beaux dessins de Renier sont très-exacts. Une légère différence dans le nombre des pieds de la région antérieure n'a pas en effet l'importance qu'on pourrait être tenté de lui attribuer. M. Meneghini porte ce nombre à huit paires, mais tous les dessins de Renier en indiquent nette- ment neuf. Deux individus du golfe de Raja que j'ai sous les yeux en comptent l'un neuf paires, l'autre dix. Peut-être s'agit-il d'une différence sexuelle. Dans tous les cas, c'est la quatrième paire de pieds qui présente une armure spéciale. Je ne veux pas en dire davantage après des recherches faites sur des animaux conservés dans l'alcool. Le mémoire annoncé par M. Kowa- lewsky sur ce sujet, comblera sans doute bientôt cette lacune \ intitulé: Prodromo degli Animait ilella classe dei Vermi, ouvrage que l'auteur ne put mènera bonne lin et dont il n'imprima qu'une partie: Prospetto dei Vermi. Dans ce Prospetto fut établi le genre Tri- l'clm longtemps avant que Cuvier eût fondé son genre Chaetopterus. Mais le Prospetto imprimé île Re- nier Tut-il distribué on vendu? Je ne le pense pas, lu moins ne l'ai-je vu cité nulle part, el dans ce cas la seule inipressiim ne saurait sullîre à établir la priorité du nom de Renier. Les paroles mêmes de M. Me- neghini ne sont pas parfaite ni claires sur ce point. La Philosophia toologica île .M. van der lloeven ne renferme aucune règle décisive pour un point douteux de cette nature. En revanche, dans les Lois île lu nomenclature linlaniijiie, telles qu'elles ont été proposées par M. Alpli de Candulle au congrès des bota- nistes réuni à Paris en IS(i7, je trouve deux articles ainsi conçus: Art. il. La date d'un nom ou d'une combinaison de noms est celle de leur publication effective, c'est-à-dire d'une publicité irrévocable. Art. ii. La publication résulte de la vente ou de la distribution dans le publie d'imprimés, de planches, d'aulograpliies ou seulement d'étiquettes accompagnant les échantillons d'heibiet 1 H. Panceri m'écrit que la mucosité sécrétée par les flhétoplères est phosphorescente. C'est une con- firmation des données de Will. 80 ANNÉUDES CUETOPODF.S Genre TELEPSAVUS Gabr. Costa. (Char, em.) Uhœtopteridœ quatuor tentaeulis aliis brevibus, aliis longissimis sulcoque longitudinali i/niiitis munitœ. Corpus <■ regionibus constants duabus: omkriori depressà, suhtus convexa, pedibus swydicïbus compressis, flabeîlo setarwm unir,,; posteriori pedibus compositis instructa, romo dorsuali foliaceo ac verticali, setis simpKciibus, rame ventrali thi/>li< i un- cinis permultis a/rmato. Lorsque M.Gab. Cosla décrivit le curieux Ghétoptérien que nous allons étudier, il ne connaissait pas le genre Spiochœtopterus, établi plusieurs années auparavant par M. Sars. Sans cela, il lui eût sans doute rapporté sa trouvaille, et n'eût point formé de genre JTelepsavus*. Cependant à tout prendre, après avoir mis de côté tout ce qu'il y a de fautif dans la description de M. Cosla, il subsiste des divergences assez considérables pour permettre aux deux genres de coexister l'un à côté de l'autre. La distinction principale est la suivante: Chez les Spiocbéloptères les lobes foliacés, que nous verrons être des branchies, ne se trouvent qu'aux segments onze et douze, tandis que chez les Telepsavus ils existent à tous les segments du corps dès le onzième*. Telepsavus Costa rum s . Telepsavus xp. Gabr. Costa, ,\l re d'Italia, etc., p. 53. PI. XX, 6g. i. Corpus, longitudine 5 ad (i'""" (nbsipic toitaeulis), hititiidine l mn ,7, segmentis ultra 100, mit ire roseo-riolamnii. postire viridescens, lobo cephalico conico, oculis duobus ornato, branchiis a segmento undecimo incipientibus usque ad cauda/m ultimam persistentibus. Segmenta 11 ad 14 seriebus dorsualibus verrucarurn depressarwm granulosarumque ins- triK-fu. Tentaeula 3 cent, longâ. Tribus rit nus. armulatus. 1 Di un nuovo génère di Andliile delt'ordine ilei Tubicolarii e délia famiglia dei Chelopterini, scoperlo net mure di Napoli, dcl prof. Oronzio Gabriele Costa. — Al re ttllalia Victoria Emmanuele, omaggio rfell' Accademia Pontoniana, in-4°. Napoli, 186), p 53. * La diagnose que j'ai donnée ci-dessus ne ressemble guère ii ce que sérail celle de M. Costa, s'il venait à la formuler. Toutefois, il ne faut pas oublier que je l'établis d'après l'espèce-type de ce zoologiste. 5 L'espèce est dédiée non- seulement à M. Gabriel Cosla, fondateur du genre Telepsavus, mais encore DU GOLFE DE NAPLES. 81 Les tubes de celte espère sont très-fréquents dans la baie de Naples. On les trouve surtout en grande abondance dans le sable habité par 1rs Owenia (Àmmochares Grube). Ces tubes sont cylindriques, incolores, par- faitement diaphanes, et comme régulièrement articulés. A chaque arti- culation correspond une petite dilatation annulaire. Ces tubes résistent énergiquement à la décomposition, ce qui explique leur fréquence. Les vers sont en effet beaucoup plus rares que leurs habitations. L'animal se voit très-bien par transparence dans l'intérieur du tube, et l'on distingue en particulier facilement les deux longs tentacules sortant par l'ouver- ture antérieure du tube, et semblant palper lentement au dehors. Le lobe céphalique est conique et repose sur la partie dorsale du segment buccal. Il présente deux taches noires, sans doute oculaires. Le segment buccal est cylindrique, et son extrémité antérieure s'ouvre en large entonnoir pigmenté de violet: la bouche avec ses lèvres charnues. En dessous (1 A), ce segment présente une sorte de ceinture pigmentaire d'un violet plus intense à son bord postérieur. En dessus s'attachent les doux longs tentacules, semblables à ceux des Spiodiens'. Ils sont jaunâtres, tachetés de pigment brun de chaque côté de la gouttière ciliée qui en parcourt tout le bord interne*. Ces organes sont évidemment préhensiles. Ils contribuent aussi à la respi- ration, en aidant à entretenir un renouvellement constant de l'eau, lorsque l'animal est retiré au fond de son tube. Les neuf segments 3 suivants constituent une région à part, thoracique si l'on veut. ;'i H. Achille Costa i|ni longtemps avant son père avait reconnu dans cette Annélide un Chétoptère. (Voyez Cenm intorno aile osservazinni ;oo/«/ic//c faite durante i tremesi vemali rfi'l 1H-14, da A. Costa. — Annali il. Accid il. Aspiranli naturalisli, II, "1S marzol844.) Les tubes de ce ver auraient été [iris pré- cédemment, selon cet auteur, pour des Tabulaires. ' M. Gabriel Costa (lor. cit. p 54 ■l'ail naître ces tentacules de la face inférieure du ver, aux côtés de la bouche. Cette erreur s'explique lorsqu'on examine la figure 4 du zoologiste napolitain. Ce que l'auteur appelle « una specie di labbro inferiore, » est, en effet, le lobe céphalique. L'auteur a renversé l'animal et pris le ventre pour le dos ! M. Gabriel Costa fait courir tout le long du bord supérieur du tentacule un vaisseau qui, arrivé à l'extrémité, se bifurque pour formel' deux branches ramenant le sang en arrière. Je conteste de la ma- nière la plus positive l'existence de ces vaisseaux. "' Je ne m'accorde guère avec M. Gabriel Costa quant au nombre des segments, mais cela lient à ce que ce savant n'a point su reconnaître les limites des zoonites. C'est ainsi qu'il attribue une paire de pieds à chacun des deux premiers segments, plus une paire intermédiaire entre les deux; le troisième segment porterait trois paires de pieds, etc. Tout cela ne résiste pas à la critique. Toutefois, sur le point essentiel, le nombre des paires de pieds (9) de la région thoracique, je suis parfaitement d'accord avec M. Costa. Tome xx, i» Partie. 11 82 ANNÉLIDES CHÉTOPODES très-aplatie ou même concave en dessus, fortement convexe en dessous. Dans la pro- nation (fig. 1), on aperçoit de chaque côté du segment un amas de très-petites taches violettes, et l'œsophage apparaît par transparence d'un brun violâtre. Mais le reste de la surface est incolore. En dessous (1 A), les segments trois à sept présentent une sorte de bouclier ou de plastron violet, à raie transversale mitoyenne plus foncée. En dehors du plastron, la coloration est nulle, sauf trois taches violettes de chaque côté. Des taches semblables se voient au côté des segments neuf et dix. La surface ventrale du huitième segment (septième sétigère) est d'un rose pâle. Tout le tissu de ce seg- ment semble offrir une structure particulière. A la lumière incidente, il ne se diffé- rencie guère de ses voisins, mais à la lumière transmise, il devient entièrement opaque, tandis que les précédents et les suivants sont transparents. Chez tous les autres Chétop- tériens de la baie de Naples, on trouve au thorax un segment caractérisé par ces mêmes propriétés. Vue à un fort grossissement, la surface ventrale de ce 8 me segment est ornée d'un pavé très-régulier de carreaux en forme de parallélogramme. Les seg- ments suivants sont à peu près incolores. Tous les pieds de la région thoracique, sauf ceux du 5 me segment (4 me sétigère), sont semblables. Ce sont des palettes (1 B) triangulaires, portant un éventail oblique de nombreuses soies simples, dorées et lancéolées. La forme de ces soies se modifie un peu de l'une des extrémités de l'éventail à l'autre. A l'extrémité la plus saillante, le fer de lance de chaque soie est à peu près équilatéral ; à l'autre extrémité, l'un des côtés du fer de lance est rectiligne, l'autre fortement convexe. La série des soies pré- sente dans chaque éventail un passage graduel de l'une des formes à l'autre'. Le 5 me segment a, de chaque côté, une rame pédieuse bien plus large et bien plus courte que les rames voisines. Il ne compte qu'un très-petit nombre de soies semblables à celles que je viens de décrire. En revanche, il est armé d'une soie, gigantesque (1 D) par sa largeur, renflée à l'extrémité en une grosse massue et tronquée brusquement par une surface plane et oblique. Au ll me segment (10 me sétigère) commence la région abdominale, ' M. G. Costa (loc. cit., p. 54) mentionne déjà et figure exactement ces soies. Mais il ajoute que chaque segment en renferme une autre d'apparence très-différente, élargie et bilobée à l'extrémité et servant de soie de soutien, c'est-à-dire d'acicule. Or, cet acicule n'existe pas. Un coup d œil jeté sur la planche de M. Costa, rend vite compte de cette divergence. La figure (Costa, fig .10) est, à n'en pas dou- ter, celle du feuillet branchial bilobé que nous décrivons plus loin. Sans doule, M. Costa a rédigé son travail longtemps après avoir fait ses dessins, et, par un lapsus de mémoire, il a interprété comme une soie le dessin d'une branchie fait sur une petite échelle. M. Costa représente cependant les cils de cette blanchie, ce qui aurait dû le prémunir contre cette malencontreuse interprétation. DU GOLFE DE NAPLES. 83 caractérisée par un grand allongement des segments et des étranglements intersegmentaires très-accusés. A la partie postérieure de chaque seg- ment, au niveau par conséquent de l'étranglement, s'élèvent de très- singuliers appendices foliacés, qui doivent être considérés comme des rames pédieuses transformées et revêtues de fonctions branchiales. De chaque côté de la ligne médiane dorsale, s'élève en effet un feuillet ver- tical, étroit à sa base, mais s'élargissant au sommet pour former deux lobes très-divisés, de forme constante. En dehors de ce premier feuillet en surgit un second, réuni d'ailleurs à la base du premier par une sorte de bourrelet. Ce second feuillet s'élève verticalement, mais à une hauteur moindre que le précédent. Il se prolonge sur les côtés du segment comme un croissant membraneux et va se perdre dans la rame ventrale (1 C, b). Tous ces lobes membraneux sont minces, mais se ren- flent sur le pourtour en un bourrelet charnu, couvert de cils vibratiles. Ces cils prennent les proportions de franges très-vigoureuses dans les parties de chaque lobe qui regardent les lobes voisins. Enfin il est digne de remarque que le premier feuillet décrit ci-dessus, renferme toujours un faisceau de longues soies capillaires (a), entièrement noyé dans les tissus. L'extrémité des soies pénètre dans le lobe interne du feuillet, mais dans celui-là seulement. L'existence de ce faisceau permet, ce me semble, d'interpréter les feuillets membraneux du dos des segments comme des rames pédieuses, supérieures, modifiées. Je pense en outre qu'on doit les regarder comme remplissant des fonctions respiratoires. Elles ne renferment, il est vrai, pas de vaisseaux, puisque l'animal est entièrement dépourvu de système vasculaire. Ce seraient donc des bran- chies lymphatiques (Qtrfg.). La vigueur des franges vibratiles, propres à entretenir un courant d'eau continuel à la surface, est favorable à cette manière de voir. La plus grande partie du corps de l'animal est, il est vrai, couverte aussi de cils vibratiles, mais ce sont des cils très-courts et très-faibles, comparés aux franges énergiques des lobes foliacés. La rame pédieuse ventrale est double (1 C, b, c), c'est-à-dire divisée en deux palettes ou bourrelets très-saillants, placés l'un derrière l'autre. 84 ANNÊLIDES CHÊTOPODES Leur crête est couverte de très-petits crochets, fort nombreux, disposés en plusieurs rangées et très-semblables à ceux que je figurerai chez les Phyllochéloptères. Le dos des segments 11-14 est entièrement couvert par deux séries de mamelons, très-allongés dans le sens transversal, et d'apparence succu- lente (fig. 1, /"). Ces mamelons ont déjà été aperçus par M. Costa, mais il les représente comme existant à tous les segments de la région abdo- minale. Chaque mamelon, couvert de cils vibratiles, est formé lui-même par l'agglomération d'une foule de papilles, larges de 8 à 22 micr Ces papilles sont bourrées de petits corps sphériques incolores, larges de 4 micr. La bouche conduit directement dans un œsophage pigmenté de vio- lâtre. Il est rectiligne et inerme, bien que M. Costa lui attribue une armure complexe. Au onzième segment l'œsophage passe à une partie brunâtre et cylindrique du tube digestif, qui décrit une série de sinuo- sités (fig. 1, d; 1 A, a) dans ce segment et le suivant, pour aller s'ouvrir au treizième segment dans l'intestin hépatique. Celui-ci est beaucoup plus large, de couleur verte, teintée de brun. C'est à lui que la région posté- rieure doit sa coloration. Genre PHYLLOCH^ETOPTERUS Grube (Char, emend.). Corpus in très regiones divisum. Eq/io antica jmlilins simplicibus, compressis, flabéUo setarum simpliciim instructis prœdita ; média tamis pedwm ventrdiibus dupKcibus, uitci- nigeris, ac ronds dorsualibus, vertical dm s. foliaceis, multiloiaiis, flabell/wm setarum cap/Sir lariwn inclttdentibus insignis ; postica ramis ventralibus sicut in regione média duplicibus, nuiiisijtii tliDsiadibio ri/limhm't is si tas m irnhm s !■ union s nul ml, idilms pin dita. Lobus cephalicus miniums segmcnto buccali ïnsidcns. Tentaculorwm paria duo, inœqucdia, attero Spionidarum tentaculis simillimo, attero multo breviori acicida cupdlaria trnuissiina in- cludente. Cette diagnose s'écarte de la caractéristique primitive de M. Grube, d'abord par la suppression de quelques caractères secondaires qui me semblent n'avoir qu'une valeur spécifique et non générique, comme DU GOLFE DE NAPI.ES. 85 l'existence des taches oculaires, puis par la mention des deux grands tentacules semblables à ceux des Spiodiens et surtout A ceux des Telep- savus et des Spiochétoptères. Déjà M. Grube s'est posé la question si le Phyllockœtopterus gracilis qu'il avait trouvé à Crivizza, près de Lussin piccolOj n'avait pas perdu accidentellement ses grands tentacules. Celle question, il la résolut par la négative, parce que celte Annélide portail deux petits tentacules rudimentaires, qu'il supposa être les homologues des grands tentacules des Spiochétoptères. Toutefois cette homologie n'existe pas, et la question aurait dû être résolue en sens inverse. Les Phyllochéloptères possèdent les petits tentacules en outre des grands, et la structure des premiers est tout autre que celle des seconds. Ils offrent en particulier le caractère très-remarquable de renfermer toujours quel- ques soies capillaires, sorte de lins acicules perdus dans les chairs. Ce caractère, rare chez les Annélides, se retrouve pourtant chez les Tonio- pleris. Celle seconde paire de tentacules suffit à distinguer générique- inenl les Phyllochéloptères des Spiochétoptères, avec lesquels ils offrent d'ailleurs une tort grande ressemblance. L'existence de ces grands tenta- cules a été constatée déjà par M. kowalewsky '. Phylloch^topterds socialis. Pliyltvcliœloplerus sp. Kowalewsky, Enlwickl. der Bippeuquallen, p. vi PI. XXI, lig. I. Corpus circa 2 cent, longum. Regio antica sive thoracica e segmentis 13 (preeter seg- mentum buccal) cous/mis ; média branéhiata e segmentis 9 quorum tria anteriora brevis- sniiii, ccetera preesertim septimum octavumque longiora; postica segmentis idtra 35 ef- formatur. Celte Annélide est probablement l'espèce la plus abondant*! dans le golfe de Naples, où ses tubes juxtaposés, grisâtres, papyïacés et enche- vêtrés les uns dans les autres par leur extrémité postérieure, paraissent 1 Eiitwickelwigsyrschichle der lïippenquulkn, \>. vi. — Mé.noires de I \ endémie ™//. antica e 19 segmentais (segmente- buccali tncluso) cons- tans; régie nudin segmentis brK NAPLES. 93 Cette magnifique espèce habite des tubes cylindriques cornés, fermés en dôme à l'extrémité postérieure; le milieu de ce dôme étant percé d'une petite ouverture circulaire. Une seule fois, par l'intermédiaire de M. Mecznikow, je reçus un tube habité, renfermant deux vers femelles l'un derrière l'autre. Deux autres fois des tubes vides me furent appor- tés par les pécheurs. Ces tubes ont un diamètre de 4 à 5 mm et une lon- gueur de près d'un mètre. Le lobe céphalique est petit, arrondi, orné de taches oculaires vagues, comme celui du Phyllochétoptôre social. Il repose sur une dépression dorsale du segment buccal. Celui-ci est plus large relativement que chez les autres espèces; il se dilate en avant pour former un vaste entonnoir buccal. Les grands tentacules sont pâles et ornés de deux raies longitudinales d'un beau violet. Les tentacules courts sont à peu près inco- lores et renferment une ou deux soies aciculaires. Toute la région thoracique est jaune, très-convexe en dessous, concave en dessus; la section transversale en est, par conséquent, semi-lunaire. Elle est composée de onze segments sétigères. Les palettes pédieuses ressemblent à celles des autres espèces. Les soies, à extrémité obliquement lancéolée, sont coudées avant la dilatation terminale (1 B). La grosse soie (1 A) du 4 me segment sétigère est parfaitement,, droite, à peine sensi- blement renflée à l'extrémité. Celle-ci est tronquée obliquement par une surface con- cave, finement crénelée sur le bord. A la région moyenne, plus étroite que la précédente, commencent les doubles rames ventrales avec leurs plaques onciales en palette. Tandis que les segments de la région antérieure sont très-condensés, ceux de la région moyenne sont allongés. Chacun d'eux est plus long que celui qui le précède, si bien que le troisième égale en longueur les deux précédents, soit k peu près sept ou huit segments thoraciques. Les deux premiers portent à leur extrémité postérieure les rames foliacées verticales (branchies). Au pre- mier de ces segments, ces feuillets rappellent beaucoup ceux des espèces précédentes: le feuillet principal est bilobé, seulement celui de droite est beaucoup plus largement soudé à celui de gauche que chez les autres espèces. Au segment suivant l'appendice membraneux rappelle davantage les « poches dorsales » des Chétoptères, seulement cette « poche » est ici bilobée par une profonde division sur la ligne médiane. Cette modification intéressante du type des Phyllochétoptères permet de supposer que les poches des Chétoptères ne sont que des branchies. Le troisième segment porte déjà 'les rames dorsales, cylindriques, blanches, avec soie axiale, comme celles de la région 94 ANNÉLIDES CHÉTOPODES postérieure. Je ne classe cependant pas ce segment dans cette région, parce que soit par sa couleur, soit par sa grande longueur, soit enfin par le sillon médian de sa sur- face dorsale, et par l'étranglement qui le sépare de la région postérieure, il se rattache évidemment à la région moyenne. La région postérieure se distingue des précédentes non-seulement par ses rames dorsales cylindriques, blanches, mais encore par sa forme générale et sa coloration. Immédiatement à la suite de l'étranglement qui la sépare de la région moyenne, elle se renfle rapidement et atteint un diamètre presque égal à celui de la région antérieure ; elle s'atténue ensuite graduellement jusqu'à l'extrémité. Cette région est à peu près cylindrique. Sa couleur est d'un beau violet pourpre, très-foncé, sur lequel se déta- chent en blanchâtre les rames supérieures et les inférieures, la ligne dorsale et la ven- trale, ainsi que les intervalles des segments. La coloration violette appartient, à pro- prement parler, à l'intestin biliaire qu'on perçoit à travers la paroi semi-transparente du corps. A la base de chaque rame dorsale est une tache rose, produite par l'ovaire. Les ovules mûrs ont en effet une belle couleur rose. Fam. des STERNASPIDIENS V. Carus (Mlgr. rev.) (ANNULOSA THALASSEAUCA Délie Chiaje, pro parte.) J'ai déjà félicité M. Malmgren, dans les Prolégomènes de ce Mémoire, d'être revenu à l'opinion de Délie Chiaje, de M. de Siebold et de M. Max Mùller, qui assignaient aux Sternaspis une place parmi les Annélides. Ce sont en effet des Annélides pur sang, et je ne sais comment M. Carus et M. de Quatrefages pourraient justifier la place qu'ils ont assignée à ces vers parmi les Géphyriens. J'ai déjà dit que le dernier de ces au- teurs était retombé dans l'erreur autrefois commise par Oken et par Otto, en prenant la tète des Sternaspis pour la queue. Les recherches anato- miques de M. Krohn et de M. Max Mùller ' dont il n'a sans doute connu 1 « Jam de Sternaspide, dit M. M. Mùller, quam et ipsam multi in aostiam familiam (i. e. Thalasse- « maceorum) retulerunt, eorum sequor sentenliam, qui Sternaspidem non ad Bchiuridas vel Thalasse- DU GOLFE DE NAPLES. 95 que les titres, auraient pu l'éclairer entièrement sur ce sujet. Dans tous les cas, les Sternaspidiens sont encore plus déplacés parmi les Ecbino- dermes, où les reléguaient Otto, Meckel et Cuvier. Quant à la position à assigner aux Sternaspidiens dans la série des Annélides, elle parait fort discutable. M. Malmgren les place auprès des Phérusiens, ce qu'avait déjà fait Délie Chiaje. Bien que cette opinion ne me satisfasse pas entièrement, je m'y range, vu l'impossibilité pour moi, de faire mieux. Genre STERNASPIS Otto. Sternaspis scutata '. Mentula citeurbilacea Plancus, De Conchyl. minus nolis. Romœ CI310CCLX, p. 110; tab. V, /*, K. Echinorhynchus sculatM, vel clypeatus Rcn. Tav. per servira alla classif. degli Animali; Nov. Act. Acad. Cup. Nat., XI, 531. Titillassent!! sritlnlnm Ranzani, Memorie ili Stor. nat. I, lav. 1, 1 0-1 â. — Isis, XI, p H57. Sternaspis llialassemoïdes Olto, 1X21, Nova Acta Acad. C;es. Leopold. Nat. Cur. X, pars 2, p. 619, tab. 50. » » Rudolphi, Entozoorum Synopsis, 573. » » Cuvier, Règne animal, III, p. 215. » i> Délie Chiaje, Memorie su gli Anim. senza vert. IV, 204, tab. XLII, fig. IX, et Descrizione, III, p. 76 ; V, p. 96, lav. 43, fig. 4; tav. 94, fig. 1 à 5; et lav. 106, fig. 18. . » » Guérin-Méneville, Iconogr. du règne animal, t II; Zooph.. tab. VI, fig. 4 et 4 a. Sdireiherius Brenuii Renier' (fide Ottonis, Nova Act. Acad. Crr-s. Leop. Nat. Cur. X, p. I7X). « mac.eos pertinere, sed ad Chaetopodes exislimant, quorum in numéro de Siebold nominare sufficiat, « quum prœsertim etiatn analogia selarum analium Krohnii observationibus refutata sil, alque quem « aiiiiiu hucusque lialuierunt, ut oris orificium cognoverint » — Observ. onatom. île Vermibus quibus- tltim maritimis. Berolini, 1X52, p. 17. ' M.Malmgicn rejette le nom spécifique de thalnssemoïdes, aujourd'hui généralement accrédité, pour reprendre le nom de Stutata déjà employé par Renier et Ranzani. A proprement parler, la loi de priorité devrait taire revenir au nom de Bianchi et, dans ce cas, l'espèce de Naples porterait le nom de Sternaspis cueurbitacea. Les ligures de Bianchi sont d'ailleurs fort reconnaissables. 2 Ce nom de Schreiberius Hremiii ne m'est connu que par une citation d'Otto (Auimalium maritim. nondum editorum gênera duo, Nova Acta Acad. Cces. Cur. Nul. .V, pars 2, p. 626) laite de mémoire, ainsi que ce savant le remarque expressément. Je ne sais cependant si ce nom, cité également par Délie Chiaje, mais sans doute sur la foi d'Otlo, est bien authentique, .le suis porté à croire plutôt qu'il esl le résultat d'un défaut de copie du mémoire de Cbamisso et Eysenhardt [Nova Acta Anal Cœt. Leop. Cur. .X«/. A, p. 351), dans lequel je trouve à propos du genre Sternaspis la phrase suivante : « Secunda hujus generis species ea est cui licnkrus olim nomen Echiiiurliiiiiclii scttlali, dein Sclireibersius, lSniu sérias et Kanzianus nomen Thalassematis scutati indidere. » 96 ANNÉLIDES CHÉTOPODES Sternaspls thalassemoides Lamarck, llisl. des animaux sans vert.. V, p. 535. » » Grulie, Echinod. Act. und Wiirmer, p. 67. » » Krolin, Mùller's Archiv fur Anat. und Phys., 1842, p. i26. » » Max Mûller, Observât, anal, de Verni, quib. maritimis, 1852, p. 1, tali. I. » » Quatrefages, Histoire nalur des Annelés, l. II, p. 590. » scutiila Mlnigr. Annnlala polych Spelsh. Grœnl., etc., p. 85. PI. XXXI, fig. 9. Je n'ai disséqué que trois Slernaspis pendant mon séjour à Naples, mais ce nombre a été suffisant pour me convaincre de la parfaite exacti- tude des recherches, soit de M. Krolm, soit de M. Max Mùller. Sans insister sur les faits que ces savants ont déjà fait connaître, qu'il me soit permis d'attirer l'attention sur une particularité anatomique assez remarquable de l'appareil respiratoire. Dans la partie postérieure du corps des Sternaspis, on trouve deux houppes vasculaires, placées sous les écussons branchiaux. Ces houppes frappent les yeux dès qu'on ouvre la cavité du corps. Elles ont été dési- gnées par M. Millier sous le nom de vaisseaux branchiaux. Ces houppes ne sont point formées par des rameaux vasculaires isolés. Chaque vaisseau (fig 9, b) est au contraire accolé à un axe solide, élastique et cylindrique, dont le diamètre est a peu près égal à celui du vaisseau qu'il supporte. Cet axe (fig. 9 a), de consistance cartilagineuse, est formé par une substance finement fibrillaire, dont les fibrilles sont disposées dans le sens de la longueur. Il est entouré d'une gaine formée par de petites bandelettes obliques à l'axe. Chacune d'elles présente un gros noyau avec nucléus (c); tous ces noyaux sont placés le long de la ligne de contact du vaisseau et de l'axe solide. Le vaisseau et l'axe sont en- fermés dans une tunique musculaire commune. Celle-ci est formée moins par une gaîne continue, que par une série d'anneaux musculaires (d), indépendants les uns des autres, et de largeur variable. Je n'ai malheureusement pas poursuivi mes recherches sur la sin- gulière conformation de ces houppes vasculaires, et je n'ose hasarder d'hypothèse sur le rôle des divers éléments que je viens de décrire. D'autres combleront celle lacune. DU GOLFE DE NAPF.ES. 97 Famille des PHÉRUSIENS Grube. (CHLORËMIESS (jtrfg.J Genre STYLARIOIDES Délie Chiaje. TROPHONl\ Edw.; PHERUSA Blnv. ; L0PH10CEPHALA Costa. Pour ce genre, qui a reçu tant de noms divers , M. de Quatrefages ;i adopté celui de Pherusa Blnv. dans son Histoire naturelle des An- nelés. M. Malmgren le rejette, parce qu'il a déjà été attribué en 1815 par Leach à des crustacés, et en 181G, par Lamouroux à des polypes, et il le remplace par celui de Trophonia Edw. qui a d'ailleurs l'avan- tage de la priorité. Mais alors la justice demande qu'on fasse un pas de plus et qu'on revienne au nom de StylarioïdesD. Cl»., antérieur à celui de Trophonia 1 . Je le fais d'autant plus volontiers que Délie Chiaje a connu ces vers mieux qu'aucun de ses successeurs, et que nous lui devons des figures nombreuses et exactes, et surtout une étude anato- mique fort soignée, à laquelle il y a peu de chose à réformer. Le caractère essentiel du genre Stylarioïdes, c'est d'avoir l'appareil branchial porté par un large pédicelle membraneux, et les soies des deux premiers segments développées d'une manière exceptionnelle pour former la cage cephalique. Le corps ne sécrète pas de mucus d'une manière appréciable. M. Gabriel Costa, auquel nous devons une étude anatomique de l'es- pèce déjà disséquée par Délie Chiaje, mais qui paraît n'avoir pas connu les travaux de son prédécesseur, en a fait, sous le nom de Lophiocephala, un genre à part, parce qu'il a méconnu l'une des paires de faisceaux de soies des segments qui suivent les deux premiers. 1 Je conserve d'ailleurs le genre Trophonia en restreignant un peu ses limites, comme on le verra pins loin. Tome xx, l re Partie. 13 98 ANNfiLIDES CHETOPODES Stylarioïdes monilifer. Stylarioïdes moniliferus Délie Chiaje, Memorie, IV, p. 178, tav. LUI. Descrizione e Notomia, III, p. 75- V, p. 96; tav. 94, fig. 6, et tav. 134, fig. 5. Siphonostoma papillosum Grube, Echinod., Ad. und Wûrmer, 1840, p. 68. Lophiocephala Edwardsii Gab. Costa, Annales des Sciences natur., 1841, t. XVI, p. 276, pi. 12, fig 2. Trophonia barbata Aud. et Edw., Règne animal illustré, pi. 22, fig. I. Stylarioïdes moniliferus Qtrfg. ', spec. incert. sedis. Histoire natur. des Annelés, I, p. 487. Pherusa bnrbnla Qtrfg., Histoire natur. des Annelés, 1. 1, p. 481. PI. XXV, fig. 1 Comme figure de faciès, celle de M. Gabr. Costa (loc. cit., fig. 2) est sans contredit la meilleure. L'élude anatomique que nous devons à ce savant, est au contraire très-imparfaite. En revanche, les dessins anato- miques de Délie Chiaje sont généralement fort exacts, quoique sché- matiques, et me permettent de supprimer la plus grande partie des miens. Je me référerai souvent, dans la description qui va suivre, aux planches de ce grand anatomiste' 2 . Laçage céphalique de cette espèce est très-incomplète. Elle est formée par les soies (fig. \,f) des rames pédieuses supérieures et inférieures des deux premiers segments sétigères. Ces soies sont dirigées en avant, fort longues et an nombre de deux à quatre seulement par rame. Dans l'espace qu'elles enserrent peut saillir l'appareil céphalique rétractile. Ces deux segments sétigères sont en réalité, comme nous le verrons, le se- cond et le troisième. Le premier ou segment buccal est achète, plissé en travers et susceptible de s'invaginer dans la partie antérieure du corps. Souvent, cependant, l'appareil branchial se rétracte seul et le segment buccal reste visible sous la forme d'un entonnoir évasé, transparent (1 I). Tous les segments suivants sont armés de soies 1 Voici encore un des exemples où M. de Quatrefages fait le plus grand tort à Délie Chiaje: « Ce genre, dit-il, a été établi par Délie Chiaje pour une Annélide appartenant bien certainement à cille fa- mille, mais qui se distingue aisément de toutes les espèces précédentes par l'absence de branchies ('?)» — (Le point de doute appartient à M. de Quatrefages) Or, si M. de Quatrefages, non content d'examiner les ligures (dans lesquelles les branchies auraient d'ailleurs dû le frapper), avait recouru au texte du savant napolitain, il aurait trouvé la phrase suivante: « Ma nello stilarioïde pella disposizione rassomi- gliano le branchie ad una corona imbutiforme, essendo anche semplici e terminale ne' due tronchi lale- rali » (Descrizione, III, p. 78), ce qui est, en effet, le caractère des branchies chez les Stylarioïdes. * La description de M Grube, quoique très-concise, est fort exacte. Mais elle ne s'attache qu'à quel- ques caractères externes, et ne nous enseigne rien sur l'analomie de l'animal. DU GOLFE DE NAPLES. 99 tétrastiques, niais dépourvus de mamelons [h'mIîcux. Ces soies sont bien plus courtes que colles de la cage céphalique, et, en outre, celles des rangées dorsales sont plus Unes et plus petites que celles des rangées ventrales. Voilà pourquoi M. Costa ne les a pas aperçues. Moi-même, j'ai douté quelque temps de leur existence. Les soies de la cage céphalique sont subulées, larges de H micr., et régulièrement annelées (1 E), comme si elles étaient composées de segments superposés à l'instar d'un pédoncule d'encrinite. On peut y distinguer deux couches: l'une axiale, d'apparence fibreuse, l'autre corticale, homogène. Les soies courtes (1 D) des segments suivants ne dépas- sent pas un diamètre de 19 micr. Elles sont légèrement recourbées à l'extrémité, mais présentent d'ailleurs la même structure que les précédentes. La peau est grisâtre et offre chez les adultes la même apparence dans loule la longueur du corps qui mesure jusqu'à 18 centimètres, el compte au delà de 140 segments. Mais chez les jeunes individus (1 1), la moitié antérieure du corps est rosaire et très-évidemment striée en travers. La moitié postérieure est plus pâle, un peu moins large, et à peu près lisse. Les derniers segments sont parfois beaucoup plus étroits que les autres, et simulent un appendice caudal. La couleur grisâtre, terreuse, est due à une substance incrustante, sans doute de provenance étrangère. La peau est hérissée de nombreuses papilles, déjà connues de Délie Chiaje el de M. Costa. Elles offrent, pour l'ordinaire, la forme d'un cylindre (1 C, m), mais cette forme est due à la substance incrustante, agglutinée sans doute par une quantité de mucosité inappréciable. Lorsqu'on les en dépouille, on voit que leur forme véritable est celle d'un boulon sphérique, à l'extrémité d'un pédicule (1 C, b). Soit le pédicule, soit le boulon, sont formés de deux couches, l'une externe, homogène, qui n'est qu'un prolongement de la cuticule (c), l'autre interne, finement granuleuse. Celle-ci est en communication avec la couche sous-cuticu- laire par un pore étroit (d) qui perce la cuticule générale sous la papille. Aucun réactif n'a réussi à me faire découvrir de nucléus dans la couche granuleuse'. 1 M. Costa considère ces « tubercules cylindriques» comme vasculaires, ce qui est erroné. La belle couleur verte des vaisseaux sanguins ue pourrait pas se soustraire à l'observation dans ces organes 100 ANNÈLIDES CHËTOPODES Le segment buccal porte en avant un entonnoir membraneux, tendu sur la ligne ventrale. C'est le lobe céphalique avec le pédoncule branchial (tig. 1). Les limites entre le lobe céphalique et le segment buccal ne sont d'ailleurs point tranchées. Dans tous les cas, l'entonnoir qui nous occupe, renferme dans sa paroi dorsale le cerveau (e). Les branchies sont disposées sur tout le bord de l'entonnoir, sous la l'orme de lanières parallèles. Un sillon se prolonge de chaque espace interbranchial sur la partie supérieure de l'entonnoir membraneux. Cet appareil branchial en fer à cheval présente par suite une certaine ressemblance avec celui d'une Serpule. Toutefois, cette ressemblance n'est qu'extérieure, car le bord de l'entonnoir ne porte pas seulement une rangée de rayons bran- chiaux, mais plusieurs (trois au moins). Si l'on compte les branchies à la rangée externe, on n'en trouve guère que 28, tandis que le nombre total est d'environ 90. Chaque rayon branchial ' est couvert de cils vibratiles, sauf une bande glabre sur la ligne médiane externe. Dans l'intérieur sont deux vais- seaux, auxquels les branchies doivent leur couleur verte, tempérée d'ail- leurs par un pigment brun, qui accompagne les anses latérales (b). Les branchies ont une cuticule beaucoup plus mince et délicate que celle du pédoncule infundibuliforme. En dessous de l'appareil branchial sont deux tentacules 2 , naissant aux côtés de la bouche. Ces tentacules charnus (fig. 1, a), déjà fort bien transparents. Le même savant place au sommet de la papille une ouverture par laquelle transsuderai le mucus. Cette ouverture n'existe pas, ou, du moins, M. Costa n'a-t-il en vue que la solution de conti- nuité de la substance incrustante au sommet du cylindre, à travers laquelle on voit surgir le haut de la papille comme un dôme incolore C'est ce dôme qu'il a pris pour du mucus. La véritable papille, privée de la substance incrustante, lui est restée inconnue. 1 Les cirres de la plupart des auteurs ; les ovaires pour Otto Fr. Millier. 2 M. Fritz Millier, en revendiquant pour les branchies le rôle respiratoire que beaucoup d'auteurs ont semblé leur dénier (puisqu'ils les ont appelées des antennes ou des tentacules supérieurs), semble con- tester aussi le nom de tentacules aux deux organes que nous considérons ici (Voyez Arcliiv /'. Naturg., XXIV, 1858, p. 218). Leurs fonctions sont pourtant bien préhensiles. Au moins les cils vibratiles qui garnissent leur gouttière conduisent-ils à la bouche les particules nutritives. — M. Edwards les considère comme des branchies lymphatiques. Peut-être jouent-ils accessoirement ce rôle. Le savant académicien ignorait d'ailleurs l'existence d'un vaisseau dans leur intérieur. (Voyez Leçons sur l'anatomieet la physio- logie, tome II, p 105.) DU GOLFE l>lî NAPLES. 101 vus par Délie Chiaje, sont formés d'une partie axiale et de deux limites littéraux. Les limbes sont bien plus longs que l'axe, ce qui les oblige à se raccourcir en formant un grand nombre de replis très-caractéris- tiques. Ces replis ' sont placés de manière à transformer la face infé- rieure des tentacules en une large gouttière, couverte de cils vibra tiles (1 A). Grâce à cette organisation, les tentacules conduisent sans cesse des particules nutritives à la bouche. Dans l'axe de chaque tentacule est un vaisseau aveugle, à paroi eelluleuse et épaisse, dépourvu de ramifi- cations. La bouche est une large ouverture entre les tentacules ciliés et la lèvre inférieure, bilobée, et non ciliée. Souvent on voit saillir de l'ou- verture buccale jusqu'à trois languettes ciliées (fig. 1, b), remplies d'un réseau de vaisseaux sanguins. Elles doivent prendre part à l'ingurgita- tion des aliments. Ce sont les trois antennes de M. Costa. L'œsophage conduit dans un estomac de couleur orangée" 2 , qui se pro- longe, en avant, en un large cœcum 5 de même couleur, mais plus foncé. Le cœcum est désigné par Délie Chiaje sous le nom de «bourse biliaire aveugle'.» La couleur orangée appartient à la couche interne de l'es- tomac; l'externe est incolore. Cette disposition est rare chez les Anné- lides". L'intestin forme une grande anse qui remonte sous l'estomac, et qu'on trouve en général vide d'aliments {duodénum Délie Chiaje) '. Au delà, le trajet du tube digestif est recliligne. Ce tube est en général distendu par du sable fin, comme Délie Chiaje et M. Costa l'ont déjà remarqué. Auprès du tube digestif, la cavité générale renferme dans sa partie antérieure, trois organes qui ont échappé à M. Costa, ou ont été mal 1 Ils paraissent exister chez tous les Phêrusiens, et ne sont point un résultat de l'action de l'alcool, comme l'a cru Rathke (HeUr. z. vergl. Anat. a. Phys. — Reisebemerk. aus Skandinavien, p. 86). * Voyez Délie Chiaje, Descrizione, pi. 9i, fig. G, 7. "' lbid., fig. 6, //. * La même qu'Otto appelle vesira suctoria chez les Siphonostomes. 5 Chez les Polycirrides, les Tliysanopka Sclmidt {Ctenodrilm Clprd.) et quelques autres. 8 Délie Chiaje, lue. cit., fig. (i, i. 102 ANNÉLIDES CHÉTOPODES compris par lui, mais que Délie Chiaje a fort bien vus. C'est d'abord un boyau aveugle, d'un noir intense, tirant parfois sur le verdàlre'. Il s'étend en arrière jusqu'à l'estomac, à la paroi duquel il adhère par son extrémité aveugle. Ce tube paraît s'ouvrir en avant au plancher dorsal de la cavité buccale. C'est ce que Délie Chiaje appelle «la bourse aveugle gastro-œsophagienne. » La structure de cette glande est remar- quable. Elle est formée de deux couches. L'externe, très-épaisse, est in- colore, musculaire, riche en réseaux sanguins. La couche interne est un épilhélium d'un noir intense. Les cellules (fig. 1 G), larges de 5 à 11 micr., doivent leur couleur à une foule de granules complètement insolubles dans l'acide acétique. Sous l'influence de l'acide azotique froid, les granules dégagent lentement quelques bulles de gaz; à chaud, ils se dissolvent rapidement, et la couleur noire disparaît pour faire place à un jaune brunâtre. Les fonctions de cette glande, confondue par M. Costa avec le vaisseau dorsal, sont entièrement problématiques. C'est l'organe qu'Otto paraît avoir considéré chez les Siphonoslomes comme un se- cond œsophage. Les deux autres organes sont symétriques. Ce sont des glandes tubu- laires 2 qui s'ouvrent au dehors, près de la bouche. Elles se terminent en cul-de-sac aux côtés de l'estomac dans le 8 me segment. Ces glandes sont d'un beau blanc, grâce à de nombreuses concrétions sphériques et dures, déjà mentionnées par Délie Chiaje. Ralhke les a fort bien décrites chez son Siph. plumosum 5 . M. Kolliker ', sans connaître les observations de ses prédécesseurs, a retrouvé ces concrétions dans les mêmes glandes, chez un Siphonostome des côtes d'Ecosse, et il compare ces organes pour leur structure à des reins (de Gastéropodes). Il ajoute seulement qu'il n'a pu en obtenir de cristaux d'acide urique. En réalité, la ressem- blance avec les reins de certains mollusques est grande. La glande est 1 Délie Chiaje, lor.. cit., lig. 6, g. - Ibid., fig. 6, d. '• Reisebemerk. ans Skandinavien, p. 87. Les concrétions lui étaient aussi connues. 4 Knrz-er Benrht , etc. — Wunburger naturwisnenscliaflliche Zeitschriff, 1864 (Separat-Abdruck, P . 10). DU GOLFE DE NAPLES. 103 remplie de corps sphériques (1 F), ressemblant à des cellules, mais dans lesquels je n'ai pu découvrir de nucléus. Chacun renferme une seule concrétion sphérique ou plusieurs (diam. = 2 à 11 micr.). L'action de presque tous les réactifs a pour effet immédiat la destruc- tion de la sphère organique, dans laquelle il n'y a d'ailleurs aucune vacuole comparable au Sekrelblâschen de Meckel de Hemsbach. Quant aux concrétions, elles sont insolubles dans l'acide acétique, mais se dissolvent avec effervescence dans l'acide azotique, ce qui permet de supposer de l'oxalate de chaux'. Délie Chiaje représente faussement la chaîne nerveuse comme une bandelette à bords parallèles, sans aucun renflement. Cette fois, M. Costa a mieux vu les ganglions et les a mieux figurés. Je trouve (1 "H) le cer- veau oblong, relativement petit, et les connectifs œsophagiens longs et grêles. Le premier ganglion de la chaîne ventrale est trois fois aussi long que large, épaté en avant, atténué en arrière. Les suivants sont plus petits et ovoïdes. Dans tous, les cellules nerveuses occupent les parties latérales. Les connectifs interganglionnaires sont étroitement soudés l'un à l'autre. De chaque ganglion naissent trois paires de nerfs. D'après M. Costa, le système vasculaire s'écarterait beaucoup de ce- lui des autres Annélides céphalobranches, étudiées par M. Edwards. Les différences me paraissent minimes ou nulles. Le vaisseau dorsal et le vaisseau ventral sont simples tous deux et suivent le cours habituel chez les espèces à intestin non rectiligne. Les anses latérales de chaque segment offrent la particularité de ne pas naître du vaisseau ventral exactement au même niveau du côté droit et du côté gauche. L'intestin 1 Délie Chiaje a donné à ces deux glandes excrémentitielles, malgré leur structure, le nom de vési- cules contractiles. Il les considérait comme un appareil accessoire de la respiration. M. Costa les passe sous silence, bien que je croie reconnaître l'une d'elles dans une de ses figures. — Nous verrons plus loin, en parlant des Amphicténiens, <|ue ces glandes doivent être considérées comme des organi s segmen- taires. Je n'ai pas reconnu en elles, il est vrai, la forme typique de ces organes, mais je ne doute pas qu'on ne finisse par la constater. Itéjà Rathke, chez la Troplwnia plumosa (Amphitrite plumosa Huiler; Siphonostomum plumosum Rathke), a constaté dans celte glande l'existence d'une cloison longitudinale, la parlageanl en deux moitiés. Je pense que celle observation (dont l'exactitude semble, il est vrai, contestée par M. Kôlliker] est très-juste. Elle établirait une conformité entière avec les organes segmentant des Ampliicléniens et des Térébelliens. 104 ANNÉL1DES CHÉTOPODES est accompagné de deux vaisseaux enlériques inférieurs juxtaposés. Délie Chiaje n'en figure à tort qu'un seul. Les organes générateurs sont intimement liés à l'appareil vasculaire. Délie Chiaje les a étudiés au moment du repos fonctionnel, et il repré- sente les ovaires' comme quatre petites glandes piriformes et granu- leuses, situées par paires aux côtés de l'estomac, et réunies au vaisseau ventral par des pédoncules vasculaires. C'est parfaitement juste. Le pédoncule de chaque glande est un vaisseau large de 17 micr., qui se continue dans l'axe de la glande et se termine en cœcum à l'extrémité opposée. Ce vaisseau axial donne naissance à une multitude de ramifi- cations aveugles et contractiles, qui forment une grappe vasculaire verte, très-élégante. Les rameaux sont réunis en une seule masse par une trame cellulaire, dans laquelle sont disséminés quelques petits ovules. A l'époque de la maturité sexuelle, les quatre ovaires se déve- loppent énormément, prennent une couleur brunâtre, qui est celle des œufs mûrs, et enveloppent complètement l'estomac et une partie de l'intestin. C'est l'état dans lequel ils ont été vus par M. Costa. Les Stylarioïdes ne sont point hermaphrodites comme le pense M. Costa. Chez les mâles, les testicules sont attachés au même point du vaisseau ventral que les ovaires chez les femelles, mais il n'y en a qu'une seule paire. Ce sont deux bandes, longues de 20 à 2o mm , et larges de l mm à 1,5. L'axe est occupé par un vaisseau, duquel naissent des cen- taines et même plus d'un millier de cœcum renflés en ampoule â l'ex- trémité. Tous ces vaisseaux sont animés de pulsations rhythmiques. La couleur verte du sang est en partie masquée par des granulations brunes, placées dans la paroi des vaisseaux. Les régimes de zoospermes se développent entre les cœcum. La cavité périviscérale est divisée en deux parties par une cloison verticale, placée à peu près à la fin du premier tiers de la longueur totale de l'animal. Une cloison toute semblable existe chez le Siphonos- tomum diplochaïtos, où elle a déjà été fort bien vue par Otto. ' Luc. cit., fig. 6. DU GOLFE DE NAPLES. 105 Genre TROPHONIA Aud. et Edw. (sensu str.) Syn. PBERUSA Dluv. Ce genre Trophonia, soit Pherusa, comme la plupart des auteurs l'ont entendu, renferme des types assez divers. Aussi, après en avoir séparé les Stylarioïdes Délie Chiaje, voyons-nous rester un certain nombre d'espèces qui ne sont point absorbées par le genre Stylarioïdes, et pour lesquelles il me semble convenable de conserver le nom de Trophonia. Le genre ainsi restreint ' renferme des animaux dont le faciès est tout autre que celui des Stylarioïdes. Ceux-ci sont des vers nus, à soies fort petites, tellement qu'on peut au premier abord les croire absentes, sauf dans les deux premiers segments, où elles prennent des propor- tions colossales, et forment la cage cépbalique. Cbez les Tropbonies, au contraire, les soies sont bien développées, et celles du faisceau supé- rieur, filiformes, se redressent sur le dos pour former une véritable forêt de poils. Dans les segments antérieurs, les soies s'allongent quel- que peu, et se dirigent en avant, de manière à former une sorte de cage cépbalique. Toutefois cette cage n'est point clairement délimitée comme chez les Stylarioïdes, et il n'est point possible de dire que les segments antérieurs soient armés d'une manière particulière. Tkophonia ep.uca. PI. XXV, fig. 2. Corpus longitttdme 3 oent ,5, loMtudme 3 mm , hispidum, aremdis incrustatum, papillis cu- taneis antrorswm widigue sparsis, posteriora versus in pedibus tcmtwm ocewrentibus. Anus inter tubercula quatuor ciliuta situs. 1 Je ne me dissimule pas que l'espèce-type d'Audouin et Milne Edwards (Trophonia barbala) ne reste plus le type du genre tel que je le comprends ici, car elle est identique au Slijliarioïdes monilifer. Cette espèce exclue forcément du genre Trophonia, je pense pouvoir néanmoins conserver cette dénomination pour des espèces qu'on a classées généralement dans le même genre, lors même que la définition restreinte de ce genre ne puisse désormais plus s'appliquer à la Trophonia barbota. Tome xx, l re Partie. 14 106 ANNÊLIDES CHÉTOPODES Je ne saurais mieux comparer le faciès de ce ver qu'à celui d'une chenille de Bombycide à poils hérissés. Cette apparence est due aux soies du faisceau supérieur, qui sont normalement dressées sur le dos. La peau est incrustée de petites pierres, abondantes surtout à la face tergale'. Malgré ces différences dans le faciès, si grandes qu'on ne se douterait guère avoir à faire à des vers de la même famille, la T. Eruca est par toute son organisation très-proche voisine des Stylarioïdes. L'appareil branchial forme un fer à cheval, ouvert au côté ventral. Chaque moitié de cet appareil ne porte qu'une douzaine de rayons semblables à ceux des Stylarioïdes. Il n'est porté par aucun pédoncule appréciable. En dessous, insérés auprès de la bou- che, sont les deux tentacules ciliés, à gouttière ventrale, épais et médiocrement longs. Dans toute la longueur du corps, les rames pédieuses (fig. 2) sont représentées par deux éminences, très-distantes l'une de l'autre, de chaque côté de chaque segment. La rame supérieure porte un faisceau de soies simples, annelées, pointues à l'extrémité, comme chez la plupart des autres Phérusiens. Les soies de la rame ventrale sont beaucoup plus robustes (2 B), plus courtes et terminées par un crochet unirostre, avec une dent ou aiguille sous-rostrale. Elles sont d'ailleurs annelées et striées en tra- vers. En outre, chaque pied renferme huit à dix acicules, très-larges à la base, à pointe acérée (2 G). Le corps est couvert de papilles cylindriques (2 A) ; quelques-unes d'entre elles, plus longues que les autres, forment sur le ventre trois lignes longitudinales, l'une médiane, les autres latérales. Dans la région postérieure, les papilles sont plus rares et restreintes aux rames pédieuses. D'ailleurs leur organisation rappelle celle des pa- pilles homologues chez les Stylarioïdes. Leur apparence cylindrique tient à une ma- tière incrustante, ferme, laissant percer seulement le sommet de la véritable papille, comme un dôme incolore (2 A, a). Celle-ci est un bouton sphérique à long pédicule, avec substance centrale granuleuse (b). L'appareil digestif est semblable à celui du Si. monilifer, seulement 1 La collection du Muséum de Paris possède, conservé dans l'alcool, un Phérusien à corps rugueux, que M. de Quatrefages a baptisé du nom de Pherusa incrustât a. Serait-ce peut-être la môme espèce? La courte diagnose que donne M. de Quatrefages devrait pourtant être contredite à chaque mot, si j'acceptais l'identité spécifique des individus en question. Mais ce n'est pas une raison pour que cette identité n'existe pas. L'avenir nous montrera peut être que la Pli. incrustait n'est que la variété alcoolique delà Tr. Eruca, DU GOLFE DE NAPLES. 107 l'estomac est d'un rouge brun intense, et son cœcum antérieur est beau- coup plus long. Les ovaires et leur grappe vasculaire n'ont rien de spécial, si ce n'est la couleur brun-rougeàtre des œufs, qui, sous l'in- fluence de l'acide acétique, passe à l'orangé. Les ovaires, à l'époque de la maturité, enveloppent complètement l'estomac. La glande noire impaire et les deux glandes excrémenlitielles à con- crétions blanches, sont semblables aux organes homologues des Styla- rioïdes, et se comportent de la même manière qu'eux à l'égard des ré- actifs. Genre SIPHONOSTOMA Otto*. Syn. FLABELUGERA Sars, Mlmgr. *; CHLORAEMA Duj., Qtrfg. On est généralement d'accord pour reconnaître les Ghlorèmes de Du- jardin comme synonymes des Siphonoslomes d'Otto. Toutefois M. de Quatrefages vient de maintenir les deux genres l'un à côté de l'autre, en maltraitant, il est vrai, le genre Siphonostome d'une manière qui équivaut à le bannir de la science. En effet, il admet que les Siphonos- tomes se distinguent des Ghlorèmes par l'absence des papilles de la peau 1 Otto écrivait Sipltostoma, mais j'adopte l'orthographe Siphotwstoma , comme plus correcte. 4 M. Malmgren (Annulata polyctueta, etc., p. 83) rejette le nom de Sipltostoma Otto, parce qu'il a été employé déjà précédemment pour un genre de poissons. 11 le remplace par celui de Flubelligera Sars, qui date de 1829. M. Malmgren, je le sais, ne fait en cela qu'obéir aux principes de la Philosophia holanka : « Nomen genericum unum idemque, disait Linnée, ad diversa designanda gênera assumtum, altero loco s excludendum erit i> (PMI. botan., Ed. IV, Sprengel, § 217, p. 259). Je ne pense cependant pas devoir le suivre dans cette voie. Le nombre des genres homonymes est devenu si considérable que la plupart des zoologistes jugent opportun de se départir de la règle établie par le législateur Suédois. On ne rejette aujourd'hui un homonyme que lorsque d'autres raisons militent contre lui, en outre de l'homonymie; pourvu, du moins, que les deux genres homonymes n'appartiennent pas à un seul et même embranche- ment. Il convient d'éviter les homonymes autant que possible, mais les extirper partout où ils se présen- tent bouleverserait la science. J'ai moi-même suivi un certain temps le principe de Linné aussi stricte- ment que M. Malmgren. C'est ainsi que j'ai rejeté par la seule raison d'homonymie le nom iVErvilia, formé par Uujardin pour un genre d'infusoires ciliés, et que je l'ai remplacé par celui d'Aegyria Clprd. Lachm. Plus tard, M. Stein n'a pas trouvé ce remplacement amplement justifié, et il a reconnu la priorité du nom Ervilia Dujardin. Je pense aujourd'hui, tout bien considéré, que M. Stein a eu raison. Je fais comme lui, et je conserve la dénomination Siphunosloma Otto, d'ailleurs consacrée par l'usage. 108 ANNÉLIDES CHÊTOPODES et du mucus. Or c'est entièrement inexact. La description de l'espèce- type par Otto est, il est vrai, en partie insuffisante, mais le fait que ce zoologiste pécha son ver dans le golfe de Naples et insiste sur son extrême transparence, sans parler de nombreux autres détails, n'a jamais laissé de doute sur son identification. Il n'est d'ailleurs point vrai que le mémoire d'Otto soit obscur 1 comme le pense M. de Quatrefages. Ce travail et celui de M. Max Millier sont au contraire les meilleurs que nous possédions sur le genre Siphonostoma. Otto a même connu cer- tains détails d'organisation qui ont échappé à tous les auteurs plus récents, sauf Délie Chiaje. Quant à la mucosité, elle a été vue et décrite par lui. Tout lecteur impartial devra le reconnaître; seulement Otto considère cette mucosité comme formant une couche de la peau : « Integumenta communia, dit-il, duabus constant lamellis, quarum « exterior s. vera cutis, tenera, pellucida, sed respecta tenuitatis salis « firma, interior vero, seu peritomeum, multo adhuc tenuior et subti- « lissima, laxe lantum priori adhœret*. » Pour les douleurs incorrigibles qui hésiteraient encore à voir dans la cutis vera tenera la couche de mucus, et dans la lamella interna, sive peritonœum les véritables téguments, je recommanderai l'examen de la figure 4 d'Otto et de l'explication qui l'accompagne. La couche désignée dans cette bonne figure sous le nom de cutis externa, est le mucus, celle désignée sous celui de cutis interna, la paroi du corps Les deux couches sont en effet traversées par les soies, et la première présente une épais- seur qu'on ne trouvera dans la paroi somatique d'aucune Annélide, sur- tout d'aucun Siphonostome, mais qui est parfaitement exacte dès qu'il s'agit de la couche de mucus. Déjà Délie Chiaje, dont M. de Quatrefages ignore, il est vrai, les des- criptions et les nombreux dessins, Délie Chiaje dis-je, n'a jamais éprouvé de difficulté dans sa détermination. Les observateurs postérieurs sont 1 Plusieurs de ses dessins sont pourtant excellents. 8 Animalium mantimoriim nondum editorum gênera duo. De Sternaspide et Siplionostomate. Vratislaviœ, 1820. DU GOLFE DE NAPLES. 109 dans le même cas, et tous ont vu le mucus et les papilles 1 . Le nom de Chlorœma doit donc rester au rang de synonyme. SIPHONOSTOMA DIPLOCHAÏTOS. Siphonostoma diplochaïtos Otto, De Sternaspide et Siphostomate. Loc. cit. » » Blnv., Dict. des Sciences natur., t. LVII, p. 494, t. II, p. 21. h » Cuvier, Régne animal, t. III, p. 196. » » Guérin, Iconographie du règne animal de Cuvier. Annélides, pi. III, lig. 2. Figure copiée d'Otto Chlorœma Edwardsii Duj., Ann des Sciences natur., 2 rae série, XI, "298, pi. VIII, 4. Siphonnstuma diplochattos Délie Chiaje ', Descrizione, III, p. 74, 98 etsuiv. ; V, p 96; II, p. 75, tav. 99, fig. 8; tav. 100, fig. 6; tav. 109, fig. 1-5. » » Gah. Costa, Ann. des Sciences natur., 1841, XVI, p. 272, pi. 12, fig. 1. » » Edwards, Règne animal illustré, Annélides, pi. V, fig. 3 (copié d'après Otto). ? Siphonostoma uncinata Edwards, Règne animal illustré, pi. VII, fig. 4. » diplochaïtus Max Millier, Observationes anatomicœ, p. 7. Siphonoslomum diplochaïtus Grube, Familien der Anneliden, p. 72. » Edwarsii Grube, Familien der Anneliden, p. 72. Chlorœma Edwardsii Qtrl'g. ; Chlorœma dubium Qtrfg. ; Siphostoma diplochaïtum Qtrfg. ; S. uncinulum Qtrfg., Hist. natur. des Annelés, I, p. 475-478. PI. XXV. Bg. 3. Cette espèce est aujourd'hui fort bien connue, grâce au beau travail anatomique que lui a consacré M. Max Mùller, et que M. de Quatre- fages passe entièrement sous silence dans son Histoire naturelle des Annelés*. Il me sera donc permis d'être concis et de me borner à quel- 1 Toute cette question dej Chlorèmes et des Siphonostomes est restée pour M. de Quatrefages enve- loppée d'un nuage; de la maintes contradictions dans son ouvrage. Ainsi le S. diplochattos d'Otto a été étudié anatomiquement par M. G. Costa, qui a vu le mucus et les papilles. M. de Quatrefages en conclut que M. Costa n'a pas étudié le véritable Siphonostoma diplochaïtus, mais bien un Cldorème qu'il introduit dans la science sous le nom de C'iloraema dubium Qtrfg. Histoire naturelle des Annelés, tome I, p. 475). Cela ne l'empêche pas, deux pages plus loin {Ibid., p. 178), de citer le à', diplochaïtos Costa (avec renvoi au même texte et aux mêmes figures) parmi les synonymes du .S. diplochaïtos Otto. 4 M. Schmarda (Neue wirbellose Thiere, p. 20) dit que les plus anciennes descriptions et figures de Siphonostomes sont celles de Délie Chiaje (Memorie, IV, p. 178), bien que ce savant se soit refusé à leur assimilation aux Siphonostomes. Délie Chiaje n'avait pas si tort, car il s'agit de ses Stylarioïdes qu il comprenait être génériquement distincts des Siphonostomes. Cela est si vrai que dans sa Desc-izione il sait fort bien employer le nom de Siphonoslomum diplochaïtos pour le véritable Sipbonostome d'Otto. 3 Le Mémoire de M. Millier n'était point inconnu à M. d e Quatrefages ; il le cite dans la bibliographie imprimée à la fin de son volume. En revanche, lorsqu'il s'agit des Pbérusiens, il en ignore totalement l'existence. Le zoologiste français aurait cependant pu améliorer beaucoup ses généralités de la famille des Chlorémiens en tenant compte des travaux de M. Max Millier. 110 ANNÉLIDES CHÉTOPODES ques remarques historiques, ainsi qu'à un petit nombre de rectifications anatomiques. Une partie des figures de Délie Chiaje, restées ensevelies dans l'oubli, sont d'entre les meilleures publiées jusqu'ici. Les recberches anato- miques de ce zoologiste, sans pénétrer aussi avant dans les détails que celles de M. Max Mùller, renferment peu d'inexactitudes. Je représente l'extrémité antérieure du ver, vue en pronation (fig. 3) et en supination (5 A), pour remédier aux figures de quelques auteurs récents, qui ont été exécutées d'après des Chlorémiens comprimés. Remarquons que le segment porteur des deux éventails de soies qui forment la cage céphalique, reçoit ses nerfs du premier ganglion de la chaîne ventrale. Chaque éventail compte plus d'une centaine de soies, et chaque moitié de l'appareil respiratoire inclus plus de quarante filets branchiaux. Les deux glandes tubulaires (fig. 56), que Délie Chiaje appelle «vési- cules contractiles,» sont aussi figurées par M. Max Mùller. Cet anato- miste, suivant l'exemple de M. Leuckart, combat l'opinion d'Otto, Rathke, etc., qui prétendent voir dans ces organes des glandes sali- vaires. Cette opinion, insoutenable aujourd'hui, est encore représentée par M. de Quatrefages (Annelés, I, p. 471). Et pourtant M. Mùller montre déjà, comme Délie Chiaje, que ces organes ne s'ouvrent point dans la bouche, mais se prolongent au delà du cerveau, jusqu'à la base des branchies. Il a vu également les concrétions qu'ils renferment, mais il les interprète à tort comme des nucléus de cellules. Une grave erreur a cependant été commise par M. Max Mùller à l'instar de M. Gabr. Costa ', erreur à laquelle Délie Chiaje est le seul à avoir échappé jusqu'ici. Le S. diplochaïtos renferme dans sa région antérieure ce même boyau impair de couleur noir verdâtre (fig. 3, a) que nous avons décrit chez les Stylarioïdes et les Trophonies, boyau que Délie Chiaje a connu sous le nom de « bourse gastro-œsophagienne, » ' Rathke a commis la même erreur pour la Troplwniu plumosa. nU GOLFE DE NAPLES. 111 et qu'Otto avait pris pour un « second œsophage '. » Je reconnais à n'en pas douter cet organe dans le gros vaisseau aveugle que M. Millier décrit comme placé sur l'œsophage et adhérant par son extrémité aveugle à l'estomac. L'erreur dans laquelle ce savant est tombé ainsi que M. G. Costa, s'explique par la couleur de la glande qui se rapproche de celle des vaisseaux sauguins, tout en étant bien plus foncée. Les éléments histologiques de cet organe sont semblables à ceux que j'ai décrits chez le Stylarioïde monilifère. Les rapports des ovaires avec le vaisseau ventral ont déjà été connus de Délie Chiaje, comme aussi plus tard de M. Max Mùller. Les singulières papilles disséminées dans la mucosité ont été vues et figurées par tous, mais interprétées de manières bien différentes. Du- jardin en faisait les glandes qui sécrètent la mucosité. Délie Chiaje y vit des parasites pédicellés qu'il décrivit sous le nom d'animalcules botryoïdes. M. Leuckart crut y voir pénétrer des vaisseaux sanguins, dont M. Mùller nia avec raison l'existence, tout en reconnaissant à ces organes la pro- priété de sécréter le mucus. M. Costa les appelle des glandes conglobées, M. de Qualrefages des poils. Mais celui qui a le mieux vu et à mon avis le mieux compris ces organes, c'est M. Kôlliker \ Il les décrit comme des papilles du toucher de taille colossale. Mes observations sur ce sujet sont une confirmation complète des siennes. Chez le S. diplochaïtum, les papilles sont toutes longuement pédicel- lées, mais pourtant de deux formes bien distinctes. Les unes (5 C) sont restreintes exclusivement aux rames pédieuses, et s'accolent aux soies comme des plantes grimpantes au tronc d'un arbre. Les autres (3 D) sont disséminées sur toute la surface du corps. Dans les premières, le 1 Otto, dans la description de son aller œsophmjus qui lui a valu tant de critiques, avait en somme bien mieux vu que ses successeurs Dujardin, Costa, Huiler, Quatrefages etc. Seul Délie Chiaje a saisi cette organisation mieux que lui. Otto mentionne deux ouvertures placées l'une auprès de l'autre au lobe céphalique. Elles existent réellement. 11 décrit ensuite deux tubes mettant en communication ces ouvertures avec l'estomac ; l'un incolore est l'œsophage, l'autre est la glande tubulaire noire : «Alter vero œsophagus, dit-il, semper materia brunnea uti latus canalis intestinalis repletus fuit.» Cette méprise est excusable en ce sens que l'extrémité aveugle de la glande noire est intimement unie à la paroi stomacale. * Kurzer Berichl, etc. — Wiirzb. naturw Zeitsclt., Band V (Separal-Abdruck, p. 17). 112 ANNÉLIDES CHÉTOPODES pédoncule se dilate en une massue très-allongée qui s'atténue à l'extré- mité et se termine par une sorte de renflement hérissé de soies sem- blables aux soies tactiles des autres Annélides. Le pédoncule est formé d'une enveloppe cuticulairc et d'une couche axiale granuleuse, distri- buée en fibres longitudinales, mal accusées. L'acide acétique y révèle de nombreux nucléus elliptiques (3 E), dont le grand axe est parallèle à l'axe du pédoncule. La base de la massue est remplie de masses globu- leuses, finement granuleuses, qui ne présentent aucune structure cellu- laire. Au delà, la substance centrale reprend son arrangement vague en fibres, et aboutit dans le bouton terminal à plusieurs corps piriformes, de couleur jaune soufre (c). Quelques autres corpuscules jaunes, sou- vent irréguliers, sont disséminés dans le reste de la massue. Dans les papilles de la seconde espèce, la massue est beaucoup plus large, plus courte et remplie de masses finement granuleuses, bien plus grosses que les corpuscules décrits plus haut. L'extrémité des papilles de cette seconde forme n'est jamais terminée par des soies tactiles. — Chez une autre espèce de Siphonostome du golfe de Naples, dont la mucosité est en général souillée de substances étrangères, mais dont je n'ai pu faire une étude suffisante, à cause de sa rareté relative, les papilles ont une forme un peu différente. Leur pédoncule se renfle en une sphère très-régulière, surmontée d'un appendice cylindrique. Leur organisation est du reste la môme 1 . Entre les papilles et la mucosité au sein de laquelle elles sont plon- gées, il subsiste toujours une mince couche d'eau (3 C, e), couche, qui existe également autour des soies (3 B, a). Le grand développement de ces papilles du tact me semble en rapport évident avec la quantité de mucus sécrétée par la surface de l'animal. Grâce à cette épaisse couche protectrice, très-molle, l'animal serait inaccessible aux sensations tactiles, si les papilles n'allaient pas jusqu'à la périphérie du mucus chercher le contact médiat ou immédiat des corps extérieurs. Aucun vaisseau ne 1 M. de Quatrefages décrit dans les « poils » des Chlorémiens des cloisons cellulaires Je n'ai rien vu de semblable cbez les Sipbonostomes du golfe de Naples. DU GOLFE DE NAPLES. 113 pénètre dans les papilles. Chez les individus de grande taille, le mucus prend dans la région postérieure du corps, une teinte d'un liel azur. Celte couleur est due à un dépôt de granulations bleues dans les pa- pilles. Famille des AMPHICTÉNIENS Grube (Carus '). Genre PECTINARIA Lamarck (Mlmgr. rev.) M. Malmgren a restreint le genre Pectinaria aux espèces qui ont le bord du plan céphalique charnu entier (inleger), et dont le tube est en- tièrement droit. La Pectinaria belgica (Amphitrite belgica Pallas) est le type du genre ainsi conçu. J'entre dans la manière de voir de M. Malm- gren, bien que les différences entre le genre Pectinaria et le genre Am- phictène me semblent d'ordre très-secondaire. Pectinaria neapolitana. Amphitrite auricoma Délie Chinje, Memorie, tav. LXXXV1II. — Descrizione, lav, XXXIX, fig. 5-7 elfig. 10. Pectinaria auricoma belle Chiaje, Descrizione, III, p. 74. Ibid., V, p. 95. PI. XXVIII, fig. 1. Corjms sjurimiiiitm uitifxrontm longitudine 12-30 mm , 1iitifiidiiico-7 mm ,cariiei)-/)iiïïid>ini, tubo arenaeeo, 20-4^ m longo. Scapha amaiis postice tnmcata, in appendicem membrano- sniii valde contractUem margwe papiUoso desinens, paria cirrorum lateralium cylindrico- rum, brevissimorwm tria prcébens. Undni pectiviformcs, dent Uns sitl/aqiialihiis. parti- pos- teriore dentioidis minimis armata. Cette Pectinaire est extrêmement voisine de la P. belgica Lam. (Am- phitrite belgica Pallas), et je l'aurais décrite sous ce nom, si M. Malm- gren ne figurait, pour la véritable P. belgica, des plaques onciales difïe- 1 M. Malmgren indique le nom i'Amphicténiens comme dû à Savigny. Toulefois il doit y avoir erreur à cet égard, puisque Savigny classait les Amphiclènes parmi ses Amphitritiens. Tome xx, l re Partie. 15 114 ANNELIDES CHÉTOPODES rentes de celles de l'espèce napolitaine. Le savant Finlandais a montré que dans toute la famille des Amphicténiens, ces plaques sont extrême- ment caractéristiques, et cette différence mérite par conséquent d'être prise en considération '. Nous n'avons d'ailleurs sur la P. belgica aucun travail correspondant aux exigences modernes. La forme de la scaphe et celle de ses appendices sont inconnues. Il n'est donc pas improbable qu'une étude plus approfondie montre bien d'autres différences entre l'espèce du Nord et celle de la Méditerranée. Les variations de taille chez cette espèce sont fort remarquables, la grandeur des individus mûrs des deux sexes variant du simple au double et davantage. Cette différence est surtout frappante dans les tubes, car par suite de leur forme régulièrement conique, l'ouverture d'un tube deux fois plus long qu'un autre offre une surface quatre fois plus étendue que celle de l'ouverture de ce dernier. La longueur moyenne est de 15 mra environ, et l'on peut estimer approximativement, que pour trente individus, dont la taille varie entre 12 et 20 m m, on en obtient tout au plus un dont la longueur atteint 25 à 50 m,u . Le limbe du plan céphalique charnu est entier, sans aucune trace de dentelures. Les palées (palmiilœ Pallas), au brillant éclat métallique, sont très-inconstantes quant au nombre. On en compte de 7 à 14 par éventail chez les individus mûrs. Elles jouent le rôle d'organes préhen- siles. Chez les Pectinaires captives, on s'assure facilement que l'animal sort de temps à autre en partie de son tube, pour harponner et tirer à lui les objets voisins à l'aide de ces palées. La manière dont se comportent les Pectinaires en captivité a d'ailleurs été décrite d'une manière si exacte par Pallas 2 , qu'il est inutile d'entrer ici dans des détails à ce sujet. 1 .M Malmgren fait même l'entrer les petits détails de dentelure îles crochets dans la caractéristique des genres. Ainsi par ses crochets la Peetmaria neapolitana devrait rentrer dans le genre Cistenides Mlnigr. ; mais par son tube non courbé elle rentre dans le genre Peclinaire Créer un nouveau genre pour ce cas intermédiaire me semble superflu, .le pense bien plutôt que les genres de M. Malnigren sont quelque peu artificiels et ont tout au plus une valeur de sous-genres. 5 Miscelknea soologiea. Hagae comitum 1766, p. 124 et suiv., et Dierkundiy Menijelwerk verlauld en met Aanmerkinyen voorzien duor /'. oddaert, IV Stuk, bevat tende de Zeeduizendheenen en Zeejiissebedden. Uirecht, 1769, p. U et 15. DU GOLFE. DE NAPLES. 115 Le voile céphalique que M. de Quatrefages considère comme une an- tenne transformée, est frangé sur le bord. Sa structure singulière est assez complexe. Il est formé d'une série de couches membraneuses. La couche médiane est réticulée ou alvéolaire, les limites des alvéoles (1 \,a) étant formées par une substance assez réfringente qui se prolonge en une série de petites lanières, inclinées sur le plan du voile. Cette substance que j'aurais crue au premier abord fort résistante, se détruit avec la plus grande facilité, et a complètement disparu dans les préparations que j'ai conservées du voile des Pcctinaires. Les alvéoles sont remplis d'une substance homogène, gélatineuse, renfermant parfois de larges boules incolores. Sur cette couche médiane repose tout un réseau très- complexe de libres granuleuses (1 1,6), larges de 3 a 11 micr., dont les dernières ramifications sont fines et homogènes. Bien que ces fibres diffèrent notablement de l'apparence normale des fibres nerveuses des autres Aunélides, j'incline pourtant à les considérer comme étant de nature nerveuse. Cette opinion ne repose pas seulement sur la forme du réseau du voile, mais encore sur le fait qu'un faisceau de quatre ou cinq fibres, provenant de ce réseau, pénètre dans chacune des franges du bord. Or ces organes sont de nature vraisemblablement tactile. En- fin le voile est tapissé de chaque côté d'une couche hypodermique pleine de nucléus, et d'une cuticule fort mince. Les deux antennes filiformes (antennulœ minores Pallas) sont placées cà droite et à gauche du voile, et parfaitement semblables aux cirres tentaculaires du second segment (antennulœ majores Pallas). Ces quatre appendices renferment chacun un vaisseau contractile aveugle, comme les tentacules des Spiodiens et des Phérusiens. Les six premiers segments du corps sont extrêmement courts et condensés, et pour- raient être considérés comme une région à part. Le 3 me , le 4 me , le 5 me et le 6 me se distinguent par l'existence d'écussons ventraux. Le premier ou segment buccal porte de chaque côté de la bouche un faisceau de tentacules en nombre très-variable. Le second présente sur sa partie externe une paire de cirres tentaculaires renfermant 116 ANNÉLIDES CHÉTOPODES chacun un vaisseau, dont je viens déjà de parler'. Le 3 mo et le 4 rae sont branchifères ; ce dernier est muni, en outre, sur la face ventrale de deux dents charnues, ou papilles de couleur jaune, l'une à droite, l'autre à gauche de l'écusson médian. Le cinquième et le sixième ont un faisceau de soies dorsal, mais pas encore de crochets ventraux. Ceux-ci se montrent dès le septième segment qu'on peut, par conséquent, considérer avec M. de Quatrefages, comme le premier segment abdominal. A partir de ce point les rames pédieuses prennent une forme de croissant, concaves en avant, convexes en arrière. Les crochets y sont distribués en une longue rangée (comprenant jusqu'à cent cinquante ou même deux cents crochets). Comme chez tous les Amphicténiens, le nombre des segments sétigères est de dix-sept. Les tentacules buccaux fort contractiles, ne renferment pas d'anse vasculaire, et Rathke s'est décidément trompé lorsqu'il en mentionnait une dans les tentacules de Y Amphictene auricoma. Leur forme est celle d'un ruban, un peu plus épais sur la ligne médiane que sur les bords, et plié suivant cette ligne médiane, de manière à former une gouttière. La figure L G représente une coupe d'un de ces tentacules. La face con- cave seule est couverte de cils vibratiles; la face dorsale porte des soies tactiles, rares et courtes. Chaque tentacule est creux, renfermant un prolongement de la cavité périviscérale (1 F, c); la paroi dorsale est beaucoup plus mince que la paroi ventrale ou concave. On peut y dis- tinguer, surtout à l'aide de l'acide acétique, les couches suivantes : Une mince cuticule; une couche de fibres musculaires transversales (1 H, a); enfin une couche de fibres musculaires longitudinales (1 H, 6). Les deux couches musculaires n'ont aucune ressemblance entre elles. La première est formée de fibres extrêmement minces, à peine commensurables, sur lesquelles sont disséminés de nombreux nucléus, larges de 5 micr. Ces nucléus constituent évidemment la couche hypodermique ou matrice de la cuticule, qui ne paraît par suite pas très-distincte de la couche de fibres transversales. Les fibres longitudinales sont au contraire de larges rubans sinueux, dont le diamètre varie de 4 à 11 microm. Les fibres ' Je ne suis pas très-certain que ce segment soit distinct du segment buccal. Dans ce cas les branchies seraient portées par les segments 2 et 3. DU GOI.FE DE NAPLES. 117 même ne m'ont pas montré de nucléus. En revanche on trouve dissé- minées entre elles de petites masses granuleuses brunâtres, dont chacune renferme un nucléus allongé et clair, large de 8 micr. La cavité du ten- tacule est traversée par une multitude de brides contractiles (IF, e), dont chacune a son nucléus, large de 1 microm. Ses régions latérales renferment beaucoup de globules non cellulaires. Enlin dans toute la longueur du tentacule courent deux faisceaux de fibres pâles (1 F, c), larges chacune de 11 microm., devenant sinueuses lorsque le tentacule se raccourcit. Seraient-ce là les nerfs du tentacule? Dans tous les faisceaux dorsaux je trouve les soies de deux espèces, les unes simplement subulées (1 D, a) et bordées, les autres coudées en outre à l'extrémité (1 D, b). Les unes comme les autres présentent dans la région bordée une structure pointillée élégante. Cette apparence est produite par les fibres constitutives de la soie, dont les extrémités se redressent pour former une fine mosaïque à la surface. Dans le limbe de la partie coudée, ces fibres se groupent souvent en faisceaux distincts, de manière à faire paraître ce limbe comme discontinu (1 D', a). Les soies dorées (1 G) de la scaphe sont peu nombreuses, je n'en compte ordinairement que six de chaque côté, dont les externes sont les plus grosses et les plus fortement recourbées à l'extrémité. Ce sont en réalité les soies dorsales du dernier segment abdominal, c'est-à-dire de celui qui précède immédiatement la scaphe. Ce segment n'a pas de soies ventrales; le précédent n'a ni soies ventrales, ni soies dorsales. La scaphe, convexe en dessous (fig. 1), a ses bords externes à peu près parallèles. Elle est distinctement divisée en cinq segments, dont les trois premiers portent chacun une paire de cirres dorsaux (b). Ces cirres (1 A) sont courts, cylindriques, larges de mm ,05, et portent à l'extrémité trois ou quatre petites fossettes hérissées de cils courts, raides et très-fins. Le bord postérieur de la scaphe vue par-dessous, est presque recliligne, et passe aux bords latéraux par des angles arrondis. Du milieu de ce bord postérieur, nait du côté dorsal un appendice membraneux (fig. 1, a), très-contractile, se terminant par un bord 118 ANNÊLIDES CHÊTOPODES arqué et hérissé de petites papilles. Cet appendice porte en dessus une papille cirriforme (1 A, a). La scaphe est traversée par l'intestin, qui s'ouvre à son dernier seg- ment. On doit donc la considérer comme un postabdomen achète, formé de cinq segments. Relativement au système digestif, je ne puis que confirmer l'excellente description de Rathke. Je suis aussi d'accord avec lui pour les grands traits de la circulation du corps. Je trouve en effet un vaisseau ventral et deux vaisseaux dorsaux (presque latéraux); le troisième vaisseau dor- sal (médian), indiqué par Rathke, fait défaut. Les deux vaisseaux intes- tinaux et les anses latérales sont conformes à la description du grand anatomiste, mais les nombreux appendices aveugles contractiles qu'il signale chez YAmphiclene auricoma n'existent point chez notre Pectinaire. Voilà pour les différences anatomiques. Les divergences physiologiques sont plus frappantes encore. Rathke indique le sang comme se mouvant d'arrière en avant dans le plus gros des deux vaisseaux intestinaux et le vaisseau dorsal; au contraire d'avant en arrière dans le vaisseau ventral. Ce mouvement, dit-il, est la règle; parfois cependant il l'a vu se renverser pour quelques instants. Mes observations m'ont conduit à un résultat bien différent. Le sang se meut en effet d'arrière en avant dans le gros vais- seau intestinal, mais c'est aussi là sa direction dans le vaisseau ventral; au contraire, les deux vaisseaux dorsaux le poussent d'avant en arrière. Je sais tout ce que cette assertion a d'invraisemblable. Mais ce n'est point à la légère que je contredis un observateur comme Rathke, et que j'assigne aux Pectinaires une circulation inverse de celle des autres Annélides. L'observation peut être répétée à satiété, et avec la plus grande facilité, parce que chez notre Pectinaire, tous les gros troncs vasculaires, et même toutes les anses latérales et leurs subdivisions dans les pieds, sont contractiles. J'ai bien vu quelquefois le mouvement se renverser pour quelques secondes, mais seulement chez des indivi- dus placés sous le compresseur, et parlant dans des conditions anor- males. DU GOLFE DE NAPLES. 119 Le vaisseau ventral n'est cependant contractile que dans sa partie postérieure, à savoir depuis la scaphe jusqu'au neuvième segment. Là il reçoit le gros vaisseau intestinal, dont le diamètre dépasse le sien. A partir de ce moment sa contractilité disparaît. Son diamètre devient en même temps bien plus considérable. 11 aboutit aux branchies auxquelles il porte le sang veineux. Les vaisseaux dorsaux en ramènent le sang artériel. C'est un véritable renversement de la circulation normale des Annélides. Le gros vaisseau intestinal est accompagné dans toute sa longueur par un cordon jaune (1 K) irrégulier, adhérant à sa paroi, et formé de cellules (1 L) larges de 11 micr. , et pourvues d'un nucléus clair. Cet organe est sans doute comparable aux boyaux celluleux qui adhèrent au vaisseau dorsal chez tant d'Annélides. J'insiste sur ce fait, parce que ce vaisseau dorsal de l'intestin joue chez les Pectinaires le rôle d'un vaisseau dorsal véritable. Les branchies des Pectinaires ont été déjà décrites d'une manière assez satisfaisante par Rathke, mais il n'en existait jusqu'ici aucune figure (V. fig. 1 P). Ces organes remarquables sont formés d'un axe sur lequel est implantée toute une série de feuillets membraneux. Je trouve l'axe occupé par deux vaisseaux, une artère et une veine, se ré- unissant à l'extrémité. L'artère fournit une branche à chaque feuillet branchial; cette branche fait tout le tour du feuillet pour venir se jeter dans la veine. L'aire qu'elle enserre ainsi, et qui est la partie principale du feuillet, est une membrane fort mince, traversée par un réseau respiratoire très-riche. Sa surface est couverte de cils vibratiles. Le voile céphalique ne participe point à la respiration, car il n'y pénètre aucun vaisseau sanguin. Une partie du mémoire de Rathke, qui, dans l'état actuel de la science, doit être profondément modifiée, est celle concernant une série de glandes de la région antérieure du corps. L'auteur les rattachait aux fonctions sexuelles. Il regardait les plus antérieures de ces glandes comme des ovaires de couleur blanchâtre, remplis d'œufs, dans les- 120 ANNÉLIDES CHÉTOPODES quels il crut reconnaître une tache germinative. Les plus postérieurs étaient à ses yeux des testicules de couleur jaune doré. Rathke ne faisait d'ailleurs en cela,, pour les ovaires tout au moins, que répéter l'opinion de Pallas'. Les Pectinaires ont des sexes séparés, et les glandes vues par Pallas et Rathke ne sont point sexuelles. J'en compte trois paires : la première, beaucoup plus grande que les autres, parait déboucher à l'extérieur au second segment, les deux autres piriformes s'ouvrent au quatrième et au cinquième segment au-dessous des faisceaux de soies. Toutes offrent la même structure. Ce sont des sacs tapissés de cils vibra- tiles à l'intérieur, sacs dont les parois renferment une multitude de corps d'apparence cellulaire, formés d'un protoplasma homogène ren- fermant une concrétion sphérique dure d'un beau jaune d'or (1 0). Ces éléments sont entièrement semblables à ceux des glandes excrémen- litielles (glandes salivaires des auteurs) des Phérusiens. Pas plus que chez ces derniers on ne peut découvrir de nucléus dans le protoplasma très-destructible des corps pseudo-cellulaires. Les réactions chimiques sont les mêmes. Souvent un grand nombre de ces boules protoplasma- tiques sont enfermées dans une membrane commune, offrant ainsi l'image d'un groupe de cellules-filles dans une cellule-mère. Nous avons évidemment à faire aux homologues des glandes excrémentitielles des Phérusiens. Nous pouvons faire un pas de plus et reconnaître dans ces glandes des organes segmentaires. C'est ce dont je me suis assuré pour la se- conde paire de glandes, mais je suppose que les autres doivent se com- porter de la même manière. Au niveau de la base de la première bran- chie on découvre, avec un peu d'attention, chez les individus assez petits pour être observés par transparence, un large entonnoir vibratile à pa- rois incolores (1 N). Cet entonnoir est béant dans la cavité périviscérale, mais l'un de ses côtés est adhérent à la paroi du corps. Les cils qui en tapissent l'intérieur s'étendent même quelque peu sur cette paroi, et leur mouvement engendre parmi les corpuscules de la cavité périviscé- 1 Miscvllanea zoologica. Hagœ Comitum, p. 130, et Dierkundig Mcnyelwerk,lX Stuk, p 20. DU GOLFE DE NAPLES. 121 raie un tourbillon qui est le guide le plus sûr dans la recherche de l'en- tonnoir. L'entonnoir se continue dans le boyau jaune doré constituant la seconde paire de glandes décrites ci-dessus. Ce boyau est recourbé, comme Ralhke l'a déjà fort bien représenté. L'ensemble est identique aux organes segmentaires que je décrirai plus loin chez les Térébelles. Les glandes excrémentitielles sont donc des organes segmentaires, et je pense que les glandes correspondantes des Phérusiens sont dans le même cas. Je ne conteste point d'ailleurs que ces glandes excrémentitielles ne puissent être liées indirectement avec les phénomènes de reproduction, à savoir comme organes efférents. Cela expliquerait l'assertion de Bathke qui déclare avoir trouvé des œufs dans l'intérieur. Il est vrai que ces œufs pourraient bien n'être que les sphères à concrétions, et j'insisterai moins sur celte indication que sur celle de Pallas, qui a vu les organes en question augmenter beaucoup de volume au printemps, c'est-à-dire à l'époque de la ponte*. Quoi qu'il en soit, ces organes sont identiques chez les deux sexes, et leur entonnoir vibratile est fort bien constitué pour saisir des corps flottants dans la cavité périviscérale. Dans les cir- constances ordinaires, le mouvement des cils est tel que les granules du liquide périviscéral, attirés d'abord dans l'entonnoir, en sont immédia- tement repoussés. Le lieu même de formation des éléments sexuels n'est pas facile à reconnaître. On trouve ces éléments flottant dans la cavité périviscérale à des degrés de développement fort divers. Il m'a semblé pourtant que les plus jeunes ovules sont constamment logés dans la cavité des pieds sous les petits muscles qui servent à mouvoir les plaques onciales. C'est peut-être là leur lieu de formation. Il ne faut cependant pas oublier que les très-jeunes ovules peuvent se glisser jusque-là en venant de la cavité périviscérale, tandis que les ovules plus âgés ne peuvent prendre cette route à cause de leurs dimensions. 1 « Primo vere autem, dit-il" adolescunt in magna ovaria seu massas e granulis albis, arennlo liauil majoribus, coacervatas, anticam cavi corporis partem effarcientes.» TOME XX, IMPARTIE. 16 122 ANNÉLIDES CHÉTOPODES Les régimes de zoospermes ont été déjà ligures par Rathke, qui les considéra d'abord comme des zoospermes isolés de forme bizarre. Chaque zoosperme est, en réalité, filiforme, avec une tète sphérique, large de 2 micromètres. Mes observations sur le système nerveux sont une confirmation et une extension de celles de Rathke. Dans la région thoracique ce savant a vu un seul ganglion par segment. Il en décrit, en revanche, deux, un grand et un petit dans chaque segment de la région abdominale. C'est très- juste. Cependant les segments abdominaux comprennent, en réalité, trois ganglions, le gros ganglion antérieur de Rathke étant histologiquemenl double (fig. 1 M). Les deux cordons nerveux sont juxtaposés dans les connectifs inter- ganglionnaires. Ils s'écartent l'un de l'autre dans l'intérieur des gan- glions, et, dans l'intervalle, viennent se loger des cellules ganglionnaires. Les parties latérales des ganglions sont aussi formées par les cellules nerveuses. Chacun des trois ganglions donne naissance à une seule paire de nerfs. Genre AMPHICTENE Sav. (Mlmgr. rev.) M. Malmgren a rétabli le genre Amphiclene de Savigny comme dis- tinct du genre Pectinaria en prenant pour type YAmphitrite auricoma de Millier, et en restreignant le genre aux espèces qui ont le limbe du plan céphalique charnu découpé en petites dents cirriformes et le tube aré- nacé légèrement incurvé. Amphictene auricoma. Amphitrite auricoma Millier, Zoologia danica, vol. I, p. 26, lab. XXVI. » >- H. Rathke, Beitr. z. v. Anat. — Reisebem. a. Skandin., p. 56, taf. V. » » Sars Reise i Lofoten og Finm. 18i9, Xyt Mag. for Nalur. I85Û, VI, p. 86. Pectinaria auricoma Grube, Familien der Annellden, p. 138. » » Danielssen, Norsk. Vid. Selsk. i Trondhjem, 2, p. 27 (fide Malmgr.). » yranulata Jolinst., Catalog of Worms of Brit. Mus., p. 245. DU GOLFE DE NAPLES. 123 Amphicteneauricoma Malmg., Oefvers. af k. Vet. Akad. Fôrh., 1S65, n"5, p. 3. r >7, laf. XXVIII, fig. 41. Pectinaria betgica (pro parte) Qtrfg., Hist. uat. îles Annelés, 1866, II, p. W.V1. » aurieoma Qtrfg., Hist. uat. des Annelés, 1866, II, p. 335. PI XXVIII, fig. 2. Les auteurs ont fait une contusion perpétuelle entre X Amphictene au- rieoma et la Pectinaria belgica, confusion qui dure encore. M. de Qua- trefages attribue à M. Grube le mérite (ravoir, le premier, distingué clairement ces deux espèces, malheureusement il n'a pas su lui-même mettre à profit ce mérite de son prédécesseur. M. Grube avait, en effet, distingué les deux espèces par les mêmes caractères sur lesquels M. Malm- gren base sa distinction des genres Amphictene et Pectinaria. M. deQua- trefages oublie ces caractères dans l'établissement de sa synonymie, et attribue à la Pectinaria belgica le meilleur travail que nous possédions sur VAmphictene aurieoma, celui de Kalbke. Loin de moi, d'ailleurs, l'idée de jeter un blâme sur les auteurs de cette confusion. Je m'en suis moi-même rendu coupable pratiquement pendant longtemps. Je croyais, dans le principe, n'avoir à faire, pour mes recherches anatomiques, qu'à une seule Pectinaire dont la scaphe va- riait, il est vrai, beaucoup de forme, ce qui pouvait être une différence sexuelle. Je me convainquis bientôt qu'il n'en était rien, et qu'il s'agis- sait de deux espèces distinctes'. L'Amphiclène auricome est bien plus rare que la Pectinaria neapoli- tana dans le golfe de Naples, et je crois n'en avoir reçu en tout que qua- tre ou cinq individus. La forme de son tube permet de la reconnaître au premier coup d'œil. La structure analoinique paraît coïncider de tous points avec la P. neapolitana. Une seule chose peut permettre de douter que cette Amphictene de la Méditerranée soit identique avec celle du Nord. C'est un détail de la 1 Cette confusion a sans doute été faite à chaque instant. Dalyell (The Povien oftlie Creator, vol. Il, p. ISll) rapporte, par exemple, à propos de sa Siiln'llu belgica (Pectinaria belgica) ipie les tubes sont ré- gulièrement coniques, mais qu'il eu rencontra une fois un exemplaire recourbé comme une défense d'élé- phanl C'était sans doute une Amphictene aurieoma. 124 ANNÊLIDES CHËTOPODES description de Rathke qui attribue des cœcum vasculaires contractiles à Y A. auricoma. Ils existent aussi peu chez l'Amphictène de Naples que chez la P. neapolilana' . Mais, à tous les autres points de vue, l'identité avec ce que nous savons de la véritable A. auricoma, est complète. La scaphe (fig. 2) qui semble fort caractéristique n'a pas, il est vrai, été étudiée d'une manière suffisante dans l'espèce septentrionale. Chez les individus de Naples, la scaphe est entièrement dépourvue de cirres latéraux. En revanche, ses bords membraneux sont découpés de chaque coté en quatre languettes de forme très-constante, toujours re- courbées sur le dos. L'extrémité postérieure se prolonge en un appendice triangulaire. Une papille cirriforme (fig. 2, a), cylindrique, est placée en avant de l'anus. Enfin les soies de la base de la scaphe (2 A) sont beau- coup plus nombreuses et plus minces que chez la Pectinaria neapoli- lana \ Il existe quelques autres caractères différentiels de VA. auricoma com- parée à la P. neapolilana. Les segments 3-6 forment des bourrelets ven- traux beaucoup plus marqués. Le quatrième segment porte aux côtés de l'écusson ventral, au lieu de deux grosses dents charnues, deux appen- dices membraneux très-minces. L'écusson ventral du sixième segment est divisé en deux par un sillon longitudinal, etc. Je n'ai pas vu les pa- lées céphaliques dépasser le nombre de 9 dans chaque palmule. ' Les anatomistes devront diriger leur attention sur ce point important. L'abondance des cœcum vasculaires contractiles chez certaines espèces, comme l'Amphictène eu question d'après Rathke, la l J ro- tula Dysteri d'après M. Huxley, un Ammocliarien du Brésil d'après M. Fr. Mùller, i'Ophelia radiata, la Dasyekone lucullana, le Prionospio Malmgreni, le Lumbriculus variegatus d'après mes propres observa- tions, cette abondance, dis-je, doit avoir une signification physiologique. Faut-il y voir avec M. Huxley un appareil destiné à pomper une partie des éléments dissous dans la lymphe? 2 Le ver que M. Williams a identifié avec l'Amphictène auricoma [Amphitrite Mûll.) doit appartenir à une tout autre espèce, à moins qu'il n'y ait eu une confusion dans ses dessins. Les soies qu'il décrit et qu'il figure (Report un british Annelida, p 208, fig. 28) n'ont rien à faire avec celles des autres Amphic- ténieus et rappellent bien plutôt celles de certains Polynoïdes. DU GOLFE DE NAPLES. 125 Famille des TÉRÉBELLIENS Gnibe (Qtrfg. rev.) La famille des Térébelliens, telle que l'ont délimitée en dernier lieu M. Quatrefages et M. Malmgren, l'orme un tout très-naturel. V Histoire des Ânnelés y distingue trois tribus: les Térébelliens branchies, les Téré- belliens abranrhes et les Hétérotérébelliens. Les deux premières sont très- naturelles; la dernière ne l'est pas, chacun de ses genres ayant beau- coup plus d'affinité avec certains genres déterminés de Térébelliens branchies qu'avec les autres Hétérotérébelliens. Je ne distinguerai donc que deux tribus, celles des Térébellides (T. branchies, Qtrfg.) et celle des Polycir rides (T. abr anches, Qtrfg.). Les dénominations de M. de Quatre- fages ne peuvent être conservées. En effet, M. Malmgren vient de faire connaître plusieurs genres qui, bien que dépourvus de branchies, of- frent toute l'organisation des Térébellides et nullement celle des Poly- cirrides. En outre de ces deux tribus, M. Malmgren en admet trois autres: celle des Artacamides, celle des Trichobranchides et celle des Ca- néphorides. Comme elles reposent sur des types qui me sont inconnus, je ne puis guère les juger. Elles ne me semblent pourtant point équiva- lentes aux premières. Les espèces de Térébelliens jusqu'ici décrites sont fort nombreuses. Beaucoup d'entre elles sont toutefois mal caractérisées et à peu près in- déterminables. Certains caractères d'observation facile et d'une fixité assez remarquable, comme ceux tirés des plaques onciales (uncini), soit crochets ventraux, n'ont pas été utilisés comme ils auraient pu l'être. M. Malmgren a été, je crois, le premier à faire entrer en ligne de compte d'une manière conséquente, non-seulement la forme des plaques oncia- les, mais encore le nombre de rangées qu'elles forment sur chaque tore unchiigère. En effet, le nombre de Térébelliens portant une seule ran- 126 ANNÉLIDES CHÉTOPODES gée de plaques onciales sur chaque tore est minime. La plupart en por- tent une sur les premiers segments (sauf les deux premiers de tous qui en sont dépourvus dans la règle) et deux sur tous les suivants, ou au moins sur une partie d'entre eux. Le plus souvent les sept premiers segments sétigères ont une rangée simple de plaques, mais à partir du huitième la rangée devient double '. Un examen attentif des tores uncinigères m'a fait trouver dans les plaques onciales d'autres caractères importants jusqu'ici restés inaper- çus. Ces plaques n'ont point toujours la même direction, ainsi que je l'ai déjà fait remarquer chez une espèce delà Manche, et cette direction peut varier, soit dans les différentes rangées, soit dans les différentes plaques d'une même rangée. En effet, les petits crochets qui arment le bord des plaques onciales ont leur pointe dirigée tantôt en arrière, tan- tôt en avant. Leurs fonctions sont inverses dans les deux cas. Les pla- ques dont les crochets ont la pointe recourbée en arrière, servent à l'ani- mal à cheminer en avant dans son tube, celles dont les crochets ont la pointe dirigée en avant favorisent au contraire la marche à reculons. Je désigne par suite les premières sous le nom de plaques progressives, les secondes sous celui de plaques rétrogressives. Il y a des rangées entière- ment progressives, d'autres entièrement rétrogressives, d'autres, enfin, dans lesquelles des plaques progressives alternent régulièrement avec des plaques rétrogressives. Un degré intermédiaire entre cette dernière forme et les deux précédentes est formée par le cas où deux rangées, l'une progressive, l'autre rétrogressive, sont très-rapprochées l'une de l'autre, sur un même tore, et où les éléments de l'une se glissent en partie entre les éléments de l'autre, c'est ce que j'appelle les rangées en- grenantes. Enfin, il peut arriver que les plaques onciales forment une rangée continue qui se recourbe pour former une parabole dans laquelle l'une des branches est progressive, l'autre rétrogressive. C'est ce que j'appelle une rangée parabolique. Les différents cas sont donc les suivants: ' Ce fait a aussi été relevé par M. Williams. DU GOLFE DE NAPLES. 127 1° Rangée progressive : I I I I M M I 1 I I 2° Rangée rélrogressive: M I I I I I i i I I I 3° Rangée alterne: l I I I I I I I M i I 4° Rangées engrenantes : I j I | I ) I j I ) I 111111/ 5° Rangée parabolique l l L I l L n< En tenant compte de ces différents modes de distribution des plaques onciales, et du numéro d'ordre des segments où ils font leur apparition, la détermination des Térébelliens se trouve singulièrement facilitée. Les jeunes individus ne ressemblent aux adultes dans cette famille ni par leurs proportions, ni par leur couleur. Mais en tenant compte de tous les caractères tirés des plaques onciales, je n'ai jamais éprouvé de diffi- culté à rapporter les jeunes individus du golfe de Naples aux formes adultes de la môme espèce. Un autre caractère, trop souvent négligé dans la description des espè- ces, est celui de l'existence ou de la présence de soies de soutien dans les palettes de la région abdominale. Gbez beaucoup de Térébelliens, en effet, les tores uncinigères de l'abdomen s'allongent beaucoup et méri- tent le nom de palettes. Rs ne cessent point pour cela de porter les pla- ques onciales sur leur bord ; mais ces plaques s'articulent par chacune des extrémités de leur base avec une soie chitineuse rectiligne. Ces soies, dont le nombre est, par conséquent, dans la règle double de celui des plaques onciales, forment un faisceau au centre de la palette, faisceau qui confère à celle-ci une certaine rigidité et facilite ses fonctions d'or- gane moteur. Souvent ces soies internes paraissent n'être que les ten- dons chitinisés des muscles qui servent à mouvoir les plaques onciales. On peut les désigner sous le nom de soies de soutien ou de soies-tendons. M. Williams, qui a déjà reconnu très-exactement la liaison de ces soies avec les mouvements des plaques onciales', les appelle tensores hamulo- 1 liepurt un british Annelida, loc. cit., p. 200. 128 ANNELIDES CHÉTOPODES rutn et laxatores hamulorum; mais ces noms devraient être réservés aux muscles môme qui agissent sur les tendons. 1. TRIBU DES TÉRÉBELLIDES. Genre HETEROTEREBELLA Qtrfg. ' Syn. LEPRXEA Malmgr. HETEROTEREBELLA SANGU1NEA. l'I XXX. fig. 1, et pi. XXIX, lig. 3. Corj)iis(fi iilnriills r.rrhtsis) loiigifitdine 30-35""", latitttdinr marinm 6 mm , rxhrrrinmm, disco rentrait fhoradco pàMùVorr. teittaculis rvlbris. Setce dorsuales segmentorv/m- setigero- rum duodeàm anticorwm volubUes, ceeterce ealycigerœ. Uncini sérient wiicam progressi- vam in segmentis 3 ad 8, duplicem vero a segmente nono, scïlicet anticam progressivam, posticamque retrogressivam efficientes. < 'orpnsnilu lijmpliœ peririsrcntlis ntlmi. Ce Térébellien est de tous le plus commun à Naples, où il abonde dans la vase du port. Il s'y construit ses tubes entre les Pballousies. On le reconnaît immédiatement (pi. XXX, fig. 1) à sa couleur rouge foncé, au corps large dans la région thoracique, rapidement atténué dans la région abdominale, c'est-à-dire dans celle où les soies dorsales^ changent de forme. Les jeunes individus qui n'ont encore que quelques millimè- tres de long sont, il est vrai, à peu près incolores, mais la conformation et la distribution des soies permettent toujours de les reconnaître La coloration n'est du reste point due uniquement aux corpuscules rouges de la cavité périviscérale 2 , mais aussi à un pigment de la paroi du corps. 1 Le nom de Leprœa est, il est vrai, antérieur à la publication de ï Histoire naturelle des Annelés. Toutefois M. de Quatrefages avait fait connaître dès le mois de mars 1865, c'est-à-dire un peu avant la publication de M. Malnigren, une diagnose concise du genre Heteroterebella (Comptes rendus de l'Acadé- mie des Sciences de Paris, séance du 'il mars 1S65). La priorité lui est donc acquise. La Terebella mndida Frey et Leuck. (Beitrciije zur Kenntn. wirbelloser Thiere, p. 154), omise dans Y Histoire nalur. des Annelés, doit rentrer dans le genre Heteroterebella. 2 C'est, je crois, le premier exemple d'un ver cbez lequel la coloration rouge des corpuscules de la ca- DU GOLFE DE NAPLES. 129 Le lobe céphalique a la forme d'une lèvre semi-circulaire, derrière laquelle sur- gissent les tentacules. Ceux-ci sont encore très-peu nombreux chez les individus (pi. XXIX, fig. 3) qui ont déjà atteint une longueur de deux centimètres. Le seg- ment buccal est achète comme chez tous les Térèbelliens, et porte de nombreuses petites taches oculaires dans le jeune âge. Le second segment est le premier porteur d'une pharètre avec soies dorsales': au troisième commencent les tores uncinigères. Les soies pharétrales des douze premiers segments sétigères sont formées d'une hampe très-forte (pi. XXX, 1 C), bordée dans la dernière partie de sa longueur de deux limbes étroits qui vont en mourant et disparaissent avant d'atteindre l'ex- trémité. A partir de ce point la hampe s'aplatit au point de devenir membraneuse, s'enroule en une spire allongée, finement denticulée sur l'un des bords, ' et se ter- mine en une pointe acérée. C'est ce que j'appelle des soies simples à extrémité voluble. Elles se rapprochent de celles de la Terebella pterochœta Schmrd. du Cap 1 . A partir du 1 4 me segment, ces soies sont remplacées par d'autres (1 B), dont l'extré- mité se dilate en une sorte de calice à paroi striée, finement denticulé sur le bord ; celui-ci se prolonge sur un point (quelquefois sur deux) en une longue épine. Les plaques onciales (1 D) sont partout semblables, de forme aviculaire, unirostres, avec deux dentelures au sommet; elles reposent sur des tores peu saillants et dépourvus de soies-tendons. Dans les tores de la région postérieure, la rangée antérieure des plaques onciales (progressives) devient graduellement plus courte, et dans les deux ou trois derniers elle disparait même complètement; la rangée rétrogressive persiste alors seule. J'ai même vu chez un individu de 70 segments les 16 derniers n'avoir que la rangée rétrogressive. On voit donc que si les premiers segments ne sont munis que de crochets progressifs, les derniers ne portent en revanche que des crochets rétro- gressifs, et que seule la région moyenne a les deux sortes d'instruments de progres- sion. L'anus est terminal, entouré de six papilles à peine marquées. Les branchies arborescentes sont au nombre de trois paires, qui vont en décrois- sance d'avant en arrière, mais les jeunes individus n'en possèdent qu'une ou deux paires. L'époque de l'apparition de ces organes paraît sujette à de grandes variations. J'ai rencontré un individu de 74 segments, long déjà de 18 mm , qui n'avait encore qu'une seule paire de branchies bien développées, et une seconde paire représentée vite périviscérale coexiste avec une circulation sanguine. Chez les Capitelliens, les Glycériens, les Polycir- rides, enfin chez les Glyeinde Fr. Midi., où il existe des corpuscules rouges de la cavité périviscérale, le système vasculaire fait défaut. * J'ai déjà remarqué dans les Proléi/omènes que la duplicité du vaisseau axial des branchies, ignorée de M. de Qualrefages, avait été indiquée depuis longtemps par M. Gruhe, puis par M. Williams. Tome xx, l re Partie. 1" 130 ANNÈLIDES CHÉTOPODES par un petit tubercule vasculaire à peine appréciable. En revanche, j'ai vu des indi- vidus de 60 à 70 segments posséder déjà les trois paires de branchies, la première à peine plus grande que les autres. La première branchie paraît portée par le premier segment (achète), les deux autres par les deux suivants. Les branchies Irès-contractiles et dépourvues de cils vibraliles comme celles des autres Térébelliens, sont continuellement parcourues en sens alternatif par un (lot de disques rouges, qu'on peut être tenté au pre- mier abord de considérer comme des corpuscules du sang. Cependant un examen attentif enseigne que ces corpuscules (1 A, d) sont exlra- vasculaires. Ils appartiennent à la lymphe périviscérale. Les vaisseaux (1 A, a, b, c) renferment un liquide rouge dépourvu d'éléments cellu- laires et sont disposés comme dans les branchies des autres Térébelliens. Chaque rameau branchial renferme, en effet, une veine (a) et une artère (b), mises en communication par deux séries d'anses vasculaires trans- versales (c). La circulation du sang dans cet appareil vasculaire est en grande partie sous l'influence des mouvements systoliques et diastolibues du vaisseau dorsal. Les contractions de la branchie même sont efficaces surtout pour la circulation de la lymphe rouge. Il est, en effet, probable que les branchies servent à la fois à la respiration sanguine et à la lym- phatique. Le système vasculaire est semblable à celui des Térébelles si bien connu, grâce aux beaux travaux de M. Milne Edwards. Lorsqu'on a à faire ta déjeunes individus susceptibles d'être étudiés par transparence, on est frappé, dans certaines positions, d'une image très-particulière présentée par la région abdominale. Je veux parler d'une série de parallélogrammes (3 A, c) incolores, placés entre l'intestin et la paroi ventrale. Le liquide de la cavité périviscérale forme des torrents rouges (d) entre ces parallélogrammes. J'ai déjà représenté ailleurs une apparence très-semblable des Polyophth aimes. L'explication est la même dans les deux cas. Il s'agit de deux séries de bandes musculaires qui s'attachent d'une part à la ligne latérale de la paroi du corps, d'autre part à côté de la chaîne nerveuse. Elles constituent deux sortes de plan- 1)1 GOLFE DE 1VAPLES. 131 chersàais disjoints qui séparent la cavité périviscérale en trois chambres. La chambre supérieure ou principale renferme l'intestin (3 A, e) et les brides qui le fixent à la paroi dorsale. UHeteroterebetta sanguinea possède une seule paire d'organes seg- mentaires (3 B) qui parait s'ouvrir au dehors à une petite distance de la bouche. L'organe est formé, comme dans toute la famille, de deux bran- ches lubulaires de largeur très-inégale, soudées l'une à l'autre dans (ouïe la longueur, mais ne communiquant ensemble par leur cavité qu'à l'extrémité postérieure. L'ouverture interne de l'appareil (3 B, a) se trouve à la base de la première paire de branchies, sous la forme d'un entonnoir vibratile adhérant à la paroi du corps. Les cils de l'entonnoir entretiennent un tourbillon dans les corpuscules rouges de la lymphe, qui sont continuellement adirés et repoussés par lui, sans que jamais aucun d'eux s'engage dans la cavité de l'organe segmenlaire. L'entonnoir conduit dans la branche étroite, colorée d'un brun orangé et ciliée à l'in- térieur. Cette branche (b) flotte librement dans la cavité périviscérale du 1 er au 8 me segment; là elle se recourbe pour former la branche large (e), de couleur plus paie, qui s'accole à elle. Cet organe segmenlaire est l'homologue évident de ceux des Àmphicléniens dont nous avons re- connu les fonctions excrétoires. 11 est possible qu'il serve aussi d'appa- reil elféranl pour les éléments sexuels, toutefois je n'ai jamais vu de zoospermes ni d'ovules pénétrer dans l'intérieur. Genre TEREBELLA Linn. (Qtrfg. rev.). I ■»! « I IO\. Térébelles à soies de soutien ( soies-tr lirions) dans les pinnules abdominales. I. Terebella Meckelii. Axnphàtrite Meckelii Délie Chiaje, Memorie, III, p. 180, tav. xlv, le. — Descrizione, III, p. 70, etV, p. 94, i.-iv. 80, fig. 10 Terebella nebulosa M. Edw. (hum Montagu), Ann des Sciences nalur. , '.}•'•' série, III, p. 11", pi. 8. 132 ANNÉLIDES CHÉTOPODES Terebella nebulosa Grube, Archiv fur Naturg., 1855, XXI, p. 115. Amphitritoides rapax Ach. Costa, Annuario zool. d. r. univ. di Napoli, anno 1°, 1862, p. 32. Pallonia rapax Ach. Costa, Annuario zool d. r. univ di Napoli, anno 1", 1862, p. 89. Terebella nebulosa Qtrfg. (pro parle), Histoire natur. des Annelés, II, p. 389. PI. XXV11I, fig. 3. Commis longUudine 4-5"°', ledit uéline eintrorsnm usque ml l° cat , mfo-brunnetvnt, punctis albis urulique sparsis, tridundis ntps. l'hurctreirum dors/ml iwm paria 17. Uncmorum sé- ries unica progressives a segmenta tertio usque ad octewum ; a segmento nono usque ad 18 mum séries utrmque binée, anterior progressiva, posterior retrogressiva. Les auteurs n'ont pas réussi jusqu'à présent à identifier l'AmpkUrite Meckelii Délie Chiaje. Cependant, pour quiconque étudie les Annélides du golfe de Naples à l'état vivant, l'hésitation n'est pas possible une seconde. La multitude de petites perles blan- ches semées sur le fond rouge brun, que Délie Chiaje a déjà décrite est trop caracté- ristique pour que l'incertitude trouve encore de la place. Il est vrai que ce caractère de coloration disparaît dans l'alcool. Les taches blanches s'étendent même aux bran- chies qui en sont toutes piquetées. Il est incontestable que la T. Meckelii est voisine de la T. nebulosa Montagu de la Manche (T. luberculata Dalyell), cependant il est à peine douteux qu'elle doive en être distinguée, comme M. Grube et M. de Quatrefages l'ont du reste supposé. La T. ne- bulosa atteint une taille de six à sept pouces, c'est donc un géant, comparativement à la. T. Meckelii. En outre ses tentacules sont blancs*, tandis que ceux de la T. Meckelii sont toujours d'un rouge de brique tirant sur l'orangé, quelquefois piqueté de blanc. Je ne doute pas qu'une étude plus approfondie ne révèle encore d'autres différences. Les soies subulées sont dos soies de Térébelles normales, à limbe entier. Les pla- ques onciales (3 A) sont aviculaires, a^ec deux dentelures au vertex. Les six premiers tores uncinigères n'en portent qu'une rangée, mais les suivants en portent deux, en- grenées l'une dans l'autre, jusqu'à l'extrémité du thorax. Dès le 1 9 me segment, c'est- à-dire le premier abdominal, les tores se transforment en palettes ou pinnules qui ne portent plus qu'une seule rangée de crochets. ' M. Costa indique une taille supérieure, mais je suppose qu'il comprend les tentacules dans sa mesure. 2 Telle est au moins la description de M. de Quatrefages. Montagu (Description of fwe british speeies uf the Genus Terebella of Linné. Transaet. of the Linnean Society, vol. XII, 1818, p 343) indique, il est vrai, les tentacules comme d'un orangé pâle piqueté de blanc. Cette coloration doit être dans tous les cas bien plus pâle que chez la T. Meckelii, car Dalyell (The powers of the Creator, etc., vol. II, p. XXIX) représente les tentacules de la T. luberculata (identique avec la T. nebulosa) complètement incolores, comme M. de Quatrefages. Il s'agit dans tous les cas de deux espèces représentatives, jouissant toutes deux d'une mobilité extrême, quittant leurs tubes coquilliers pour y rentrer ou les échanger contre d'autres, etc. DU GOLFE DE NAPLES. 133 Chaque palette renferme un large faisceau de soies-tendons (3 A, a, a'), dont le nombre est double de celui des plaques onciales. En effet, la base élargie du crochet porte une dent à chaque extrémité, et cette dent sert de point d'attache à une soie-tendon. Le tissu de ces palettes (3 B) est remarquable. Il est formé d'une masse homogène dans laquelle sont disséminées d'abord des cellules granuleuses, fusiformes ou étoilées, à petit nucléus (b), puis des capsules (c) sphériques ou ovoïdes, dont la paroi épaisse montre toujours un double contour très-accusé et une pe- tite ouverture (5 C). Au premier abord, j'ai pris ces dernières pour des vé- gétaux parasites. Cependant, comme elles existent chez tous les indivi- dus de cette espèce, non-seulement dans les palettes, mais aussi dans le reste du corps, en moindre abondance il est vrai, et comme, d'autre part, on ne les rencontre jamais chez d'autres Térébelles, je pense devoir les considérer comme une particularité histologique de cette espèce. Ce sont sans doute de petites glandes. Les tentacules sont extrêmement nombreux et contractiles. Ils servent non-seulement d'organes de préhension, mais encore d'organes de pro- gression lorsque l'animal quitte son tube pour aller faire une excursion, ce qui lui arrive assez souvent. Chaque tentacule contient un prolonge- ment de la cavité du corps, mais point de vaisseaux'. La paroi est très- mince du côté dorsal (3 D, (3), fort épaisse au contraire du côté ventral («).. Au côté dorsal se succèdent de dehors en dedans la cuticule (a), une couche sous-cuticulaire granuleuse (b) et une couche de fibres muscu- laires longitudinales (c), portant de distance en distance des cellules étoilées (g) qui constituent une sorte d'épi thélium discontinu de la cavité du tentacule. Dans la paroi ventrale, à peu près sept ou huit fois plus épaisse, la couche granuleuse (b') sous-cuticulaire est remplie de folli- cules fusiformes, et la couche musculaire (c') renferme des granulations 1 II semble à peine nécessaire de mentionner celte anangie îles tentacules qui est générale dans la famille des Térébelliens. Cependant M. Williams est tombé ici dans la mémo erreur que Rathke à pro- pos des Amphicléniens. H décrit dans l'intérieur des tentacules des Térébelliens un vaisseau sanguin, il est vrai fort mince. Ce vaisseau n'existe point (Voyez Report un british Annelida, p. 194). 13i ANNÉLIDES CHÈTOPODES de pigment et une foule de petites capsules à paroi épaisse (e), qui res- semblent à celles des palettes abdominales, mais sont de moitié plus petites (3 E). La partie ventrale de la cavité intratentaculaire est traver- sée par une multitude de brides contractiles (3 D, f) qui se fixent à la paroi par leurs extrémités un peu élargies. Elles paraissent remplacer les fibres musculaires circulaires que je n'ai pu découvrir dans le ten- tacule. Dans la même partie de cette cavité court un cordon accompa- gné de cellules fusil'ormes (h), qui est peut-être le nerf du tentacule. A l'aide de fines aiguilles on peut isoler les fibres musculaires longitudi- nales (3 F) du tentacule, dont le diamètre n'est que de mm ,0022. On voit souvent, appliqué contre elles, un nucléus elliptique, long deO mm ,016 et large de m,u ,0()3. A l'époque de la maturité sexuelle, la région tboracique se dilate beaucoup, car c'est elle qui renferme la plus grande quantité d'éléments reproducteurs. Après la ponte, le corps des femelles devient flasque et prend une couleur très-terne. 2. Terebella flexuosa '. Amphitrité flexuosa Délie Chiaje, Memorie, III, p. 180, tav. xun, 5. — Descrizione, III, p. 70; V, p. 94, lav. 105, fig. 5. Amphitrite Tondi Deile Chiaje, Memorie, tav. xlv, 3. — Descrizione, tav. 80, fig. 2 (mutilata). Corpus 4-7°" n lougum, 6 mm loin m. thorace pallido, colluri rnbm, hilubo, segment is 2»>s- ticis sex macula communi rentrai! trigona insignïbus, toris uncinigeris rvbro limbatis. Begio àbdominàlis virictis vêt griseo-viridis. Segmenta pha/retris instructa 16. Tori nnei- nigrri anteriores sex série»/ imicam uncénoritm progressivonon néréides ; cœtcri uncinos 2)rogrcssitvs eum rctrogressieis alternâmes, série unica, gérant. PI. XXXI, lig. 1. Cette espèce est assez commune et a dû passer par les mains de Délie 1 Le nom spécifique de flexuosa a été employé pour deux espèces différentes : d'une part, Délie Chiaje l'applique à une Téréhelle du golfe de Naples ; d'autre part, M Grube et M. Œrsted l'ont donné à une espèce d'Islande (Archiv fur Naturgesch., XXVI, 1860). Il y a d'autant moins d'inconvénient à conseiver le nom de Terebella flexuosa {Amphitrite flexuosa D. Ch.) pour la première de ces deux espèces, que la se- conde, ne possédant qu'une paire de branchies, doit rentrer dans le genre ldaliu Qlrfg., où M. de Quatre- fages l'a déjà inscrite avec raison sous le nom à'Idalia flexuosa. DU GOLFE DE NAPLES. 135 Chiaje, mais il n'est pas facile de déterminer sous quel nom il l'a dé- crite. Il a reconnu toutefois (Descrizione, V, p. i)i) qui 1 son Àmpkitrite Tondi, dont l'abdomen est indiqué comme vert de pistache, est spécifique- ment identique avec son Ampkitrite jlvxuosa '. Or, chez l'espèce que nous considérons ici, l'abdomen prend en effet celte couleur à l'époque de la maturité sexuelle. 11 me semble probable qu'il avait établi dans le prin- cipe VA. flexuosa d'après les individus non mûrs et VA. Tondi d'après les individus mûrs. Cette espèce est facile à reconnaître à sa belle coloration, surtout à l'écusson ventral d'un rouge intense (I a) qui s'étend dul2 me au 17 me segment, et qui se détache sur la couleur jaunâtre des parties voisines. Des angles antérieurs de cet écusson partent deux lignes rouges très-minces qui bordent la partie antérieure de la région sternale; cette dernière est elle-même d'un rouge pâle. Les tores uncinigères thoraciques sont aussi entourés d'un liséré rouge. A partir du 9 mo segment, les plaques onciales (1 A) sont, dans chaque rangée tho- racique, alternativement progressives et rétrogressives. On peut d'ailleurs se convaincre que les secondes sont toujours un peu en retrait des premières, et qu'il s'agit au fond de deux rangées profondément engrenées l'une dans l'autre. En effet, chez les jeunes individus, ces deux rangées sont beaucoup plus faciles à reconnaître comme distinctes l'une de l'autre que chez les adultes. Cette espèce m'a présenté quelques exemples d'irrégularité dans la distribution des plaques onciales. J'ai vu un individu chez lequel la première rangée de crochets alternes était au 10 serment et non au 9 n "\ Chez un autre j'ai vu l'alternance cesser déjà au 18" ie segment, c'est-à-dire au dernier segment thoracique au lieu du premier abdominal. Toutefois ce sont là de rares exceptions. Les jeunes individus ont jusqu'à une centaine de taches oculaires qui n'existent pas chez les adultes. La couleur verte à l'époque de la maturité sexuelle est due au déve- loppement dans la cavité périviscérale d'une multitude de cellules constituant une sorte de corps graisseux. Ces cellules (1 B, a, b, c) sont 1 Cette identification faite par Délie Chiaje n'est admissible que dans l'hypothèse d'une mutilation des individus représentés sous le nom d'Amphitrite Tondi. L'auteur ne figure, en effet, que deux paires de branchies chez l'.l. Tondi, taudis qu'il en dessine trois chez VA. flexuosa. 136 ANNÉLIDES CHÉTOPODES sphériques, munies d'un nucléus ovale très-distinct et contiennent un amas de granules verts. Leur diamètre habituel est de 26 microm., mais on en trouve de bien plus petites : quelques-unes n'atteignent pas la sixième partie de cette largeur. Entre ces cellules tlottent les régimes de zoospermes en voie de formation (1 B, d) chez les mâles, les ovules chez les femelles. Elles jouent incontestablement un rôle médiat ou immédiat dans la production des éléments reproducteurs et doivent être comparées au tissu sexuel des Néréides et d'autres Annélides. On trouve d'ailleurs chez toutes les Térébelles des cellules analogues à l'é- poque de la maturité. 3. Tekebella flavescens. PI XXIII. fig. c. Corjpus longitudine AS""". lotituMne /""".*. flavwm, paUidvm, abdomine mactdis non- nullis cupro-viridibus notato. Segmenta pharetris instructa 17. Tori uncinigeri wnteriores sex utrinque seriem u/ncinohm progressivorum unicam gerentes. Ceeteri tori thoracici uncinos progressives cum retrogressivis alternantes, série unica, gerunt. Pinnœ abdomi- nales série unica uncinorum semper retrogressivorv/m instructœ. Organorum segmentaliwn paria sex. Toutes les espèces jusqu'ici considérées paraissent n'avoir qu'une seule paire d'organes segmenlaires, conformée exactement comme celle de Y Heleroterebella sanguinea. La T. flavescens en porte en revanche six paires, placées dans les six premiers segments, comme plusieurs Téré- belles étudiées par M.Milne Edwards et M. Sars. La paire antérieure est beaucoup plus grande que les suivantes. Aux palettes abdominales, les plaques onciales (fig. 6) forment une rangée un peu en arrière du bord de la palette. Les tentacules sont colorés en brun par un pigment péritonéal, c'est- à-dire par un pigment qui n'appartient pas à la couche sous-cuticulaire, mais qui tapisse la cavité du tentacule. Celle-ci renferme souvent des Grégarines qu'on prendrait facilement pour des œufs de forme oblongue. Je n'ai eu entre les mains que des individus mâles. DU GOLFE DE NAPLES. 137 4. Terebella VESTITA. PI. XI, fig. 4. Corpus limi/i/ittliiii: ls mm , laiitudine thoratis .5°"", flavo-viride, pcnieiUis setarum tacti- timit fascicidisgue cUiorum vibratïïiu/m u/ndigue sparsis. Segmenta pluiretris instruda 17. Tori nuciuigrri thorucici imriiios progressivos cwm, retrogressivis alternantes, série unica, gerentes; pmnœ abdominales uncinis semper retrogressivis, cirroqae dorsuali hrevissimo instructee. Cette Térébelle, d'ailleurs peu commune, présente plusieurs caractères remarquables qui pourraient faire croire à une forme larvaire. Je tiens donc à déclarer d'emblée que les quelques individus que j'ai eus entre les mains étaient en état de pleine maturité sexuelle. Le premier caractère digne d'être relevé est l'existence aux palettes abdominales d'un petit appendice (4 B, a) hérissé de soies tactiles, qui doit sans doute être consi- déré comme un cirre dorsal. C'est la seule Térébelle chez laquelle j'aie remarqué ce petit organe. Ensuite la peau est couverte de cils vibratiles distribués par petits mou- chets (4 A, b), caractère étranger à ce groupe. Entre ces mouchets de cils sont dissé- minés, sur de petites éminences de la cuticule, d'autres pinceaux de cils plus longs et roides (4 A, a) qui doivent être sans doute comparés aux soies tactiles d'autres Anné- lides. Enfin, un dernier caractère plus remarquable encore, c'est l'existence de cils vibratiles sur la paroi de la cavité périviscérale : seule la partie dorsale de cette cavité en est dépourvue. C'est le premier exemple de cils vibratiles tapissant la cavité du corps d'une Annélide à système vasculaire développé'. Les tentacules sont de couleur jaune-soufre. J'ai trouvé cette espèce en compagnie de Polycirrus sur des colonies de Vermets. 1 Je rappelle que la question des vaisseaux de VAphrodita aruleata est encore indécise. Tome xx, l re Partie. 18 138 ANNÉLIDES CHÊTOPODES •-Î" 1 " SECTI©\. Terébelles sans soies de soutien à l'abdomen . palettes remplacées par des tores peu saillants. 5. Terebella multisetosa. Terebclla multisetosa Grube, Z. Anat. und Physiol. der Iviemenwùrmer , p. 19. PI. XXIII, fig. 5. Corpus longitiidine 4 0ent , latitudinc 4 mm , segmentis 70, atro-bnmnmm, segmentis phare- tras gerentïbus 22, thorace a segmento 16° attenuato 1 . Tori uncinigeri anteriores >tt ri ti- que sex seriem unicam micinorum progressive») gerentes. Cceteri tori thoraeid abdomi- nalcsqiie séries binas anteriorem progressivam posterioremque retrogressivam gerunt. Collare bifidum. Dans tous les segments à doubles rangées de plaques onciales, ces rangées sont si profondément engrenées l'une dans l'autre qu'elles pa- raissent n'en former qu'une seule. La couleur habituelle de cette curieuse espèce est d'un palissandre tantôt foncé, tantôt tirant sur la nuance du vin de Madère. La panache des tentacules est toujours d'un beau blanc. Les écussons ventraux qui s'étendent jusqu'au 10 me sétigère inclusivement, sont aussi blanchâtres. Le pigment brun, auquel le corps doit sa teinte générale, n'est point sous-cuticulaire, mais péritonéal. En revanche, la couche sous-cuticulaire présente de chaque côté de chaque segment deux bourrelets, ordinairement d'un noir intense dans la région abdominale, plus pâles dans la région thoracique. Ces deux bourrelets forment un angle droit l'un avec l'autre, le sommet de cet angle étant placé à l'extrémité externe du tore uncinigère. Si l'on isole l'une de ces masses noires et qu'on la déchire avec des aiguilles, on met infailliblement à découvert une grande quantité de petites baguettes (5 B) qui étaient cachées dans l'intérieur; ces baguettes sont renflées à l'une 1 D'après M. Grube ce serait le 18 me , mais cela tient à ce qu'il compte trois segments en avant du premier sétigère cbez toutes les Térébelles, tandis que je ne vois pas de raison pour en compter plus d'un. Nous sommes donc d'accord au fond. I>l GOLFE DE NAPLES. 139 des extrémités en une petite masse large de mm ,006. Chacune d'elles renferme une libre axiale, devenant plus évidente par l'action de l'acide acétique. Peut-être, faut-il voir dans ces singuliers corps des terminai- sons nerveuses. La masse noire elle-même est un amas de granulations sans apparence cellulaire. Le vaisseau dorsal de cette espèce offre la particularité de renfermer une substance d'un noir profond, distribuée en cordons irréguliers et occupant la plus grande partie du calibre du vaisseau (5 e). Les mou- vements de systole ont bien pour effet de comprimer ces masses, mais ils ne les déplacent point. La portée physiologique de ces corps, qui semblent devoir entraver singulièrement la circulation, me semble fort difficile à apprécier. J'ai rencontré quelquefois une Térébelle identique à celle que je viens de décrire, sauf la couleur un peu plus pâle et les bourrelets noirs sous- cuticulaires qui faisaient défaut. Le vaisseau dorsal renfermait aussi chez ces individus une masse obstruant la plus grande partie du calibre. Cette masse était seulement de couleur brune. Ces exemplaires sont tout particulièrement favorables à l'étude des vaisseaux dont la distri- bution est entièrement conforme aux descriptions de M. Edwards. Je ne doute d'ailleurs pas qu'on ne doive les considérer comme une variété de la T. multisetosa. Cette variété est peut-être même celle sur laquelle M. Grube a établi l'espèce. La T. multisetosa n'a qu'une paire d'organes segmentaires semblable à celle de YHeteroterebeUa sanguinea. 6. Terebella uevirostris. PI. XI, flg. 5. Corpus flavo-paUidum, segmentis pharetras gercntibus 18. Tori uncinigeri anteriores utrinquesex série unica uncinorum progressivorum instructi, cœteriusque ad ultimam pa/rtem àbdominis seriebus binis alternantïbus, oMica progresswa, postica retrogressiva mmiiti. Senta sterrwlia usque ad scgmentum nomma. Je n'ai vu de cette espèce que des individus longs de deux centimètres et n'ayant 140 ANNÉLIDES CHÉTOl'ODES qu'un petit nombre de tentacules. Je pense qu'ils étaient loin d'avoir atteint leur taille définitive, quoique les trois paires de branchies fussent déjà bien développées. La forme et la distribution des plaques onciales suffit d'ailleurs à la bien caractériser. Ils sont de forme aviculaire (fig. 5), unirostres, sans véritable dentelure au vertex, qui présente pourtant quelques stries. De là le nom de l'espèce. Les tores uncinigères de l'abdomen sont très-peu saillants. Il n'existe qu'une seule paire d'organes segmentaire s'étendant en arrière jusque dans le 6 mo segment, et s'ouvrant au dehors au niveau de la première branchie. 7. ÏEKEBELLA SULC1GERA. PI. XVIII, fig. 5. Corpus longitudine 35 mm , latifudiiie 2 mm , segmeidis circa GO, /tuna». judliditm. Tori un- cinigeri tmteriores utrmque sex, série wtcmorwm progressieonii» unien, en-teri omncs sc- riebus lirais mgredientibus anteriore progressiva, posteriori- retrogressim instracti. Teiita- cida poMida, numerosissima ; scuta sterncdia «squc ad segmeniwm seUgerum nonum. Cette espèce par son faciès rappelle la précédente, dont il est pourtant facile de la distinguer, soit par le nombre des pharètres qui est bien plus considérable, soit par la forme très-ditférente des plaques onciales (fig. 5). Dans la région postérieure du thorax et à l'abdomen, les deux rangées de plaques onciales sont plus distantes que dans la région antérieure et séparées l'une de l'autre par une vallécule assez profonde qui parcourt le tore uncinigère d'un bout à l'autre. Cette disposition est représentée de profil dans la fig. 5 A. C'est à elle que l'espèce doit son nom spécifique. Sans doute cette particularité existe plus ou moins chez toutes les Térébelles, mais nulle part je ne l'ai vue aussi accusée que chez celle-ci. Souvent les tores sont très-distendus et la vallécule, subissant une extension maximum en son milieu, prend la forme d'une ellipse, sur tout le pourtour de laquelle sont distribués les crochets. Les crochets sont, comme on le comprend, progressifs en avant du grand axe de l'ellipse, rétrogressifs en arrière. L'existence de la vallécule facilite l'action des petits crocs aviculaires lorsqu'ils en- foncent leurs rostres dans les parois du tube. Une seule paire d'organes segmentaires s'ouvre au premier segment et s'étend jus- qu'au sixième. L'entonnoir de la branche interne présente un mouvement vibratile très-intense. Taches oculaires nombreuses (une cinquantaine de chaque côté). DU GOLFE DE NAPLES. 141 Genre HETEROPHENACIA Qtrfg. Syn. NEOTTIS Mlmgr. ; GItYM.EA Mlmgr., et TI1ELEPUS (Leuck.) Mlmgr. HETEROPHENACIA NUCLEOLATA. PI. XVIII, lig. 8. Uorpux longitudine 3° mt ,5 (femince matvrce), viride, bromchiis fiïiformïbus rubris. Seg- menta aittcrioru tria taris uncmigeris destituta, pharetras tamen dorsucdes gerentia ; seg- menta seqitentia decem toris uncinigeris seriem wnicom uncmorum retrogressivorwn prœ- bentibtcs mstrueta : a segmente quarto decimo tori uncinigeri '•seriem parabolicam unchm- riiDi gerwnt, cujus ramus anterior progressims, posterior autem ret/rogresswus est. La distribution des plaques onciales est toute différente chez cette espèce de ce qu'elle est chez les Térébelles. Je suis porté à croire qu'un grand nombre d'autres Hétérophénacies se comportent de même. Cette hypothèse gagne encore en vraisem- blance lorsqu'on voit une Phénacie, décrite plus loin, présenter cette même disposition de crochets. Or les Phénacies sont bien plus proches parentes des Hétérophénacies que celles-ci des Térébelles et des Hétérotérébelles. La disposition remarquable des plaques onciales consiste en ceci : d'abord les ran- gées antérieures au lieu d'être progressives, comme chez les Térébelles, sont rétrogres- sivrs. Puis à partir d'un certain segment, dans le cas particulier le 14 me sétigère (H me uneinigère), l'extrémité externe, soit dorsale de la rangée se recourbe en arrière, puis en dehors, pour venir former une seconde rangée parallèle à la première. En d'autres termes les crochets forment une parabole dont le sommet est à l'extrémité dorsale du tore uncinigère. Les deux branches restent parfaitement parallèles et ne se rappro- chent point l'une de l'autre à l'extrémité sternale du tore. Les crochets conservent toujours la même position dans la série, mais, par suite de la courbe de la parabole, ils sont progressifs dans la branche postérieure, puisqu'ils étaient rétrogressifs dans . . . . . . J J .1 J .1 J.l J J JJ/ , la branche antérieure : — . Les plaques onciales sont identiques par r r r r r r r r r f r ^ leur forme à celles des Phénacies. Une autre particularité relative aux soies, c'est qu'il existe trois segments à pha- rètre sétigère dépourvus de tores uncinigères. Chez les Térébelles il n'y en a généra- lement qu'un seul dans ce cas. 142 ANNÉLIDES CHÉTOPODES Les branchies sont disposées en rangées transversales au nombre de six sur le pre- mier segment et de quatre sur le second. En réalité, les quatre branchies internes du premier segment naissent deux à deux comme d'une base commune et offrent, par conséquent, l'apparence d'un V. Ce petit Térébellien présente un grand nombre de taches oculaires comme presque tous les jeunes individus appartenant à cette famille. Il s'agit pourtant bien d'une forme adulte qu'on rencontre souvent pleine d'éléments sexuels. Les ovules présentent même une petite particularité très-constante, qui suffit à faire reconnaître l'espèce. Elle a donné lieu au nom spécifique: La vésicule germinalive renferme une grosse tache de Wagner (fig. 8, a), à peu près centrale, et une seconde, plus petite (8, b) excentrique. M. Mecznikow fut le premier à reconnaître la con- stance de cette seconde tache que je n'ai retrouvée chez aucun autre Térébellien. Les tentacules sont incolores. Genre PHENACIA Qtrfg. Les Phénacies sont extrêmement proches parentes des Hélérophéna- cies, et ne s'en distinguent réellement que parce que les pharètres, au lieu d'exister dans toute la longueur du corps, sont restreintes à la région antérieure. Placer ce genre à côté des Térébelles, dans une autre tribu que les Hétérophénacies, c'est rompre les affinités naturelles de la ma- nière la plus évidente. 1. Phenacia ambigrada. PI. XVIII, fig. 6. Corpus longitudine T™', segmentis circa 34, flavum. Segmenta pharetris instructa vi- ginti, quorum tria anteriora toris uncinigeris destituta. In segmentis uncinigeris tribus anticis tori série unica uncinorum progressivorum nmniti ; cceteri sericm paraholleam un- clnorum plus minusve imperfectam prcebent. DU GOLFE DE NAPLES. 143 La distribution des plaques onciales fournit, comme on le voit par la diagnose, des caractères très-remarquables. J'insiste sur le petit nombre des segments antérieurs, ne présentant qu'une rangée de plaques onciales, rangée d'ailleurs rétrograde. Ce nombre ne peut pas être fixé exactement, parce qu'il y a deux ou trois segments in- termédiaires, où l'on ne peut pas encore parler de deux branches parallèles, mais où la parabole est pourtant naissante. La rangée de crochets est alors comparable à une canne à corbin couchée horizontalement. Dans les segments suivants le corbin s'al- longe et finit par former une branche parallèle à la canne. Les plaques onciales (fig. 6) ont une petite échancrure à la base et une forme assez différente de celle propre aux Térébelles. Cette forme parait se reproduire chez les autres Phénacies et Hétérophénacies. Les soies des pharètres sont lancéolées et bordées. Les tentacules sont peu nombreux, incolores, en forme de lanière aplatie. Je n'en ai jamais compté plus de dix à douze. Les branchies très-courtes sont au nombre de deux seulement. J'ai compté trente-six taches oculaires environ de chaque côté. Les boucliers ventraux cessent au '11™ 13 segment sétigère. L'estomac biliaire s'é- tend du 5 mo au 18 me . Malgré sa petitesse, cette Phénacie est adulte. J'ai rencontré des femelles et des mâles mûrs. Pas plus que l'espèce suivante ni que la précédente, je ne l'ai trouvée dans ses tubes. Elle errait dans la vase de mes bocaux. 2. PHENACIA RETROGRADA. PI. XVIII, fig. 7. Corpus longitudme 5 mm ,5, pallidwm, segmentais circa ■?(>. Segmenta pharetris immita 16, quorum anteriora tria toris uncinigeris destituta. Uncini toris oninilms sérient unicam semper retrogressivam efficientes. L'individu unique de cette espèce que j'ai rencontré n'était pas adulte, et il est pos- sible qu'il atteigne une taille bien plus grande. Toutefois je n'ai pas cru devoir le passer sous silence à cause de la disposition très-remarquable de ses plaques onciales. C'est le seul exemple que je connaisse d'un Térébellien à crochets tous rétrogrades. On m'objectera que cette disposition peut être modifiée avec l'âge. Mais c'est peu pro- bable. Il est, en effet, possible de déterminer des Térébelles, à nombre de segments biens moins considérable, uniquement par la disposition des pharètres et des crochets. 144 ANNÊLIDES CHÊTOPODES Lorsque le premier tore ambigrade (succédant à un nombre constant de tores pro- grades) apparaît chez une larve du genre Térébelle, son caractère ambigrade se ma- nifeste presque aussitôt. Les tores abdominaux sont assez saillants, cependant pas plus que chez les autres Phénacies et Hétérophénacies, ils ne renferment de soies de soutien. Il ne serait pas impossible que cette espèce ne représentât que le jeune âge de la Phenacia triserialis (Terebella triserialis Grube '). La description de M. Grube ne nous apprend malheureusement rien sur les plaques onciales 5 . Le nombre des tentacules n'était encore que de quatre, en forme de lanières apla- ties, ciliées sur la ligne médiane ventrale. Les branchies n'avaient point encore apparu. Toutefois la conformation des plaques onciales (flg. 7) ne permet guère de douter qu'il s'agisse d'une véritable Phénacie \ Les taches oculaires sont au nombre de vingt-cinq environ de chaque côté. L'estomac biliaire, rouge-brun, s'étend du me au I6 me segment sétigère. 2. TRIBU DES POLYCIRMDES (mlmgr.). (Terebklliens abranches Qtrfg. *) Nous devons à M. Malmgren la connaissance d'un grand nombre de Polycirrides nouveaux, parmi lesquels certains genres remarquables, comme les Lysilla et les Am;ea. En revanche, je ne puis accepter le prin- cipe de classification adopté par ce savant. Pour lui, le numéro d'ordre auquel apparaissent les crochets ventraux détermine le genre. Or, à ce 1 Archiv fiir Naturg., tome XXI, 1855, p. 118. * M. de Quatrefages (Uist. nat. des Aimelés, II, p. 364) place la Phenacia triserialis dans le genre Térébelle restreint. 11 imprime tout au long la diagnose de M. Grube qui énumère cependant tous les ca- ractères du genre Phenacia Qtrfg. ! 3 Si les branchies faisaient réellement défaut à cette espèce, elle devrait rentrer dans le genre Lapha- nia Mlmgr. ou dans le genre Lanassa Mlmgr. A proprement parler, cependant, M. Malmgren formerait pour elle un genre à part. En effet, la seule différence pour lui, entre les Lanassa et les Lapbania, c'est que les premières ont quinze segments à pharètre, et les secondes dix-sept. La Phenacia rétrograda en a, au contraire, seize. Ces genres, basés sur le nombre des segments, sont détestables. 4 Le nom proposé par M. de Quatrefages ne saurait être adopté, comme je l'ai remarqué plus haut, surtout depuis que M. Malmgren a décrit des Térébelliens proprement dits, complètement abranches, savoir les Leœna, les Lanaisa et les Lapltnnia. Le caractère essentiel des Polycirriens n'est pas l'absence de branchies, mais bien l'absence de vaisseaux, comme je l'ai fait ressortir ailleurs. DU GOLFE DE NAPLES. 115 point de vue, chaque Polycirride, jusqu'ici connu, devrait former un genre à part. Les études que j'ai faites sur ce groupe m'ont convaincu que ce caractère ne saurait avoir de valeur générique. Je doute même qu'il ait, comme chez les Térébelles, une valeur spécifique. On rencontre en effet dans la même localité des Polycirrides parfaitement semblables entre eux, si ce n'est que chez les uns les crochets apparaissent plus en avant, chez les autres plus en arrière. En outre, les premiers tores sont à peu près insignifiants et ne portent souvent qu'un ou deux crochets, au lieu de former d'emblée une rangée nombreuse comme chez les Térébelles. Plus loin, les crochets deviennent bien plus nombreux. Je désire attirer l'attention sur ces faits, afin qu'un examen plus appro- fondi nous enseigne s'il s'agit là de simples variations accidentelles ou d'espèces distinctes. Dans tous les cas, je ne puis admettre que les genres Leucariste Mlmgr., Ereutho Mlmgr., Polycirrus Grube, soient dis- tincts les uns des autres, ni que YApMebina hœmatodes Glprd., VA.pallida Clprd. et le Polycirrus Médusa Grube doivent former trois genres diffé- rents de ceux-là, comme le voudrait M. Malmgren. En face de tout le dédale de synonymes qui embarrasse l'étude de cette famille, je pense nécessaire d'établir dans un tableau les caractères essentiels des genres, tels qu'ils me semblent devoir être admis aujour- d'hui. A. Des pharètres sétigères et des tores uneinigères. a. Plaques onciales aviculaires. » Soies dorsales jusqu'à l'extrémité du corps . . . Aphlebina Qtrfg. '. (Apneumœa Qtrfg. ; Polycirrus Mlmgr.) S Soies dorsales dans In région antéi re seulement. Polycirrus Grube* non Mlmgr.) (Leucariste Mlmgr.; Ereutho Mlmgr.) /'. Plaques onciales sublinéaires, aciculiformes. . . . Am.ea Mlmgr. 13. Des pharètres dorsales. Point de plaques onciales. . Lysilla Mlmgr. 1 M. de Quatrefages a remplacé, il est vrai, plus tard le nom A' Aphlebina par celui A' Apneumœa, voyant moins d'inconvénient à faire dériver le nom générique d'un caractère physiologique que d'un caractère anatomique. L'opinion inverse trouverait, sans doute, plus de défenseurs. Dans tous les cas, le nom A' Aphlebina est excellent et rappelle un caractère essentiel; celui A' Apneumœa est, au contraire, condamnable quant au sens, car il est certain que les Polycirrides ne sont point privés de respiration. Il est préférable par suite de revenir au nom premier de M. de Quatrefages. 2 L'espèce-type de ce genre est le Polycirrus Médusa Gr. et non le /'. aurantiacus Gr., comme l'ail l Tome xx, l re Partie. 19 146 ANNÈLIDES CHÉTOPODES Genre POLYCIRRUS Grube. POLYCIRRUS CALIENDRUM '. PI. XXIX, fig. 2. Corpus longifudine 40-4"> mm , latUudine -l-i""°. aurantiacum. Orgomorum segmmtdliwm paria sex, in segmmtis setigeris anterioribus se.r. Segmenta plia refris minuta eirea 75, segmentis sequemtïbus eirea éOpha/retris setisque dorsicaUbus destitutis. Ce Polycirrus est remarquable par l'extrême délicatesse de ses tissus qui se lacèrent à la moindre manipulation. Il périt et se dissout avec une rapidité singulière dans les aquarium, particularité déjà signalée par M. Grube pour le P. Médusa. La belle couleur orangée est due non- seulement à l'intestin et aux glandes ou organes segmentaires, mais encore à un pigment péritonéal. Les parois de la cavité périviscérale sont couvertes de cils vibratiles, qui entretiennent dans un mouvement continuel le liquide périviscéral et les corpuscules fusiformes et incolores qu'il lient en suspension. La ressemblance avec le P. aurantiacus Gr. de Cherso est grande, ce- pendant ce dernier ne compte, d'après M. Grube, que trois paires de glandes segmentaires, tandis que le P. Caliendrum en possède six. Or, les erreurs sur ce point ne sont pas facilement admissibles. La paroi du corps esl en effet très-transparente, et les organes segmentaires, formés comme ceux des Térébelles de deux branches recourbées et accollées l'une à l'autre, ont toujours la plus large des branches colorée d'un orangé foncé, qui permet de les distinguer à l'œil nu. En outre, M. Grube M. Malmgren Dans le genre Polycirrus, ainsi compris, rentrent l'Aphlebina tiœmatodes et Y A. pallida que j'ai décrites dans mes Glanures. Remarquons, d'ailleurs, que le mot Polycirrus est une vox hybrida et devrait, si l'on suivait les usages puritains, être rejeté comme barbarisme. Toutefois, ce nom est em- ployé aujourd'hui par tous les auteurs, et il y aurait, semble -t-il, une certaine pédanterie à l'exclure. Ne conservons-nous pas généralement une autre vox hybrida, à savoir le nom même lYAnnélides, créé par Lamarck, en dépit des élymologies? ' Me Caliendrum, perruque (voyez Horace, Sat., lib. I, VIII). DD GOLFE DE NAPLES. I 17 indique seulement quarante paires de faisceaux de soies dorsales, tandis que j'en ai compté soixante-quinze chez les individus de Naples. Ce der- nier caractère peut, il est vrai, varier avec l'âge. Les premiers faisceaux de soies dorsales sortent de pharètres cylindriques, à languette terminale inférieure. Les suivants sortent directement de la surface du segment. Toutefois, le nombre de segments à pharètre n'est point constant. Je pense ne pas devoir distinguer de cette espèce des individus très- courts, ne comptant que huit à dix segments sétigères, mais presque aussi larges que les individus de cent quinze segments. Peut-être sont- ils des adultes, ayant perdu accidentellement une partie de leur corps. Cependant ils ont tous un segment terminal renflé et achète, portant un anus entouré d'une couronne de plis très -réguliers. Ces individus courts ne renferment jamais d'éléments sexuels. Le volume de leurs tentacules considérés en masse, excède parfois de beaucoup celui du corps lui-même. La membrane tentaculifère est élégamment striée et pigmentée sur le dos. Son bord antérieur s'étale en une collerette délicate qui embrasse la basa des tentacules. Ceux-ci, chez beaucoup d'individus, sont de deux espèces: les médians sont jaune-soufre, les externes presque incolores. La couleur des premiers est due à la couche la plus interne du tissu. Les deux espèces de tentacules fonctionnent comme cordes de hàlage dans la locomotion de l'animal. Ils ne renferment aucune trace du vais- seau (lymphatique) percé à claire-voie , dont M. de Quatrefages parle chez son Aphlebina leoncina '. On remarque parfois, de chaque côté du corps, un profond sillon qui détache en quelque sorte la partie médiane dorsale comme un bourrelet longitudinal de la masse du corps placée au-dessous. Ces sillons corres- pondent à l'insertion de muscles transverses, semblables à ceux que j'ai fait connaître chez les Polycirrus (Aphlebina) de Port-Vendres. Le segment, auquel apparaissent les plaques onciales (2 A), m'a paru inconstant. C'est chez certains individus le sixième sétigère, chez d'autres 1 Quatrefages, Ann. des sciences naturelles, tome XIV, 1850, p. 300. 148 ANNÊLIDES CHÉTOPODES le neuvième. S'agit-il peut-être d'espèces différentes que j'aurais con- fondues? Chez les individus de grande taille, les tores uncinigères deviennent dans la région postérieure de véritables palettes très-saillantes (2 C), dans lesquelles on trouve des soies de soutien, correspondant à chaque plaque onciale. Ces soies internes ne se montrent point seulement comme chez certaines Térébelles dans les segments dépourvus de soies dorsales, mais il existe toujours une série de segments, ayant à la fois les faisceaux dorsaux et les soies de soutien des palettes ventrales. Dans l'extrémité postérieure du corps, ces dernières existent seules. Les régimes discoïdaux de nucléus aux dépens desquels se déve- loppent les zoospermes, atteignent un diamètre de lum ,2i. Famille des SERPULIENS Bumieister. La famille des Serpulicns forme un tout extrêmement homogène sur les limites duquel tout le monde est généralement d'accord aujourd'hui. La subdivision en tribus paraît rencontrer plus de difficultés. M. de Quatrefages en distingue trois : les Sabellides, les Hétérosabellides et les Serpulides'. La dernière tribu est operculée, les deux autres ne le sont pas, mais les Hétérosabellides ont les régions du corps indistinctes, tan- dis que chez les Sabellides le thorax est distinct de l'abdomen. M. de Quatrefaees a eu dans cette subdivision la main très-mal- heureuse. Ses Hétérosabellides n'ont les régions indistinctes que parce que l'auteur n'a pas su les reconnaître, car chez eux l'abdomen se dis- tingue du thorax par les mêmes caractères que chez les Sabellides. Il est donc nécessaire de réunir ces deux tribus en une seule. Mais les tribus naturelles des Sabellides et des Serpulides doivent être caracté- 1 Histoire naturelle des Annelés, il, p. i20. PI' GOLFE DE NAPLES. 1 \S) risées loul autrement que ne le fait YHistoire des Ânnelés, savoir celle des Serpulides par l'existence d'une membrane thoracique couverte de cils vibratiles, celle des Sabellides par l'absence de celte membrane. La distinction d'après la présence ou l'absence d'opercule est mal choi- sie. Elle conduit M. de Quatrefages à placer les Protules et lesPsygmo- branehes, malgré leur membrane thoracique, parmi les Sabellides. Le sens du mot opercule n'étant pas d'ailleurs déterminé pour l'auteur, il l'applique au moindre renflement de l'extrémité des branchies. Il est ainsi conduit à distraire du genre Protule certaines espèces, comme la P. Dysteri par exemple, et à les placer dans la tribu des Serpulides, tandis que les autres espèces sont reléguées parmi les Sabellides. Tout cela est artificiel. Il en est de même de la position des Phoronis Wright parmi les Sabellides. Ce genre ne peut pas occuper de place parmi les Serpuliens. Il doit même être exclu de la classe des Annélides'. M. Malmgren * a mieux réussi en divisant les Serpuliens en trois familles: Sabellides, Eriographides et Serpulides. Je lui reprocherai toutefois de n'avoir pas conservé le groupe des Serpuliens dans le sens de Burmeister comme un ordre comprenant ces trois familles, car ce groupe est parfaitement naturel. En outre, je ne trouve pas ces trois familles équivalentes: les Eriographides n'étant que des Sabellides chez lesquels les branchies sont réunies par une palmure. Or, cette palmure pouvant être développée à des degrés très-divers, fournit un très-mau- vais caractère. Je réunis donc les Eriographides aux Sabellides, et je ne 1 Les affinités immédiates de ce singulier type sont avec les Géphyriens, d'une part, et les Bryozoaires d'autre part. C'est ce qu'on peut déjà entrevoir par le travail de M. Dyster que M. de Quatrefages cite bien, mais dont il ne semble pas avoir pris connaissance. La juxtaposition de la bouche et de l'anus constatée déjà par M. Dyster et M Allinan, est étrangère au type des Annélides. Les Phoronis pullulent dans le port de Naples, et j'ai pu en faire une étude approfondie. Je n'en rendrai point compte ici, ayant appt is que M. Kowalewsky est sur le point de publier un .Mémoire étendu sur ce sujet. Qu'il me soit per- mis de dire seulement, en confirmation d'une découverte importante de M Kowalewsky, (pie la larve des Phoronis est une Actinolrocha. Il est probable, par conséquent, que les jeunes Sipunculidesque M.Schnei- der a vu résulter de la transformation de-- Actinotrocha sont de jeunes Phoronis. Il en est sans doute de mémo du Géphyrien cilié du golfe de la Clyde que j'ai fait connaître, il y a quelques années. ' Nordiska Hafs-Annulaler. —Œfvers. ufK. Vet.-Akad.Fôrh-, 1S65, n° 5, p. 397 et 408.— Annulata jmlyclueta, etc., p. 1 19. 150 ANNËLIDES CHÉTOPODES distingue que deux tribus: celle des Serpulides, à membrane thoracique, et celle des Sabellides, dépourvue de membrane thoracique. Dans la tribu des Sabellides on trouve très-généralement sur la ligne médiane du ventre un sillon parfois très-profond. Chez beaucoup d'es- pèces, ce sillon s'arrête, en avant, à l'extrémité postérieure du thorax, ou plutôt il s'infléchit à cet endroit, passe sur le côté droit du corps, et se rend sur le dos, pour se continuer sur la ligne médiane dorsale, jusqu'à l'extrémité antérieure du thorax. Ce sillon, bizarre dans ses allures, a souvent été utilisé par les auteurs dans la distinction des espèces; mais je ne sache pas que personne ait encore reconnu sa valeur physiologique. Il est couvert de cils vibratiles dans toute son étendue, et les cils battent de manière à chasser d'arrière en avant les particules étrangères qui pénètrent dans le sillon. Les cils se reconnaissent en portant sous le microscope un fragment de la paroi du sillon. Quant à la direction du mouvement, on s'en assure facilement en semant dans le sillon d'une grande Sabelle ou d'un Spirographe une poudre fine, du carmin par exemple. Cette poudre est transportée en avant d'un mouvement régu- lier. Le rôle du sillon est d'emmener au dehors les matières fécales ex- crétées dans le tube. De là le nom de sillon copragogue que je lui applique. L'utilité de la déviation du sillon au thorax est évidente. Si le sillon se continuait en avant jusqu'au bord antérieur du thorax, les matières fé- cales seraient entraînées dans la bouche par le mouvement ciliaire des tentacules. Mais le sillon se détourne au contraire sur le dos et les en- traîne au loin. Chez les espèces dans lesquelles le sillon copragogue est ventral dans toute sa longueur, il devient de moins en moins profond dans la région antérieure et n'existe en réalité plus dans les premiers segments thoraciques. Lorsque le ver est en partie sorti de son tube, le thorax fait en général un angle avec l'axe du tube, au point où il sort de l'ouverture. Les matières fécales étant rejetées par le sillon dans la direction de l'axe du tube, n'arrivent point à la bouche '. 1 Si cette conformation eût été connue de Hunter, il se serait moins étonné de ce que les Serpulieus ont un anus, tandis que les Polypes n'en ont point. Le grand anatomiste était surpris de ce que les ma- DU GOLFE DE NAPLES. 151 Chez les Serpulides, où le sillon copragogue n'existe à proprement |Kii'ler pas, l;i surface ventrale (quelquefois la dorsale) est en partie ciliée ainsi que M. de Quatrefages a été le premier à le constater. Ces cils jouent sans doute un rôle analogue à celui du sillon copragogue des Sabellides. Quant aux cils de la membrane thoracique, leur fonction est sans doute différente. La richesse vasculaire de cette membrane me porte à la considérer comme un organe respiratoire accessoire. M. de Quatrefages a découvert que chez certains Serpuliens le canal intestinal est renfermé dans une lacune, ou plutôt dans une véritable gaine vasculaire tenant lieu de vaisseau dorsal. Cette observation est parfaitement juste et parait s'appliquer à la majorité, peut-être à la totalité des espèces de cette famille. Les dernières années nous ont révélé divers cas d'hermaphrodisme parmi les Serpuliens. Les pages qui suivent en feront connaître de nou- veaux exemples dans les genres Laonome, Salmacina et Pileolaria. I. TRIBU DES SABELLIDES. Genre FABRICIA Blainv. ' Fabricia Sabella. Amphicara Sabella Ehrb., Mitlheil. der Ges. naturf. Freunde, 1836. Qthonia Fabricii Johnst., Loud. Mag. of Nat. Hist., vol. VIII, p. 181, fig. 19. Fabricia quadripunctala Frey und Leuck., Beitràge zur K. wirb. Thiere, p. 157 (1847). Amphicora Sabella Ose. Schmidl, Neue Beitràge zur Naturg. der Wûrmer, 1848, p. 21. Fabricia affinis Leuck., Archiv fur Naturg., 1840, l. XXIX, p. 193. Fabricia Sabella Grube, Familien der Anneliden (1851), p. 95. Othonia Fabricii Gosse, Ann. and Mag. of Nat. Hist., 2 me série, t. V, p. 33. Fabricia Sabella Clprd., Recherches anat. sur les Annel. Turb. etc., des Hébrides, 1861, p. 50. Fabricin quadripunctala Mecznk., Zeitsch. fur wiss. Zool., XV, Band I (1865), p. 328. Fabricia Amphicora Qtrig., Histoire naturelle des Annelés, 1866, II, p. 444. Fabricia quadripunctala Marcusen, Archiv fur Naturgeschichte, 1867, p. 358. tières lécales doivent et peuvent voyager de l' extrémité postérieure du tube jusqu'à l'extrémité antérieure. Voyez Description of a neiu marine Animal, in a letter from M. Everard Home, surgeon, toi. Hunier Esq. with a postscript by M. Hunter. — Philos. Transact., Mardi 1785, vol. LXXV, p. 333. 1 M. Malmgren donne la préférence au nom d' Amphicora, qui ne date que de 1836, sur celui de Fabri- 152 ANNÈLIDES CHÉTOPODES Celle espèce n'est poinl rare aux environs de Naples, où on la distin- gue immédiatement de ses voisines, grâce à ses deux cœurs branchiaux de couleur rouge. M. Mecznikow, auquel nous devons un mémoire cir- constancié sur la T. Sabella du Nord, s'est aussi convaincu qu'on ne saurait en distinguer spécifiquement celle de Naples. M. Marcusen l'a trouvée à Odessa, et, ignorant son existence dans la Méditerranée, il y voit un argument en faveur de sa thèse, que la faune delà mer Noire ressemble plus à celle de la mer du Nord qu'à celle de la Méditerranée. Il est clair que la force de cet argument-là (je ne parle pas des autres), se trouve invalidée. En face de la longue synonymie de cette espèce si bien caractérisée, je tiens à relever de nouveau la priorité du nom spécifique de Sabella, proposé par M. Ehrenberg. M. de Qualrefages a cru mettre un terme à toutes ces difficultés en créant récemment un nom nouveau, destiné à remplacer les anciens. Ce principe révolutionnaire de législation zoolo- gïque trouvera difficilement des défenseurs \ cia établi par Blainville dès 18*28, et cela parce que le nom de Fabricia a déjà été employé, soit en bo- tanique, soit en entomologie. Je ne pense pas que cette raison soit suffisante pour annuler la priorité du nom de Blainville. (Voir plus haut la note à propos du genre Siphonostoma Otto, page 107.) D'ailleurs le nom de Fabricia, dût-il être abandonné, celui d'Othonia Jolinst. primerait le nom d'Aniphicora. Il est vrai que M. Malmgren ne peut supporter le nom d'Othonia, parce qu'il est formé d'après un nom de baptême (Christningsnamnet). Sa législation zoologique est décidément bien draconienne. Pour ma part, quelque peu chrétien que je sois, je ne saurais repousser un nom de genre par la seule raison qu'il rappelle aussi indirectement une cérémonie de l'Église. Parce que la nomenclature zoologique parle quasi latin, il n'est pas nécessaire qu'elle s'affuble d'un paganisme intolérant. Combien de genres bien établis ne faudrait-il pas dénommer à nouveau ? Un zoologiste oserait-il rejeter, par exemple, l'excellent genre d'Annélides Armandia dédié par feu mon ami F. de Filippi à M. de Quatrefages. Fau- dra-t-il peut-être le transformer en Quatrefagesiu ? Dans ce cas, un Romain ressuscitant pourrait nous demander de prendre un peu moins à cœur l'intolérance de sa nation et un peu plus l'harmonie de sa langue. 1 La synonymie de cette espèce est d'ailleurs faite peu exactement dans l'Histoire naturelle des An- nelés. L'auteur indique parmi ses synonymes le nom de Fabricia auadripunctata, comme employé par M. Grube, par M. Schmidt et par moi. Nous nous sommes, au contraire, servis expressément, M.Grube et moi, du nom de Fabricia Sabella, M. Schmidt de celui d'Amphicora Sabella. 1)1 GOLFE DE NAPLES. 153 Genre ORIA Qtrfg. Syn. AMPHICORINA Clprd. non Utrlg. Oria Armandi. *Fabrkia (Amphicorina) Xrmandi Clprd., Glanures, p. 36, pi. III, fig. 2. Onu Armandi Qlrfg., Histoire naturelle des Annelés, II, p. 462. Celle espèce est commune à Naples. Je n'ai rien à ajouter à son sujel aux études anatomiques publiées dans mes Glanures. J'avais cru pouvoir rapporter ce ver au genre Amphicorina Qtrfg., qui n'était alors connu que par un passage méritant à peine le nom de diagnose. Depuis lors M. de Quatrefages a caractérisé ce genre d'une manière plus précise, et il a cru devoir en séparer Y Amphicorina Ar- mandi sous le nom générique tYOria. J'adopte ce nom. Toutefois je ne puis étouffer une remarque. Je ne doute pas que le genre Amphicorina ne tombe comme tant d'autres dans le caput mortuum de la science. Le genre Amphicorina est en effet censé se différencier des Oria par l'absence de transposition des soies caractéristique des Oria et de tant d'autres Sabellides. Quoique étudiée par de nombreux observateurs, la Fahricia Sabella a passé pour échapper à la loi de la transposition des soies, jusqu'au jour où, par un examen plus attentif, j'ai montré qu'elle y était en réalité soumise. Les études de M. de Quatrefages sur ses Amphicorines sont antérieures à la constatation de ce fait ; il n'est donc point étonnant qu'il ait cru que ces petites Annélides ne présentent aucune interversion des soies. Mais aujourd'hui, il est au contraire vrai- semblable que cette transposition existe bien réellement, et qu'elle a échappé à l'observateur. Tome xx, l re Partie. 20 154 ANNÉLIDES CHÉTOPODES Genre AMPHIGLENA Clprd. Amphiglena mediterranea. AmphicoTd mediterranea Leydig, Zeitschr. fur wissens. Zool., III, 1851, p. 325. ? Fabricia gracilis Grube, Archiv fur Naturgesch., 1855, p. 123. Amphiglena Armandi Clprd., Glanures zootomiques, 1864, p. 32 (492). Amphiglena mediterranea Clprd., [bid., p. 128 (588), pi. III, fig. I. » o Qlifg-, Histoire naturelle des Annelés, II, 4G3. PI XII, fig 6. Cette Amphiglène abonde partout dans le golfe de Naples et remplit les aquarium. Je n'ai pas négligé cette occasion de répéter les obser- vations que j'avais faites à Port-Vendres sur l'hermaphrodisme de ce Serpulien. La chose était d'autant plus nécessaire que M. de Quatrefages avait jeté dans l'intervalle quelques doutes sur l'exactitude de ma des- cription'. L'hermaphrodisme des Amphiglènes est au-dessus de toute espèce d'incertitude. M. Mecznikow, pendant son séjour à Naples, s'en est convaincu tout aussi bien que moi. Si, comme M. de Quatrefages le remarque, j'ai négligé de parler de mouvements chez les prétendus zoospermes, c'est que je considère une pareille indication comme super- flue chez les Annélides. Pour dissiper tous les doutes du savant Acadé- micien, je publie les dessins représentant divers stades d'évolution des régimes de zoospermes (6 A; 6 B et 6 G). Ces stades n'exigent pas de description, car ils correspondent exactement à ce que chacun connaît chez d'autres Annélides. Cependant je ne négligerai pas de dire expres- sément cette fois, que les zoospermes mûrs sont tout aussi mobiles que ceux d'autres Annélides. Les œufs mûrs sont d'une belle couleur rose. La tache pigmentaire que j'ai signalée à la base de chacun des tenta- 1 M. de Quatrefages se plaint de mon laconisme. (Voyez Hist. nat. des Annelés, tome II, p. 411.) Ce blâme m'a fait sensiblement plaisir. J'ai toujours eu pour ma part le sentiment cme nos successeurs nous reprocheront, à moi et à la plupart de mes contemporains, notre extrême verbosité. DU GOLFE DE NAPLES. 155 cules ciliés, ne saurait être considérée comme un œil. A l'aide d'un fort grossissement, on peut s'assurer que la substance colorante est renfer- mée dans un boyau tordu sur lui-même en forme de 8 (6 D). Les branchies', traitées par la glycérine colorée en vert pâle par de l'acide chromique, laissent facilement reconnaître les grands nucléus de leur coucbe sous-culiculaire (6 E, c). Dans les rayons, les cellules de l'axe cartilagineux forment une série unique, dans laquelle chaque cel- lule est quatre ou cinq fois plus longue que large (6 E, b). Genre SPIROGRAPHIS Viviani (Qtrfg. rev.). A la diagnose du genre Spirographis, telle que l'a donnée en dernier lieu M. de Quatrefages, il est nécessaire d'ajouter un caractère important, celui d'une rangée de soies en pioche, à côté de la rangée de crochets sur les tores unchngères de la région thoracique 2 . Spirographis Spallanzanii. CoraUma tubulariu melitensis Ellis, Corallines, p. 107, pi. 33. Amphitrite Penicillus Gmel. (non Linné), Syst. natur. , lom. I, pars 6, p. 31 10. Amphitrite Ventilabrum Gmel., Syst. natur., tom. 1, pars 6, p. 3111 i , pro parte. 1 Est-il besoin de dire que les cils vibratiles forment une double rangée sur le côté interne seulement des branchies, comme chez tous 1rs autres Serpuliens? M. Williams affirme pourtant que celte disposition est particulière à quelques espèces de la famille seulement! (Report on british Annelida, p. 192.) 4 Les seuls auteurs qui, à ma connaissance, aient déjà mentionné les soies en pioche des Spirographes sont M. Grube et M. Williams. Le premier les décrit comme des leviers susceptibles d'agir sur les soies à crochets. Voyez Zur Anal. u. Physiol. d. Kiemenwiïrmer, Kônigsberg, 1838, p. 25.) Le second (Report on british Annelida, p. 205) en donne, d'ailleurs, une description assez inexacte. 5 La confusion qui règne dans la science relativement à Y Amphitrite Ventilabrum et à ['Amphitrite Pe- nicillus m'oblige à rejeter ces deux noms et à adopter celui de Spirographis Spallanzanii proposé par Viviani. En effet, Gmelin dans son édition du Systema nature donne comme synonyme à son Amphitrite \enttlubrum la Sabella Penicillus Linn., de l'édition précédente du Syst. nat. En outre, bien qu'il l'indique comme habitant la Méditerranée, il lui donne comme synonyme la Tubularia Penicillus 0. -F. Midi, du Groenland. UAmph. Penicillus Gmel. du golfe de Naples (loc. cit.. p.3110)est probablement bien iden- tique à notre espèce. Quant à Y Amphitrite Ventilabrum Dalyell (Vie powers of the Creator, vol. II, p. 212, pi. XXX) ce n'est point un Spirographe. U faut peut-être l'identifier avec la véritable Sabella Penicillus Linn. non Gmel. 156 ANNÉL1DES CHÊTOPODES Spirographis Spallansanii Viviani ', De phosphor. maris. Genuœ, 1805, p. 14. Specie di Tuhularia Spallanzani, Vlemoric délia Società italiana, vol. II, p. 2 (fide Viviani). Ampkitrite Ventilabrum Lamarck, Histoire des animaux sans vert., tome V, p. 610. Sabella unispira Cuvier, nouvelle édition, 1830, tome III, p. 193. » Ventilabrum Sav., Syst. des Annélides, p. 81. » unispira Sav., Ibid., p. 80. Ampkitrite Ventilabrum Blnv., Dict. des Sciences natur., art. Vers, p. 434. » Spallanzanii Dlnv., Ibid., p. 434. » Ventilabrum Piisso, Histoire natur. Eur. mûrid., IV, p. 410. * Josepltinœ Uisso, Ibid., p. 410. Sabella Ventilabrum Délie Cliiaje, Desmzione e notom , tome III, p. 71. » unispira Grime, Zur Anat. und Phys Kiemenwurmer, p. 24. » unispira Edwards, Règne animal illustré, Annélides, pi. 4. ? > Josepbinœ Grube, Archiv fur Naturgesch., 1846, p 53, taf. II, fig 6. » Ventilabrum Grube, Familien der Anneliden, p. 88. » Spallanzanii, Grube, ibid., p. 88. Spirographis Spallansanii Qtrfg , Histoire naturelle des Annelés, 11, p. 427. » elegans Qtrfg., Ibid , p. 430. » brerispirti Qtrfg., Ibid., p. 430. Sabella Ventilabrum Qtrfg., Ibid., p. 554. ? Spirographis longispira Qtrfg., Ibid., p 129. PI. \\\. fig. 2 L'abondance de cette magnifique Annélide dans le golfe de Naples m'a permis d'en étudier de riches séries et de débrouiller sa synonymie fort confuse. Les auteurs l'ont partagée en plusieurs espèces, d'après divers caractères que l'étude comparée d'un grand nombre d'individus, montre dépourvus de toute valeur taxonomique. Je vais les examiner les uns après les autres. Chez les Spirographes, l'une des branchies est constamment plus développée que l'autre. C'est tantôt la droite, tantôt la gauche indiffé- remment 2 . Sans doute à ce point de vue il y a des races plus ou moins 1 Dalyell (Tlie Powersofthe Creator, vol. II, p. 228), sans doute par une erreur de copie, écrit Spino- graphU au lieu de Spirographis, et cite à l'appui ces prétendues paroles explicatives de Viviani : « Spino- gruphis, id est penicillus in spinam ilepictus. » Cette pbrase ne serait point dépourvue de sens. Eu effet, j'ai rencontré souvent des Spirographes qui ont perdu les barbules des branchies et dont les rayons, ou du moins leurs axes cartilagineux restent seuls sous la forme de longues épines. Mais ce caractère est purement maladif, comme le fait remarquer Dalyell, auquel il n'avait point échappé. D'ailleurs la phrase de Viviani, inexactement citée par l'illustre Écossais, est textuellement: « Penicillus in spiram efficlus. » * Ce fait n'est point nouveau. Il a été déjà affirmé de la manière la plus positive par M. Grube (Zur Anal. u. Plujs. d. Kiemenwurmer, p. 25) dès 1838 Cela n'empêche pas Al. de Quatrefages d'établir en DI GOLFE l>E NAl'I.ES. 157 permanentes. J'ai loul au moins remarqué que dans le produit de la pèche d'un seul pêcheur, faite généralement dans une seule et même lo- calité, l'atrophie frappe la même branchie chez la majorité des individus. Le nombre des tours de spire de la branchie développée est très-in- constant. Je l'ai vu varier de un à six et demi. En général, les plus gros individus ont aussi le plus grand nombre de tours de spire. La longueur et la finesse des barbules des rayons branchiaux est également sujette à variation. La coloration des branchies varie tellement que, sur une douzaine d'individus, on en trouve difficilement deux chez lesquels elle soit parfai- tement semblable. Quelques-uns ont les branchies pâles et entièrement monochromes. D'autres ont les rayons de la branchie jaunes, avec une série d'anneaux blancs et violets ou bruns; les anneaux blancs sont en général restreints à la base de la branchie. Ces anneaux colorés, étant pla- cés à la même hauteur dans tous les rayons, forment en apparence des bandes spirales parallèles très-élégantes, dont le nombre peut s'élever jusqu'à six pour une seule couleur (violet). Entre ces deux colorations extrêmes, on rencontre tous les intermédiaires, soit sous le point de vue du nombre des anneaux colorés, soit sous celui de l'intensité de la colo- ration \ Le seul des caractères prétendus spécifiques, qui m'ait semblé très- constant, c'est celui du nombre des segments thoraciques. Je l'ai trouvé toujours de huit. M. Grube affirme, il est vrai, le contraire 2 . Il dit l'avoir vu varier de la manière la plus positive. S'il en est ainsi, il devient im- possible de distinguer 1 la Snbella Josephinœ Gr., et le Spirographis lon- gispira Qtrfg. du Sp. SpaUanzanii. Lorsque je communiquai le résultat de ces recherches à mon ami, M. le professeur Panceri, il me dit que le musée de Naples possédait 1865 des espèces de Spirographes basées uniquement sur ce caractère variable. Ellis décrit la grande branchie comme étant toujours la gauche ; et ce cas est peut-être au moins le plus fréquent. 1 Cette grande variabilité dans la coloration des branchies des Sabelles est déjà relevée par Fabri- cius chez la TuMaria Penicillusdu Groenland. (Yoy. Faunu Grœnlandica. Hafniœ etLipsiœ, 1780, p. 110.) * An-hiu fur Naturgesch., 1846, XII, p. 55. 158 ANNÉLIDES CHÉTOPODES une riche série de Spirographes et qu'il n'avait jamais eu de peine à distinguer le Sp.SpaUanzanii de la Subella Venlilabrum. Toutefois, ayant à ma demande revu ses bocaux, il acquit la conviction que tous les in- dividus de grande taille avaient été attribués au Sp. Spallanzanii et tous les individus plus jeunes à la Sab. Venlilabrum ou la Sab. Josephinœ. Il est en effet impossible de trouver de jeunes individus dont la bran- chie fasse six tours de spirale (Sp. elegans Qtrfg.), ou même seulement trois à quatre (Sp. Spallanzanii Qtrfg.), tandis que ces chiffres sont très- fréquents pour les individus de grande taille. Cbez les individus qui n'ont encore que 5,5 centimètres de long sur 3 à 4 mm. de large, indi- vidus dont les branchies sont aussi longues que le corps et fort grêles, c'est à peine si la base de l'une des branchies commence à s'enrouler en spirale. Je n'ai compté dans ce cas que vingt-cinq rayons à la grande branchie contre vingt-deux à la petite. Sans le secours de la numéra- tion on ne se douterait pas que l'une des branchies soit plus développée que l'autre. Les jeunes Spirographis sont donc de vraies Sabelles. Le tube des jeunes individus a d'ailleurs la même apparence que celui des adultes, sa surface externe grise, paraissant formée d'un limon très-fin. Mais les couches internes, nombreuses, incolores sont purement organiques, comme Ellis et Viviani le savaient déjà, et fort extensibles. Je ne doute pas qu'elles ne soient susceptibles d'une extension considé- rable pendant la croissance en diamètre de l'animal 1 . Nous devons à M. Grube une monographie anatomique de cette espèce (Sabella unispira Grube) à laquelle il n'y a que peu de chose à changer. C'est chez elle qu'il fit la découverte du cartilage branchial des Serpuliens % cartilage qui a été vu depuis lors par MM. Schmidt, 1 On ne saurait trop recommander, pour l'étude de la formation du tube des Sabellides, la lecture de Dalyell. Chez des Sabella Penicillus (Amphitrite Venlilabrum Dal.) eu captivité, il a pu suivre pas à pas l'édification du tube pendant des mois entiers (Voyez The pawers of the Creator, vol. 11, p. 212-235). La régénération des branchies tombées par accident y est suivie avec beaucoup de soin. s M.Edwards attribue la découverte des cartilages branchiaux chez les Serpuliens à M. de Ouatrefages (Leçons sur l'anat. et la physiol., II, p. 103). Toutefois M. Grube les avait déjà signalés bien plus tôt, et, à une époque où le nom même d'histologie était encore à créer, Viviani écrivait : « Honnit jîlamcntorum (i. e. branchialium) particula microscopio subjecta tubum exhibet carlilagineum, totum in annulos sectum, etc.» DU GOLFE DE NAPLES. 159 Quatrefages, Leytlig, Huxley, Williams' et d'autres, mais qui a fait sur- tout l'objet d'une étude histologique soignée de la part de M. Kôlliker*. M. Kôlliker paraît n'avoir eu entre les mains que des Spirographes conservés dans l'alcool, de là certaines erreurs qui seraient impossibles chez les individus frais. Il décrit très-exactement la cuticule, la couche sous-cuticulaire, les muscles longitudinaux occupant le côté dorsal de la branchie et l'axe cartilagineux. Je ne puis que confirmer entièrement sa description en ajoutant que le cartilage est toujours enveloppé d'une épaisse gaine hyaline (fîg. 2, e), que M. Kôlliker paraît d'ailleurs avoir vue quelquefois \ Le reste de l'organisation lui a échappé. Le côté convexe de l'axe cartilagineux est adjacent à une cavité tubulaire qui s'étend d'un bout à l'autre de la branchie, et dans laquelle pénètre le liquide périvis- céral. Cette cavité est tapissée d'un épithélium pavimenteux (fig. % f). Elle renferme le vaisseau sanguin (• » Grube, Familien der Anneliden, p. 88. » » Williams, Report of Brit. Assoc ., 1851, p. 205, et Ann. and Mag., XII, p 205. » » Jolmston, Catalogue of Worms, p. 250. » » Qtrfg., Histoire naturelle des Annelés, II, p. 450. PI. XXII, fig. 5. ' M. Kollikera déjà décrit un axe cartilagineux dans les tentacules de la Dusychone Bombyx (loc. cit., p. 530). nu GOLFE DE NAPLES. 1(55 Corpus I /""'" longum, latitttdine l° mt , obscure vinosum, albo tenuissvme punctatum, col- lari oXbicante, branchiis olbo antudatis, toris uncinigeris fhoracicis sternum versus macula rubra minuta ornatis. Segmenta thoracica octo. CoUare bUobum. Il ne m'est pas possible de différencier les individus de la mer de Naples de ceux que les auteurs ont décrits de l'Océan. Leur taille est un peu supérieure, mais Là se borne la différence. Je ne puis, en effet, attribuer une grande importance à la coloration des branchies (olive green, moltled witb gray Montagu); ces organes offrent en général peu de fixité de couleur parmi les Sabellides. La couleur de l'abdomen tirant un peu sur le violet dans l'espèce d'Angleterre, ne peut également caractériser qu'une variété locale 1 . Le corps est à peu près semblable par son diamètre à celui du Spirograpkis Spattanzanii, mais la brièveté des branchies, longues seulement de 2 cent ta 2 7* cen S et groupées en un entonnoir conique, brun, à quatre zones blanches., détruit toute ressem- blance. Chacune des moitiés de la collerette a le bord entier, mais ces deux moitiés sont séparées l'une de l'autre, du côté dorsal, par un large inter- valle concave, au fond duquel se voient deux lobes membraneux, bruns (lig. 5), qu'on pourrait peut-être considérer comme deux autres lobes de la collerette, bien qu'ils soient tout à fait indépendants des premiers. Les filaments branchiaux sont au nombre d'environ trente-deux de chaque côté et leurs barbules d'une longueur très-remarquable. L'extré- mité de chaque filament (5 A) dépasse l'œil beaucoup moins que dans l'espèce précédente. L'œil lui-même esta peu près hémisphérique, large de 0"" u ,19, c'est-à-dire relativement beaucoup plus petit que celui du Br. Kbllikeri. La largeur des cristallins est de 15 microm.; l'épaisseur de la membrane pellucide 4 microm. ' En revanche, c'est par erreur que M. Leuckart (Archiv fur Naiurtj , 1860, Rericht [Separatabdruck, p. 3]) rapporte à la S. vesiculosa Y Ampliitrite fioscula Dalyell (The puwers of the Creator, etc., vol. II, p. ti VT>, p|. XXXI, fig. 9). Cette magnifique espèce ne peut rentrer que dans le genre Ghone Krôyer, mais elle se distingue de toutes les Chones jusqu'ici décrites par un œil à l'extrémité de chaque Idet branchial. L'Histoire naturelle r/cs Annelés la passe sous silence, comme toutes les espèces de Dalyell, les ouvrages de cet auteur étant restés inconnus à M. de Quatrefages. 166 ANNÉLIDES CHÉTOPODES Les boucliers ventraux sont entiers au thorax, divisés a l'abdomen par le sillon copragogue. Celui-ci (5 B, b) passe au dos du côté droit', en se divisant en deux branches, dont l'une passe entre le dixième et le onzième, l'autre entre le neuvième et le dixième segment. Ces deux branches confluent en dehors du bouclier ventral du dixième segment, et la partie droite de ce bouclier, d'ailleurs bien plus petite que la gauche, se trouve comprise entre elles, comme entre les bras d'un fleuve. Puis le sillon copragogue continue obliquement sa marche sur le côté du neuvième segment et atteint la ligne médiane dorsale au huitième. A partir de là, il continue son chemin sur la ligne médiane dorsale, jusqu'à l'extrémité antérieure. Le tube du ver est encroûté d'un sable très-fin. D'après Monlagu, l'espèce des côtes de la Grande-Bretagne aurait son tube couvert de pe- tits cailloux. Celte différence tient peut-être uniquement à une nature autre du fond de mer sur lequel vivent les individus dans les deux loca- lités. Cependant il est possible qu'une étude plus approfondie conduise à établir une différence spécifique entre ces deux variétés. Je ne suis pas parfaitement certain que le Br. Kollikeri ne doive pas être considéré comme le jeune âge du Br. vesiculosum, d'autant plus que les deux seuls exemplaires que j'aie reçus de ce dernier étaient en état de maturité sexuelle, et le Br. Kollikeri jamais. La coloration, bien que très-différente, offre ce trait commun que l'une des formes comme l'autre est finement piquetée de blanc. Les circonstances qui m'ont em- pêché de les réunir sont l'absence d'intermédiaires, la forme de la colle- rette, le port tout autre des branchies, l'absence des deux filaments branchiaux à position spéciale et le manque de follicules mucipares dans les antennes chez le Br. vesiculosum. ' Montagu dit au côté gauche, mais il a pris le dos pour le ventre. Cette erreur s est perpétuée pour toutes les Sabelles jusque dans le Catalogue de Johnston (1865); M. Williams l'étend à tous les Serpu- liens chez lesquels il représente les plaques onciales thoraciques comme appartenant à la surface dor- sale. DU GOLFE DE NAPLES. H)7 Genre LAONOME Mlmgr. M. Malmgren a séparé du genre Sabelle sous le nom de Laonome les espèces qui ne portent sur chaque tore uncinigère qu'une seule rangée de soies, à savoir des crochets très-semblables à ceux des vraies Sabelles. Les soies en pioche leur l'ont totalement défaut. Laonome Salmacidis '. PI. XXIV, 6g. i. Corpus hi/ihiiliiir :;"". flavum, segmentas 50, brcmchia/rwn penicïtto longo, tenui, fusco annulato : coUari obsoleto : maculis ocidiformibus parum conspicuis duobus. Segmenta tko- racica octo. Tîibus paMidus translucidus, ut cartUaginosus. — Speoies hermaphroditica. M. Mecznikow m'apporta un jour cette Annélide en me l'annonçant comme un nouvel exemple d'hermaphrodisme parmi les Serpuliens. Il ne s'était point trompé. Chez les deux seuls individus que j'aie eus entre les mains, la cavité du corps était remplie d'ovules et de zoospermes. Les jeunes ovules (4 C), larges de mm ,022, étaient parfaitement trans- parents, munis d'une vésicule et d'une tache germinalive, fort grandes. Les œufs adultes (4 D), larges de inm ,07, avaient le vitellus opaque, rempli de petites granulations. Les régimes de zoospermes présentaient toutes les phases d'évolution habituelles chez les Annélides (4 E, 4 F). Les zoospermes mûrs ont une tète tronquée en avant, de grandeur assez variable. La forme de cette tête est celle d'une urne large et ventrue. Dans chaque moitié de l'appareil branchial, j'ai compté jusqu'à seize branchies pectinées, dépourvues d'yeux, puis de chaque côté, auprès des tentacules, un filet simple, sans barbules, mais renfermant un vaisseau comme les branchies. Le premier segment thoracique n'a que les soies dorsales, qui sont de deux espèces, comme dans le reste du corps. Les soies supérieures du faisceau sont en arête, à peine 1 Dédiée à la nymphe Salmacis, qui, éprise d'Hermaphrodite, obtint des dieux de ne faire qu'un seul corps avec lui. 168 ANNÉLIDES CHETOPODES géniculées et finement dentées (4 A) sur le bord de l'arête; les inférieures sont relati- vement plus grosses (fig. 4) et bordées à l'extrémité d'un large limbe qui s'atténue brusquement pour former la pointe acérée, mais molle, de la soie. Au second segment thoracique commencent les crochets aviculaires (4 B), très-semblables à ceux des Sa- belles. L'interversion des soies a lieu aux segments '/ 8 - Bien que le sang soit vert comme dans la majorité des Serpuliens, les anses vascu- laires latérales paraissent brunes par suite d'un vêtement de cellules pleines de pig- ment. Genre DASYCHONE SarsV (? CLYMENEIS H. Rathke.) Dasychone Lucullana. Sabella LucuIIana Délie Chiaje, Uemorie, III, p. 226, tnv. xlii, p. 23. — Descrizione, III, p. 72, et V, p. 91, tav. 96, fig. 23. Sabella Lucutlatia Grube, Arcliiv fiir Nalurg , IN Kl, XII, p. 16, laf. il, lig. 3, et Fam. der Annel., p. 88. (Non Sabella Lucu\l. flavescens, branchiis rvbro wnutlatis, T eai ,4 longis. Seymnita thoracica 8, primo ociilis ilasiioMbus duobus mimito. Vesiadœ auditivœ duce. Les adultes comptent une douzaine de branchies de chaque côté. Elles sont d'un jaunâtre pâle, ornées de sept à dix anneaux rouge cinabre: leur base présente en outre cinq ou six anneaux d'un blanc crétacé, dus à un dépôt de granulations blanches dans l'intérieur des cellules du cartilage. Le pigment rouge est, au contraire, sous-cuticu- laire. Chaque branchie se termine par un filament incolore long de 2 ram ,5, qui apparaît comme un fouet à l'extrémité de la partie barbelée. Le cartilage axial pénètre dans cet appendice. Le corps du ver est d'un jaune très-pâle, souvent presque incolore, transparent, à boucliers ventraux à peine appréciables. Le segment buccal porte une collerette en- tière, fendue seulement sur la ligne ventrale jusqu'à la bouche, mais entièrement dépourvue d'échancrure sur le dos. Les tentacules ciliés sont élargis et rouges à la base. En outre de leur vêtement ciliaire serré, court et se mouvant avec ensemble, ils portent quelques cils épars, beaucoup plus gros et battant isolément. Les deux taches oculaires sont dorsales, placées en avant de la collerette. En arrière des soies, le seg- ment buccal présente une ceinture blanche, opaque, qui parait noire à la lumière transmise. Les soies des faisceaux dorsaux, aux segments thoraciques, sont de deux espèces: les supérieures plus longues, atténuées à l'extrémité et bordées d'un long limbe strié (3 A) ; les inférieures plus courtes, mucronées à l'extrémité et bordées de deux limbes inégaux (3 A'). Les tores uncinigères dans tous les segments thoraciques, sauf le Nordixke Arter, dans Oversigt ufKtmtjl. danske Seiskab, Forhandlitiger, 1856, p. 13). L'Histoire naturelle des Annelés ne le mentionne point et crée à sa place le genre Uistylia (tome II, p. 421), qui ne saurait avoir qu'une valeur de synonyme. Le même Mémoire de M. Krôyer établit le genre Sabellastarte pour les Sabellœ astarlœ de Savigny. DU GOLFE DE NAPLES. 171 premier, portent une série de crochets à long manubrium (3 B) et extrémité avieu- laire, denticulés sur le vertex. A l'abdomen, les tores dorsaux portent des plaques on- ciales en forme de lames pectinées (3 D), ordinairement à sept ou huit dents, avec la dent inférieure plus forte que les autres. Les soies ventrales sont géniculées (3 C), à hampe beaucoup plus courte que l'arête qui l'ait suite au genou. Cette arête est bordée d'un limbe finement denticulé. Le premier segment renferme une paire d'organes segmentaires, sous la forme d'un tube cilié contourné, très-s imblable à ceux des Âmphiglènes et des Dasycbones. Tout auprès sont les organes auditifs, consistant en deux capsules entourées d'une couche de larges cellules (fig. 3). L'otolithe est unique, lenticulaire, large de ram ,02 et orné de stries rayonnantes. L'œsophage est pour ainsi dire nul, car l'intestin biliaire commence aux segments '/„. Le premier des étranglements qui lui donnent une apparence moniliforme, est au niveau des segments 2 / 5 - A partir de là, les dissépiments échancrent de plus en plus l'intestin et sa gaine vasculaire. Celle-ci est le véritable cœur et présente des mouve- ments alternatifs de systole et de diastole. Le sang est d'un vert rougeâtre. Les zoospermes (3 E) ont une tète ovoïde, surmontée en avant d'une petite pointe conique, qui réfracte la lumière d'une manière spéciale. 2. TRIBU DES SERPULIDES. Genre PROTULA Risso (Phil. rec.) Protula Intestinum. Serpula Intestinum Lamarck, Animaux sans vertèbres, éd. I™, tome V, p 363; éd. "2 mc , tome V, p. 619 Sabella Protula Cuv., Iconographie de Guérin. Annélides, pi. I, lig. 5. Prutulti Rudolphii Risso, Europe mérid., tome IV, p. 406. Sabella grœca Brullé, Expédition de Morée. Entomologie {fide Qtrfg.). Protula Intestinum Phil., Arcliiv fur Naturg., XIX, 1844, p. 196. » a Grube, Familien der Anneliden, p. 89 et 145. » » Môrch, Revisio critica serpulidarum (fuie Qtrfg.). s> Rudolphii Môrch, Ibid. id. » grœca Môrch, Ibid. id. » Rudolphii Qtrfg., Histoire naturelle des Annelés, II, p. 168. PI. XVI, 0g. 4. Le seul individu de cette magnifique Annélide que j'aie eu entre les mains mesurait I 172 ANNÉLIDES CHÉTOPODES sept centimètres, sans les branchies; le diamètre interne du tube 8 mm , celui de l'ani- mal avec la membrane thoracique étalée 1 2 mm . Son tube était enroulé en 8. Nous devons à M. de Quatrefages' une nouvelle description de cette Protule, d'après un individu conservé dans l'alcool. Je ne puis que la confirmer entièrement, sauf pour ce qui concerne la collerette qu'il indique comme trilobée, tandis qu'elle est en réalité profondément quadrilobée, à lobes ventraux triangulaires. Cette différence n'a pas grande importance, puisque les parties membraneuses sont toujours raccor- nies et déformées par l'alcool. Je compléterai la description de M. de Quatrefages par quelques détails empruntés à l'animal vivant. Les branchies sont orangées, avec base commune, jaune. Les filets branchiaux, fort nombreux, s'enroulent volontiers en spirale. Dans le tiers inférieur de chacun d'eux on aperçoit des taches rouges que le microscope montre être des yeux composés. Ces yeux (4 C) sont au nombre de quatre paires. Ceux de chaque paire sont réunis entre eux par une bande brune sur le dos de la branchie. Il s'agit, du reste, moins d'yeux composés proprement dits que de groupes d'ocelles, tant les éléments composants sont séparés les uns des autres. Chaque cristallin est sphérique, entouré d'un amas de pigment rougeàtre. Le thorax est d'une teinte orangée tirant sur le jaune soufre. La membrane thoraci- que et le dos sont variés de stries rouge-cinabre en sens divers. Les plaques onciales font entièrement défaut dans cette région, et leur absence n'est point due, comme le supposait M. de Quatrefages, à une chute des téguments superficiels. L'abdomen porte, en revanche, des séries de plaques onciales, pectinées, de forme très-caractéris- tique (fig. 4). Les soies subulées sont bordées au thorax (4 A), en baïonnette oblique à l'abdomen (4 B). Genre PSYGMOBRANCHUS Phil. PSYGMOBRANCHUS PROTENSUS. "? Serpula protensa Rumph, Thesaur., p. 11. >> s Gmelin, Linn., Syst. natur., éd. XIII, t. I, pars VI. p. 3744. 1 M. de Quatrefages, tout en reconnaissant l'identité de la Protula Rudolpliii Risso et de la Serpula Intestinum Lam , donne la préférence au premier de ces deux noms spécifiques, ce qui est contradictoire aux droits de priorité. Donner rang à Lamarck, d'après la date de la seconde édition des Animaux sans vertèbres, c'est faire tort à l'auteur. Il est vrai que M. de Quatrefages considère plus loin la S. Intestinum de Lamarck comme une vraie Serpule, mais alors il ne peut guère l'identifier à la frotula Rudolphii. DU GOLFE DE \APLES. 173 Serpula protenta Scacchi, Catalog. coochyl. regni neapolitani, 1836, p. 18. Protula protensa Grube, Familien der Anneliden, p, 90 et 141. Psygmobranchus protensus Phil., Archiv fur Naturg., X, 1844, p. 196. » » Murch, Rcvisio critica serpulidartim, p. 13 (fuie Otrfg.). t » Qlrfg., Histoire naturelle des Annelés, II, p. 471. PI. XXV, fig. 7. M. tle Quatrefages fait justement remarquer que l'espèce de Ru m pli, provenant d'Amboine, n'est sans doute pas la même que celle de IMiilippi. de la Méditerranée. Toutefois, comme il serait difficile d'identifier l'espèce de Ruraph, on peut, sans inconvénient, conserver le nom de Pliilippi pour l'espèce méditerranéenne, facile à reconnaître malgré la brièveté de la diagnose de l'auteur. Les individus mûrs atteignent une longueur de 3' cnl -4,5, sur une largeur de 4 mm , membrane thoracique non comprise. Je compte jusqu'à 45 branchies dans chaque moitié de l'appareil respiratoire, dont les filets sont ornés de 5-7 anneaux orangés. La partie basilaire, enfermée dans la palmure commune, est complètement incolore. A partir du point où il quitte la palmure, chaque filet branchial porte une double ran- gée d'yeux simples, rouges, piriformes, munis chacun d'un cristallin conique et rappe- lant ceux de la Sabella stichophlhalmos Grube'. Ces ocelles sont d'abord très-rappro- chés, surtout les '12 ou 18 premiers, puis ils s'espacent toujours davantage. La moitié terminale de la branchie en est complètement dépourvue. Le corps compte environ 55 segments sétigères dont 7 appartiennent au thorax. Le premier segment porte, soit en dessus, soit en dessous, une paire de petites taches rouges, dans lesquelles je n'ai pu trouver de cristallin. Les pieds thoraciques sont ornés d'orangé vif au bord antérieur et à la pointe. Cette coloration se continue, sous forme d'une bande transversale, jusqu'au bord externe de la membrane thoracique qui recouvre et dépasse les pieds en dessus. Le reste de cette membrane est incolore, sauf son bord postérieur qui est très-saillant et bordé d'orangé. La collerette est entière, peu développée. Le thorax même est verdâtre et sa paroi ventrale si transparente que la double chaîne ganglionnaire frappe immédiatement les regards. L'abdomen est de couleur orangée. Au thorax, les soies subulées (7 C) sont rectilignes et largement bordées de chaque côté dans leur partie terminale. A l'abdomen, elles sont larges (7 E), aplaties, sinueu- ses, courbées en faucille à l'extrémité, faucille dont le tranchant est denté en scie. A ' Voyez Archiv fur Naturg., tome XX1X, 1863, p. 62, taf. VI, fig. 3. 174 ANNÉLIDES CHÉTOPODES l'extrémité postérieure les segments portent de très-longues soies capillaires. Les soies en faucille coexistent d'abord avec elles. Plus tard les soies capillaires existent seules. Les tores uncinigères commencent seulement au 3 me segment sétigère. Les plaques onciales (7 D) ont une forme bizarre : elles ne sont nullement crochues et conservent la même apparence dans toute la longueur de l'animal. On n'en trouve d'abord que 40 à 60 dans une rangée, mais plus tard ce nombre s'élève à 230 et même au delà. L'extrémité postérieure du corps est carénée en dessus. La carène, d'un blanc de neige (fig. 7, a), est formée par des cellules (7 A, a) remplies de granules, larges de mm ,001 à 0'" m ,003. Chacun de ceux-ci (7 A, b) renferme une grande vacuole, et le plus souvent une ou deux autres plus petites. C'est vraisemblablement un organe glandulaire. Le système nerveux est fort remarquable. Ainsi que Rudolph Wa- gner', M. Grube' et tons leurs successeurs l'ont vu chez d'autres Serpu- liens, les deux moitiés de la chaîne ganglionnaire sont très-distantes l'une de l'autre et les ganglions réunis entre eux par des commissures transversales 5 . La chaîne prend par suite, pour employer l'expression de llud. Wagner, l'apparence d'une échelle de corde. Mais cette double chaîne nerveuse offre la particularité de présenter trois paires de gan- glions dans chaque segment thoracique (7 B). La paire médiane est la plus grosse et très-rapprochée de la paire antérieure; la postérieure est beaucoup plus éloignée. Dans la région abdominale (7 B, c, d,e,f), il n'existe plus qu'une seule paire de ganglions par segment et les deux moitiés de la chaîne se rapprochent beaucoup. Cette disposition remar- quable n'est sans doute pas isolée chez les Serpuliens. « La commissure « qui réunit les premiers ganglions, dit M. de Quatrefages 4 à propos de « sa Protula desiderata, est forte, et m'a semblé présenter dans son mi- ce lieu un ganglion allongé; ce fait, s'il est exact, serait tout à faitexcep- 1 Ve.rgleichende Anatomie, tome II, p. 381. s Zitr Anat. u. Plujs. lier Kiemenwiïrmer, p. 30. 5 C'est avec raison que M. Leyclig considère cette forme du système nerveux comme caractérisant des types inférieurs. Chez la plupart des larves d'Annélidcs les deux moitiés du système nerveux sont bien plus séparées l'une de l'autre que chez les adultes. * Annules des Sciences naturelles, tome XIV, 1850, p. 375. DU GOLFE DE NAPLES. 175 « tionnel, aussi je ne le présente qu'en taisant les [tins amples réserves.» Le savant académicien avait sans doute parfaitement bien vu. Les ovules mûrs pénètrent jusque dans l'intérieur des tores abdomi- naux. L'intestin forme des sinuosités dans sa gaine vasculaire à l'abdomen. Le tube est très-semblable à celui du Ps. simplex Qtrfg., mais la partie postérieure est en général plus tordue. Cette partie adhère à des coquilles d'acéphales ou à des fragments de bois. L'animal sorti de son tube fait des soubresauts très-brusques au moindre attouchement. PSVGMOBRAXCHUS MULTICOSTATUS. P). XXX, fig. 6. ( 'orptts :.'""" longwm, segmentis circa 7 i . tubo calcareo costis longitudinal/bits munerosis ornato. Segmenta thoraeica septem. Uncini pectiniformes. Oculi itamcrosissinii in tota parte branckiarum pennata occurentes. Les branchies de ce Psygmobranche, longues de 7-8°™, sont d'un beau rouge orangé très-vif, annelé çà et là de zones d'une teinte plus pâle. L'extrémité de chaque filet branchial est incolore et dépourvue de rameaux secondaires (fig. 6). Dans toute la région colorée, l'axe porte de chaque côté une double rangée d'ocelles très-rappro- chés (6 b et G A), à cristallins coniques, longs de mm ,022, dont la pointe est noyée dans un pigment orangé très-foncé. Chaque moitié de l'appareil branchial compte vingt filets, dont un libre de ta palmure basilaire. Le corps est d'un rose pâle, tirant sur le brun. La collerette est grande, entière Sur le dos du premier segment se voient deux taches diffuses de pigment noirâtre, dépourvues de cristallin. Les soies subulées sont bordées d'un double limbe. Les plaques onciales des tores ancinigères commencent au second segment et ne ressemblent point à celles du P. protensus. Elles sont pectiniformes (6 B) et comptent en général une douzaine de dents pointues, plus une treizième inférieure, obtuse ou même échancrée à l'extré- mité. On compte jusqu'à GO de ces plaques pectinées sur un seul tore, ce qui fait plus de 1 iOO petites dénis pniir un seul segment. Les ovules larges de ,nm ,l2 ont une très-grande vésicule germinative, dépourvue de tache de Wagner. Le vitellus est formé d'une substance homogène d'un orangé 176 ANNÊLIDES CHÉTOPODES pâle, augmentant d'intensité d'un des côtés de l'ovule. Dans cette substance son! dis- séminées des gouttelettes sphériques à pouvoir réfringent tout autre. Les tubes calcaires sont enroulés autour de ceux des Vermets. Genre S ALMACINA ' . Scrpididœ membrana thoracica insiriedee, brcmChiis œquaVdms basi circtdari, opcrodo destïtutis. Segmenbum thoracicum primwtn utrinque fascicido setarum tlursualium seqiten- tibus midto majorum, formaque distinctarum munitvm. Tubas calcareus. Le genre Salmacina se distingue des Protides par les soies très-gros- ses du premier segment. Ce caractère les rapproche des Serpules et des Filigranes. L'absence complète d'opercule le distingue amplement de ces deux genres. La parenté avec les Filigranes est cependant incontes- table, d'autant plus que les Salmacina se reproduisent comme les Fili- granes par bourgeons postérieurs. La Protula Dijsteri Ilxl. que M. de Qualrefages a réunie aux Filigranes devra probablement être placée parmi les Salmacina, car on ne peut guère donner le nom d'opercules aux rendements qui terminent ses branchies 2 . Salmacina incrustans. ? Serpulu intrkata (Linn.) Grube, Echinod. Actin. unil Wiirmer, p. 62. ? Serpula filoyrana Scacchi, Catalog. concliyl. regni neapolitani, 1836, p. 19. PI. XXX, fîg. 5. Corpus 2 mm -2 mm ,5 longum, aurantiacum, sc.gmcntis thoracicis octo, setis dorsucdibus tri- fariis, uncinis pedmiformïbus. Tubus flexuosus calcareus, zosteras attaque eorpora ma- rina incrustans. Species liermaphroditica. Les branchies de cette espèce sont fort simples, incolores. Je n'en ai jamais vu plus de quatre de chaque côté. Elles sont renflées au niveau de la naissance de chaque 1 D'après la nymphe Salmacis, unie à Hermaphrodite. Le nom de Siilmacis a déjà été employé par M. L. Agassiz pour des Echinides. * Si l'on donnait au nom d'opercule une extension pareille, il faudrait classer bien des Sabellides Qtrfg. parmi les Serpulides Qtrfg. Les yeux des Branchiomma ont tout autant de droit que les massues ter- minales de la Protula Dysteri à être identifiées avec des opercules. DU GOLFE DE NAPLES. 177 barbule, soit rameau secondaire, par la présence de chaque côté d'un petit coussinet charnu, formé d'un paquet de cellules granuleuses. Le premier segment présenti! deux taches oculaires sur le dos. Il est dépourvu de tores uncinigères, mais porte de chaque côté un faisceau de grosses soies géniculées (5 A). Le genou de la soie est armé de quatre ou cinq fortes dents; au delà, l'extré- mité de la soie est bordée d'un limbe étroit. Dans les segments suivants les soies subulées sont bien plus petites et de deux espèces dans chaque faisceau. Les unes sont presque capillaires, mais bordées d'un limbe près de l'extrémité (5 B) ; les autres sont recourbées en faucille (5 U) dans leur partie périphérique et leur tranchant est dentelé rn scie. Il n'existe jamais qu'une seule soie de cette dernière forme dans cha- que faisceau. A l'abdomen, les soies subulées sont toutes capillaires (5 C). Les tores uncinigères commencent dès le second segment. Les plaques onciales pectiniformes (5 E) n'ont qu'une longueur de O mm ,011. L'espace achète entre le thorax et l'abdo- men paraît équivaloir à deux ou trois segments. A la partie antérieure du ver sont deux organes segmentaires recourbés (fig. 5), formés d'une branche incolore mince, et d'une branche plus large pigmentée de brun. La première est dorsale et s'ouvre dans la cavité périviscérale par un entonnoir vibra- tile (a) peu large. La seconde se recourbe vers le bas et paraît déboucher à l'exté- rieur à la région ventrale du premier segment. L'hermaphrodisme de celte espèce avait déjà été constaté avant mon arrivée à Naples par MM. Mecznikow et Kowalewsky. Il en est de même du bourgeonnement postérieur. J'ai rencontré une fois chez cette espèce une monstruosité qui mé- rite d'être signalée, luit ces cas sont rares chez les Annélides. L'extré- mité postérieure était double et L'intestin bifurqué aboutissait à deux anus (5 F). Peut-être cette anomalie s'était-elle formée à la suite d'une lésion. M. Grube a déterminé des tubes calcaires rampant sur des Millépores du golfe de Naples comme la Serpula intricata Linn. Ne s'agirait-il pas de notre Salmacina ? Tome xx, l re Paktie. 23 178 ANNÉLIDES CHÉTOPODES Genre SERPULA Linn. 1. Serpula Philippii. Serpula vermicularis Phil. (non Linn.), Archiv fur Naturg., 1844, p. 191. Serpula Philippii Môrch, Revisio ciitira serpulidarum (fide Qtrlg.). Serpula interrupla Qtrfg., Histoire natur. des Annelés, 11, p. 502. Serpula Philippii Qtrfg. , Ibid., p. 5U5. PI. XXXI, fig. 2. M. de Quatrefages en signalant l'extrême ressemblance de la S. inler- rupta avec la S. Philippii, remarque que l'opercule est cependant tout différent. Il doit y avoir quelque méprise, car la description de M. de Quatrefages répond exactement à la figure de M. Philippi. Les individus adultes ont une longueur de 2 centimètres sur une largeur de 2,5 à 3 mm et comptent environ 110 segments. Le corps est orangé, la membrane thoracique est bordée d'un liséré à teinte rouge orangée plus foncée, surtout au bord postérieur. Chaque moitié de l'appareil branchial compte de vingt à vingt-trois filets. Ceux-ci sont d'un violet pourpre dans toute la partie où ils sont réunis par la palmure; au delà ils sont blancs avec un large anneau rouge pourpre. L'appareil branchial est fort court, car il n'atteint pas la longueur du thorax. L'opercule a le centre blanchâtre et couvert de papilles; tout autour il est d'un rouge pourpre, avec les rayons intercostaux incolores; le bord est blanc. Le nombre des crénelures du bord est très-variable. Il augmente avec l'âge. En considérant l'o- percule par la face supérieure (fig. 2), on peut toujours reconnaître le point où une côte s'est divisée dans sa croissance pour en former deux. J'ai compté en moyenne 40 à 50 côtes à l'opercule. Le premier des sept segments thoraciques porte deux taches oculaires brunes. La grosse pharètre du premier segment se termine par un cercle de papilles. Il en sort un faisceau de soies de deux espèces, groupées par paires, les unes simplement filiformes, les autres renflées à l'extrémité. Le renflement se termine par trois dents dont deux courtes et obtuses, et une fort longue, arquée et aiguë. Dans les seg- ments suivants, les soies subulées sont plus minces, légèrement coudées et bordées. A l'abdomen elles font défaut et sont remplacées par des soies rectilignes, élargies à DU GOLFE DE NAPLES. 179 l'extrémité en une sorte de spatule dentée sur le bord. En outre, l'extrémité posté- rieure porte, comme chez tant d'autres Serpulides, de longues soies capillaires. Les plaques onciales sont, dans tout le corps, de forme pectinée. Elles ont cinq dents, dont l'inférieure est plus grande que les autres. Le tube est épais, rosâtre, cylindrique bien que légèrement aplati du côté adhé- rent. Il est muni d'une seule carène interrompue, représentée par quelques dents irrégulières sur le dos. Ce tube est donc identique à ceux que MM. Philippi et Quatre- fages ont eus entre les mains. 1. Serpula ASPERA. Serpula aspera Philippi, Archiv fur Naturg , 1844-, X, p. 191. » » Grube, Familien der Anneliden, p. 91 et 142. » » Qtrfg., Histoire natur. des Annelés, II, p. 805. > octocosluta Qtrfg., lbid., p. 496. PI. XIX, 6g. i. M. Philippi indique comme caractère de la S. aspera de la Méditerra- née un tube blanc cylindrique, orné décotes crénelées au nombre d'en- viron sept. M. de Quatrefages attribue à sa S. oclocoslata du golfe de Biscaye huit côtes. Les individus du golfe de Naples que j'ai étudiés, paraissent tellement identiques ta la description de M. de Quatrefages, que je ne puis les considérer comme une espèce distincte de celle de TOcéan. Seulement le nombre des carènes crénelées du tube ne s'élève en général qu'à sept ou même souvent à cinq, les carènes latérales in- férieures devenant indistinctes. Les adultes comptent une centaine de segments et atteignent une longueur d'un centimètre ou un peu plus. Le nombre des branchies varie de 8 à 12 dans chaque moitié de l'appareil respiratoire. La partie basilaire palmée est pourpre; la partie' libre, d'un jaune intense, annelée de rouge dans la moitié inférieure, de blanc dans la moitié terminale. Cette coloration est d'ailleurs peu caractéristique, car chez les indi- vidus plus jeunes, les branchies sont complètement incolores ou munies seulement d'une tache rouge à la base de chaque filet branchial. Le nombre des côtes de l'opercule membraneux (fig. 4) est variable; il augmente avec l'âge, mais ne paraît pas dépasser une vingtaine. Le pédoncule operculaire est annelé de rouge chez les adultes. 180 ANNÉLIDES CHÊTOPODES Les sept segments thoraciques sont très-condensés. Les soies (4 A), de la grande pharètre du premier segment sont telles que les décrit M. de Quatrefages. Il en est de même des soies subulées (4 B) des autres segments thoraciques et des soies capillai- res des derniers segments abdominaux. Dans toute sa longueur, l'abdomen porte à la place des soies subulées du thorax, des soies droites, élargies à l'extrémité en une spa- tule pectinée (4 E). M. de Quatrefages représente ces soies, qu'il a fort bien vues, comme remplacées dans la partie postérieure du corps par les soies capillaires. Il n'en est pas tout à fait ainsi. Les soies capillaires (4 C) se trouvent dans les trente derniers segments environ, où elles coexistent avec les soies à spatule pectinée, mais ne les remplacent point. Cette coexistence est, d'ailleurs, la règle chez les Serpules. Toute la région antérieure de l'abdomen est achète. Les plaques onciales (4 D) des tores uncinigères sont pectinées ; les deux dents inférieures sont plus fortes que les autres. M. de Quatrefagns ne les mentionne pas. Le sang est rouge, opalisant en vert. Dans chaque segment abdominal, il existe une anse profonde et une superficielle ; cette dernière passe dans les tores uncinigères. De chaque côté de l'œsophage il existe une grosse poche (organe segmentaire?) renfermant un liquide granuleux orange et opaque, qui ne développe pas de gaz lors- qu'on le mélange à de l'acide acétique. Genre EUPOMATUS Phil. {POLYPHRAGMA Qtrfg.) M. de Quatrefages a annulé le genre Eupomatus Phil. en le fondant dans le genre Galeolaria Lam. Mais, chose incompréhensible, il admet un genre Pohjp/iragma auquel il attribue exactement la diagnose que M. Philippi avait donnée de son genre Eupomatus. En effet, d'après l'honorable académicien, les Polyphragmes sont des Serpules dont l'o- percule corné est comme doublé par une pièce surnuméraire, tandis que lesGaléolaires seraient des Vermilies (c'est-à-dire des Serpuliens à oper- cule calcaire), dont l'opercule est souvent composé de plusieurs pièces juxtaposées, surmontées d'un grand nombre d'épines fort Tariables. Or, c'est par méprise que les Eupomatus ont dû êlre placés dans le genre Galéolaire ainsi conçu. 11 suffit, en effet, de jeter un coup d'œil sur le DU GOLFE DE NAPLES. 181 texte de M. Pliilippi, pour voir que ce savant attribue à ses Eupomatus un opercule corné (c'est lui-même qui souligne le mot), et qu'il indique les pièces qui le surmontent comme cornées aussi et flexibles, mais point comme des épines calcaires. Eupomatus lunulifer. pi. xxxi, n s . 3. Corpus 12-14 mm longwm, segmmtis thorwiris septem, abdominalïbus circa 60. Oprrm- lum inftmdibuliforme, calyce quadam ex imo infundibulo mrgente, margine laciniato, ap- pcndicibus lunidiferis omato. Ttibidi cretacei, cylindracei, agglomerati, flexuosi. J'ai reçu cet Eupomatus une seule fois, mais en nombre très-consi- dérable. Il avait été trouvé fixé à la coque d'un bâtiment en radoub. Les branchies sont pâles, annelées de jaune brunâtre, au nombre d'une dizaine seu- lement de chaque coté. Les opercules sont en général au nombre de deux dont un seul complètement développé. Souvent aussi l'on n'en voit qu'un seul. Leur forme est très- caractéristique. La partie inférieure est infundibuliforme, élégamment crénelée sur le bord. Du milieu de l'entonnoir s'élève une urne de forme élégante, dont le bord est découpé en lanières, étalées en un croissant à l'extrémité. La couleur de ce bel opercule est d'un vert opalisant en rouge. Elle est due aux vaisseaux sanguins. Ceux-ci forment en effet un premier plexus très-serré, soit glomérule, dans l'entonnoir inférieur, et un second dans la base de la coupe. Du glomérule supérieur part une anse vasculaire pour chacune des lanières lunulifères. Les bras flexibles de la coupe operculaire paraissent avoir pour fonction de retenir les corps étrangers à l'aide de leur croissant terminal. On trouve, en effet, un grand nombre d'individus chez lesquels tout l'espace entre l'entonnoir et les croissants termi- naux est rempli par un manchon cylindrique de vase noire. Ce manchon sert à fermer le tube, bien mieux que l'opercule lui-même. On voit, d'après ce qui précède, que la duplicité de l'opercule ne saurait être un caractère spécifique, comme M. Schmarda ' l'admet pour son Eupomatus dipoma, à plus forte raison pas un caractère générique; aussi le genre Codonytes Qtrfg. - doit-il 1 iVeue wirbellose Tliiere, tome II, p. 29. * Histoire naturelle des Annelés, tome II, p. 493. 182 ANNÉLIDES CHÊTOPODES être rayé. Olivier', il y a plus de 60 ans, savait déjà que le second opercule est un oper- cule de remplacement, en voie de formation plus au moins avancée. Le premier segment thoracique porte une paire de petites taches oculaires trian- gulaires sur le dos. La grande pharètre renferme de grosses soies groupées deux à deux : une soie filiforme avec une soie à renflement terminal tridenté, dont l'une des dents se prolonge en une longue épine. Les soies subulées des autres segments thora- ciques sont bordées d'un limbe étroit. A l'abdomen elles sont remplacées par des soies droites à spatule terminale finement dentelée. Les plaques onciales sont pectinées, à sept ou huit dents, soit au thorax, soit à l'abdomen. Leur nombre ne s'élève pas à plus de 60 ou 70 à la plus longue rangée thoracique. Genre POMATOCEROS Phil. POMATOCEROS TRIQUETROIDES. Serpula vermicularis Cuv. (non Linn), Règne animal. Édit. de 1830, tome III, p. 191. » Iriquetro des Délie Chiaje, Memorie su gli Anim. senza verteb., IV, 208, tav. xlu, p. 23. » triquetroides Délie Chiaje, Descrizinne, III, p. 71 ; V, p. 94. ? Serpula triquetra, Scacchi, Catalog. conchyl. regni neapolilani, 1836, p. 18 Pomatoeeros tricuspis Phil., Archiv fur Nalurg., Band X, 1844, p. 194. Serpula tricuspis Grube, Familien der Anneliden, p. 92 et 143. l'omalacerus tricuspis Môrch, Revisio critica serpulidarum (fide Qtrfg.). Vermilia trifula Qtrfg., Histoire uatur. des Annelés, II, p. 582 Vermilia tricuspis Qtrfg., Ibid., p. 530. PI. X.\, fig. 3. La Vermilia Irifida Qtrfg., de la Manche, à en juger d'après les descriptions de M. de Quatrefages, ne peut être distinguée spécifiquement du P. iriquetroides du golfe de Naples, déjà clairement décrite par Délie Chiaje. La forme de l'opercule est sujette à d'assez grandes variations, sur lesquelles il n'est pas possible de baser des espèces. Le cône calcaire (3 A) est tantôt plus surbaissé, tantôt plus allongé. Il porte au som- met tantôt trois branches ou dents, tantôt seulement deux. Les deux ailerons mem- braneux au-dessous de l'opercule sont en revanche très-constants, de même que la carène que je vois courir tout le long de son pédoncule. Celui-ci est annelé tantôt de brun, tantôt de bleuâtre. Les adultes ont sept à huit branchies de chaque côté, sept segments thoraciques et 1 Bulletin de la Soc. Philomathique, thermidor, an X de la République, p. 130. DU GOLFE DE NAPLES. 183 environ cinquante abdominaux. Les soies subulées thoraciques sont légèrement bor- dées; celles du premier segment ne sont pas plus grandes que les autres. A l'abdomen elles sont remplacées par des soies qui s'élargissent au sommet en une sorte de cor- net comprimé (3 B, 3 C), dont le bord se prolonge d'un côté, suivant le pli de com- pression, en une longue aiguille. Le bord du cornet est épaissi et finement denticulé. Près de l'extrémité postérieure, ces soies deviennent fort longues, mais ne changent point de forme. Elles remplacent les soies capillaires qu'on trouve à cette place chez tant d'autres Serpulides. Les plaques onciales des bourrelets uncinigères sont pectinées; elles comptent dix ou douze dents dont la plus inférieure est obtuse ( 3 D). La membrane thoracique est couverte de cils vibratiles comme chez les autres Ser- pulides. Chez les femelles la cavité périviscérale est remplie d'ovules discoïdaux, roses, larges d'environ 88 micr. Chez les mâles leur place est occupée par des zoospermes (3 E) à tête ovoïde, longue de 2 micr. et ornée d'un granule fortement réfringent à la base de la queue. La coloration de l'animal est fort bien décrite par M. de Quatrefages. Elle souffre d'ailleurs certaines variations. Genre SPIRORBIS Lmrck Spirorbis Pagenstecheri. ? Serpula Spirillum Scacchi, Catalog. conchyl. regni neapolitani, 1836, p. 18. Spirorbis Spirillum Pgstch. (an Pallas?), Zeitschr. fur wiss. Zool., XII, 1863, p. i86, pi. 38. Spirorbis Payensteclten Qtrfg., Histoire naturelle des Annelés, II, p. 491. Je n'ai rien à ajouter au sujet de celte intéressante espèce au curieux travail de M. Pagenstecher. Je me suis convaincu de l'exactitude des faits remarquables découverts par ce savant. Le Sp. Pagenstecheri est, en effet, hermaphrodite, et les larves se développent dans la cavité du pé- doncule operculaire. Genre PILEOLARIA. Serpulidœ membrana tJwracica munitœ, hnoirliiis /ni/tris, ajjrrario eompresso, caJcareo. dentato. l'abus cnlarriis spindits. 184 ANNÉLIDES CHÉTOPODES Les Pileolaria sont aux Spirorbis ce que les Eupomatus sont aux Ser- pules, les Galeolaires et les Pomatoceros aux Vermilies. Ce sont des Spirorbis, dont l'opercule, au lieu d'être formé par une plaque unie, est hérissé d'un certain nombre de dents calcaires. Pileolaria militaris. PI. XVI, fïg. 5. ? Serpula Spirorbis Scacchi, Calalog. conchyl. regni neapolitani, 1836, p. 19. Pileolaria Jiermaphroditica, scgiucntis thoracicis tribus. Pars calcarea operculi pileo militum forma huai dissimilis, apirc airrnaqnc froutali deittata. Cette Piléolaire vit dans les mêmes conditions que la Spirorbis Pagetistecheri. Elle s'en distingue cependant à première vue par la taille un peu plus grande de son tube spiral. La forme de l'opercule calcaire (fig. 5) est fort caractéristique. Je la compare à un bonnet de police. Toutefois le nombre des dents, leur diamètre, leur courbure sont autant de caractères variables. Le premier segment thoracique a une grosse pharètre avec soies spéciales (5 C) : d'une part des soies filiformes géniculées, d'autre part des soies beaucoup plus fortes, également géniculées, mais échancrées sur le genou. L'écbancrure est entourée de pe- tites dents; la partie terminale de ces grosses soies est munie d'une fine serrature. Les deux autres segments thoraciques ont des soies dorsales beaucoup plus petites, géniculées, à limbe entier. Ces soies sont remplacées à l'abdomen par d'autres (5 B), comparables aux soies abdominales des Vermilies; seulement la spatule pectinée n'est étendue que d'un côté de l'axe'. Les plaques onciales des tores uncinigères sont, au thorax, dès le second segment, de forme pectinée et comptent jusqu'à vingt-six dents. Elles atteignent une longueur de 0" ,m ,05. On en compte environ soixante dans une seule rangée. Les crochets de l'abdomen sont tout semblables, mais ne dépassent pas une longueur de mm ,02. L'hermaphrodisme des Pileolaria est entièrement semblable à celui des Spirorbis. L'incubation des œufs a lieu sous le bonnet calcaire qui • M. Mecznikow a décrit, chez un Spirorbis de la mer du Nord, des soies qui concordent entièrement avec celles de la partie antérieure du corps de la Pileolaria militaris. Mais il ne mentionne pas les soies en spatule pectinée à l'abdomen, qu'il connaissait pourtant chez les Vermilies. Lui ont-elles échappé ou manquaient-elles réellement? (Voyez Zeitschr. fur wiss. Zool., XV, 1865, p. 331.) DU GOLFE r>E NAPLES. 185 forme le sommet de l'opercule. On y trouve constamment fies larves à tous les degrés de développement. Ne seraient-ce point les tubes de cette espèce que M. Grube' a déter- minés comme le Spirorbis nautiloïdes Lmrck? Famille des AMMOCHARIENS Malmgr. (Gen. SANDANIS Kinberg eoccludendum.) Lorsque M. Malmgren 1 sépara les Ammochariens des Maldaniens, soil Clyméniens, il fut certainement bien inspiré. Je dis inspiré, parce qu'il ne paraît pas avoir étudié analomiquement ce singulier type, et qu'il semble avoir été guidé par celle justesse de coup d'oeil dont il a fait preuve plus d'une fois. La cause déterminante de cette séparation a été sans doute la singulière armure de crochets ventraux, si différente de celle des Maldaniens. Mais, à ce caractère remarquable viennent s'en ajouter bien d'autres, tellement que, tout bien considéré, les Ammocha- riens n'ont de commun avec les Maldaniens que l'allongement extraor- dinaire d'une partie des segments et l'habitation dans un tube. L'inclu- sion de l'intestin dans un vaisseau est, en particulier, un caractère remarquable, complètement étranger au type des Maldaniens, et qui ne trouve d'analogie chez les Annélides que parmi les Serpuliens. Il en est de même des branchies céphaliques. On peut donc considérer les Am- mocbariens comme un type intermédiaire entre les Maldaniens et les Serpuliens. M. Sars' a déjà émis l'idée, il y a plus de quinze ans, que les Ammochariens devaient être réunis aux Serpuliens, mais cette opi- nion paraît avoir passé inaperçue. 1 Echinod. Acl. u. Wiirmer, p. 05. • Œfversigt af K. Vet. Akai. Fôrh., 1865, n° 2, p. 185. ' Nyt Magas. for Naturvidenskaberne. Sjettu Bind, 1851, p. 202. Tome xx, l re Partie. 24 186 ANNÉLIDES CHÉTOPODES Genre OWENIA Délie Chiaje. Syn. AMMOCHARES Grube. Lorsque M. Grube établit en 1846 son genre Ammochares pour une Annélide tubicole de la Méditerranée, il ignorait qu'un ver appartenant au même genre, peut-être à la même espèce, avait déjà été ligure quatre ans auparavant par Délie Chiaje sous le nom à'Owenia filifonnis. Le zoologiste napolitain n'a, il est vrai, laissé aucune description de cette Owenia, mais les bonnes figures que nous lui devons sont bien préfé- rables pour la fixation du genre et de l'espèce à tant de diagnoses insuf- fisantes qui embarrassent la bibliographie, et qu'on fait peser lourdement dans la balance lorsque la Thémis scientifique doit décider des questions de priorité. En fait, Délie Chiaje parait avoir connu les Ammochariens aussi bien et mieux qu'aucun de ses successeurs. Cela se conçoit facile- ment si l'on réfléchit qu'il les étudia vivants et que tous les autres, sauf M. Ivôlliker, paraissent n'avoir vu que des individus conservés à l'alcool. Aussi pensé-je bien faire de tirer le nom à'Owenia filiformis de l'oubli injuste dans lequel il est tombé. Le nom générique d'Owenia a été, il est vrai, attribué par M. Kôlliker' à des Cténophores et plus ancienne- ment par M. Prosch* à des Céphalopodes. Mais ces noms sont posté- rieurs à celui de Délie Chiaje et doivent lui céder le pas'. OWENIA FILIFORMIS. Owenia filiformis Délie Chiaje, Descrizione e nolomia, tav. 175, fig. 1-6. Ammocliares Ottonis Grube, Archiv fur iNalurg., Band XII, 1846, p. 63. PI. XXVI, fig. 5. 11 est à peine douteux que l'espèce de M. Grube soit identique avec celle de Délie 1 Zeitschrift fiir wiss. Zoologie, VI, p. 315. - Kongle danske Vidensk. Selsk. Skrifler, 5 le Rœkke, 1847. 3 Ils appartiennent d'ailleurs à d'autres embranchements et ne peuvent par suite provoquer aucune confusion. DU GOLFE DE NAPLES. 187 Chiaje. Cependant ce zoologiste attribue aux deux segments antérieurs du ver une paire d'appendices charnus en l'orme de massue, que ni Délie Chiaje, ni moi, nous n'avons vus dans l'espèce napolitaine. M. Grube dit, il est vrai, qu'il a rencontré quel- ques individus qui en étaient dépourvus, ce qui l'ait penser à la possibilité de boutons rétractiles comme ceux des Ophélies et des Capitelliens '. Les limites des segments ne sont guère indiquées chez ce ver cylindrique que par les bourrelets ou tores ventraux sur lesquels les petits crochets sont implantés. Les deux premiers segments ne portant pas de crochets, mais seulement quatre faisceaux de soies capillaires, forment an cylindre non interrompu jusqu'au premier bourrelet qui est celui du 3 me segment (voir fig. 5). M. Kôlliker remarque, chez une Ovvenia du Frith of Clyde, qu'il y a encore une autre paire de soies capillaires avant le bourrelet, et qu'il faut, par conséquent, compter un segment de plus. La même apparence s'observe chez l'espèce napolitaine, toutefois le faisceau en question est le faisceau dorsal correspondant à la première paire des tores ventraux. Les segments suivants augmentent rapidement de longueur, comme tous les auteurs l'ont signalé. Le troi- sième segment est déjà deux fois aussi long que les deux premiers pris ensemble ; le quatrième est une fois et demie aussi long que le troisième; les suivants gardent à peu près les mêmes dimensions. Mais à partir du huitième les segments diminuent rapi- dement de longueur, et, dans la région postérieure, ils sont fort courts. 1 es soies capillaires qui constituent les faisceaux dorsaux de tous les segments et les faisceaux ventraux des deux premiers ne sont pas simplement fdiformes comme les auteurs les représentent, mais très-élégamment pennées à l'extrémité (ô A). Les cro- chets ventraux sont distribués en rangées longitudinales, très-régulières 2 . Leur rostre est fort acéré (5 B); je compte jusqu'à 35 crochets dans une rangée longitudinale et environ 150 rangées sur un seul tore. Cela fait en tout 5,250, soit plus de 10,000 crochets pour un seul segment. Si l'on réfléchit que 18 ou 20 segments sont armés de cette manière, on voit que chaque Owenia peut s'accrocher aux parois de son tube par plus de 150,000 crocs 3 . Aussi l'adhérence de ces vers à leur tube est-elle réel- 1 Une circonstance nie fait encore garder par devers moi le soupçon que l' Ammoeliares Otlonis Gr. pourrait bien être une espèce à part, c'est que I' immochares assimilis Sars, de la Mer Glaciale, porte en effet les lobes en question, qui sont les petits pieds porteurs de soies des deux premiers segments. Voyez à ce sujet Halmgren, Annulata pulychœta, p 101, lab. XI. fig. 65 A'. ' M. Kôlliker l'a déjà vu très-exactement, mais la description de M. Grube était très-différente. r> Jl. Halmgren insiste tout particulièrement à propos de son genre Myriochele sur cet arrangement des crochets en plusieurs rangées (« selae uncinatîe inferiores, minutissinue, multiseriales r ). Mais, on le voit, ce caractère n'a aucune valeur différentielle. Le vrai caractère des Myriochele, c'est d'être des Owe- nia dépourvues de branchies, à supposer que ces organes n'eussent point été enlevés par accident. 188 ANNÉLIDES CHÉTOPODES lement extraordinaire. Ils résistent très-fortement à la rupture, mais finalement se rompent plutôt que de lâcher prise. L'extrémité antérieure du ver porte une élégante membrane laciniée constituant, au dire de M. Grube, environ six arbuscules dichotomique- ment ramifiés. Je ne trouve pas que le nombre en soit parfaitement constant, mais en moyenne il faudrait quadrupler le chiffre de M. Grube. La membrane laciniée forme un vase élégant, fendu longitudinalement sur le ventre. Elle repose sur une espèce de petit segment cylindrique fort court, en avant du premier segment sétigère. Est-ce là comme un lobe céphalique ou le segment buccal*? La question me semble indécise. Que la membrane laciniée doive être considérée comme un faisceau de branchies céphaliques, c'est ce dont il est à peine permis de douter. En effet, non-seulement toute la surface interne de l'appareil est revêtue de cils vibratiles, comme M. Kôlliker Ta fort bien vu', mais encore son tissu est parcouru par un réseau capillaire sanguin d'une richesse extraordinaire. Les branchies en paraissent parfois complètement rou- ges, mais le plus souvent la couleur du sang est masquée par un pig- ment brun ou même noirâtre, accumulé dans la couche sous-cuticulaire. Ce même pigment se retrouve d'ailleurs, mais en bien moindre abon- dance dans le reste du corps, qui lui doit sa couleur d'acajou pâle. Le système vasculaire est fort singulier. L'œil est immédiatement frappé par le vaisseau ventral (fig. 5, e) et par le grand nombre d'anses parallèles qu'il émet et qui se dirigent vers le dos. Le nombre de ces anses s'élève jusqu'à 35 paires et davantage dans un seul des grands segments. Immédiatement après avoir quitté le vaisseau ventral chaque anse se renfle eu une espèce d'ampoule peu marquée. Toutes ces anses vont se jeter dans un vaisseau dorsal d'une largeur extraordinaire, dans lequel on voit des séries d'ondes de contraction se succéder d'arrière en avant. Ce gros vaisseau renferme le canal alimentaire, qui ne se voit très-bien que lorsqu'une contraction diminue sur une partie de son par- 1 M. Fr. Mùller les décrit aussi chez une espèce brésilienne. DU GOLFE DE NAPF.ES. 180 cours l'épaisseur de la couche de fluide rouge qui l'enveloppe. Cette gaînê vasculaire de l'intestin ne s'étend pas en avant au delà du premier tore uncinigère. En ce point le vaisseau dorsal se résout en une série de rameaux qui portent le sang au réseau branchial d'où il est ramené par d'autres branches au vaisseau ventral 1 . Le tube intestinal ainsi renfermé dans sa gaine vasculaire est parfai- tement rectiligne, sans armure pharyngienne, sans ventricule. Il prend un peu en avant de la troisième paire de tores uncinigères une belle couleur verte (fig. 5, g). C'est la région hépatique. Les Owenia possèdent des glandes assez particulières dont la fonction est de sécréter le tube. Délie Chiaje les a déjà connues et figurées. Il en représente une seule paire s'étendant à travers plusieurs segments. M. Kolliker,le seul qui paraisse les avoir revues depuis lors, en attribue une paire à chaque segment. Pour l'espèce de Naples tout au moins, la vérité est entre ces deux extrêmes. Elle en possède quatre paires de lon- gueur très-inégale. La première (fig. 5, a) s'ouvre auprès des soies ca- pillaires ventrales du premier segment, et son extrémité s'étend jusqu'à l'arrière du second segment. La seconde (b) s'ouvre aux soies capillaires ventrales du second segment et s'étend, en arrière, jusqu'au même point que la première paire. Elle est, par conséquent, bien plus courte qu'elle. La troisième paire (c) est de toutes la plus longue : elle s'étend dans toute la longueur du troisième segment, et s'ouvre auprès de l'extrémité dorsale du premier tore uncinigère. Enfin la quatrième (d) est fort courte et s'ouvre au second tore uncinigère. Les segments suivants en sont dé- pourvus. Toutes ces glandes (5 C) sont des tubes cylindriques, larges de mm ,17, formées par une membrane homogène, tapissée d'épithélium. Les cel- lules de l'épithélium (5 C, d) sont dépourvues d'enveloppe et formées par un protoplasma rempli de granules sphériques mesurant 2 microm. 1 Chez un Ammochaiïen du Brésil, M. Fi\ MûUer indique une foule de cœcum vasculaires flottant dans la cavité périviscérale (Arcltiv fiir Naturg., XXIV, 1855, p. 218). 11 n'existe rien de semblable chez V Owenia fihformis. 190 ANNÉLIDES CHETOPODES en diamètre. Leur nucléus (13 microm.) vésiculaire est parfaitement in- colore et dépourvu de nucléole. Le calibre du tube est occupé par une substance filamenteuse ressemblant à s'y méprendre à des faisceaux de zoospermes. Toutefois,;! la rupture de la «lande, on reconnaît qu'il s'agit d'un liquide fort dense, coulant avec difficulté', et dans lequel des stries sont produites sans doute par des différences de densité dans les diffé- rentes couches du liquide sécrété (5 C, c). La formation des éléments sexuels est d'une étude plus facile que chez toutes les autres Annélides. Chez les Q les ovaires forment une épaisse couche sur la paroi ventrale de la paroi viscérale. Ce sont en réalité des cordons d'ovules dont l'axe est occupé par un vaisseau (5D, a), Un de ces cordons transporté sous le microscope, présente l'apparence suivante : au contact même du vaisseau on ne voit qu'une couche de nucléus (5 D, b), entièrement semblables a ceux qu'on trouve dans beau- coup d'autres organes. A mesure qu'on s'écarte du vaisseau, les nucléus deviennent plus grands et s'entourent d'une couche de protoplasme, d'abord homogène, puis quelque peu granuleux. L'apparence de ces cel- lules est déjà entièrement celle d'un ovule avec tache germinalive. S'é- loignant toujours davantage du vaisseau, on arrive jusqu'à la périphérie du cordon occupée par les ovules mûrs, larges de ram ,12. Ces ovules(/) ne sont point libres, mais enfermés chacun dans une sorte d'alvéole ou d'ovisac, à paroi épaisse de 5 micr. et semée çà et là de nucléus (e) bien distincts, à sa face interne. On retrouve cet ovisac également dans des couches plus profondes de l'ovaire. Mais sa paroi devient graduelle- ment plus mince à mesure qu'on se rapproche de l'axe du cordon, si bien qu'on ne réussit plus à la distinguer déjà longtemps avant d'arriver au vaisseau axial. Comment faut-il considérer ce tissu alvéolaire d'ovisacs? Peut-être comme une sécrétion des ovules. Mais dans ce cas d'où vien- nent ses nucléus? Comme les ovules eux-mêmes, je suppose, de la 1 Cette substance est destinée à agglutiner les particules arénacées avec lesquelles l'animal construit son tube. Elle durcit dans l'eau, « like the Aberthaw lime » ainsi que du ciment romain! comme s'écrie M. Williams, à propos du tube des Sabelles. DU GOLFE DE NAPLES. 191 couche de nucléus périvasculaire. Toutefois je ne puis pas en fournir la preuve positive. Pour terminer ce sujet, je dirai que les ovules arrivés à maturité, les ovisacs se déchirent et les mettent en liberté. Du moins trouve-t-on les ovules mûrs circulant librement avec la lymphe périvis- cérale et pénétrant même dans la cavité des branchies. Les zoospermes sont filiformes, avec une petite tète ovoïde, large de 2 micr. Je n'ai pas observé leur genèse, mais je ne doute pas qu'elle ne soit périvasculaire comme celle des ovules. Le système nerveux est d'une étude difficile. Je trouve la chaîne ner- veuse ventrale sous la forme d'une bandelette, large de O mm ,3(i, à bords parfaitement rectilignes, et par conséquent sans traces de renflements ganglionnaires. L'axe est occupé par un cordon (largeur =0 mm ,0o) de fibres à doubles contours, un peu sinueuses, très-différentes par consé- quent des fibres nerveuses de la plupart des autres Annélides. A droite et à gauche de ce cordon est une bande (largeur =0 mm ,16) d'une sub- stance finement granuleuse, et en même temps délicatement striée en long, semblable par conséquent à ce que M. Leydig appelle la fibrillàre Punctsubstanz. Une matière colorante détermine dans chacune de ces deux bandes une série de zones transversales brunes. Nulle part je n'ai réussi à découvrir de cellules ganglionnaires. J'ai été frappé par la fréquence dans le golfe de Naples d'Owenia aussi larges que les autres, mais n'ayant que trois ou quatre segments nor- maux et un segment terminal conique fort court. Je ne sais s'il s'agit d'individus en voie de réparer une mutilation ou peut-être d'une espèce distincte. 192 ANNÉUDES CHÉTOPODES Famille des MALDAMENS Savigny. CLYMENIENS Qtrfg. Genre PRAXILLA Mlmgr. M. Malmgren, en publiant une diagnose étendue de son genre Praxilla, dit qu'il a dû le séparer des Clymènes, parce que le genre Clymene Sav. a pour espèce-type la Cl. amphisloma Sav. Or celle-ci doit former dans sa pensée un genre à part. 11 est regrettable que le zoologiste finlandais n'ait pas donné une diagnose du genre Clyrnène dans ce sens restreint. En comparant, en effet, la description et les ligures de Savigny avec la diagnose de M. Malmgren, on reconnaît qu'il s'agit de types fort voisins. Pour ma part, laissant de côté certains caractères auxquels je ne puis accorder avec M. Malmgren de valeur générique, comme le nombre des segments, celui des denticules aux crocbets ventraux, etc., je ne vois subsister que la crénelure du lobe céphalique qui fait défaut aux Praxil- les et donne une apparence, il est vrai très-particulière, aux véritables Clymènes. Il aurait été peut-être préférable de n'attribuer aux Praxilles qu'une valeur de sous-genre parmi les Clymènes. Praxilla simplex. PI. XXVII, fig. 7. Corpus 25 mm longum, segmentas 22, truncatura cephalica minima, rhomboidali, nov Jim- bata, uncinis segmeiitorum cmteriorwn duorum setigerorum cœteris hawl simUibus. Seg- mentiim nonum decimumque cœteris multo longiora. Segmenta ultima setis destituta tria. Comme beaucoup de Clymènes cette Praxille est ornée d'un certain nombre d'anneaux d'un rouge vif. M. de Qualrefages indique cette colo- ration comme distribuée cbez les Clyméniens autour des bourrelets unci- DU GOLFE DE NAPLES. 193 nigères. Ce caractère n'esl dans tousles cas point général. Pour ma part, chez aucun Maldanien je n'ai vu les zones rouges liées aux lores. Leur position est variable avec les segments et avec les espèces, mais elle paraît fort constante chez une même espèce. Leur valeur physiologique ne parait pas avoir été reconnue jusqu'ici. Ce sont, en effet, de véritables ceintures respiratoires, caractérisées par un amincissement de la cuti- cule et un réseau sanguin d'une richesse remarquable, dans lequel les vaisseaux transverses dominent. Ce réseau appartient à la couche sous- cuticulaire. Chez la Pr. simplex chaque ceinture respiratoire (fig. 7) est en même temps une conslriction du corps de l'animal, due en partie à l'amincissement de la cuticule. Leur distribution est la suivante: la pre- mière ceinture, fort étroite, est en réalité double, formée de deux petits lisérés, l'un à l'extrémité postérieure du troisième segment, l'autre au bord antérieur du quatrième; la seconde ceinture est au bord postérieur du quatrième segment; la troisième, plus large que les précédentes, au bord postérieur du cinquième; la quatrième, de même largeur que la précédente, au bord postérieur du sixième; enfin la cinquième, beau- coup plus large que les autres, occupe la moitié postérieure du septième segment. Le lobe céphalique et le segment buccal forment ensemble un cône obliquement tronqué par une surface presque rhomboïdale, sans limbe marqué. Le second seg- ment est le premier sétigère. Les soies dorsales sont, dans tous les segments sétigères, de deux espèces, comme chez les autres Praxilles : de grandes soies capillaires margi- nées (7 A) et d'autres plus petites, pennées. Les soies ventrales du 2 mc et du 3""' seg- ment, au nombre d'une seule ou de deux de chaque côté, sont des crochets (7 B) à peu près partout d'égale largeur, faiblement courbés en S, à rostre relevé et surmonté d'un ou deux denticules à peine appréciables. La première rangée de crochets carac- téristiques des Maldaniens (7 C) est au quatrième segment. Ils sont fortement courbés en S, se renflent graduellement de l'extrémité postérieure jusqu'au delà du milieu, puis se rétrécissent subitement et se terminent par un rostre orné de trois denticules au vertex. Les tores sur lesquels ils sont implantés deviennent très-saillants à partir du 7 me ou 8 me segment. Les huit premiers segments sont relativement courts, surtout le 4™ e , le 5 me et le 6 rac . Le neuvième segment et principalement le dixième sont très- Tome xx, l re Partie. 25 194 ANNÉLIDES CHÉTOPODES longs. Les trois suivants sont derechef courts. A partir du 14 me , les segments rede- viennent longs et le restent jusqu'au pénultième. Le dernier est fort court. Le pénul- tième et l'antépénultième segments ont encore les tores ventraux, mais pas plus de crochets ventraux que de soies dorsales; le dernier ne porte ni tores ni soies. La cou- ronne anale est formée par un cercle de longues papilles presque filiformes dont le nombre le plus fréquent est de sept. Dans les intervalles qui séparent les longues pa- pilles anales, on en trouve quelques autres beaucoup plus courtes, en général au nombre de deux ou trois entre deux papilles longues consécutives. Les papilles cour- tes, mais celles-là seulement, se terminent par trois ou quatre dentelures. Chacun des segments 7, 8 et 9 renferme une paire de glandes fà b, b, b), en forme de tube aveugle jaune, dont la longueur est proportionnée à celle du segment. Ces glandes s'ouvrent à l'extérieur auprès des tores ventraux. Elles sont sans doute desti- nées à sécréter le tube du ver. 2. PRAXILLA COLLAR1S. PI. XXVI, fig. 2. Praxilln limbo crphalico maximo ad instar coUaris ornata, cingulis vascv&a'nbus a seg- menta quint o usque ad nonmn occurentibus. Segmenta anteriora setigera tria hamorwm forma a cœteris différent. Le lobe céphalique (2 A) se prolonge en une pointe conique portant deux petits points oculaires. Sa base se relève en une collerette très-développée, ouverte en ar- rière. Dans tous les segments sétigères les faisceaux dorsaux sont composés de deux groupes : l'un de soies capillaires très-fines et très-nombreuses qui ne m'ont pas paru barbelées, l'autre de soies marginées, plus grosses et moins nombreuses. Les soies ventrales des trois premiers segments sétigères, au nombre d'une seule de chaque côté, sont des crochets simples, semblables à ceux des deux premiers segments séti- gères de la Pr. simplex. Les crochets de Clymène ne commencent qu'au cinquième segment (4 me sétigère). Ce cinquième segment est remarquable par sa forme (fig. 2). Non-seulement il est plus court que le précédent et surtout que les suivants, mais encore il est plus large qu'eux. Il porte deux ceintures vasculaires : l'une à son bord antérieur, l'autre à son bord postérieur. Les anneaux suivants, bien plus longs que les précédents, portent, du moins les trois premiers, une ceinture vasculaire dans leur partie postérieure; le 9 me segment présente une ceinture semblable dans sa partie antérieure. Toutes ces ceintures respiratoires sont moins distinctes que dans l'espèce précédente. Elles sont, en effet, colorées par un pigment brun très-abondant qui masque en grande partie les vaisseaux. DV GOLFE DE NAPLES. 195 La Pr. collaris possède trois paires de glandes tabulaires pour la sécrétion du tube. On les trouve dans les segments 7" ,c , 8 me et 9 mu , mais leurs ouvertures sont au bord postérieur des segments 6 mc , 7 m8 et 8 rao . Genre AXIOTHEA Mlmgr. Le genre Axiothea, dont la diagnose donnée par M. Malmgren est fort claire, a pour caractères principaux d'avoir les quatre derniers segments achètes, et les crochets ventraux des premiers segments sétigères sem- blables à ceux des suivants, à savoir des crochets de Glymène, à rostre orné de plusieurs dents sur le vertex et à barbules sous-rostrales. Les véritables Glymènes ont au contraire, comme les Praxilla, les crochets des deux ou trois premiers segments sétigères différents des suivants. Enfin les Axiolhées n'ont pas de crénelure au limbe céphalique. Axiothea constricta. PI. XXVI. lii;. "2. Axiothea rubra, limbo cephalico angustissimo, segmenta buccal) longo, setis destituto ; segmento pemdtimo ultimum ad instar collaris complectente. (Jorona analis papillis œqaa- libus, una cœteris longiore excepta, formata. Regio postica inter segmenta profonde con- stricta. Cette espèce présente le même faciès que VÀx. catenata Mlmgr. de la Mer Glaciale. Elle s'en distingue pourtant, sans peine, par la form* des trois derniers segments. Le lobe céphalique, intimement soudé au segment buccal, se prolonge en avant en cône obtus, à la base duquel, en dehors du limbe céphalique, se voient de chaque côté quatre à six petits points oculaires (fig. 3, b). La troncature terminale est large, concave, et son bord forme de chaque côté du lobe céphalique un limbe étroit. Le segment buccal est irrégulièrement cylindrique, presque trois fois aussi long que large. Le second segment a déjà une série de crochets ventraux (3 C), avec un ren- dement médian et tous les caractères des crochets de Clyméniens. Les faisceaux dor- saux comprennent deux groupes: l'une de soies bordées, fines et courtes (3 B), l'autre de soies barbelées beaucoup plus grandes. Les segments de la région postérieure (3 A) sont à peu près campanuliformes; la 190 ANNËLIDES CHÉTOPODES partie large, correspondant au bord de la cloche, porte les soies. Les quatre derniers segments sont achètes, toutefois les deux premiers conservent encore exactement la forme des précédents; le pénultième n'est plus qu'une étroite collerette, et le dernier, beaucoup moins large que les autres, est cylindrique, bordé à l'extrémité d'un cercle de papilles dont celle qui correspond à la ligne médiane ventrale est souvent beaucoup plus longue que les autres. Genre MALDANE Grube (Malmgr. rev.). CLYMENIA Œrst. ; PETALOPHOCTUS Qtrfg Ce n'est qu'avec une certaine hésitation que j'admets le genre Mal- dane dans le sens que lui a donné M. Malmgren. M. Grube avait créé en 1800 son genre Maldane pour un Clyménien très-anormal, dont le ca- ractère le plus exceptionnel est le renversement des soies; les crochets sont en effet indiqués comme dorsaux, les soies subulées comme ven- trales. Or, M. Malmgren admet que M. Grube aurait été victime d'une étrange méprise. Un prolapsus ani, ressemblant à une trompe, lui au- rait fait prendre l'extrémité caudale de son ver pour la céphalique. L'anus, dont la position est dorsale, une fois interprété comme bouche, M. Grube devait forcément prendre le ventre pour le dos. Cette opinion de M. Malmgren est fort séduisante, la méprise dont il s'agit fort pos- sible et excusable, lorsqu'on tient compte de la grande ressemblance entre l'extrémité anale et l'extrémité céphalique dans ce genre. Toutefois certains détails de la description de M. Grube sont propres à laisser pla- ner quelques doutes sur cette question. Ce zoologiste parle, en effet, d'un vaisseau dorsal se contractant d'arrière en avant; il mentionne aussi le système nerveux. Comment ces observations peuvent-elles se concilier avec un renversement de l'animal? En tous cas, si M. Malmgren a raison, le genre Petaloproclus Qtrfg. devra descendre au rang de syno- nvme. DU GOLFE DE VAPLES. 197 MaLDANE CkISTAGAI.U. PI. XXVI, lig. 1. Corpus longitudine 43""", latitudme T" m ,5, antrorsum roseum, dein fusco-rvbrwm, re- gione postica annulis lacteis insigni, lubo cephaUco rotundato haïul trmcato. Segmenta setigeraanterioru triatieitleis eeittmlibits in Juco Itainonim, ccetera Jaunis instrurta, quibus rostrum est crista dentata ornatwm. La couleur rose pâle de l'extrémité antérieure de ce ver s'étend jusqu'au milieu du 5 me segment, où commence d'une manière brusque le pigment brun, rougeâtre, qui donne au reste du corps sa colaration (flg. 4). Dans la région postérieure chaque seg- ment est orné, près de son extrémité aborale, d'une large ceinture blanche en re- lief (4 A, à). Ces ceintures rappellent par leur apparence le cingulum, soit ephippium des Oligochètes. Le bord antérieur de chaque ceinture est formé par une ligne circu- laire parfaitement franche; le bord postérieur est au contraire fort sinueux; la lar- geur maximum est au dos, où la ceinture forme une espèce de processus empiétant quelquefois sur le segment suivant. Au côté ventral, la ceinture présente un pro- fond sillon transversal qui remonte sur les côtés et se termine par une petite dilata- tion. Dans cette dilatation est implanté le faisceau de soies dorsal; dans le reste du sillon court la rangée de crochets ventraux. Les trois derniers segments n'ont plus de ceinture blanche, en revanche ils possèdent encore, sauf le dernier, des faisceaux de soies capillaires. Le dernier segment est embrassé par un limbe à pourtour ovale, comme par une large collerette. Les deux extrémités du limbe viennent mourir sur le dos, sans se rejoindre (4 A); la collerette est donc ouverte. Dans l'évasement de la collerette, le segment anal forme une protubérance conique, au sommet de laquelle l'anus se voit comme une fente, entourée d'une quinzaine de papilles à peine saillantes. Les soies des faisceaux dorsaux forment à tous les segments sétigères deux groupes: l'un de soies fines et barbelées (4 C), l'autre de soies bordées, beaucoup plus grandes (4 D). Aux trois premiers segments sétigères, la rame ventrale est représentée de cha- que côté par une soie unique, forte, droite et atténuée à l'extrémité comme un épieu (4 E). Aux segments suivants on trouve des rangées ventrales de crochets deClymènes, comprimés, renflés en leur milieu, à rostre vigoureux et acéré, orné sur le vertex de six denticules qui décroissent régulièrement d'avant en arrière et ressemblent à une crête de coq (4 B). La barbule sous-rostrale est forte, longue et recourbée vers le haut. 198 ANNE LI DES CHÉTOPODES Les ovules sont en forme de disque ovale. La Maldane spalhulata (Clymene spathulata Grube') est voisine de la M. Crisla- galli. M. Grube ne mentionne, toutefois, pas les singuliers caractères de coloration que j'ai décrits ; il n'indique pas que les premiers segments aient des soies ventrales dif- férentes de celles des suivants. Enfin, il ne dit rien des singulières ceintures blanches qui ne lui auraient pas facilement échappé. 1 Archiv fur i\uluryesch.,X\\, 1855, p. 114. M' GOLFE DE NAPI.ES. 199 CATALOGUE DES ANNÉLIDES GHÉTOPODES JUSQU'ICI OBSERVEES DANS LE GOLFE DE NAPLES. yB Les espèces que je n'ai pas rencontrées moi-même sont accompagnées du nom de l'auteur sur la foi duquel je les cite. Ce nom est imprime en lettres italiques. On astérisque désigne les espèces que je considère comme indéterminables. Aphroditiens. Aphrodita aculeala Linn. Hermionc hystrix (HalHhea hystrix Sav.) Pontogenia chrysocoma ( Hermione chrysocoma Baird). Polynoe (Evarne) lunulata Délie Chiaje. Polynoe exlenuata Grube. Polynoe iHarmothoe) areolata Rrtibe. Polynoe (Harmothoe) spinifera Ehl. Polynoe (Antinne) torquata Clprd. Polynoe squamata Sav. — Grube. Polynoe plumosa Grube. — Grube. Polynoe fasciculosa Grube. — Grube. Polynoe maculata Grube. — Grube. Polynoe élegans Grube. — Grube. 'Polynoe astericola Délie Ch. — Délie Chiaje. Hermadion fragile Clprd. Pholoe synophlhalmica Clprd. Polyodonlcs maxillosus ( Phyllodoce maxillosa Ranzani). Polyodontes Blainvillei [Sigalion BlainiilleiCosta.). — Gabr. Costa. Sthenelaïs ctenolepis Clprd. Sthenelaïs fuliginosa Clprd. Sthenelaïs I, iol, pis Clprd. Sthenelaïs dendrolepis Clprd. Sigalion squamatum Délie Cbiaje. {?)Sigalion Mathildœ Aud. Edw. — Grube. Psammoh/ce arenosa (Sigalion arenosum DelJe Chiaje). Lepidopleurus inclusus Clprd. Palmyriens. Chrysopetalum fragile Ehl. Amphinomiens. Euphrosyne Audouini (Lophiocephala Audouini Costa). EUNICIENS. Staurocephalus Chiaji Clprd. Slaurocephalus rubro-vitlatus Grube. — Délie Chiaje 1 . Diopatra neapolilana Délie Chiaje. Diopatra simplex Grube. — Grube. Onuphis Panccrii Clprd. Onuphis tubieola Millier. — Grube'. ' Onuphis filicornis Délie Chiaje. — Délie Chiaje. Hyalinœcia rigida Clprd. Eunicc vittata Délie Cbiaje. Eunice gigantea Délie Chiaje. — Délie Chiaje. Eunicc cingulata Clprd. Eumice Tania Clprd. Eunice sanguinea Délie Chiaje. — Délie Chiaje. Eunice Bertoloni Délie Chiaje. — Délie Cliiaje. Eunice gallica Sav. — Grube. 1 En admettant que la Syllù Rudolphiana Délie Chiaje, soit Nereis Rvdolphii Délie Chiaje, soit identique avec le Staurocephalus rubrovitlatns Grube, et dans ce cas le nom spécifique de M. Grube aurait à céder le pas à celui de Délie Chiaje. * Appartiendrait au genre Hyalinacia Mlmgr. si la détermination de M. Gnibe est exacte. 200 AN'XÉUDES CHÉTOPODES Eunice Harassii Aud. Edw. — Grube. Halla parthenopeia (Lysidice parthenopeia Délie Chiaje). Lysidice margaritacea Clprd. Lysidice torquata A. Costa. — A. Costa. Lysidice communia Délie Chiaje'. Lumbriconereis Filum Clprd. Lumbriconereis impatiens Clprd. Lumbriconereis Nardonis Grube. Lumbriconereis coccinea (Lumbrinerus coccineus Délie Chiaje). — Délie Chiaje. 'Lumbrinerus nisidensis Délie Chiaje — Délie Chiaje. ' Lumbrinerus Rolandi Délie Chiaje — Délie Chiaje. Notocirrus geniculatus Clprd. Notocirrus Hilairii (Lumbrinerus Sancti-Hilairii Délie Chiaje). Nematonereis unicornis (Lumbriconereis unicornis Grube). Lycokidiens. Nereis (Leontis) coccinea Délie Chiaje. Nereis peritonealis Clprd. Nereis perivisceralis Clprd. Nereis (Lipephile) cultrifera Grube. Nereis (Ceratonereis) guttata Clprd. Nereis (Nereilepas) parallelogramma Clprd. Nereis (Nereilepas) caudata Délie Chiaje. Nereis imbecillis Grube — Grube. Nereis splendida Grube — Grube. Nereis Costce Grube. — Grube. ' Nereis Hameau Délie Chiaje. — Délie Chiaje. 'Nereis Edwardsii Délie Chiaje. — Délie Chiaje. 'Nereis Ventilabrum Délie Chiaje — Délie Chiaje. 'Nereis 4-cornis Délie Chiaje. — Délie Chiaje. ' Nereis thethycola Délie Ch. — Délie Chiaje. ' Nereis jkxuosa Délie Ch. — Délie Chiaje. 'Nereis 6-ientaculata Délie Ch. — Délie Cldaje. ' Nereis delineata Délie Ch. — Délie Chiaje. ' Lycastis Blainvittei Délie Ch. — Délie Chiaje. • Lycastis Ottonis Délie Ch. — Délie Chiaje. ' Lycastis Okenii Délie Ch. — Délie Cliiaje. Heteronereis Mahngreni Clprd. Nephthydikns. Nephthys scolopendroides Délie Chiaje. Nephthys Hombergii Aud. Edw. — Grube. Glycébiens. Rhynehobolus siphonostoma (Gh/cera siphonostoma Délie Chiaje.) Rhynehobolus conïolutus(Glyccra convolutaKfrst.) Rhynehobolus Meckelii (Glycera Meckelii Aud. Edw.). Syllidiens. Syllis gracilis Grube. ' Syllis gracilis Délie Chiaje. — Délie Chiaje. Syllis hamata Clprd. Syllis simillima Clprd. Syllis bacilligera Clprd. Syllis aurita Clprd. Syllis aurantiaca Clprd. 'Syllis Tkdemanni Délie Chiaje. — Délie Chiaje. Odontosyllis ctenostoma Clprd. Trypanosyllis cœliaca Clprd. Sphœrosyllii pirifera Clprd. Grubea tenuicirrata Clprd Grubea hnibata Clprd. Syltidcs pulliger (Syllis pulligera Krohn). Ftedophylar claviger Clprd. Padophylax veruger Clprd. Oophylax Oerstedii (Exogone Oerstedii Kollik.)- Kolliker. Anoplnsyllis edentula Clprd. Autolytux Hesperidum Clprd. Proceraa aurantiaca Clprd. Myrianida maculata Clprd. Pterosyllis lineolata (Nicotia lineolata A. Costa). — A. Costa. Hésioniens. Psamathc cirrata Kefrst. Tyrrhena Claparedii(Castalia Claparedii A. Costa). felamone sicula (Hesione sicula Délie Chiaje). Phyllodociens. Phyllodoce corniculata Clprd. Phijllodoce Paretti Blnv. — Délie Chiaje. Phyllodoce Rathkii Grube. — Grube. Phyllodoce clavigera Aud. Edw. — Grube. Phyllodoce Gcqff'royi Aud Edw. — Grube. Anaïtis cepiialotes Clprd. Eteone armata Clprd. Eteone siphonodonta (Lumbricus siphodonta Délie Chiaje). Eteone lactea Clprd. Eidalia (Eumida) pallida Clprd. Eulalia (Eumida) microceros Clprd. Enlalia (Pterocirrus) hmbata Clprd. Eulalia (Pterocirrus) marginata Clprd. Eulalia (Pterocirrus) velifera Clprd Alciopiens. Alciopa candida Délie Chiaje. — Délie Cliiaje. Alciopina parasitica Clprd. Pane. Liocapa Cantrainii (Nnjades Cantrainii D . Chiaje). Liocapa vertebralis A. Costa. Rhynchonerella gracilis A. Costa. — A. Costa. TOMOPTÉBIDIENS. Tonwpteris sp. ClRIÎATULIENS. Cirratulus chrysoderma Clprd. 1 Cette espèce n'est, dans tous les cas, point un véritable Mmicien. Je soupçonne fortement Délie Cliiaje de 1 avoir établie sur un Hermadion privé de ses êîytres. H dessine pourtant les cirres dorsaux d tous les pieds. DU GOLFE DE NAPI.ES. 201 Audouinia filigera (Lumbricus filigerus Délie Chiaje). Capitelliens. Capitella capitata (Lumbricus capitatus Fabr.). var. Capitella Cosiana Clprd. Capitella major Clprd. Notomaslus lineatus Clprd. Dasybranchu8 caducus Grube. Ophéliens. Ophélia ratliata\Luinbriru* radiatus Délie Chiaje). ' IVois (Ophelia?) de HoratiisD. Ch. — Délie Chiaje. ' Lumbricus (OpheliaV ) pusillus D. Ch. — D. Cil. Polyophthalmus pallidus Clprd. Téléthusikns. Aroucola marina (Lumbricus marinus Linn.) var. minor. Arenicola Grubii Clprd. Ariceens. Aricia fœtida Clprd. Aricia Latrcillii Aud. Edw. — Grube Theodisca liriostoma Clprd. Spionidiens. "Polydora Agassizii Clprd. Polydora hoplura Clprd. Polydora antennata Clprd. Spio fidiginosus l 'lprd. Spw Mecznikowii Clprd. Nerine Cirratulus ( Lumbricus Cirratulus Délie Chiaje). Nerine Sarsii Clprd. Nerine auriseta Clprd. Prionospio Malmgreni Clprd. Ch^etoptériens. Chœtopterus variopedatus (Tricœlia variopedata Renier). Telepsavus Costarum Clprd. Phyllochtetopterus socialis Clprd. Phyllochœtopkrus falla c Clprd. Phyllochtetopterus major Clprd. Phérusiens. Stylarioides moniliferus Délie Chiaje. Trophonia Eruca Clprd. Siplionostoma diplochaïtos Otto Sternaspidiens. Sternaspis scutata (Echinorhynchus scutatus Re- nier). Amphicténiens. Pectinaria tieapolitana Clprd. Amphictene auricoma (Amphitrite auricoma Pallas). Tome xx, l r0 Partie. Hermelliens. Sabellaria alvcolata (Sabella alveolata Linn.) — Pameri. Tébébelliens. Heteroterebella sanguvnea Clprd. Terebella Meckelii {Amphitrite Meckelii D. Ch.). Terebella Jtexuosa [Amphitritt- jle.ïuos , b. Ui i. Terebella vestita Clprd. Terebella multisetosa Grube. Terebella lœoirostris Clprd. Terebella cirrata Sav. — Grube. Terebella misenensis G. Costa. — • G. Costa. Meterophenacia nucleolata Clprd. Plienacia ambigrada Clprd. 'Amphitrite Olfersii D. Ch. — Délie Chiaje. ' Amphitrite neapolitana D. Ch — Délie Chiaje. 'Amphitrite nesiderms D. Ch. — Dette Chiaje. Pulyarrus Caliendrum Clprd, Serpuliens. Fabrieia Sabella (Amphicora SabellaEhrb.). Oria Armandi (Amphicorina Armandi Clprd.) Amphigb. na medikrranea (Amphicora mediterra- nea Leydig). Spvrographis SpaUanzanii Viviani. Sabella latisetosa Grube. — Grube. Sabella gracilis Grube. — ■ Grube. 'Sabella denudaia D. Ch. — Dette Chiaje. ' Sabella euplaa D. Ch. — Dette Cliiaje. Branchiomma Kbllikeri ( lprd. Branchiomma vesiculosum (Sabella vesiculosa Mon- tagu). var. Laonome Salmacidis Clprd. Dasyclwne lucullana (Sabella lueullana D. Ch.). Dialychone acustica Clprd. Protula Intestinum (Serpula Inteslinum Lam.). Psygmobranchus protensus ( Serpula protensa Rumph). Psyyinobranchus intricatus ( Serpula intricata Linn.). Grube. Psygmobranchus multicostatus Clprd. Salmacina incrustans Clprd. Eupomatus lunulifer Clprd. Eupomatus vermicularis ( Serpula vermiculari* Linn.) — Délie Cliiaje. Vermilia Injundibulum (Serpula Infundibulum Gmel ). i — Dette Cliiaje. ' Vermilia fimbriata (Serpula fimbriata D. Ch.). Délie Chiaje. Serpula Philippii Môrch. Serpula aspera Phil. Serpula echinata Gmel. — Scacchi. Serpula crixtallina Scacchi. — Scacchi. Serpula Cereolus Gmel. ■ — Scacchi. Serpula torulosa D Ch. — Délie Chiaje. Serpula glomerata Linn. — Grube. Serpula plicaria Lam. — Grube. Serpula proboscidca Gmel. — Grube. Serpula contortuplicata Linn. — Grube. 26 202 ANNÉLIDES CHËTOPODES Maldaniens. Pomatoceros triqaetroïdes (Serpula triquetroïdes Délie Ckiaje). Spirorbis Pagenstecheri Qtrfg. Pileoiaria militaris Clprd. Ammochariens. Oivenia filiformis Délie Chiaje. Praxilla simpïex Clprd. Praxiïïa milans Clprd. ' Clymene neapolitana D. Ch. — Délie Cliiaje. Axiothea constricta Clprd. Maldane Oristagalli Clprd. LISTE DE NOMS VULGAIRES USITÉS PAR LES PÊCHEURS NAPOLITAINS POUR DÉSIGNER DIFFÉRENTES ESPÈCES DE VERS. Coracora = Serpules (et Vermets). Cazzetlielli di mare = Phascolosomes. Esca canita = Glycères, Etéones, etc. Esca di arena = Owenia. Esca difango = Spiodiens divers, Capitelliens, Cirratuliens, Térébelliens, Néréides. Esca di fango colla lana in coppa = Arénicoles. Esca di palo = Diopatra neapolitana. Esca di palo canita = Onuphis Pancerii. Esca di ponte = Ophélies. Esca rossa = Hésioniens. Fioccliettielli blanchi = Phoronis. Fiocchi = Sabelles. Idngua di bove = Balanoglossus. Mustacielli = Stylarioides et Sternaspis. Riccio = Chœtopterus. Ricci piccoli = Amphicténiens. Sanguette = Siphonostomes. Ti veggo = Aphrodites, Polynoés, etc. Ti veggo rosso sema spine = Euphrosyne Audouini. Tremolinc = Lumbriconéréides. Tremoline bianche = Nepbthys. Vermidi ceppa = Hermelles, Phoronis, Phyllnchsetoptère social. Vernie di vromma — Alciope. Vernie rosso = Halla parthenopeia. Venne solitario = Cérébratules, Némertes, etc. Zecca di raja = Pontobdella. Zecca di tremola = Branchellion. Dl GOLFE DE NAPLES. 203 INDEX N.B. La désineuce idée désigne les familles, la désinence ida les tribus. Les synonymes sonl imprimés en italique. Pages ACOETIDA I, 391 Actinotrocha II, 149 ALCIOPID.E I, 562 Alciopina I. ■ t >t>3 parasitica I, 563 Amaea II, 145 Ammochares II, 185 Ottonis II. 186 assimilis II. 1N7 Ammotrypane II. 33 aulogaster II. :il limacina 11, 31 œstroïdes Il, 29 I mphicora 11. 151 mediterranea . . . . II, 131 SabeUa II. 151 Amphicorina II, 153 Armandi II. 153 Amphictene II, 122 auricoma . ... II, 116, 122 AMI'llICTENlIl.E II, 113 Amphiglena II, 154 Armandi Il, 154 mediterranea II, 134 Amphinome rostrata I, 335 AMl'HIXuMID.E I, 418 Amphitrite auricoma. ... II, 113, 122 belgica II, 113 Bombyx .... II, 162, 168 flexuosa II, 134 (loscula II, 163 Josephinœ II, 156 Pages Meckelii II, 131 Penicittus II, 155 plumosa II, 103 Tondi II, 134 Ventilahrum II, 155 vesiculosa II, 164 volutacornis II, 170 .1 mphitritoïdes rapax 11, 132 Amytis I, 500 Anaitis 1, 547 cephalotes I, 548 Ancistria II, II) Anisoceras I, 422, 500 vittata I, 426 ANKULusA TIIALAS- SEMICA II, 94 Anoplosyllis I, 514 edentula I, 524 Anthostoma II, 50 Antinoe I, 69 Aonides aurieularis II, 69 Aphlebina U, 145 amantiaca II, 145 hœmatodes II, 145 pallida Il, 145 Aphrodita I, 351 aculeata I, 351 borealis I, 352 heptacera J I, 359 hystrix I, 358 Unujn I, 387 minuta I, 387 nitens i, sericea I, APHRODITIDA I, APHRODITID^: I, Apneumœa II, A rabella qiutdristriata .... I, Aracoda I, Arenia Il, cruenta II, Arenicola II. antillensis II, Grubii II, Loveni II, marina II, piscatorum II, ARENICOLID^E .... II, Aricia II, Cuvieri II, fœtida II, Latreillii II, Oerstedii II, sertulata II, ARICID.E II, Armandia II, Arripasa II. ARTACAMIDA II, Audouinia II. fdigera II, Laniaickii II, Autolytus .... I, 501, Hesperidum I, prolifer I, Axiothea II, 352 353 351 345 145 460 454 18 18 36 41 36 42 40 40 35 45 46 46 49 51 45 44 152 169 125 1,7 7 7 525 526 532 195 i Dans le texte, sous le nom île hoptakero, cité d'après AuJoum et Edwards; Otto écrivait en réalité lieptacera. 20i Pages constrieta II, 195 catenata II, 195 Bispira II. 169 volutacornis . . . II. 170 Branchiomma .... II. 162 Bombyx II. 162 Dalyelli n, 162 Kollikeri ii. 163 vesiculosum .... ii. 164 CANEPHORIDA .... n. 125 Capitella n. 11) capitata ii. 10 Costana n, 15 Fabricii n, 10 liliformis I] , 13 . 16 major II. 10 rubicunda .... I. 337 rAl'ITELLIDAE .... II. 10 Carobia I. 545 Castalia 1. 537 Claparedh .... I. 538 punctata • I, 535 Ceratonereis .... • I, 474 475, 482 CHiETOPTERDOjE . . . 11. 76 Chaetopterus .... II, 78 Leuckarti II, 78 pergamentaceus . II, 78 pergamentus . . . II. 78 variopedatus . . . II, 78 Chlorœma II, 107 dubium II. 109 Edwardsii II. 109 CEWBMUIDM . . . II, 97 Chone II. 165. 169 ûoscula II. 165 rubrocincta .... II. 51 Chorizobranchus . . . II, 41 CHRYSOPETAL1D.E I, 417 Chrysopetalum . . . 1. 417 fragile I, 417 CIRRATULID.E .... II, 1 Cirratulus II. 1 bioculatus .... II, 2 Blainvillei .... 11. 7 ANiNÉLlDES CHÉTOPODES Pages borealis II, 7 chrysoderraa II. 2 filiformis . . 1. 337. Il, 5 fUigerus II. 7 Lamarckii ... II. 1. 60 Lamarckii var. ... II, 7 Cirrineris Blainvillei II, 7 Blainvillei II, 7 bioculata II, 2 t:roS I, 500 Cirrosyllis I, 536 Claparedia I, 502 Clymene II. 192 amphistoma II. 192 spathulata II. 198 ClymeneU II, 168 Clymenia II, 196 CLYMENIDJE II, 192 Codomjtes II. 181 Colobranchus II. 61 Corattina tubularia melitensis. II. 155 Ctenodrilus II. 101 Dasybranchus . . , . II, 21 caducus II. 21 Dasychone II, 168 Argus II. 168 Bombyx .... II. 162, 168 DaiyeUi II, 168 lucullana ... II, 121, 168 Dialychone II, 169 acustica II. 170 Diopatra I, 43 Baeri I, 433 cuprea I, 432 iridicolor I, 432 longissima I, 440 ueapolitana I. 432 Diplocerœa I, 500 Disoma II, Dtstijlia II, 169 DORS A LE jE II. 35 Ecbinorhynchus. clypeatus II, 9 Pages scutatus II, 95 Eone I, 491 Ephesia I, 501 Eracia I, 554 Ereutho II, 145 ERIOGRAPHIDA ... II, 149 Enwa echinata I, 352 marina I, 352 Escholtzia I, 570 Eschscholtzia I, 570 Eteone I, 550 armata I, 550 laetea I, 553 siphonodonta . . I, 551 Euchone II, 51, 169 Eulalia I, 554 limbata I, 558 marginata 1, 559 microceros I, 557 pallida I, 556 sangiiinea I, 555 xolifera I. 560 Eumenia II. 35 Eumenia II, 35 lunulata II, 35 Eumida I, 554 microceros I. 557 pallida I, 556 Ettmolpe maxima I, 392 Eunice I, 443 cingulata I, 444 Claparedii I. 445 Roussaei I, 437 Tamia ... I, 363, 424, 445 torquata I. 445 vittata I, 443 Eunicida I, 432 EUNICID.E I, 421 Eunomia II, 35 Euphrosyne I, 418 Audouini I, 418 laureata I, -418 mediterranea .... I, 418 polybranchia racemosa . . Pages I I. 121 I. «8 Eupomatus II. ISO dipoina II. 181 lunulifèi II. 181 Eupompe I. 396 Eurysyllis I, 500 Eusyllis 1. 517 Evarne lumilata 1. 376 Exogone I, 520 maculosa I. 511 pusilla I. 515 Exotocas I. 520 brevipes I, 520 Kefersteinii I, 521 Fabricia II, 151 af'fiitis II, 151 Amphicora II. 151 Armandi II. 153 gracilis 11.151 ,;tiitilrijiii>iclitlii ... II, 151 Sabella II, 151 Fallacia I, 511 Filograna Vysteri Il, 176 Flabelligera II, 107 Galeolaria II. 180 Gattiola I, 534 apectàbilis I, 534 Genetyllis I, 545 Glycera I, 491 convoluta. ... I, 492, 496 Meekelii I, 499 Rouxii I, 499 siphonostoma .... I, 492 unicornis I, 491 glychriDjE i. mil Glycinde ... I. 491 : II. 129 Gnathosyllis .1. SOI, 502 Goniada I, 491 Grubea I, 516 clavata I. 516 limbata I, 518 puMlla I, 516 DU GOLFE DE NAP1.ES. Pages tenuicirrata I, 516 Grymcea II. lil Halla I, 422, 446 brasiliensis [,446 parthenopeia .... [,446 HALELMINTHEA ... II. 10 HALOSCOLECINA ... II, 10 Halimede I, 536 venusta I, 536 Halithea aculeata I, 352 aurata I, 352 hystrix 1. 358 Harmothoe areolata I, 38 spinifera I, 378 Hediste I, 479 Hemipodus I, 491 Hermadion I, 382 fragile I, 383 Hermione ... I. 349, 357 chrysocoma I, 368 hystricella I, 358 hystrix I, 358, 368 Kinbergi I. 355 Hesione I. 322 pantherina I, 543 proctochona . ... I, 545 Savignyi I, 548 sicula I, 541 Siculi I, 541 HESIONDDjE I, 535 Heterocirrus II. 5 Heteronereis I, 482 fucicola I, 482 Malmgreni I. 483 Oerstedii I. 486 Heterophenacia ... II, 141 nucleolata II, 141 HETEROSABELLIDA . II. 148 Heteroterebella ... II. 128 madida II. 128 sanguinea II. 128 HETEROTEREBELLIDA II, 125 Hyalinoecia I, 441 205 Pages rigida I, 441 Hyboscolex II, 10 Hi/strix marina I, 351 Idalia II, 134 llexuosa II, 134 Toida I, 500 Iphinereis fucicola I. 482 Isosyllis maculosa I, 511 Kefersteinia .... I, 500, 536 cirrata .... I, 536, 537 Claparedii I, 537 Labotas II, 46 Lacides II, 46 Lui,, imiicc I, 358 Lœtmatonice I, 358 Lalage I, 502, 504 Lanassa II, 144 Laonome II, 167 Salmacidîs II, 167 Laphania II, 144 Lesena II, 144 Leanira tetragona I, 402 Leodamas II, 46 Leontis I, 463 coci'inea ...... 1, 464 Dumerilii. ... I, 463, 482 Lepidonotus I, 382 Lepidopleurus .... I, 415 Inclusus I, 415 Leprœa . . . • I, 388 Leucariste II, 115 Leucodore II, 53 liliata II, 54 ciliata, var. minuta . II, 54 Leucodorum II, 53 Liocapa I, 562 Cantrainii I, 562 vertebralis I, 562 vitrea I, 562 Lipephile I. 1"2 cultrifera I. 472 206 ANNÉLIDES CHÉTOPODES Lophiocephala II, Edwardsii II, 98 Lophonota .1 udouini I, 418 Lumbriconais II. 10 capitata II. 10 marina II, 10 UWIBRICONEREIDA. . . I, 453 Lumbriconereis ... I. 151 coccinea I. 461 Filum I, 454 fragilis I, 455 Grubiana I, 458 impatiens 1. 455 Laurentiana I. 363 Nardonis I. i57 quadristridta .... 1, 460 unicornis I. 461 Lumbriculus variegatus II, 124 Lumbricus capitatus 11. 10 Cirratulus II. 66 fragilis I. 455 marinus Il, 10 radiatus 11. 21 siphodonta I. 155 siphonostoma .... 1. 492 bumbrineris mandata I. 460 quadristriata .... I, 460 Rolandi I, 459 sipfwnodonta .... I, 551 Lumbrinerus Cirratulus 11. 7 fragilis I, 455 St. HUairii I, 460 Lycaretus neocephalicus .... I, 341 Lycidice I, 453 LYCORID.E I, 462 Lysarete I, 446 brasiliensis I. 446 LYSARETIDA I, 445 Lysidice I, 453 Pages margaritacea .... I, 453 parthenopeia .... I, 447 Valentina I. 454 Lysilla II, 1 15 Macrochœta I, 500 Magelona I, 305 Malacoceros H, 61 Maldane II, 196 Cristagalli II. 197 spathulata II, 198 MAl.lUNlIi.E II. 192 Mentula cucurbitacea II, 95 borealis . Monocolea tessellata Myrianida . fasciata . maculata Myriochele I. :',;..» I. I, l. i. Il, Mysta I. Najades Cantrainii I. Nematonereis I Grubci I, unicornis I, Neomeris urophylla II. Neottis II. NEPHTHYD.E 1, Nephthys I. bononensis I. Hombergii I, neapolitana I. rosea I, scolopendroides ... I, NERElDsE I. Nereilepas I, caudata I. 338, parallelogramma . . I, Nereis I, bilineata I, caudata I, coccinea I, 373 532 552 532 187 550 562 ICI 161 461 24 141 486 486 489 488 486 488 486 463 476 478 477 463 474 478 461 coccinea I, 464 cuprea I, 432 cnltrifera I, 476 Dumerilii ... I, 163, 48? Dumcrilii I, 464 guttata .... I, 175, 482 incerta I, 474 margaritacea .... I, 474 peritonealis I. 467 perivisceralis .... I, 471 pulsatoria . I, 450. 467, 473 pulsatoria I, 477 Ranzani I, 473 Rudolphii I. 125 oittata I, 443 Nerilla antennata I, 525 Nerine Il, 62, 65 auriseta II, 71 Cirratulus II, 66 coniocephala .... II, 67 oxycephala II, 67 Sarsiana II, 70 vulgaris II, 56 Vicotia I, 534 lineolata I, 534 Notocirrus I, 158 geniculatus I. 159 Hilairii I, 160 Notomastus II, 18 Benedeni II, 19 lineatus II, 18 rubicundus. . I, 337. II, 18 Sarsii II, 19 Odontosyllis I, 511 ctenostoraa I. 512 Œnone maculata I, 160 Oncoscolex II. 10 Onuphis I, 138, 110 Eremita .... I, 138, 141 longissima I, 110 Pancerii I, 438 Oophylax I, 520 Ophelia II, 23 Pages II, 22 29 24 29 bicornis .... borealis coarctata mamillata neapolitana II, 24 radiata II. 21. 124 OPHELID.E II. 22 Ophilio bicornis II, 24 Otfnnia II, 45 eertulctfa II. 16 Oria II, 153 Ârmandi II. 153 Othonia II, 152 Fàbricii II. 151 Owenia II, 186 assimilis II. 187 filiformis II, 186 Paedophylax 1. 5211 claviger I, 521 veruger I. 523 Pagenstecheria I, 517 Pallonia rapax II. 132 Palolo I, 453 Palmyra debilis I 417 Evelinœ I, 417 PALMYRID.£ I, 417 Pahmjropsis Evelinœ I, 417 Panthalis I. 396 Pectinaria II. 113 auricoma Il, 123 belgica II, 113, 123 granulata II. 123 neapolitana Il, 123 Pelogenia I, 415 PeUUoproctus II, 196 Phenacia II, 142 ambigrada II, 1 12 rétrograda II, 143 triserialis II, 144 Pherusa II, 97, 105 barbata II, 98 DU GOLFE DE NAPLES. Pages incru&tata II. 106 rm:i;i sin.K II. 97 Pholoe I, 387 assimilis I, 387 baltica I, 387 eximia I, 387 inornata I, 387 longa I, 387 minuta I. 387 synoplithalmiea ... I, 389 PHOLOIDA I, 387 Phoronis ... I, 330; II, 149 Phyllochaetopterus II, 77, 84 fallax II, 88, 90 gracilis II, 85 major II. 92 socialis II. 85 Phyllodoce I, 545 clavigera corniculata lamelligera maxillosa . Phyllodocidœ Phylo .... Physalis . . . Pionosyllis . Pileolaria . . militaris . . Pleione . . . carunculata Pollicita . . . . Polybostrichus . POLYCIRhïDA Polycirrus . aurantiacus < . 1 1 1< ! I<1 1 1 11 1 1 Medusa . . Polydora . . Agassizn . . antennata . ciliata . . . cornuta . . hoplura . . POLYLEPIDA . Polymastus . . . . II. . . II. I, I. I, ■ I, • f, II, I, I. II, H, I. I, 1, I. 125, 145, II. Il II. 53, II. 11. 11. Il, II, I, I, 547 546 547 392 545 46 352 517 183 184 332 332 501 500 lii 146 145 146 145 77 54 60 54 53 58 415 207 Pages Polynice I, 500 Polynoe I, 371 areolata I. 381 extenuata I, 380 lunulata I, 373 plumosa I, 380 spinifera I. 376 tessellata I, 373 torquata I, 378 POLYNOIDA I, 371 Polyodontes I. 391 aplwoditœus .... I, 392 Gulo I, 395 maxillosus I, 392 POLYOPHTKALMIDJE . II. 22 Polyophthalmus ... II, 34 pallidus II, 34 pictus II, 26, 34 Polyphragma II, 180 Polyphysia II, 35 Pomatoceros Il, 182 tricuspis II, 182 triquetroïdes .... II, 182 Pontogenia I, 367 chrysocoma I, 368 Portelia I, 488 rosca I, 488 Praxilla II, 192 eollaris II, 194 simplex II. 192 Prionognathus ... I, 422, 500 ciliata . ... I, 423. 431 Prionospio ... II, 53, 73 Malmgreni ... II, 73, 124 Steenstrupi II, 74 Procersea . . I, 501, 529, 532 aurantiaca I, 529 picta I, 529 Protula II, 171 desiderata II, 174 Dysteri. I, 333; II, 124, 149 169, 176 grœca H, 1"! Intestinurn II. 171 protensa II, 173 208 ANNÉLIDES CHÉTOPODES Rudolphii . Psamathe . cirrata . . . fiisca ■ ■ ■ punctata . Psammolyce arenosa . . Pseudosyllis . . Psygmobranchus multicostatus protensus . . simplex . . . Pterocirrus . . limbatus . . . marginatus . velifer .... Pteroscolex . . antillensis . . Pterosyllis . . dorsigera . . finmarchica , formosa . . . lineolata . . . spectabilis . . Rhynchobolus convolutus . Meckelii . . . siphonostoma Sabella .... belrjica . . ■ Candela . . . grœca . . . Josephinœ ■ lucaUana . . Penicillus . polyzonos . , Protula . . Spallanzanii stichophthalmo: Ventilàbrum vesiculosa . unispira . Sabellastarte SABELLIDA . . Sacconereis . . . . II I, 424 I, 363 I I I II, I I II II II II I I I I II II I I I 1 I I 491 I I I II II II II II II 155 II II II II II II II II lis I Pages 171 535 537 535 535 412 412 502 172 175 172 175 558 558 559 560 4! 41 534 534 535 534 534 534 492 496 499 492 161 123 163 171 156 168 158 168 171 156 173 156 167 156 170 151 500 Helgolandica Salmacina . . incrustans . SSandanis . . . . Scalibregma . SCALIBHEGMIDjE Schreibersius Bremsii . . Scolopendra marina . . . Serpula . . . . aspera . . . . Filograna . . interrupta . Intéstiny/m . intricata . . octocostata . Philippii . . . protensa . . Spiritlum . . Spirorbis . . tricuspis . . triquetra . . triquetroides vermicuXaris . SERPULIDA . . SERPULID.E . . Sigalion . . . . areitosum . . Herminiœ . Iduiiae . . . . limicola . . . M.-itliildas . . . tetragonutn . SIGAJLIONIDA . Sigambra Gnibii . . . . Siphonostoma diplochaitos ■ Edwardsii . . papillosum ■ plumosum . uncinatum . Siphostoma . . . Spermosyllis 11 178 148 II 1 397 Pages 424 176 176 185 35 35 95 331 178 179 176 I7S 171 176 179 I 172 183 184 182 182 182 182 171 148 410 412 412 402 349 111 402 396 424 107 109 109 98 103 109 107 Pages torulosa I, 520 SPH.ERODORID^E .... 1, 343 Sphaerodorum .... I, 500 Claparedii 1, 327 Peiïpatus 1, 326 Sphaerosyllis 1, 514 clavata . ... 1, 515, 517 Hystrix 1, 515 pirifera 1, 515 pusilla . ... 1, 515, 517 tenuicirrata . . 1, 515, 517 Si'innijfuphis 11, 156 Spio Il, 61 caudattts 1. 478 coecinews I, 464 fuliginosus 11, 62 Mecznikowianus ... Il, 64 seticornis 11, 61 Spiochœtopterus. 11, 77, 80 typicus 11. 87 SPIODEA 11, 44 SPIONEA H, ^ SPIONLD.E H, 44. 52 Spirographis U, 155 brevispira 11, 150 elegans 11, 150 longispira U, 150 Spallanzanii 11, 155 Spirorbis 11, 183 nautiloides H, 185 Spirillum 11, 183 Pagenstecheri . ... 11, 183 STAUROCEPHALIDA . . 1, 422 Staurocephalus. I. 422, 500 Chiaji 1, •ilS ciliatus I, 431 erucœformis . . . . 1, 424 rubrovittatus .... 1, 425 vittatus 1, 426 Stephanosyllis 1, 529 picta 1, 519 STERNASPIDjE . 1, 343, 11, 94 Sternaspis H, 95 cucurbitacea .... 11, 95 scutata H, 95 Pages thalassemoid.es ... M, 95 Sthenelais 1, 397 Audouini 1, 397 ctenolepis 1, 398 dendrolepis 1, 409 fuliginosa 1, 404 leiolepis 1, 406 limicola. 1, 397,401,403, 408 Stratonicc 1, 476 Stylarioides 11, 97 moniliferus 11, 98 SYLLID.E 1, 500 Syllides 1, 519 pulliger 1, 519 Syllidia 1, 500 Sylline 1, 520 brevipes 1, 520 subrubropunctata . . 1, 520 Syllis 1, 502 aurantiaca 1, 510 aurita 1, 509 bacilligera I, 508 fasciata 1, 514 gracilis 1, 503 hamata 1, 503, 505 maculosa 1, 511 oblonga 1, 337 proliféra 1, 526 pulligera 1, 519 DU GOLFE DE NAPLES. Pages Rudolphiana .... 1, 425 simillima 1, 505 spongicola ... 1, 503, 507 Telamone 1, 541 sicula 1, 541 Telepsavus 11, 77 Costarum 11, 80 TELETHUSID.E 11, 35 Terebella 11, KSI Qavescens 11, 136 lloxuosa 11, 134 gelatinosa 1, 337 laevirostris 11, 139 madida 11, 128 Meckelii 11, 131 multisetosa 11, 138 nebulosa .... 11, 132, 160 pterochaeta 11, 129 sulcigera 11, 140 209 Pages 11, 101 2, 7 Thysanoplea Timarele U, TOMOPTERID.E 1, 569 Tomopteris 1, 569 TRICHOBRANCHIDA . . 11, 25 TrichosyUU 11, 500 Trophonia 11, 97, 105 barbata 11, 98, 105 Eruca Il, 105 plumosa .... Il, 103, 110 Trypanosyllis 1, 513 triserialis 11, 144 tuberculata II, 132 TEREBELLID.E TEREBELLIDA . Thalassema scutatum . . 11, 125 128, 125 . 11, 93 Thelepus Il, 141 Theodisca Il, 50 anseiina 11, 50 liriostoma 11, 50 cœliaca 1, 513 Krohnii 1, 513 Tubularia Penicillus 11, 157 Tyrrhena I, 537 Claparedii 1, 538 Vucinia 11, 61 Valla 11, 10 ciliata 11, 10 Vermilia 11, 180 tricuspis 11, 182 Irifida U, 182 Veniiis aureus I, 351 Zyyolobus Grubianus 1, 458 Laurentianus .... 1, 363 quadrislriatus .... 1, 460 Tome xx, l re Partie. 27 210 ANNÉLIDES CHÉTOPODES EXPLICATION DES PLANCHES. Planche XVII. Fig. 1. Phyllodoce corniculata Clprd. Partie antérieure, prouation; a mamelon exsertile. Gr. ^. 1 B, Id. Soie composée ensigère. 1 C. Id. Deux ganglions de la région médiane du corps ; a cordons nerveux ; b cellules gan- glionnaires; c névriléme. Gr. ^ . 1 D. Id. Partie antérieure de la chaîne ganglionnaire. Gr. ^j 2 . 1 E. Id. Base d'un acicule; a couche périphérique homogène ; b masse axiale granuleuse. 1 F. Id. Papille de la trompe renfermant des follicules. Gr. i-f- 3 . Fig. 2. Eulalia (Pterocirrus) velifera Clprd. Partie antérieure, pronation. Gr. *£. 2 A. Id. Deux papilles de la trompe avec les follicules baeillipares. 2 B. Id. Cellule hacillipare isolée et corps bacilliformes déchargés. Fig. 3. Anaïtis cephalotes Clprd. Partie antérieure, pronation. Gr. ^. 3 A. Id. Pied de la région moyenne vu de profil ; a cirre supérieur ; b sa rangée de cils vibra- tiles ; c cirre inférieur. Gr. ~ . 3 B. Id. Cirre supérieur de l'un des pieds de la région postérieure; a rangée de cils vibra- tiles ; b follicules baeillipares. Gr. *-p. 3 C. Id. Partie antérieure de la chaîne ganglionnaire, pronation. Gr. ïf. 3 D. Id. Coupe transversale d'un ganglion ; a partie celluleuse du ganglion ; b section des cor- dons et fibres ; c nerf. 3 E. Id. Partie du tissu aréolaire (épithélium ?) recouvrant les cirres; a granules verts. 3 F. Id. Bégion latérale da lobe céphalique et du segment buccal, pronation ; a lobe cépha- lique; b mamelon exsertile; c cirre lenticulaire. Fig. 4. Eteone siphonodonta (Lumbricas siphonodonta délie Chiaje). Partie antérieure, prona- tion. Gr. f . i A. Id. Pied vu de profil; a cirre dorsal jaune; b son article basilaire violet; c cirre ventral jaune. Gr. \ 6 -. i B. Id. Soie composée ensigère. Gr. ^. Fig. 5. Eteone armata Clprd. Partie antérieure, pronation. Gr. ". 5 A. Id. Segment isolé de la région moyenne, pronation; a cirre dorsal; b cirre ventral; c rame pédieuse. Gr. -^ . 5 B. Id. Deux papilles de la trompe avec les denticules cornés. Gr. *-f*. 5 C. Id. Antenne isolée avec ses organes tactiles. 5 D. Id. Groupe de follicules de la peau. Gr. 4 54 5 E. Id. Soie falcigère. Gr. -^- 6 . Planche XVIII. Fig. 1. Eulalia (Petrocirrus) marginata Clprd. Partie antérieure, pronation. Gr. 1 î 2 . 1 A. Ib. Soie composée ensigère. Gr. ^-f 5 . Fig. 2. Eteone lactea Clprd. Partie antérieure, pronation. Gr. ^. 2 A. Id. Partie antérieure du système nerveux. Gr. ^. 2 B. Id. Pied vu du profil; a cirre dorsal foliacé; b cirre ventral. Gr. *£. OU GOLFE DE NAPLES. 211 Fig. 3. Tyrrhem Claparedii {Castalia Claparedii Ach. Costa). Animal entier, pronation. Gr. -f. 3 A. M Pied vu de profil ; a acicule de la petite rame dorsale; /; ses soies; e acicule de l'ar- ticle basilaire du cirre dorsal; d commencement de ce cirre; e cils vibratiles, /'gros aci- cule de la rame ventrale; g cirre ventral. Gr. ^. 3 B. Id. L'une des mâchoires, profil; a paroi de la trompe. Gr. ^. 3 C. Id. Mâchoire dans la supination; a gouttière. Gr. l , s . 3 D. Id. Partie antérieure du système nerveux, pronation ;